Jean-Chrysostôme Bruneteau de Sainte-Suzanne

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Jean-Chrysostôme Bruneteau de Sainte-Suzanne
Naissance 4 mars 1773
Poivres(Aube)
Décès 2 août 1830 (à 67 ans)
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement Commandant militaire de l'Île Bonaparte
Distinctions Légion d'honneur
(Commandeur)
Ordre royal et militaire de Saint-Louis
(Chevalier)
Famille Frère de Gilles Joseph Martin et
Alexandre François Bruneteau de Sainte Suzanne

Jean-Chrysostôme Bruneteau de Sainte-Suzanne (4 mars 1773 - Poivres2 août 1830 à Clermont-Ferrand, en se suicidant d’un coup de pistolet à la tête) est un général de brigade français.

Prénommé par erreur Alexandre-François-Chrysostôme (Vicomte Albert Révérend) ou Christophe (fichier CARAN, Archives nationales françaises), Jean-Chrysostôme est souvent désigné à tort comme le fils de Gilles Joseph Martin Bruneteau de Sainte Suzanne mais leur écart d'âge (13 ans) est insuffisant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les Guerres de la Révolution[modifier | modifier le code]

Entré cadet gentilhomme au régiment d'Anjou le 10 juillet 1789, réformé en 1791, et nommé le 15 septembre de la même année, sous-lieutenant au même corps, où il devint adjudant-major, puis capitaine le 18 octobre 1793.

Il fut suspendu de ses fonctions militaires, comme noble, le 14 février 1794. À cette dernière époque, il avait fait la campagne de 1792, à l'armée du Rhin, celle de 1793, aux armées du Nord et du Rhin, et s'était trouvé à la prise de Spire et de Mayence, en 1792, au blocus de Dunkerque (1793) et à celui de Maubeuge, aux affaires près de Landau, et aux combats de la Chapelle-Sainte-Anne et de Cassel, en 1795. On le réintégra dans son grade de capitaine en août 1795, et il fut classé comme tel dans le 3e bataillon des Pyrénées-Orientales. Ce bataillon étant entré dans la composition de la 5e demi-brigade d'infanterie, en juillet 1796, le capitaine de Sainte-Suzanne fut mis à la suite de ce corps, avec lequel il fit la campagne d'Italie (1796-1797). Il se trouva aux batailles du Pont d'Arcole, de Rivoli, de la Favorite.

Nommé adjoint aux adjudants-généraux le 27 décembre 1798, il fut employé, cette année-là, à l'armée de l'Ouest, passa à l'armée d'Italie, en 1799 et combattit à Jeacomo et à Cassano (1799), se distingua à Novi, où il fut fait chef de bataillon sur le champ de bataille, le 18 août 1799. Employé à l'armée du Rhin, il se trouva aux batailles et combats d'Engen, de Moeskirch, de Biberach, de Nortlingen, d'Unterhausen et d'Hohenlinden, en 1800, au passage de l'Inn et à Laubach en 1801.

À l'Île Bonaparte[modifier | modifier le code]

Le 2 août 1802, on le nomma chef de brigade commandant l'infanterie de l'expédition destinée pour l'Inde. Le même mois, il prit part à plusieurs combats livrés ou soutenus par la flottille de Boulogne.

Il s'embarqua pour les Indes orientales le 28 février 1803, débarqua à l'Île de France, le 22 août suivant, et y fit les campagnes jusqu'en 1805. Il était colonel du régiment de l'Île de France depuis le 24 août de cette dernière année, lorsqu'on le nomma commandant de l'Île Bonaparte le 7 octobre 1809.

L'île, qui avait déjà eu à subir des catastrophes naturelles exceptionnelles qui ravagèrent toutes les cultures de café et de giroflier en 1807, était devenue depuis la victime du blocus de la flotte britannique (1808) puis de débarquements ennemis d'abord à Sainte-Rose (ils sont repoussés par la garde nationale de Saint-Benoît, puis à Saint-Paul où Britanniques, qui se retirent immédiatement (21 septembre). Afin de redonner confiance à une colonie dans le désarroi le plus complet, le général Decean nomma Sainte Suzanne pour succéder au général Des Brulys comme commandant de l'île.

Dès son débarquement sur l'île, Sainte Suzanne y adressa à la population une énergique proclamation, accueilli avec enthousiasme. Hélas, le colonel ne pouvait néanmoins accomplir des miracles avec les peu de moyens à sa disposition (300 hommes de troupes de ligne, et 500 gardes nationales mobiles) face à des anglais, « maîtres des mer » et déterminés à mettre fin à la présence française dans les Mascareignes.

