Jean-Daniel Reynaud

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Jean-Daniel Reynaud, né en 1926, est normalien et agrégé de philosophie en 1946. Il commence rapidement une carrière de chercheur en sociologie. En 1950, il entre au CNRS et se joint au Centre d’études sociologiques, dirigé à l'époque par Georges Friedmann. Il est actuellement professeur honoraire de sociologie au CNAM.

Il a dirigé la thèse de doctorat ainsi que l'Habilitation à diriger des recherches de Margaret Maruani.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses travaux s’inscrivent au départ dans la nouvelle sociologie française qui se développe autour de Georges Friedmann. Celle-ci se caractérise par une réflexion sur l'avenir de la société française et par une posture méthodologique issue de la recherche américaine. Cette influence américaine est déterminante dans l'œuvre de Jean-Daniel Reynaud. Par exemple, la sociologie d'Anselm Strauss, qui est tout entière orientée autour de la négociation de l'ordre social, aura sur lui un impact décisif.

Une grande partie de ses recherches s'axent à cette époque autour de la compréhension du phénomène de la négociation et de son rôle dans la société. Jean-Daniel Reynaud remarque alors au cours de ses enquêtes, que les syndicats en engageant des négociations avec le patronat, interviennent dans la production normative des situations de travail. La négociation, et le conflit qui la précède, sont donc selon lui un ensemble d’interactions qui se gouverne de manière endogène, en ce sens que cet ensemble crée ses propres règles. Le système des relations professionnelles crée donc le système social, système qui n’est pas gouverné par des normes extérieures, mais par des règles que ses acteurs inventent de manière continue. C'est la recherche d'un accord qui rend l’échange possible. Car les règles qui en découlent vont ordonner les interactions, et assurer le contrôle des acteurs en situation.

Ces notions de contrôle, de conflits et de négociation amènent progressivement Jean-Daniel Reynaud à élaborer sa théorie de la régulation sociale. Elle se concrétise dans son principal ouvrage Les Règles du jeu: L'action collective et la régulation sociale en 1989. Cette théorie repose essentiellement sur l’idée que la création, le maintien et la destruction des règles s’appuient sur une activité de régulation qui est mise en œuvre de façon permanente.

Cette thématique de la production endogène des règles, qui sont créées et maintenues par des processus propres à un système social capable de s'autoproduire, sera également développée par des systémiciens comme Niklas Luhmann ou par des sociologues marxiens comme Anthony Giddens, avec sa théorie de la structuration.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les syndicats en France, Seuil, 1963.
  • Sociologie des conflits du travail, Paris, PUF, 1982.
  • Les Règles du jeu : L'action collective et la régulation sociale, Armand Colin, 1989.
  • Le conflit, la négociation et la règle, Octares, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]