Jean-Joseph Rabearivelo

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Photographie non datée, non créditée, années 1930

Jean-Joseph Rabearivelo, né Joseph-Casimir le à Tananarive (aujourd'hui Antananarivo) et mort le à Tananarive, est un poète malgache. Il publia des anthologies de poésie malgache et collabora à deux revues littéraires, 18 Latitude Sud et Capricorne avant de se suicider, pauvre et endetté, le 22 juin 1937.

Introduction[modifier | modifier le code]

Jean-Joseph Rabearivelo, né Joseph-Casimir (4 mars 1901, Tananarive aujourd'hui Antananarivo - 22 juin 1937, Tananarive), est un poète malgache, considéré comme le premier poète africain moderne. Il naquit dans la capitale de Madagascar juste cinq ans après que la Grande Île fut devenue colonie française. Il était le fils unique d'une mère célibataire issue d'une famille noble mais ruinée. À 13 ans, il fut renvoyé du Collège Saint-Michel pour avoir refusé de prendre part au service religieux ; après avoir été scolarisé brièvement dans une école privée, il abandonna toute éducation organisée et se mit à travailler aux divers « petits boulots » que proposait la société coloniale. En 1924 il se fit correcteur à l'Imprimerie de l'Imerina ; il y travailla bénévolement les deux premières années, et garda ce travail mal payé jusqu'à sa mort. Il est vrai que cette maison lui publia plusieurs de ses ouvrages en tirage limité. En 1926, Rabearivelo épousa Mary Razafitrimo, fille d'un photographe, avec qui il eut cinq enfants. Toute sa vie il fut endetté, jusqu'à être condamné à la prison : ses finances eurent à concilier bas salaires, passion du jeu, achats de livres et addiction à l'opium. Lecteur vorace et autodidacte, il publia des anthologies de poésie malgache et collabora à deux revues littéraires, 18 Latitude Sud et Capricorne. Au soir du 23 juin 1937, après avoir envoyé diverses lettres d'adieu, il se suicida au cyanure, notant ses derniers moments dans le dernier de ses Calepins Bleus, un journal de 1800 pages environ. Des quelque 20 volumes qu'il produisit, notamment de poésie, théâtre, roman et critique littéraire, la moitié restait inédite à sa mort. Son œuvre montre une affinité à la fois avec les poètes symbolistes et surréalistes, tout en restant fortement enracinée dans la géographie et le folklore de Madagascar. Il se sentait également français et malgache, mais il lui fut refusé toute occasion d'aller travailler et vivre à Paris. Ce désespoir motiva son suicide.

Vie et œuvre de Jean-Joseph Rabearivelo[modifier | modifier le code]

1903 (1901 / 1902 / 1904 ?) : Naissance le 4 mars, de Joseph-Casimir Rabearivelo (du nom des deux saints relatifs aux mois et jour de sa naissance), à la clinique du Docteur Villette, Isoraka, quartier de Tananarive. Il fera précéder son prénom de « Jean », en référence à Jean Berchmann, l’un des trois saints sous le patronage duquel il a reçu la confirmation. Il conservera son nom malgache sur les conseils de son ami Pierre Camo, « seule manière certaine, ‘‘selon lui, de piquer la curiosité et d’attirer sur lui l’attention ». Les sources (documents officiels, déclarations écrites ou orales du poète ou de ses contemporains) divergent quant à l’année exacte. L’année 1904 aurait été utilisée par Rabearivelo lui-même pour améliorer ses dossiers de candidature afin d’entrer dans l’administration. L’année 1903, indiquée sur le registre des actes de naissance de Tananarive, semble être la plus probable, même si elle pose des problèmes de cohérence pour les années de scolarité. Sa mère, Rabozivelo, protestante, était originaire d’Ambatofotsy (qui signifie « à la pierre blanche » en malgache), village au nord de Tananarive, et elle était apparentée à la caste noble des Zanadralambo (prétendus descendants de Ralambo). Cette ascendance aristocratique renforça la vénération de Rabearivelo pour le passé royal mérina. Cette parenté lui confère un type merina. Sa mère est très protectrice, dévouée à son unique fils. Elle élèvera le fils de Rabearivelo, Solofo, après son suicide. La famille de sa mère est celle de grands propriétaires fonciers ruinés, comme beaucoup de ces familles, par les bouleversements introduits par la colonisation (notamment l’abolition de l’esclavage traditionnel). La famille du poète est donc pauvre. La mère de Rabearivelo vendra les quelques rizières et bijoux – souvenirs de sa richesse passée – pour que le jeune poète puisse s’acheter des livres. Rabearivelo se présente lui-même comme ayant « la taille de Napoléon, la taille des grands hommes ». Il poursuit : « J’ai le front dévasté que j’aime à comparer à celui que telle estampe donne de Baudelaire ».
1908 ( ?)-1916 : Son éducation est confiée à son oncle, de confession catholique. Cette formation le distingue à nouveau de la haute société, qui est protestante. À cinq ans, il entre à l’École des Frères des Écoles chrétiennes d’Andohalo, puis il fréquente le collège Saint-Michel des Jésuites à Amparibe (d’où il sera exclu pour indiscipline à l’âge de 13 ans) et enfin l’école Flacourt, à Faravohitra. Ses études sont plutôt médiocres, et Rabearivelo devra apprendre le français en autodidacte. De cette époque date son probable désir, vite éteint, d’entrer dans les ordres. Il perdra ensuite la foi jusqu’à devenir, selon ses dires, « anti-chrétien ».
1915 : Il aurait publié à cette date ses premiers poèmes en malgache, dans la revue Vakio ity, sous le pseudonyme de K. Verbal.
1916-1923 : Ses études terminées, Rabearivelo exerce différents métiers : secrétaire et interprète du chef de canton d’Ambatolampy, saute-ruisseau et gratte-papier chez le brocanteur Rasamoely (1919), dessinateur en dentelles chez Mme Anna Gouverneur, employé de bibliothèque au Cercle de l’Union (ce qui lui permet de lire énormément et de se cultiver). Un administrateur, le gouverneur Lucien Montaigné, qui a remarqué ses dispositions intellectuelles, soutient ses premiers essais littéraires. De ces années date aussi la publication de ses poèmes dans Le Journal de Madagascar (bilingue français-malgache) sous les noms de plume d’Amance Valmont (qu’il réutilisera plus tard pour la revue Capricorne), Jean Osmé et enfin de Jean-Joseph Rabearivelo. La coutume malgache autorisant facilement les changements de nom, Joseph-Casimir se fit appeler Jean-Joseph Rabearivelo pour avoir, disait-il, les mêmes initiales que Jean-Jacques Rousseau.
1920-1921 : Il écrit des articles et des poèmes dans divers journaux de Tananarive ainsi qu’une pièce de théâtre dans un français encore hésitant. En 1921, il publie une pièce en vers qu’il signe « Jean Osmé » et qu’il dédie à Pierre Camo (alors magistrat à Tananarive). Cette pièce le met en rapport avec Camo, avec qui il se lie d’amitié, et ce dernier aura une grande influence sur Rabearivelo. Il choisit pour maître ce « premier et dernier ami ». Le premier poème en français publié par Rabearivelo s’intitule « Le Couchant » et il figure dans le numéro du 24 mai 1921 du journal La Tribune de Madagascar. Afin de consolider son français, Rabearivelo commence à enseigner cette langue à de jeunes gens. Sa première élève sera la fille du photographe Razafitrimo, Mary, qui deviendra sa femme quelques années plus tard. Rabearivelo apprend aussi la sténographie.
1923 : En cette année de la première foire de Tananarive, Anthropos (revue missionnaire, polyglotte, éditée à Vienne, et qui présentait des textes écrits par les « indigènes ») paye et publie un de ses articles sur la poésie malgache. Le relatif succès de cette publication ne fait que confirmer sa vocation littéraire et commence à le faire connaître.
