Jean-Claude Risset

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean-Claude Risset est un compositeur français né le 13 mars 1938 au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

Pionnier dans l’aventure de l’informatique musicale commencée aux États-Unis, J.-C. Risset a contribué par la suite à l’introduction de l’ordinateur en France (dans des institutions comme l’IRCAM ou les universités d’Orsay et de Marseille-Luminy). Il a été, de par sa double formation, scientifique et artistique, le premier compositeur français à ouvrir la voie aux sons synthétisés par ordinateur. Il incarne aujourd'hui une figure majeure de la création musicale contemporaine et, en même temps, de la recherche sur la musique dite électronique. Ses contributions marquent de son empreinte l’esthétique des années 1970-1990

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études scientifiques à l’École normale supérieure de la rue d'Ulm, Jean-Claude Risset devient jeune agrégé de physique à 23 ans, en 1961. Il poursuit ses recherches sous la direction du professeur Pierre Grivet, à la Faculté des sciences d’Orsay (au début du XXIe siècle composante de l'Université Paris-Sud 11). Parallèlement, il poursuit ses études musicales au conservatoire national supérieur de Paris : études de piano avec Robert Trimaille et Huguette Goullon, d’écriture avec Suzanne Demarquez, puis de composition (harmonie et contrepoint) avec André Jolivet. Il obtient un premier prix du concours de piano de l’UFAM en 1963. Son Prélude pour orchestre est créé la même année à la Maison de la radio, et on lui doit également, dans ces œuvres de jeunesse, des Instantanés pour piano (1965).

En mai 1967 Risset soutient son doctorat de sciences sous la direction du Professeur Pierre Grivet à l'institut d'électronique fondamentale de la faculté des sciences d'Orsay. Sa thèse porte sur l'analyse, la synthèse et la perception des sons musicaux. Les travaux qu’il a entrepris lui permettent de rendre compte de la complexité et de la diversité des mécanismes mis en jeu dans l'audition. Il perçoit la limite et les insuffisances attachées aux modèles en vigueur. Sa démarche centrée sur le timbre a donc le mérite d’éclairer des préoccupations désormais centrales pour l’informatique musicale : unir deux domaines de connaissance (la physique du son et la musique), et exploiter dans ce dessein une nouvelle technologie prometteuse (l’ordinateur). En réussissant à faire la transition entre l’outil « calculateur », qui procède à de savantes évaluations de procédures d’écriture, et l’instrument informatique dont il pressent la richesse, Risset réussit à mettre en place les bases de ce qui deviendra l’informatique musicale.

De 1975 à 1979, Jean-Claude Risset participe avec Pierre Boulez à la création de l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique). La direction artistique du département « Ordinateur » lui permet d'étudier l'intégration de l'informatique dans les recherches musicales. Puis il est nommé professeur à l’Université d’Aix-Marseille de 1979 à 1985 ; il y préside la section « Arts » du Conseil supérieur des universités (1984-1985). Après 1985, il dirige avec le statut de directeur de recherche au CNRS le Laboratoire de mécanique et d’acoustique du CNRS à Marseille. Il devient également responsable du DEA « Acoustique, traitement du signal et informatique appliqués à la musique », lequel associe plusieurs Universités et l'IRCAM.

Musicien et compositeur reconnu par la communauté artistique internationale, Jean-Claude Risset est aussi un technicien et un théoricien incontesté de l’informatique musicale. Il reçoit en 1999 la médaille d'or du CNRS[1].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Baudouin, Olivier, Pionniers de la musique numérique, Sampzon, Delatour, 2012.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]