Jean-François Monnard

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Jean-François Monnard est un chef d'orchestre, directeur artistique et musicologue né le 4 novembre 1941 à Lausanne, mais originaire de Daillens en Suisse.

Formation[modifier | modifier le code]

Né à Lausanne dans le canton de Vaud, Jean-François Monnard passe son enfance à Payerne, où il fréquente le Collège secondaire. Après avoir obtenu son diplôme de baccalauréat au Collège Saint-Michel de Fribourg, il s’inscrit à la faculté de droit de l’Université de Lausanne pour rassurer ses parents. Une fois sa licence en poche, il décide de se consacrer entièrement à la musique[1].

Très jeune, il reçoit des leçons de piano avant de poursuivre sa formation musicale au Conservatoire de Lausanne. En 1964, il se rend à Essen, à la Folkwang Hochschule, pour travailler la direction d'orchestre avec Heinz Dressel (de) et les branches théoriques avec Krzysztof Penderecki. Pour parfaire ses connaissances, il participe aux cours internationaux de musique contemporaine à Darmstadt et suit l’enseignement de Jean Fournet à Hilversum[2].

Le chef d'orchestre[modifier | modifier le code]

Lauréat d’un concours organisé par l'Orchestre de la Tonhalle de Zurich en 1970, Jean-François Monnard est rapidement appelé au pupitre des principales associations symphoniques de Suisse. De nombreux engagements le conduisent dans toute l’Europe, aux États-Unis et à Taiwan. Il dirige l'orchestre de chambre du Colorado Music Festival (en), l'Orchestre de la Résidence de La Haye, l'Orchestre philharmonique de la NDR de Hanovre (de), la Nordwestdeutsche Philharmonie (de), la Philharmonia Hungarica (de), l'Orchestre philharmonique de Stockholm, l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, où il donne Werther de Jules Massenet[3], l'Orchestre symphonique d'Aix-la-Chapelle (de), avec lequel il joue Noces de sang de Wolfgang Fortner[4] et Mélusine de Aribert Reimann[5] et l'Orchestre symphonique d'Osnabrück où il dirige notamment Mathis le peintre de Paul Hindemith, la Symphonie n° 8 de Hans Werner Henze ou Toward the sea II de Toru Takemitsu[6]. Son parcours le destine également à effectuer des créations d’œuvres lyriques et symphoniques : Kyberiade de Krzysztof Meyer avec l'Orchestre symphonique de Wuppertal (de) en 1986[7], Bozzetto siciliano de Sylvano Bussotti avec l'orchestre du théâtre de Catane en 1990[8], Trama II pour clarinette, orchestre et électronique en temps réel de Luca Francesconi avec l'orchestre d'Osnabrück en 1993[9]. Il est aussi l’hôte des opéras de Bordeaux ou Dortmund (de)[2]. Il participe à l'enregistrement d'œuvres concertantes et de musique de chambre comme le Concerto pour violoncelle nº 2 de Camille Saint-Saëns avec Maria Kliegel (de) (violoncelle) et le Bournemouth Sinfonietta (en)[10].

L'administrateur artistique[modifier | modifier le code]

À la suite d'un traumatisme auditif, il renonce à diriger en 1998 et se reconvertit dans l’administration artistique[1]. C’est ainsi qu’il est appelé au Deutsche Oper Berlin où il occupe jusqu’en 2007 le poste de directeur du planning et du casting[11]. Il est à ce titre membre de jury de concours comme le Concorso Voci Verdiane présidé par José Carreras à Busseto en 2003[12] ou la Competizione dell'Opera de Dresde en 2006[13]. À son retour en Suisse, il est nommé directeur adjoint du Septembre musical Montreux-Vevey et chargé de la planification artistique du Grand Théâtre de Genève[14]. Fonctions qu’il abandonnera fin 2012 pour mener ses recherches musicologiques.

Le musicologue[modifier | modifier le code]

Jean-François Monnard réalise actuellement sur la demande des éditions Breitkopf & Härtel une nouvelle édition critique des œuvres symphoniques de Ravel[1]. Il a produit, préfacé et commenté en 1988 une édition critique en allemand de la partition du Boléro[15], de La Valse et de la Rapsodie espagnole[16]. Essayiste par tempérament, il a publié de nombreux articles dans divers programmes, quotidiens et périodiques comme la Revue musicale de Suisse romande[17] et participé à une série d’émissions sur Espace 2 dans le cadre de Musique en mémoire[18]. À l’occasion du centième anniversaire de la naissance d’Igor Markevitch en 2012, il a réalisé en collaboration avec le Château de Chillon[19] et le Septembre musical[20] une exposition à la mémoire de cet artiste dont le rayonnement dans la région lémanique a été considérable[21]. L'ouvrage réalisé à cette occasion par Jean-François Monnard est cité en référence pour la connaissance du musicien[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Biographie de Jean-François Monnard sur le site de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (Lire en ligne)
  2. a et b Biographie sur le site musinfo.ch (Lire en ligne)
  3. Programme du 'Werther dirigé par Jean-François Monnard sur le site igb.tiktiky.com (Lire en ligne)
  4. Bluthochzeit sur le site thomas-baum.eu (Lire en ligne)
  5. Melusine sur le site de Schott Music (Lire en ligne)
  6. Jean-François Monnard, chef d'orchestre, sur le site de Schott Music (Lire en ligne)
  7. Kyberiade de Krzystof Meyer dirigé par Jean-François Monnard sur le site theatertexte.de (Lire en ligne) et sur le site janusensemble.free.fr (Lire en ligne)
  8. Bozzetto siciliano de Sylvano Bussotti dirigé par Jean-François Monnard,, Opera '90, G. Pugliaro, EDT srl, 1990, 415 p. (ISBN 9788870630886) (Lire en ligne)
  9. Trama II de Luca Francesconi sur le site de l'Ircam
  10. Discographie de Jean-François Monnard sur le site allmusic.com ([Lire en ligne)
  11. Organigramme du Deutsche Oper Berlin (Lire en ligne)
  12. Revue de presse sur le site jcarreras.homestead.com (Lire en ligne)
  13. La Competizione dell'opera, Dresde, 2006 (Lire en ligne)
  14. Organigramme du Grand Théâtre de Genève (Lire en ligne)
  15. Partitur Bolero : für Orchester / Maurice Ravel ; herausgegeben von Jean-François Monnard, Wiesbaden ; Leipzig ; Paris : Breitkopf & Härtel, 2008, 66 p. (Lire en ligne)
  16. « Ravel », Jean-François Monnard, Breitkopf & Härtel (Lire en ligne)
  17. « Richard Strauss et la Suisse », septembre 2010 (Lire en ligne), « Les séjours de Maurice Ravel en Suisse », mars 2012 (Lire en ligne)
  18. « Igor Markevitch, compositeur et chef d'orchestre », Jean-François Monnard au micro de Jean-Luc Rieder, Musique en mémoire, RTSR (Écouter en ligne les cinq émissions du 27 au 31 août 2012)
  19. « Igor Markevitch, compositeur et chef d'orchestre », exposition du Château de Chillon (Lire en ligne)
  20. « Igor Markevitch, compositeur et chef d'orchestre », Yves Bron reçoit Jean-François Monnard, directeur adjoint du Septembre Musical, Magma, RTSR (Écouter en ligne l'émission du 12 septembre 2012)
  21. « Igor Markevitch : L'exposition du centenaire », Revue musicale de Suisse romande, juin 2012 (Lire en ligne)
  22. « Igor Markevitch aussi aurait eu 100 ans », Marc Dumont, Horizons chimériques, France Musique (Lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]