1924 : Il commence à travailler comme correcteur à l’Imprimerie de l’Imerina, chez Louis Dussol : il conservera cet emploi jusqu’à sa mort et lui permettra plus ou moins de subsister. Là, il rencontrera Eugène Baudin. Le Journal du poète évoque sa propre image travaillant à sa table de correcteur avec laquelle il aime comparer celle de Baudelaire dans L’Atelier de Courbet. Rabearivelo commence aussi à fréquenter les salons du gouverneur de Madagascar. Publication de La Coupe de cendres par Pitot, poèmes en français, à Tananarive. Désormais, Rabearivelo participe activement à la vie littéraire de Tananarive, en collaborant aux revues de l’Océan Indien : 18° latitude sud, Capricorne (où il signe ses notes de lectures sous le pseudonyme d’Amance Valmont), La Revue de Madagascar, Zodiaque (qui paraît à l’île Maurice). Il fait de même avec des revues européennes : La Vie (dirigée par les Réunionnais Marius-Ary Leblond), Le Divan, Le Journal des poètes, Les Cahiers du Sud, Les Nouvelles littéraires, etc. Il entre en correspondance avec de nombreux intellectuels européens, surtout avec des écrivains français, dont Paul Valéry. Rabearivelo consacre une part importante de son maigre salaire à ce lien avec l’Europe, les bateaux assurant la liaison franco-malgache sont limités à deux fois par mois. Il écrit aussi des articles programmatiques sur la littérature malgache dans la presse en malgache : Tsarahafatra, Mpanolotsaina, etc. et de nombreuses traductions de poèmes français ou européens, parfois américains. Il commence à tenir son journal, les Calepins bleus, dont il détruira plus tard les textes des premières années (correspondant aux cinq premiers volumes). Il en reste 1833 pages, s’étendant de 1933 à 1937.
1925 : Il écrit L’Aube rouge, roman historique sur la fin de la monarchie merina.
1926 : Il épouse Mary Razafitrimo, son ancienne élève. Même en ayant renoncé à la foi catholique, Rabearivelo fera bénir religieusement son mariage de nombreuses années plus tard. Elle lui donnera cinq enfants : un garçon, Solofo, et quatre filles : Sahondra (nom qui désigne aussi une fleur), Noro (qui signifie bonheur, joie), Voahangy (fleur de corail) et Velomboahangy (Voahangy ressuscitée).
1927 : Parution du recueil de poésie Sylves, à Tananarive, à l’Imprimerie de l’Imerina.
1928 : Parution du recueil de poésie Volumes, à Tananarive, à l’Imprimerie de l’Imerina. Il écrit L’Interférence, nouveau roman historique sur la fin de la monarchie merina. Il commence à être hanté par la mort. Premières pensées suicidaires.
1931 : Parution de son étude critique sur quelques poètes, Enfants d’Orphée, à l’île Maurice, aux éditions The General Printing.
1933 : Sa fille Voahangy meurt. Il restera inconsolable et ne parviendra pas à surmonter son immense douleur. Quand sa nouvelle fille naît, il la prénomme Velomboahangy, « Voahangy ressuscitée ». Il se passionne pour l’astrologie, le Surréalisme, la magie.
1934 : Parution du recueil de poésie Presque-songes, à Tananarive, chez Henri Vidalie. Parution des Éphémérides, son calendrier historique sur Madagascar. Il écrit Un conte de la nuit, inspiré par la mort de sa fille. Rabearivelo devient membre du Comité du Centenaire de la méthode Duployé.
1935 : Représentation au théâtre de verdure d’Ambohijatovo (à Tananarive) d’une version remodelée d’une revue qui lui avait été commandée pour la propagande officielle de Madagascar à l’Exposition coloniale de 1931 : Aux portes de la ville. Parution de sa « cantate » Imaitsoanala, Fille d’Oiseau, à Tananarive, à l’Imprimerie officielle. Il s’agit de l’adaptation d’une légende mérina, que Rabearivelo rêva de faire monter à Paris par Serge Lifar. Elle est publiée en français, mais une version malgache fut représentée à Tananarive. Parution du recueil de poésie Traduit de la nuit, à Tunis, aux Éditions de Mirages. Ces poèmes, publiés dans la collection des « Cahiers de Barbarie » dirigée par Armand Guibert, sont présentés comme « transcrits du hova par l’auteur ».
1936 : Rabearivelo est nommé membre de la Commission chargée de préparer la participation de Madagascar à l’Exposition Universelle de 1937. Son espoir de quitter l’île pour la représenter en France est immense. Il sera à la hauteur de sa terrible désillusion. Parution du recueil de poésie Chants pour Abéone, à Tananarive, chez Henri Vidalie, en édition de luxe, tirée à cinquante exemplaires. Parution de Tananarive, ses quartiers et ses rues, à Tananarive, à l’Imprimerie de l’Imerina. Il s’agit d’une sorte de guide onomastique des rues et des quartiers de la ville du poète, écrit en collaboration avec Eugène Baudin, le rédacteur en chef de La Tribune de Madagascar. Parution de la version française d’Aux portes de la ville, à Tananarive, à l’Imprimerie officielle.
1937 : Après une vie d’excès en tout genre, ruiné, il tente une ultime fois d’entrer dans l’Administration. Nouveau refus le 20 juin. Suicide de Jean-Joseph Rabearivelo (22 juin).
1938 : Parution d’un article nécrologique de Robert Boudry, suivi d’extraits des Calepins bleus dans la revue du Mercure de France (numéro du 15 septembre).
1939 : Parution des Vieilles chansons des pays d’Imerina, à Tananarive, à l’Imprimerie officielle. Cette édition est l’hommage posthume de la colonie au poète, ouvrage réédité en 1980, chez Madprint, Antananarivo.
1957 : Parution du recueil poétique en malgache, Lova, à Tananarive, à l’Imprimerie Volomahitsy.
1960 : Parution de Poèmes, à Tananarive, par le Comité des Amis de Rabearivelo. Parution de la première édition bilingue de Presque Songes et Traduit de la nuit, préfacée par Jacques Rabemananjara.
1987 : Colloque international « Jean-Joseph Rabearivelo, cet inconnu ? » à l’Université d’Antananarivo, entre le 25 et 30 mai.
1988 : Première publication de L’Interférence (écrit en 1928) à Paris, chez Hatier.
1990 : Parution de Traduit de la nuit, recueil de poèmes choisis et présentés par Gonzague Raynaud, à Paris chez Orphée / la Différence. Parution de ‘‘Poèmes’’ (recueil regroupant Presque Songe, Traduit de la nuit, Chant pour Abeone), édition préfacée par Jean-Louis Joubert, à Paris chez Hatier.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poèmes de Jean-Joseph Rabearivelo[modifier | modifier le code]

