Jean-François Colson

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Jean-François Colson, né à Dijon le 2 mars 1733, mort à Paris, le 1er mars 1803, est un peintre de portraits, architecte et sculpteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Colson est le fils du miniaturiste et pastelliste Jean-Baptiste Gille, dit Colson, et de Marthe Duchange, fille du graveur Gaspard Duchange (mariés le 29 juin 1720). (Le père de Jean-François remplacera le nom de Gille, surnom coutumier des bouffons de la foire qui donnait lieu à des plaisanteries et dont il avait souffert, par celui de Colson, patronyme appartenant à sa mère, issue d'une famille d'origine irlandaise).

Très jeune, la géométrie, l'anatomie et surtout la perspective sont les études favorites de Jean-François Colson. Après un séjour de la famille à Avignon, puis à Grenoble, nouvel exode vers Lyon. Il entre chez le peintre Nonotte qui fait très vite de lui un remarquable portraitiste. Il vient à Paris auprès de son frère Jean-Claude (né en 1724, comédien de théâtre connu sous le nom de Bellecour). Jean-François Colson cherche à s'initier aux lois des grandes compositions et aspire aux lauriers académiques. Mais son nom n'apparaît pas sur les listes des élèves admis à participer aux concours de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il continue cependant à peindre des portraits à l'huile ou au pastel.

Vers 1765 et 1766, il donne des cours de perspective élémentaire, théorique et pratique à l'usage des peintres, sculpteurs et architectes. La rencontre du duc de Bouillon va faire donner une nouvelle orientation à sa carrière. Le duc s'attache ses services avec le titre d'ordonnateur général des bâtiments et académies du duché de Bouillon. Jean-François Colson devient en 1771 le peintre officiel du duc de Bouillon et le demeure pendant quarante ans. Il est chargé en 1772 de l'embellissement du Château de Navarre, résidence du duc de Bouillon située à proximité d'Évreux, en tant que sculpteur et ingénieur pour les jardins à l'anglaise.

La Révolution modifia la situation de Jean-François Colson. Navarre, terre seigneuriale, alla à d'autres destins. Colson abandonna le logis familial de la rue du Petit-Bourbon où sa mère était décédée le 20 mars 1778 et son frère, Bellecour, le 19 novembre suivant. Il participa aux Salons libres de 1793, 1795, 1799. L'exercice de la peinture ne l'absorbait pas entièrement. Il philosopha, calcula, enseigna. En 1797, il ouvre un cours de perspective au Lycée des Arts. Lettré, il était membre de l'Académie de Dijon, de l'Athénée des Arts et de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, comte d'Évreux, représenté en buste, 1775, huile sur toile, signée, datée en bas à gauche « Colson 1775 », 64 × 53 cm (forme ovale), Musée d'Évreux. Cette œuvre a été donnée par le duc de Bouillon à son régisseur pour le remercier d'avoir protégé son château pendant la Révolution française. Les cheminements de l'histoire, par un proche de l'arrière-petit-neveu du régisseur qui détenait cette toile, ont permis à cette œuvre de parvenir au musée d'Évreux.

Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, Prince de Turenne, devint colonel général de la cavalerie légère en 1740, maréchal de camp en 1748. En 1759, il se démettait de sa charge. À la mort de son père Godefroy Maurice (1640-1721)(époux de Marie-Anne Mancini), devenu prince régnant de Bouillon et grand chambellan en 1771, puis gouverneur d'Auvergne en 1776, il fut élu le 6 décembre 1777 membre honoraire amateur de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il vint se fixer à Évreux, au Château de Navarre que son père avait fait construire entre 1679 et 1690 par Jules-Hardouin Mansart et dont Le Nôtre dessina les jardins. À la mort de sa première épouse Louise Henriette Gabrielle de Lorraine, il se remaria le 23 mai 1789 avec Marie Françoise Henriette de Banastre âgée de quinze ans, fille de sa maîtresse. Il mourut à Evreux le 3 décembre 1792.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Saunier, Charles, Colson et les ducs de Bouillon, le Château de Navarre, 1920, Les Arts, n° 186.
  • Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs,