Jean-Claude Fourneau

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Jean-Claude Fourneau

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Autoportrait photographique
(Dans la vitrine, un portrait de Max Ernst par Hans Bellmer)

Naissance 28 mars 1907
Paris
Décès 9 octobre 1981 (à 74 ans)
Paris
Nationalité Drapeau : France française
Activités Peintre, dessinateur
Formation École des Roches
École des beaux-arts
Mouvement artistique Surréalisme

Œuvres réputées

Portraits de :
Félix Youssoupoff ;
Céleste Albaret ;
Général Catroux ;
Jean Paulhan ;
Dominique Aury ;
. . .

Jean-Claude Fourneau est un peintre français proche du surréalisme, né à Paris le 28 mars 1907, et mort dans cette ville le 9 octobre 1981.

Le peintre[modifier | modifier le code]

Jardin public,
ca 1935 (coll. Fourneau)
Nadine Cail,
huile sur contreplaqué, 1961 (coll. Fourneau)

Par sa mère, Jean-Claude Fourneau descend de Victor de Lanneau, refondateur du collège Sainte-Barbe, de Juliette Adam, créatrice de La Nouvelle Revue, égérie de Léon Gambetta et mère spirituelle de Pierre Loti, et du chirurgien Paul Segond. Son père, Ernest Fourneau, est le fondateur de l'école française de chimie thérapeutique.

Dessinateur et peintre empreint de classicisme et de surréalisme[1], Fourneau est remarqué dès 1932 par André Salmon, à l’occasion de sa première exposition chez Jeanne Castel[2], laquelle le recevra à de nombreuses reprises jusqu’en 1948.

Claude Roger-Marx compare ses dessins à ceux d'un médium et il en apprécie la minutie : « C’est par l’analyse du détail que Jean-Claude Fourneau arrive à nous donner une sensation d’infini. […] Sa sensibilité frémissante, qu’extériorise le moindre trait de plume, exerce un pouvoir fascinant[3]. » À propos du caractère « littéraire » de son inspiration, le critique rappelle une déclaration de l’artiste lui-même : « Je ne conçois pas un peintre sans culture, écrit J.-C. Fourneau. Je ne distingue pas la peinture de la poésie, j’estime que, par des moyens différents, elles tendent au même but[4]. »

Fourneau se spécialise bientôt dans l'art du portrait[5], et sa réputation s'inscrit durablement dans les milieux aristocratiques et mondains ; Oriane de La Panouse, la comtesse de Paris, les familles d'Harcourt, de Brantes, Faucigny-Lucinge, Seillière, Broglie, Pourtalès, Maillé, Montesquiou, Wendel... se succèdent devant son chevalet. Un succès confidentiel, mais certain, le soutient. « Le Tout-Paris a trouvé son peintre : Fourneau », titre François Pluchart dans Combat lors de son exposition à la galerie André Weil en 1963[6]. C'est à cette époque (1961) qu'il interprète l'évêque Cauchon dans le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson.

Une exposition à Casablanca en 1954 l'a fait connaître au Maroc. Il y vit plusieurs années. Il y peint les portraits de Lalla Malika, la sœur du roi Hassan II, de Lalla Lamia, sa belle-sœur, de Karim Lamrani, son Premier ministre, du général Oufkir et de nombreuses personnalités de la cour marocaine.

Claude Rivière évoque cependant « le contraire d’un peintre mondain » : « Très admirateur d’Antonin Artaud, de Paulhan, d’Aragon aussi, l’artiste, avec une ferveur née de tous les interstices existentiels dus à son incarnation, va heurter en premier chef son modèle. Il le dépossède de ses propres mythes afin que ceux-ci se recréent dans les dimensions qu’il veut affirmer[7]. » Et Jean Paulhan lui-même se demande « par quel biais (ou quel secret) il est donné à J.-C. Fourneau de disposer à la fois d'un tel foisonnement, d'une telle âpreté[8] ».

Jean-Claude Fourneau paraît sur la photographie des surréalistes rassemblés au café Cyrano en 1953[9], et André Breton le cite parmi les membres du groupe[10]. Autant littéraire que plastique, l’influence du surréalisme est marquée chez Fourneau par la figure tutélaire de Breton, pour qui il éprouve, dès leur première rencontre et jusqu'à la fin, une admiration intimidée. Timidité traversée de certaines hardiesses, telle cette lettre[11], adressée rue Fontaine en 1954, qui prétend concilier Histoire d’O, dont il fut l’un des plus fervents défenseurs, et la représentation de la femme sublimée par Arcane 17. Comme si « l’amour fou », « l’amour électif », ne pouvait trouver de meilleur épanouissement qu’à travers le jeu paradoxal de la résolution des contraires : le plaisir et la douleur, la violence et la douceur, le libertinage et la fidélité, la force et la faiblesse...