  • La coupe de cendres (1924)
  • Sylves (1927)
  • Volumes (1928)
  • Enfants d'Orphée (1931)
  • Presque-Songes (1934)
  • Traduit de la Nuit (1935)
  • Imaitsoanala (1935)
  • Chants pour Abeone (1936).

Le premier volume des Œuvres complètes a paru en septembre 2010 :
Œuvres complètes, tome I : Le diariste (Les Calepins bleus), L'épistolier, Le moraliste
Édition critique coordonnées par Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa et Claire Riffard
CNRS Éditions / Présence Africaine, 2010, 1274 pages, 978-2-271-07055-5

Autour Jean-Joseph Rabearivelo[modifier | modifier le code]

  • Article non signé "Jean-Joseph Rabearivelo, le passeur", pages 59 à 71 (chapitre 3)
  • Robert Boudry, Jean-Joseph Rabearivelo et la mort, Paris, Présence Africaine, 1958, 84 pages
  • Éric Nonn , Imerina, Paris, Verticales, 1998, 139 pages
  • Serge Meitinger, « Paysages de Jean-Joseph Rabearivelo », Paysage et poésie francophones, sous la direction de Michel Collot et Antonio Rodriguez, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2005, pages 85 à 96
  • Jeannine Rambeloson-Rapiera, "Présence de Jean-Joseph Rabearivelo", Revue Madagascar – La Littérature d'expression française – n° 2, Paris, Clef, n° 110, juillet-septembre 1992, pages 6 à 12
  • Jean-Irénée Ramiandrasoa, Lucien Xavier Michel Andrianarahinjaka, Siméon Rajaona, Jacques Rabemananjara, Jean-Louis Joubert, Roshmann, Jeannine Rambeloson, Pierre Toreilles, Ingemar Leckius, Josette Rakaotondradany, Danielle Nivo Andrianjafy-Ratsiorimihamina, Henri Rahaingoson, Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa, Mathilde Nivoarisoa Rakatozafy, Beby Denise Solohery, Jean-Joseph Rabearivelo cet inconnu ? Colloque international de l'Université de Madagascar – Comité universitaire pour la célébration du cinquantenaire de la mort du poète (1937-1987), Paris, Sud, 1990, 230 pages

