Jean-Claude Éloy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean-Claude Éloy, né le 15 juin 1938 à Mont-Saint-Aignan[1] (Seine-Maritime), est un compositeur français.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Éloy fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, dans les classes de Darius Milhaud (composition), Maurice Martenot et Jacques Février, et obtient plusieurs prix : piano, musique de chambre, ondes Martenot, contrepoint (1957-1960). Il suit aussi à cette époque les cours d'Hermann Scherchen et d'Henri Pousseur à Darmstadt, puis ceux de Pierre Boulez à l'Académie de musique de Bâle (en composition et direction d'orchestre) de 1961 à 1963. En 1966, il est professeur d'analyse musicale à l'Université de Berkeley pendant deux ans. Dans les années 1970, il travaille à CologneKarlheinz Stockhausen l'a invité à travailler au studio électronique de la radio de Cologne (1972-1973), et où il crée Shanti, pour synthétiseurs. Il préside à partir de 1974 la section française de la SIMC, et l'année suivante, il est directeur de la musique au festival d'automne de Paris. Il part au Japon en 1977 et créée Gaku-no-Michi au Studio électronique de la radio nippone à Tokyo, et à partir de 1978, il travaille au Centre d'Études de Mathématiques et Automatique Musicales (CEMaMu) fondé par Iannis Xenakis.

Style et influences[modifier | modifier le code]

Éloy est d'abord marqué dans sa jeunesse par la musique de Claude Debussy, puis par Olivier Messiaen et Pierre Boulez (Le Marteau sans Maître). On peut à cette époque le rattacher à l'école sérielle post-wéberienne. Varèse, qu'il a connu aux États-Unis en 1964, l'influence également, notamment dans son œuvre Équivalences, pour 18 instrumentistes (1963). Si ses œuvres de jeunesse peuvent être associées au mouvement musical européen des années 1960, il est influencé par l'esthétique de la musique traditionnelle orientale dès la fin de cette décennie et au cours de la décennie suivante, notamment par ses rencontres avec des musiciens de l'Inde lors d'un séjour en Californie. À partir de Kâmakalâ (1971), Éloy tente d'effectuer la synthèse entre musique orientale et musique occidentale, mais rejette l'idée d'intégrer la première à la seconde. Il parle alors d'« hybridation », en mettant en opposition le discontinu de la musique sérielle au « sens très fort de la continuité des événements sonores » de la musique orientale[2].

Choix d'œuvres[modifier | modifier le code]

  • Trois pièces pour piano (1960) (13 min)
  • Stèle pour Omar Khayyam (1960) pour voix de soprano, piano, harpe et percussion (20 min)
  • Cinqu poèmes de Saîgyo (1960) pour voix de soprano et piano (9 min)
  • Chants pour une ombre (1961) pour voix de soprano et huit instrumentistes (18 min)
  • Études I et II pour flûte (1962), violoncelle et harpe (21 min)
  • Étude III (1962), pour orchestre (20 min)
  • Equivalences (1963), pour 18 instrumentistes (10 min)
  • Faisceaux-Diffractions (1970), pour 28 instrumentistes (25 min)
  • Kâmakalâ (1971), pour trois groupes d’orchestre, cinq groupes de chœurs, trois chefs (approximativement 32 min )
  • Shânti ("Paix", 1972-73), pour sons électroniques et concrets (1 h 45 min, WDR Elektronische Musik Studio, Cologne)
  • Fluctuante-Immuable (1977), pour grand orchestre (20 min)
  • Gaku-no-Michi ("Les Voies de la musique", traduit aussi par " La Voie des sons " (1977-78), film sans images pour sons électroniques et concrets (3 h 50 min, NHK Electronic Music Studio, Tokyo
  • Yo-In ("Reverberations", 1980), théâtre sonore pour un rituel imaginaire, avec un personnage-percussionniste, électroacoustique, lumières (3 h 40 min en 4 actes, Instituut voor Sonologie, Utrecht)
  • Étude IV (1979), electroacoustique, UPIC – ordinateur avec interface graphique - (20 min)
  • A l'Approche du Feu Méditant (1983), pour 27 instrumentistes de l’orchestre du " Gagaku " au Japon, avec deux chœurs de moines Bouddhistes des sectes Shingon et Tendai, et six percussionnistes (2 h 30 min)
  • Anâhata ("Vibration d’origine", 1984-86), pour deux voix solistes de moines chanteurs Bouddhistes, trois instrumentistes de l’orchestre du " Gagaku ", percussion, électroacoustique, lumières (3 h 45 min)
  • Butsumyôe et Sappho Hikètis ("La cérémonie du repentir", "Sappho implorante", 1989), pour deux voix de femmes (techniques vocales étendues), électroacoustique (1 h)
  • Erkos ("Chant, Prière", 1990-91), pour une soliste de Satsuma-Biwa et vocaliste(techniques du "Shômyo"), avec electroacoustique (1h05', WDR Elektronische Musik Studio, Cologne)
  • Two American Women (1996), pour deux voix de femmes (techniques chantées et parlées), avec électroacoustique
  • … kono yo no hoka… ("… ce monde au-delà…", 1996), voix solo (techniques vocales étendues, au-delà du "Shômyô", 30 min)
  • Galaxies (1996), electroacoustique, avec voix solo (1 h 15 min)