De retour à Paris en 1968, Jean-Claude Fourneau poursuit son activité de portraitiste et expose une dernière fois en 1976.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

(Tous les tableaux de cette liste non exhaustive sont visibles sur le site Jean-Claude Fourneau.)

Expositions[modifier | modifier le code]

Pierres,
ca 1960 (coll. Fourneau)

Personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1948 : Galerie Jeanne Castel, Paris ;
  • 1954 : Galerie du Livre, Casablanca ;
  • 1962 : Centre culturel français de Rome ;
  • 1963 : Galerie André Weil, Paris ;
  • 1976 : Centre français d’art et d’artisanat, Paris.

Collectives[modifier | modifier le code]

  • 1932 : Galerie Jeanne Castel, Paris ;
  • 1936 : Galerie Jeanne Castel, Paris ;
  • 1939 : Salon des Tuileries, Paris ;
  • 1946 : Galerie Jeanne Castel, Paris ;
  • 1947 : Galerie Jeanne Castel, Paris ;
  • 1949 : Galerie du Siècle, Paris.

Références[modifier | modifier le code]

Francine Roberty, huile sur contreplaqué, 1950 (coll. Fourneau)

Revue de presse[modifier | modifier le code]

  • « Mme Juliette Adam a visité hier l’exposition de son arrière-petit-fils », dans Comœdia, 27 mai 1932.
  • Claude Roger-Marx, « Jean-Claude Fourneau », dans Arts et métiers graphiques, no 35, mai 1933[14].
  • « J.-C. Fourneau », dans Arts, 9 juillet 1948.
  • Peter Bell, « Jean-Claude Fourneau (galerie du Livre) », dans Maroc demain, Casablanca, 8 mai 1954.
  • Renée Syve, « J.-C. Fourneau à la galerie du Livre », dans Les Arts à Casablanca, mai 1954.
  • Albert Abt, « Jean-Claude Fourneau à la galerie du Livre », dans Les Arts à Casablanca, mai 1954.
  • Enrico Contardi, « Calore di sole e calore d’arte, Jean-Claude Fourneau », dans Voce del Sud, 14 juillet 1962.
  • V. G., « Rittrati di Fourneau », dans Il Tempo, juillet 1962.
  • « Fourneau », dans La Fiera Letteria, 25 juillet 1962.
  • R. J., « Les Arts sur la rive droite », dans Le Monde, 18 juin 1963.
  • François Pluchart, « Le Tout-Paris a trouvé son peintre : Fourneau », dans Combat, 6 novembre 1963.
  • « Le peintre du Gotha n’a pas trahi ses illustres modèles », dans Paris Jour, 6 novembre 1963.
  • Jean Bouret, « 7 jours avec la peinture », dans Les Lettres françaises, no 1003, 14 novembre 1963.
  • Claude Rivière, « Jean-Claude Fourneau peintre de la vie moderne », dans Combat, 14 novembre 1963.
  • Martine Girbal, « Jean-Claude Fourneau apôtre de la personnalité », 1963.
  • H. Héraut[15], « Jean-Claude Fourneau », dans Les Cahiers de la peinture, no 35, 1976.

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Vrille, 1945 : Philémon et Baucis (huile sur toile, ca 1940).
  • Alfred Fabre-Luce, Les Sept Voluptés spirituelles, chez l’auteur, Paris, 1946 ; L'Incendiaire, chez l'auteur, Paris, 1982 : portrait de l’auteur en frontispice (encre sur papier).
  • Henri Kréa, Longue Durée, Paris, P. J. Oswald, 1955 : couverture et frontispice (plume sur papier).
  • « Voici Georges Catroux, le général négociateur », dans Paris-Presse-L'Intransigeant, 7 février 1956 : portrait du général Catroux, légendé « Son portrait préféré, par le peintre Fourneau, arrière-petit-fils de Juliette Adam » (huile sur toile, 1955).
  • « Esclavage », dans Dictionnaire de sexologie, Jean-Jacques Pauvert, 1962 : illustration (plume sur papier).
  • Le Bucentaure, no 2, mars 1983 : portrait de Jean Paulhan (huile sur bois, 1964).
  • Jean-Benoît Puech et Yves Savigny (dir.), Benjamin Jordane : Une vie littéraire, Champ Vallon, 2008 : portrait de la comtesse de Durat (huile sur isorel, ca 1960) ; portrait de Bessie de Cuevas[16] (huile sur toile, 1978).
  • Jean-Claude Fourneau, « Notes et carnets », dans Ironie, no 142, novembre 2009 : La Vérité (huile sur Isorel, 1965-1980).
  • William Kuhn, Reading Jackie: Her Autobiography in Books, Nan A. Talese, 2010 (ISBN 978-0-385-53099-6) : portrait de Mary-Sargent Abreu (huile sur toile, 1961).