Autour de la poésie malgache[modifier | modifier le code]

  • Solotiana Nirhy-Lanto Ramamonjisoa, Anthologie de la littérature malgache : Jupiter, Bruno Rahaingo, Ny Malodohasaha – Des Transports de l'amour à l'engagement du militant, Paris, L'Harmattan – INALCO, 2001, 183 pages
  • Jeannine Rambeloson-Rapiera, Ariane Andriamaharo, Jean-Louis Joubert, Jean-Luc Raharimanana, Sahondra Ranaivozanany et N. Danielle Andrianjafy, "La période coloniale", Revue Madagascar – La Littérature d'expression française – n° 2, Paris, Clef, n° 110, juillet-septembre 1992, pages 6 à 39

Bibliographie commentée de Jean-Joseph Rabearivelo par Robert Boudry[modifier | modifier le code]

Robert BOUDRY, Jean-Joseph Rabearivelo et la mort, 1958
Rabearivelo se serait essayé à la plupart des genres littéraires à en croire Robert Boudry. Il en dresse une liste commentée, probablement non exhaustive, mais complétée par la bibliographie de l’article « Jean-Joseph Rabearivelo, le passeur » et celui de Jeannine Rambeloson-Rapiera, « Présence de Jean-Joseph Rabearivelo », in Revue Madagascar – La Littérature d'expression française – n° 2, Paris, Clef, n° 110, juillet - septembre 1992.

Presse écrite[modifier | modifier le code]

  • Premier article de Rabearivelo publié dans Anthropos en 1915 (revue missionnaire, éditée à Vienne, en Autriche, qui présentait des textes écrits par les « indigènes ») : étude critique sur la poésie malgache. Vakio ity est la première revue qui aurait publié ses poèmes, en 1915.
  • Publication de son premier poème en français, « Le Couchant », La Tribune de Madagascar, numéro du 24 mai 1921.
  • Collaboration avec les principaux journaux français et malgaches de la Grande Île.
  • Collaboration avec les grandes revues malgaches et de l’Océan Indien à partir de 1924 : 18e Latitude Sud (où il signe ses notes de lectures sous le pseudonyme d’Amance Valmont et où il traduit des poèmes du nationaliste Ny Avana Ramanantoanina), Capricorne (Fianarantsoa, 1930), La Revue de Madagascar (organe officiel du Gouvernement Général), Zodiac (Port-Louis, Île Maurice, 1925). Il fait de même avec des revues européennes : La Vie (dirigée par les Réunionnais Marius-Ary Leblond, Paris, 1924), Le Divan, Les Cahiers du Sud, etc. Il écrit aussi des articles programmatiques sur la littérature malgache dans la presse en malgache : Tsarahafatra, Mpanolotsaina, etc.
  • Publication d’articles et de poèmes dans Le Journal des Poètes, Rythme et Synthèse, Le Mercure de France, Sagesse (Paris, 1930), La Proue
  • Publication de certaines de ses œuvres dans des revues mauriciennes, Zodiac et L’Essor car Rabearivelo voit en Maurice « la terre de [s]es rêves après l’Océanie ». Idem dans des revues d’Amérique du Sud qui publient Rabearivelo en espagnol.
  • Correspondant local des Nouvelles littéraires.
  • Long article dans le journal Le Jour en 1936 à propos du Cinquantenaire de Victor Hugo.

