Jean-Claude Legros
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| Jean-Claude Legros | |
| Activité(s) | Poète |
|---|---|
| Naissance | 30 juin 1940 Orne |
| Langue d'écriture | Français, Créole réunionnais |
Jean-Claude Legros est un poète réunionnais, né le 30 juin 1940. Il fut le fondateur de l'Union Générale des Étudiants Créoles de la Réunion (UGECR) et il est l'auteur du premier poème en créole réunionnais.
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[modifier] Biographie
Né en Normandie de parents réunionnais, Jean-Claude Legros fait, au cours de sa vie, de nombreux allers-retours entre son île et la métropole.
Il connaît Paris sous l'occupation puis assiste, encore tout jeune enfant, à sa libération. Sa famille retourne ensuite s'installer à la Réunion, où il grandit entre Saint-Denis et l'Étang Salé. Il effectue ses études secondaires au lycée Leconte-de-Lisle puis migre à Paris pour y suivre un cursus de lettres à la Sorbonne, ainsi que de linguistique et de malgache à l'École nationale des langues orientales vivantes.
En 1960, il est l'un des co-fondateurs et président, toujours à Paris, de l'Union Générale des Étudiants Créoles de la Réunion (UGECR) et de la revue Le Rideau de cannes, publiée jusqu'en 1963. Les initiateurs de ces deux projets furent salués, en 1984, comme les « novateurs qui ont tracé la voie de la promotion de la langue créole et de la littérature réunionnaise. »[1] C'est en 1962 que Jean-Claude Legros publie, dans cette revue, le tout premier poème consciemment de langue créole, rédigé en 1960. Intitulé Count' Con'y, le poème est très court, mais il constitue un événement historique. Il s'agit en effet de la première graphie phonologique créole[2]. Le poème Bois pays est également publié dans Le Rideau de cannes.
Le contexte de rédaction et de parution de ces textes n'est pas sans importance. L'Ordonnance Debré vient d'être proclamée. Elle contraint à l'exil les fonctionnaires d'outre-mer qui défendent leur culture, dont la pratique est devenue peu à peu indésirable suite à la départementalisation de 1946. Onze Réunionnais sont concernés par cette mesure. Jean-Claude Legros est à la tête d'une délégation qui accueille le premier contingent de déracinés par la force. Parmi ces premiers arrivants, on compte le poète Boris Gamaleya, dont Vali pour une reine morte, publié en 1973, est un texte fondamental de la littérature réunionnaise.
En 1963, Jean-Claude Legros devient animateur à l'ORTF, d'abord à Paris, puis à La Réunion à partir de 1965. Il y tient une émission de variétés, mais il est écarté de son poste en mai 1968. L'année suivante, la revue Réalités et perspectives réunionnaises publie, en supplément de son numéro de septembre, un recueil de poèmes. Deux textes de Jean-Claude Legros y figurent : Dans nout pays et Ou sa ou sava mon fra.
En 1972, il réalise, à titre personnel, un enregistrement du chanteur réunionnais Henri Madoré. Cet enregistrement rarissime[3], réalisé lors d'une soirée privée à la Montagne, constitue, en 1997, l'essentiel du disque édité par Le Pôle Régional des Musiques Actuelles.[4].
Après un court passage dans l'enseignement, le poète s'oriente ensuite vers une carrière d'assureur au sein d'un grand groupe, où il occupe notamment le poste de directeur régional et prend plus tard la direction de l'Outre-mer. Il est père de trois enfants.
Éloigné en apparence de la sphère poétique, il continue malgré tout à écrire. Proche de l'Union pour la Défense de l'Identité Réunionnaise (UDIR), dont il est un habitué des manifestations culturelles, son poème Maloya Blues, rédigé en 1990 et dédié à sa fille cadette, est publié dans le recueil collectif Vers d'autres îles, en 2003. C'est également en 1990 que paraît l'ouvrage de sa fille aînée sur le chanteur Madoré[5].
Maloya Blues avait fait l'objet d'une mise en musique par le groupe Grat'fils dans son album édité en 1995, Pays Piment[6].
C'est finalement en 2005 que Jean-Claude Legros publie sa propre anthologie, regroupant des textes écrits sur plus de quarante ans. Il lui donne le titre de son poème Ou sa ou sava mon fra. Dans cet ouvrage, on découvre des textes d'hommage, à Boris Gamaleya, à Jacqueline Farreyrol, à Luc Donat, ou encore à l'Étang salé de son enfance, mais surtout à la ville de Saint-Denis, qu'il célèbre dans un long poème éponyme. Saint-Denis devient très rapidement un texte incontournable au point d'être à présent exposé de façon permanente sur la façade de la Maison de la Communication François Mitterrand (médiathèque).
