Jean-Georges Wille

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Jean-Georges Wille

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Gravure de Wille par J. G. Müller d’après Jean-Baptiste Greuze.

Naissance 5 novembre 1715
Giessen
Décès 5 avril 1808 (à 92 ans)
Paris
Activités Gravure

Jean-Georges Wille, né le 5 novembre 1715 à Giessen et mort le 5 avril 1808 (à 92 ans) à Paris, est un graveur allemand qui exerça essentiellement son art en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un graveur de renom[modifier | modifier le code]

Ayant appris le métier d’armurier dans sa ville natale, Wille fréquenta le graveur sur cuivre Georg Friedrich Schmidt à Strasbourg et se rendit, avec lui, à Paris où il fut, par moments, le voisin de Diderot, rue de l’Observance. Le peintre Hyacinthe Rigaud l’ayant incité à se mettre à la gravure sur cuivre, il réalisa sa première estampe, le portrait du maréchal Louis-Charles-Auguste Fouquet de Belle-Isle. Bientôt, les plus célèbres peintres français lui confièrent leurs ouvrages à graver, mais il effectua également des gravures d’après des tableaux de maitres anciens, comme Gerard ter Borch, Gabriel Metsu, Jan van Mieris, Caspar Netscher, etc), dont beaucoup appartiennent aux plus remarquables créations de la gravure sur cuivre.

Wille fut graveur de la cour des rois Frédéric II, Frédéric V de Danemark et, surtout, Louis XV. Du reste, il fut élu en 1761 à l'Académie royale de peinture et de sculpture[1]. Napoléon Bonaparte le nomma chevalier de la Légion d’honneur et l’Institut de France l’admit au nombre de ses membres.

Un homme de réseaux et de transferts culturels[modifier | modifier le code]

Wille est qualifié par les historiens d'« entrepreneur de réseaux »[1]. En effet, il entretint avec de nombreux personnages une correspondance intense à l'échelle de l'Europe, notamment avec ses compatriotes allemands, qu'il se chargea de guider à Paris quand ils passaient par la capitale du royaume de France, notamment pour visiter les collections d'arts privées qui s'y développèrent au XVIIIe siècle. Par exemple, lorsque le philosophe kantien Herder se rendit en France en mai 1769, Wille lui servit de guide et lui fit découvrir la société parisienne. Jean-Georges Wille, ainsi, « participa activement aux transferts culturels entre la France et l'Allemagne »[1] au siècle des Lumières, d'autant qu'il se chargea par ailleurs de traduire et publier les ouvrages de langue allemande qu'il jugeait digne d'intérêt, tout en les recensant dans le Journal étranger[1].

Il forma de nombreux élèves, notamment des Allemands venus se former dans son atelier. Parmi ces soixante-dix graveurs formés par Wille, on trouve entre autres Bervic et Jean Massard, Balthasar Anton Dunker, Sigmund Freudenberger, Adrian Zigg (1734-1816), Heinrich Guttenberg, François Robert Ingouf, Johann Gotthard von Müller, Jacob Matthias Schmutzer, Franz Edmund Weirotter et Constance-Marie Charpentier (1767-1849). Certains deviendront des artistes de premier ordre, comme ou Johann Schenau (1734-1806), qui figura parmi les fondateurs de l'Ecole allemande de peinture et dirigea ultérieurement l'Académie de Dresde.

Jean-Georges Wille a laissé des Mémoires, publiées par Duplessis en 1857, dans lesquels il donne la première évocation connue de Denis Diderot.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Gravure du Portrait du Marquis de Marigny, par Wille d'après Louis Tocqué, Musée national de la Marine.
  • Les Musiciens ambulants
  • Le Concert de famille
  • Le Maréchal de Saxe
  • La Mort de Cléopâtre
  • Les Musiciens ambulants
  • L’Instruction paternelle
  • Portrait du comte de Saint-Florentin
  • Portrait de Marigny

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Charlotte Guichard, « Les circulations artistiques en Europe (années 1680-années 1780) », in Pierre-Yves Beaurepaire et Pierrick Pourchasse (dir) Les circulations internationales en Europe, années 1680-années 1780, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 391

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Décultot, Michel Espagne et François-René Martin, Johann Georg Wille (1715-1808) et son milieu. Un réseau européen de l’art au XVIIIe siècle, Paris, École du Louvre, 2009, (ISBN 978-2-904187-25-4).
  • Georges Duplessis, Mémoires et journal de J.-G. Wille. Graveur du Roi. D’après les manuscrits autographes de la Bibliothèque Impériale, t. 1, t. 2, Paris 1857.
  • ‪Charles Le Blanc, Catalogue de l'œuvre de Jean-Georges Wille, graveur,‬ Leipzig, Rudolph Weigel, 1847.
  • (de) Wilhelm Schmidt, « Wille, Johann Georg », dans : Allgemeine Deutsche Biographie (ADB) vol. 43, Duncker & Humblot, Leipzig 1898, p. 257-260.
  • (de) Hein-Thomas Schulze Altcappenberg, « Le Voltaire de l’art ». Johann Georg Wille (1715-1808) und seine Schule in Paris. Studien zur Künstler- und Kunstgeschichte der Aufklärung, Lit-Verlag, Münster 1987, (ISBN 3-88660-363-6).
  • M. Werner, « Des artistes allemands en France au XVIIIe siècle : le cas Wille », in Jean Mondot, Jean-Marie Valentin et Jürgen Voss (dir), Allemands en France, Français en Allemagne, 1715-1789 : contacts institutionnels, groupes sociaux, lieux d'échanges, Sigmarigen, Jan Thobecke Verlag, 1992, p. 170-177.

Liens externes[modifier | modifier le code]