Musique de films[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Prix de la Fondation Copley
  • 1961- 1962 : Prix Halphen
  • 1963 : Prix de la Biennale de Paris
  • 1971 : Grand Prix de la musique de chambre de la SACEM
  • 1980 : Prix de la promotion de la musique symphonique
  • 1981 : Prix national de la musique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bargheon, Ludovic: Éloy, Jean-Claude, in Ludwig Finscher (Hg.), Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Personenteil Band 6, Kassel: Bärenreiter 1996, Sp. 286-287
  • Chauvin, Marie-José (1971). "Entretien avec Jean-Claude Éloy". Courrier musical de France 36 (October–December).
  • Deloche, Aimée-Catherine (1985). "Éloy, le temps revisité". Silences 1:159–67.
  • Éloy, Jean-Claude (1970). "Improvisation: Refuge, utopia or necessity?" The world of music/Die Welt der Musik/Le monde de la musique 12, no. 3:6–21. [Anglais, Allemande et Français.]
  • Éloy, Jean-Claude (1969). "Musiques d'Orient, notre univers familier". In La musique dans la vie 2 ("Rayonnement des cultures africaines, regards sur les civilisations asiatiques, quelques problèmes du monde actuel"), 183-215. Paris: ORTF.
  • Éloy, Jean-Claude (1995). "L'autre versant des sons: Vers de nouvelles frontières des territoires de la musique? " In La musique et le monde (Internationale de l'imaginaire, nouvelle série 4), édité par Françoise Gründ, 193–231. Arles: Actes Sud. ISBN 2742702806
  • Felder, John (1981). "The Structural Function of Wind Role Transformations in Equivalences by J. C. Éloy." Ex Tempore: A Journal of Compositional and Theoretical Research in Music 1, no. 1:18-35
  • Green, Tona (1991). "Interview with Jean-Claude Éloy". Computer Music Journal 15, no. 1 (Spring): 14–19.
  • Mâche, François-Bernard (1963). "Une œuvre nouvelle de Messiaen". Mercure de France 1202 (December), 828–31. Réimprimé en François-Bernard Mâche, Un demi-siècle de musique...et toujours contemporaine, Collection sémiotique et philosophie de la musique (Paris: L'Harmattan, 2000), 28–31.
  • Rockwell, John (1983). "Music: Jean-Claude Éloy". The New York Times (19 November).
  • Stoianova, Ivanka (1993). "Mythen der Weiblichkeit in der achtziger und neunziger Jahren: Stockhausen, Eloy", Wiederaneignung und Neubestimmung, der Fall ‘Postmoderne’ in der Musik (Studien zur Wertungsforschung), ed. par Otto Kolleritsch, 87–116. Vienna: Universal Edition.
  • Stoianova, Ivanka (1997). "Jean-Claude Éloy: à la recherche du feu méditant: portrait du compositeur". En Music and Sciences, ed. G.F. Arlandi, 196–227. Bochum.
  • Stoianova, Ivanka (2001). "Éloy, Jean-Claude". The New Grove Dictionary of Music and Musicians, deuxième édition, sous la direction de Stanley Sadie et John Tyrrell. London: Macmillan Publishers.
  • Stoianova, Ivanka (2003). "Produktion und Reproduktion in der elektronischen Musik am Beispiel von Jean-Claude Éloy". In Musikalische Produktion und Interpretation: Zur historischen Unaufhebbarkeit einer ästhetischen Konstellation (Studien zur Wertungsforschung 43), ed. Otto Kolleritsch, 163–75. Vienna: Universal Edition.
  • Weid, Jean-Noël von der (1997). "La cosmogonie sonore de Jean-Claude Éloy". Dissonanz, no. 51:30–32

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou Rouen, selon les sources
  2. Dictionnaire des grands musiciens, vol.1, p. 206, Marc Vignal, Larousse, 1985