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Roman policier rocambolesque écrit en 1919, alors que Rabearivelo est bibliothécaire au Cercle de l’Union : Le Prince s’amuse. Corrections du français approximatif par Victor Malvoisin, l’un de ses plus fidèles amis.
  • Le Bijou rose et noir, nouvelle parue dans Le Bon Plaisir.
  • L’Aube rouge, roman historique sur la fin de la monarchie merina, écrit en 1925 (inédite à l’époque du texte de Boudry, aujourd’hui parue dans une anthologie : Océan Indien – Madagascar, La Réunion, Maurice, Paris, Omnibus, 1998).
  • L’Interférence, 1928 (voir rubrique « textes posthumes »).
  • Un conte de la nuit, 1934 (voir rubrique « textes posthumes »).
  • Aux portes de la ville, 1936 (roman ?).
  • Irène Ralimà, 1987 (roman ?).

Anthologie et critique[modifier | modifier le code]

  • Anthologie de la poésie hova, long travail critique qui affirme l’identité de cette poésie, œuvre non publiée.
  • Enfants d’Orphée, parution à l’Île Maurice en 1931, aux éditions The General Printing, en collaboration avec Eugène Baudin, rédacteur en chef de La Tribune de Madagascar.

Histoire nationale et histoire locale[modifier | modifier le code]

  • Entreprise de remaniement en malgache moderne du livre-clé de l’histoire nationale malgache, le Tantar’ny andriana. Travail pour le compte de l’Académie malgache, en collaboration avec Eugène Baudin.
  • Parution des Éphémérides, premier calendrier historique sur Madagascar, rédigé en malgache, 1934.
  • Un volume de documentation locale, Tananarive, ses rues, ses quartiers, 1936.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Tentative de transposition d’une revue folklorique de la vie et des anciennes mœurs locales, destinée à la propagande officielle de Madagascar pour l’Exposition Coloniale de 1931.
  • 1935 : composition d’une cantate tirée du folklore local, un « montage » selon Rabearivelo, Imaitsoanala, Fille d’Oiseau. Ces œuvres ont été montées par la mairie de Tananarive, avec l’appui du Gouverneur Général. Rabearivelo se serait adressé à Serge Lifar en France pour créer un ballet d’Imaitsoanala, Fille d’Oiseau, mais le projet fut interrompu par son suicide.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Les premières parutions poétiques de Rabearivelo sont en malgache. Il traduit aussi des poètes étrangers dans sa langue maternelle. En 1924 paraît sa traduction du Corbeau d’Edgar Allan Poe dans Le Journal de Madagascar franco-malgache. Suivront celles du Chat noir et du Crime de la rue Morgue.
  • Hommage à Ambohimanga, 1926, poèmes malgaches traduits par Rabearivelo.
  • En français, il débute par la composition de vers réguliers :
    • La Coupe de Cendres, 1924, Tananarive, Pitot
    • Sylves, 1927, Tananarive, Imprimerie de l’Imerina
    • Volumes, 1928, Tananarive, Imprimerie de l’Imerina
  • 1934 : premier recueil en vers libres avec Presque-Songes, l’un de ses meilleurs recueils précise Robert Boudry. Il paraît à Tananarive, chez Henri Vidalie. Selon Boudry, Rabearivelo éprouve une sorte de honte à trahir ses anciens dieux, c’est pourquoi, ce premier recueil en vers libres porte cette excuse : « Poèmes hova, traduits par l’auteur ». C’est en réalité totalement faux, le recueil a été intégralement composé en français.
  • 1935 : recueil le plus original selon Boudry, Traduit de la nuit, publié dans Les Cahiers de Barbarie, de Tunis, dirigé par Armand Guibert, avec des dessins d’Émile Perrin. « Le poète y évolue dans un monde extra-terrestre » (Robert Boudry).
  • En octobre 1935, La Revue des Jeunes (dirigée par Jacques Rabemananjara) envisage de consacrer un numéro spécial de deux cents pages à Jean-Joseph Rabearivelo, ce qui démontre bien l’importance du poète pour ses jeunes compatriotes. L’ambition est une des clés de ce projet puisque Rabearivelo confie à Rabemananjara « une liste de critiques du monde entier susceptibles de d’adhérer au mouvement et de lui imprimer l’ampleur qu’il faut ». La publication est envisagée pour mars 1936 mais cet élan d’enthousiasme est interrompu par le suicide de Rabearivelo.
  • Chants pour Abeone, 1936, en édition de luxe, Tananarive, chez Henri Vidalie.
  • Lova, 1957, Tananarive, Imprimerie Volomahitsy, recueil en malgache.
  • Poèmes, 1960, Tananarive, Comité des Amis de Rabearivelo.
  • Des stances oubliées, 1967.
  • Presque-Songes et Traduit de la nuit, première édition bilingue de ces poèmes, préfacée par Jacques Rabemananjara.
  • Resy Harany, resin’ny faharesena, 1987.
  • Traduit de la nuit, choix et présentation par Gonzague Raynaud, éd. bilingue, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1989.
  • Poèmes (recueil regroupant Presque-Songes, Traduit de la nuit, Chant pour Abeone), 1989, édition préfacée par Jean-Louis Joubert, Paris, Hatier.
  • Traduit de la nuit, 1990, choix et présentation de Gonzague Raynaud, Paris, Orphée / la Différence.