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Le site Jean-Claude Fourneau présente un choix de peintures et de dessins de l'artiste.
  • Le no 142 (novembre 2009) de la revue Ironie est consacré aux « Notes et Carnets de Jean-Claude Fourneau ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rédigeant des « Instructions générales communiquées à Marcel Duchamp » en vue de la publication d'un « Almanach du surréalisme » par la revue Flair, André Breton cite Jean-Claude Fourneau par deux fois. La première, dans « Flair - Chronologie du surréalisme 1916 - 1953 », et la seconde, dans une lettre où, parmi les œuvres dont il pense faire figurer la reproduction dans l'Almanach, il inclut un tableau du peintre. Cf. le site de l'Association André Breton (Chronologie, vignette 120 et Lettres, vignette 10).
  2. André Salmon, Gringoire, juin 1932 : « Il faut beaucoup attendre du peintre Jean-Claude Fourneau, un vrai jeune, qui vient de faire chez Jeanne Castel une exposition remarquée. Fourneau participe de ce qu’on nommait, il y a de ça 15 ans, le « naturalisme organisé ». Toutefois son lyrisme est neuf et personnel. Il se dégage de ses œuvres une volupté rayonnante qui doit demeurer la puissance essentielle de cet artiste, lorsqu’il en sera à la période des angoisses constructives. »
  3. Claude Roger-Marx, « Jean-Claude Fourneau », Arts et métiers graphiques, n° 35, mai 1933.
  4. Claude Roger-Marx, ibid.
  5. « Encore un ex-surréaliste sur la sellette. Jean-Claude Fourneau. Ici le ton devient mondain et policé. Le fils d'une grande dynastie pharmaceutique, lorsqu'il rejoignait avant la guerre le groupe si mal jugé des poètes maudits, n'imaginait pas sans doute que son expérience l'amènerait à ces portraits de princesses, comtesses, marquises du Tout-Paris, belles et inquiètes dans leurs corridors déserts, à la recherche d'une âme, d'un besoin, d'un rêve. Jean-Claude Fourneau succède à Christian Bérard avec son propre style. Ce n'était pas si facile et c'est réussi. » Jean Bouret, « 7 jours avec la peinture », Les Lettres françaises, no 1003, 14 novembre 1963.
  6. François Pluchart, « Le Tout-Paris a trouvé son peintre : Fourneau », Combat, 6 novembre 1963.
  7. Claude Rivière, « Jean-Claude Fourneau peintre de la vie moderne », Combat, 14 novembre 1963.
  8. « L'actualité artistique », Le Figaro littéraire, 14 novembre 1963.
  9. André Breton 42, Rue Fontaine, catalogue de la vente Calmels Cohen, avril 2003, p. 193.
  10. Catalogue Calmels Cohen, ibid. Au dos de cette photo, comme le précise la légende du catalogue, Breton a écrit les noms des membres du groupe, dont celui de J.-C. Fourneau.
  11. 2 lettres de Jean-Claude Fourneau à André Breton. [Paris], 9 décembre 1954 ; 12 février 1955. Bibliothèque Jacques Doucet
  12. Membre du conseil d'administration du musée d'Orsay, membre du conseil d'administration de la société des amis du Louvre, ancienne directrice de Christie's Europe, donatrice des Musées nationaux.
  13. Cf. le Bulletin (n° 30, octobre 2007, p. 17) de la Société des lecteurs de Jean Paulhan.
  14. Voir l'inventaire du fonds Roger-Marx à l'Institut national d'histoire de l'art (INHA), pp. 51 et 455.
  15. Henri Héraut (Notice biographique) est le fondateur du groupe Forces nouvelles.
  16. Fille du marquis de Cuevas, devenue sculpteur sous le nom d'Elizabeth Strong-Cuevas (Œuvres et Biographie).