Jean-Louis Aubert (1731-1814)

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Jean-Louis Aubert, dit l'abbé Aubert, né à Paris le 15 février 1731 et mort le 10 novembre 1814, est un fabuliste, poète, journaliste et critique français.

Fils du violoniste et compositeur Jacques Aubert (1686-1753), il écrivit contre les principes musicaux de Rousseau. Son père, membre en 1721 de l’Académie royale de musique, était attaché à Mme de Prie et au duc de Bourbon-Condé[1].

Élève au Collège de Navarre, il entre par la suite dans les ordres. En 1741, il rejoint l'équipe éditoriale des Affiches Annonces et Avis Divers, où il rédige la partie critique et littéraire. En 1752, il est à l'initiative la revue Affiches et Annonces de Province. Il rédigea, depuis 1752 jusqu'en 1772, la partie critique et littéraire, et fit longtemps la fortune de ce journal ; il travailla ensuite au Journal des Beaux-Arts.

Aubert publie un recueil de Fables dans le Mercure de France, et en 1756 de Fables nouvelles qui eut un grand succès. Grimm affirme que ces fables « sont juste bonnes pour les enfants, et ne s'autorisent pas à être trop difficiles »; Voltaire au contraire les recommande. En 1761-1763, il écrit les Contes moraux sur les tableaux de Greuze, et en 1765, la Mort d'Abel et le Vœu de Jephté.

Comme protégé de Vergennes, il rejoint, en remplacement de l’abbé Mercier, le Journal de Trévoux qui sera renommé le Journal des Sciences.

En 1773, on créa pour lui, au Collège de France, une chaire de littérature française, qu'il occupa jusqu'en 1784. En novembre de la même année, il est nommé censeur royal. Il entend combattre « l’abus de l’esprit philosophique »[2] aussi gagne-t-il la confiance du comte de Vergennes. En contact direct avec les Affaires Étrangères, il est chargé de la police des journaux étrangers. En 1774, il est nommé directeur de la Gazette de France en remplacement de Marin. Il est exécré par de nombreux hommes de plumes et journaliste de son temps à l'instar de Brissot, qui le désigne comme homme de paille ou valet de Vergennes, « plat serviteur du gouvernement français » [3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'abbé Aubert publia en 1774, en 2 volumes in-8, une édition de ses Fables, fort augmentée, et accompagnée d’Œuvres diverses ; on y remarque des Contes moraux en vers.

Aubert a aussi écrit des essais de Critiques sur Voltaire et publié :

  • une Ode aux poètes du temps sur les louanges ridicules dont ils fatiguent Louis XVI (Paris, 1774) ;
  • Parallèle de l’importance des opinions religieuses de Necker et de la religion considérée de Mme de Genlis (Paris, 1788) ;
  • Mon Échantillon (poème, Paris, An VIII) ;
  • Traité de l’histoire universelle (Amsterdam, 1760-1762).

On peut considérer l'oeuvre de l'abbé Aubert comme une gigantesque ode métaphorique dédiée à son engin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lettres françaises, t. I, p. 118
  2. Dictionnaire des Journalistes, op. cit. p. 27
  3. Jacques Pierre Brissot, Mémoires, édition de Claude Péroud, t. I, pp. 321-22

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Moureau (ed.), Dictionnaire des Lettres françaises, publié sous la direction du cardinal Georges Grente, « Le dix-huitième siècle », Arthème Fayard, Paris, 1995, 2 vol.
  • Jean Sgard (sous la direction de), Dictionnaires des journalistes 1600-1789, t. I, Voltaire foundation, Oxford, 1999.