Textes posthumes[modifier | modifier le code]

  • Dans les papiers laissés par Rabearivelo :
    • Trèfles (manuscrit)
    • Vieilles chansons des pays d’Imerina, un « recueil folklorique qui marque un retour à l’inspiration malgache » (Boudry) qui sera publié par la Colonie. Il s’agit de poèmes en prose, aux longueurs inégales et qui se réfèrent aux hain-teny (des petits discours ou dialogues en langue malgache). On y trouve d’anciens hain-teny, devenus classiques et d’autres modernes (parmi lesquels on peine à différencier celles qui sont originales ; celles qui sont des emprunts, des paraphrases ou des adaptations). L’ouvrage aurait été publié en 1939 à Tananarive.
  • Dans les dernières volontés de Rabearivelo, on trouve une liste d’ouvrages manuscrits envoyés par le poète à différents correspondants :
    • Chants d’Iarive
    • Snoboland
    • L’Interférence, roman écrit en 1928, inédit à l’époque du texte de Boudry, aujourd’hui paru : L'Interférence suivi d’Un conte de la nuit, Paris, Hatier, 1989

Un conte de la nuit a été écrit en 1934, inspiré par la mort de sa fille.

    • Chants pour l’amitié
    • Quelques poètes (sous presse en 1937 mais dont il n’y aurait a priori aucune parution)

Selon Boudry, il est possible que tout ou partie de ces œuvres figure sous d’autres titres.

Autres textes[modifier | modifier le code]

  • Proses pour Durtal et Jeux, recueil, 20 pages (non publiés)
  • Poèmes manquant à l'édition Orphée / La Différence trouvés dans Presque-songes, Traduit de la nuit, Tananarive, Nouvelle Édition, 1960
  • Sylves, Tananarive, CIDST, 1991, 51 pages
  • L'Aube rouge - Sotie, in Océan Indien – Madagascar, La Réunion, Maurice, Paris, Omnibus, 1998, pages 101 à 196

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres complètes, tome I : Le diariste (Les Calepins bleus), L'épistolier, Le moraliste, Paris, CNRS, 2010, 1274 pages

Édition critique coordonnées par Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa et Claire Riffard

  • Œuvres complètes, tome II : Le poète, Le narrateur, Le dramaturge, Le critique, Le passeur de langues, L’historien, Paris, CNRS, 2012, 1792 pages

Édition critique coordonnées par Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa et Claire Riffard

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Jean-Joseph Rabearivelo : présentation de l'auteur par Claire Riffard, avec bibliographie et œuvres ("île en île").
  • Jean-Joseph Rabearivelo, Présentation par Arnaud Sabatier, avec bibliographie et anthologie (sur le site des Rencontres de Bellepierre).
  • Oeuvres (Ebooks libres et gratuits)
  • [1] et [2] : présentation du tome II des Œuvres complètes par Claire Riffard et Dominique Ranaivoson