Le 7 juillet 1810, une expédition anglaise comprenant 60 voiles, 800 matelots et 7 000 hommes de débarquement était au large de Saint-Denis : les troupes anglaises débarquent à la Rivière des Pluies et à la Grande Chaloupe afin de prendre Saint-Denis en tenaille. Sainte-Suzanne refusa de se rendre aux premières sommations qui lui furent faites.

Le lendemain, après d'énergiques et glorieux combats, l'ultime affrontement eut lieu sur le plateau de la Redoute. La garnison tenta d'arrêter là les troupes anglaises qui descendaient de la Montagne.

N'ayant ni places fortes ni vaisseaux pour protéger la défense de l'île, il en disputa néanmoins le terrain pied à pied, et ne la rendit qu'après avoir perdu l'élite de sa petite troupe, et lorsque l'ennemi se fut rendu maître de la moitié de la ville de Saint-Denis, place ouverte et chef-lieu de l'île. Les combats furent sanglants et l'issue fatale acquise : après avoir entendu à 17 heures les rapports des chefs de service et des commandants de poste sur la situation la décision est prise de proposer au commandant anglais une capitulation. Cette capitulation, signée à 18 heures, au 133 de la rue Saint-Joseph (maison appartenant au sieur Dubourg), faite en cette circonstance fut des plus honorables, et jugée telle par une commission d'enquête, qui approuva la conduite qu'avait tenue le colonel de Sainte-Suzanne.

Les officiers anglais salueront la bravoure et le qualifieront Sainte-Suzanne de « meilleur officier des Français dans l'Inde »

Les Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Le général de Sainte-Suzanne rentra en France le 15 février 1811, fut nommé colonel du 29e régiment d'infanterie légère le 14 mars et chevalier de la Légion d'honneur le 19 décembre suivant.

Employé à la Grande armée, en 1812, il fit la campagne de Russie, se trouva aux batailles de Czaśniki et de Smolensk (1812), ainsi qu'à l'affaire de Borisow, et fut fait prisonnier de guerre au passage de la Bérézina, le 27 novembre 1812.

Il ne rentra en France que le 26 juin 1814. Le roi le nomma maréchal de camp le 6 septembre suivant, chevalier de Saint-Louis le 26 octobre et commandant de la place de Landau le 11 décembre de la même année.

Lors du retour de Buonaparte, il accepta le commandement de Schelestadt le 4 mai 1815. Bloqué par des troupes saxonnes et les wurtembergeoises, fortes de 8 000 à 9 000 hommes (à qui il oppose seulement 4 000 hommes, presque tous de la Garde nationale) et commandées par les généraux Stoctmayer et Lecoq, il repoussa deux attaques très vives, et fit des sorties, dans l'une desquelles il s'empara du quartier-général ennemi à Châtenay. Refusant d'obtempérer aux sollicitations qui lui furent faites plusieurs fois de remettre la place aux troupes alliées, il ne la rendit qu'au roi. Dans un ordre du jour donné à Landau, le 18 janvier le Maréchal-Duc d'Albufera témoigna sa satisfaction des services que le général de brigade de Sainte-Suzanne avait rendu dans cette place.

Créé officier de la Légion d'honneur le 4 décembre 1816, S. M. lui donna le commandement du département de la Corrèze le 25 du même mois, puis de la 2e subdivision de la 19e division militaire le 20 mai 1818.

En apprenant la Révolution de 1830, le successeur du général Des Brulys à la Réunion se « brûla à son tour la cervelle » le 2 août 1830 à Clermont-Ferrand.

En 1836, le Maréchal de camp Duvivier demanda que son nom fut inscrit sur l'Arc de triomphe.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de petite noblesse champenoise, il est le fils de Louis Gilles de Bruneteau de Sainte Suzanne et Françoise de La Mothe d'Haucourt. Sa fratrie se compose de :

Il se marie le 17 juin 1802 avec Louise Elisabeth de Rossel, dont :

État de service[modifier | modifier le code]

Campagnes et faits d'armes[modifier | modifier le code]

Blessures[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Hommage, honneurs, mentions, …[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Pensions, rentes[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Ornements extérieurs Barons de l'Empire français.svg
Blason famille fr Jean-Chrysostôme Bruneteau de Sainte-Suzanne (baron).svg
Armes du baron Bruneteau de Sainte-Suzanne et de l'Empire

D’azur au lion d’or surmonté d’une étoile d’argent et flanqué de deux colonnes du même, au franc-quartier senestre des barons militaires de l’Empire de gueules chargé d’une épée haute d’argent.[1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]