Jean-Charles Harvey

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Jean-Charles Harvey

Activités Romancier, essayiste
Naissance 10 novembre 1891
La Malbaie, Charlevoix, Québec, (Drapeau du Canada Canada)
Décès 3 janvier 1967 (à 75 ans)
Montréal, Québec, (Drapeau du Canada Canada)
Langue d'écriture Français
Genres Roman, essai,
Distinctions Prix David 1929

Jean-Charles Harvey (1891-1967) est un journaliste et romancier québécois. Il collabore à plusieurs périodiques dont Le Soleil, Le Petit Journal, Le Jour (qu'il crée en 1937 et pour lequel il fut rédacteur en chef jusqu'en 1946[1]).

En avril 1934, il devint célèbre à la suite de la publication de son roman Les Demi-civilisés, qui lui vaut d'être condamné par le clergé, et tout particulièrement du cardinal Villeneuve (Québec, le 25 avril 1934).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Charles Harvey naît à La Malbaie le 10 novembre 1891. Après avoir complété son cours classique au séminaire de Chicoutimi et son scolasticat chez les jésuites, il se rend à Montréal pour y suivre quelques cours de droit avant d'amorcer une carrière de journaliste. En 1915, il devient reporter au journal La Patrie.

En 1918, il déménage à Montmagny et travaille comme rédacteur publicitaire pour La Machine agricole nationale qui fera faillite en 1921. En 1922, Harvey devient journaliste au journal Le Soleil de Québec. C'est également en 1922 qu'il publie Marcel Faure, son premier roman. Il est promu rédacteur en chef du Soleil en 1927 et reçoit la médaille d'officier de l'Académie française en 1928. En 1929, il publie le recueil de contes L'Homme qui va… pour lequel il obtient le prix David.

À la suite de la parution de son roman Les Demi-civilisés, on l'oblige à se rétracter, mais il perd quand même son emploi au Soleil, le 30 avril 1934. Il devient alors directeur du Bureau des statistiques du gouvernement du Québec. Il est congédié en 1937 par le premier ministre Maurice Duplessis et il part s'établir à Montréal pour y fonder l'hebdomadaire Le Jour avec l’aide de capitaux anglophones. Le premier numéro paraît le 15 septembre.

Dans son journal, Harvey s'en prend au nationalisme, au fascisme et à l'antisémitisme de certains de ses contemporains. Il s'oppose à Adrien Arcand et au chanoine Lionel Groulx. Alors que la guerre civile espagnole fait rage, Le Jour prend parti pour les républicains contre les nationalistes dirigés par Franco, bien qu'une large frange de l'intelligentsia canadienne-française soit favorable au caudillo. Le même scénario se répète pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que Le Jour est l'un des rares journaux à critiquer durement la France du maréchal Pétain et à se ranger du côté du général de Gaulle, alors que plusieurs membres de l'élite québécoise sont ouvertement pétainistes. Les opinions tranchées et le style abrasif de Jean-Charles Harvey lui valent des accusations d'impérialisme.

Il crée un scandale en 1944 en affirmant qu'Adolf Hitler était en faveur du mouvement séparatiste québécois; des recherches ultérieures démontrent cependant que cette affirmation est une invention destinée à discréditer Adrien Arcand et ses partisans.

Après huit ans et demi d'existence, Le Jour ferme ses portes en juin 1946. Harvey travaille ensuite au Service international de Radio-Canada et à la station de radio CKAC avant de devenir directeur des publications du Petit journal et de Photo Journal. Il meurt à Montréal le 3 janvier 1967. Il collabore également des émissions radiophoniques et télévisées pour Radio-Canada.

Dans un article de Jules Béliveau paru dans La Presse le 12 avril 1985, le grand maître JZ Léon Patenaude affirme que Harvey était franc-maçon.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Marcel Faure, Montmagny, Imprimerie de Montmagny, 1922
  • Les Demi-civilisés, Québec, Éditions du Totem, 1934 ; réédition, Montréal, L'Actuelle, 1970 ; réédition, Montréal, Éditions Typo no 74, 1993 et 2002
  • Sébastien Pierre, Levis, Les Éditions du Quotidien, 1935 ; réédition, Montréal, Stanké, coll. Québec 10/10 no 78, 1985
  • Les Paradis de sable, Montréal, Éditions d'Orphée, 1953
  • La Fille du silence, Montréal, Éditions d'Orphée, 1958

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • L'Homme qui va..., Québec, Compagnie d'Imprimerie du Soleil, 1929 ; réédition, Montréal, Éditions de l'Homme, 1967

Essais[modifier | modifier le code]

  • Pages de critique sur quelques aspects de la littérature française au Canada, Québec, Compagnie d'imprimerie du Soleil, 1926
  • Art et Combat, Montréal, Éditions ACF, 1937
  • Les grenouilles demandent un roi, Montréal, éditions du Jour, 1943
  • La Peur, dans Feuilles démocratiques, vol. 1 no 1, 1945 ; réédition en volume, Montréal, Éditions Boréal, coll. Boréal compact no 116, 2000
  • L'Épidémie des grèves, Montréal, 1946 ; réédition, 1967
  • L'U.R.S.S., paradis des dupes, Québec, 1947
  • Les Armes du mensonge, Québec, 1947
  • Le Refuge sentimental, Montréal, Éditions Beauchemin, coll. Cœurs, 1959
  • Pourquoi je suis antiséparatiste, Montréal, éditions de l'Homme, 1962

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • La Chasse aux millions, Québec, Crédit industriel limité, 1920
  • Québec la doulce province, 1925, Montréal, Chemin de fer national du Canada
  • Visages du Québec, Montréal, Le Cercle du livre de France, 1964
  • Des bois... des champs... des bêtes, Montréal, Éditions de l'Homme, 1965

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études sur Jean-Charles Harvey[modifier | modifier le code]

  • Marcel-Aimé Gagnon, Jean-Charles Harvey, précurseur de la Révolution tranquille, Montréal, Éditions Beauchemin, 1970
  • Yves Lavertu, Jean-Charles Harvey : le combattant, Montréal, Éditions Alain Stanké, 1999 ; réédition, Montréal, Éditions Boréal, 2000
  • Guildo Rousseau, Jean-Charles Harvey et son œuvre romanesque, Montréal, Centre éducatif et culturel, 1969
  • Victor Teboul, Le Jour. Émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Éditions HMH, 1984

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À ne pas confondre avec le quotidien souverainiste du même nom fondé en 1974.

Liens externes[modifier | modifier le code]