Jean-Claude Legros est décrit en ces termes par Georges-Marie Lépinay, ancien secrétaire général de la CGT-Réunion et vice-président du Conseil Économique et Social Régional : « Le créole dans Le Rideau de cannes, c'est lui ! Les poèmes, c'est encore lui ! La pièce de théâtre, toujours lui ! Les études sur le créole, aussi... Il est dans ce domaine un des précurseurs. Avec le maître entre tous, Boris Gamaleya. »[7]
Retraité, Jean-Claude Legros a repris ses études de malgache afin de mieux appréhender la langue créole. Il est membre de l'association MIARO[8], « ayant pour but la recherche, l’information, la diffusion, l’échange interactif et la formation en matière de cultures, de langues et de civilisations dans l’Océan Indien et en particulier entre Madagascar, La Réunion, et les pays riverains ». C'est ainsi qu'il publie, en 2008, dans Rimeurs slameurs et autres rencontres, un très long poème d'inspiration malgache intitulé Toi mon frère le jouar.
Actuellement, il anime deux émissions sur Radio Arc-en-ciel Ile de la Réunion. L'une est consacrée à la diffusion de contes en créole et traduits dans cette langue, et l'autre, nommée Un Témoin dans la ville, est dédiée au jazz et à la poésie[9].
[modifier] Œuvres
Ayant fait l'objet d'une publication autonome :
- Count' con'y, in Le Rideau de Cannes, 1962.
- Bois pays, in Le Rideau de Cannes.
- Dans nout pays, in Réalités et perspectives réunionnaises, 1969.
- Ou sa ou sava mon fra, in Réalités et perspectives réunionnaises, 1969.
- Maloya blues, in Vers d'autres îles[10], 2003.
- Toi mon frère le jouar, in Rimeurs slameurs et autres rencontres[11], 2008.
Dans le recueil Ou sa ou sava mon fra (2005)[12] :
- Cout' con'y (1960)
- Bois pays (1960)
- Dans nout pays (1962)
- Ou sa ou sava mon fra (1969)
- Blues Ti-Quatorze (1980)
- Saint-Denis (1983)
- Manhattan maloya (1983)
- Thank you bonna (1985)
- Ma Possession (1988)
- Maloya Blues (1990)
- Thank you Gainsbourg (1991)
- Ti cousin Vincent (1991)
- Zenfant Bourbon (1992)
- Salut Boris (2002)
- Tan Salé (2005)
Ayant fait l'objet d'une mise en musique :
- Maloya blues[13], par le groupe Grat'fils dans l'album Pays Piment, 1995.
- Thank you Gainsbourg, par le groupe Grat'fils dans l'album Pays Piment, 1995.
[modifier] Articles sur Jean-Claude Legros
- Jean-Claude Legros, au rythme des maloyas du monde, R. Lauret, Témoignages, 2006, consulté le 13/08/09.
- Au plaisir de lire, écrire, conter, P. David, Témoignages, 2006, consulté le 13/08/09.
- La Réunion en livres, Témoignages, 2006, consulté le 13/08/09.
- Soixante auteurs pour aujourd'hui et pour demain, P. David, Témoignages, 2008, consulté le 13/08/09.
[modifier] Notes et références
- ↑ La Littérature réunionnaise d'expression créole, A. Armand et G. Chopinet, l'Harmattan, 1984
- ↑ Granmoun Lélé, Label Bleu, Franck Tenaille, 2003, consulté le 13/08/09.
- ↑ La Musique réunionnaise, Henri Madoré, RFO. Consulté le 13/08/09
- ↑ Le Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, consulté le 14/08/09.
- ↑ Pas besoin croire moin lé mort : Madoré, 1928-1988, Nathalie Legros, Éditions Réunion, Saint-Denis, 1990
- ↑ Pays Piment, composition de l'album, Oasis Production, consulté le 14/08/09.
- ↑ Préface de Ou sa ou sava mon fra, Georges-Marie Lépinay, Océan Éditions, Saint-Denis, 2005.
- ↑ MIARO, consulté le 14/08/09.
- ↑ 7afm. Consulté le 13/08/09
- ↑ Vers d'autres îles, Éditions UDIR, Saint-Denis, 2003.
- ↑ Rimeurs slameurs et autres rencontres, Éditions UDIR, Saint-Denis, 2008.
- ↑ Ou sa ou sava mon fra, Jean-Claude Legros, Océan Éditions, Saint-Denis, 2005.
- ↑ Maloya blues, Grat'fils, YouTube, consulté le 14/08/09.