Jean-Baptiste Solignac

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Jean-Baptiste Solignac
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Solignac

Naissance 15 mars 1773
Millau (Aveyron)
Décès 11 novembre 1850 (à 77 ans)
Montpellier (Hérault)
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de division
Années de service 17911834
Distinctions baron de l'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 35e colonnes
Famille beau-frère du maréchal Jourdan

Jean-Baptiste Solignac, né le 15 mars 1773 à Millau (Aveyron), mort le 11 novembre 1850 à Montpellier (Hérault), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

baron d'Empire, et beau-frère du maréchal Jourdan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le 28 septembre 1791, il est soldat au régiment de Vermandois, devenu par la suite le 61e régiment d'infanterie. Il est lieutenant et capitaine, en août et novembre 1792, dans le 2e bataillon de volontaires des Pyrénées-Orientales, organisé à Montpellier. Il fait les premières campagnes de la Révolution française à l'armée des Pyrénées orientales.

Aide-de-camp du général Voulland, il devient chef de bataillon le 28 janvier 1794, puis, adjudant-général chef de brigade en l'an II. Il est arrêté pour avoir relâché des fédéralistes, puis libéré fin mai 1795.

Il fut employé dans la 8e division militaire (Marseille), et ensuite à Paris en l'an IV. Ce fut alors qu'il connut le général Napoléon Bonaparte, qui lui confie, le 13 vendémiaire, la défense des postes de l'impasse Dauphin, du passage Venua et du Manège, où commencent les premières hostilités. Solignac passe à l'armée d'Italie et y sert avec la plus grande distinction.

Il est promu général de brigade provisoire, par le général en chef, au sein de l'armée d'Italie le 11 avril 1799. Il se distingue particulièrement à la bataille de Novi, y est blessé et a deux chevaux tués sous lui.

Il rentre en France et se trouve aux journées de Brumaire, auxquelles il prend une part très-active. Au moment du Coup d'État du 18 brumaire, il commande la troupe qui protège Bonaparte dans la salle du Conseil des Cinq-Cents. Bonaparte s'est maladroitement laisser prendre à partie par les parlementaires. Solignac en fait chasser les députés.

Bonaparte, devenu premier Consul, se montre reconnaissant des services qu'il lui a rendus dans ce moment critique, en l'attachant à sa personne. Le 28 du même mois le général Bonaparte le charge d'une mission très-importante dans la 8e division militaire, et l'investit à cet effet de pouvoirs extraordinaires[1]. Il revient ensuite à Paris et suit le général Masséna à l'armée d'Italie.

Confirmé dans son grade de général de brigade par arrêté des consuls, il se fait remarquer à l'affaire de Melogno, et reçoit dans cette action un coup de biscaïen à la cuisse. Il fait la campagne de l'an X à l'armée de Naples, sous les ordres de Murat, celles de l'an XI et de l'an XII à l'armée d'Italie.

Il reçoit l'ordre, le 9 brumaire, de se porter sur une colonne de 5 000 Autrichiens, séparée de l'archiduc Charles, et qui a pris position sur les hauteurs de San Leonardo, à l'effet de cerner entièrement ce corps ennemi. Il y marche avec quatre bataillons de la division Partouneaux, et force le général Hellinger à conclure une capitulation qui donne aux Français 5 000 prisonniers avec armes et bagages, 70 officiers, un brigadier-général, un colonel, un major et 80 chevaux. Cet officier général acquit une nouvelle gloire au combat de Saint-Jean et au passage du Tagliamento.

Accusé de concussions, il est destitué par décret du 31 mars 1806. Il paraît cependant que les accusations dont ce général est l'objet, parurent douteuses à l'Empereur, puisqu'il le rétablit dans son grade par un autre décret du 20 avril 1807, et le remet en activité à la Grande Armée.

Il fait partie de la Grande Armée devant Dantzig en 1807 et de l'armée du Portugal à partir du 18 janvier 1808. Il prend le commandement de l'avant-garde du général Loison dans l'Alentejo, et bat complètement un corps portugais et espagnol devant Evora, lui fait 1 500 prisonniers, et lui prend 7 pièces de canon[2]. Le 20 août suivant, il se distingue à la bataille de Vimeiro, qui décide l'évacuation du Portugal, et y reçoit deux blessures extrêmement graves.

Fait baron de l'Empire, le général Solignac passe au 8e corps de l'armée d'Espagne. Il soutient la brillante réputation militaire qu'il a acquise en Italie et en Portugal, et est élevé au grade de général de division le 17 novembre de la même année.

Il sert en Espagne entre 1809 et 1810. Destitué par décret du 15 novembre 1811, il supplie l'Empereur de lui permettre de reprendre du service, fût-ce même comme simple soldat, et il obtient le commandement d'une division au 1er corps de la Grande Armée, le 1er janvier 1814.

En non-activité le 15 janvier 1815, il est mis à la disposition du duc d'Angoulême le 6 mars.

Nommé, par son département, membre de la Chambre des représentants, il propose, dans la séance du 22 juin, de s'occuper sur-le-champ de nommer des commissions :

  1. de gouvernement provisoire ;
  2. de négociations avec les puissances ;
  3. pour se rendre auprès du général Wellington, afin d'arrêter, s'il est possible, sa marche. Dans la même séance, il insiste sur ce que l'abdication après Waterloo de l'Empereur soit mise aux voix.

Commissaire de la Chambre des représentants près l'armée, il fait voter, dans la séance du 4 juillet, des remerciements aux braves de toutes armes qui ont si vaillamment défendu les approches de la capitale. M. Solignac engage plusieurs fois la Chambre à reconnaître et à proclamer Napoléon II, et demande que les autorités de l'empire soient tenues de lui prêter serment.

Cet officier général a sa part dans les persécutions qui suivent la réaction politique de 1815 ; il se voit réformé sans traitement, et rayé des contrôles de l'armée. Le 2 mars 1816, le grand chancelier ayant demandé au roi si cette radiation entraînait de droit celle des contrôles de la Légion d'honneur, Louis XVIII répondit négativement.

Admis à la retraite, le 11 août 1819, il rentre en activité et prend le commandement de la 9e division militaire le 1er septembre 1830. Commandant de la 12e division militaire en 1832, il est chargé de rétablir l'ordre en Vendée.

Créé grand officier de la Légion d'honneur le 20 avril 1831, disponible le 29 juin, le général Solignac est réadmis à la retraite le 25 juin 1834.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest.

Texte d'Arthur-Lévy[modifier | modifier le code]

« Examinons à présent quelle fut la conduite de l'Empereur vis-à-vis des fautes graves commises par ses généraux dans le service. Le général Solignac, dans l'exercice de son commandement, s'était rendu coupable de détournements dont le total n'était pas évalué à moins de six millions ; Napoléon écrit à ce sujet : « J'ai destitué le général Solignac. Vous lui notifierez sa destitution et vous lui notifierez que l'Empereur, qui ne veut pas outrer les mesures de sévérité, voudra bien ne pas aller plus loin si ces sommes sont promptement rétablies dans la caisse de l'armée ; mais que, si le général Solignac tarde à le faire, il sera traduit devant une commission militaire, comme ayant détourne à son profit des fonds destinés à l'entretien et à être la récompense du soldat... »

« Ce général avait, paraît-il, la restitution difficile, car il ne fallut pas moins de trois lettres de l'Empereur pour le décider à s'exécuter. Il convient d'ajouter qu'en 1815 le général Solignac est un des premiers à demander à la Chambre des représentants l'abdication de l'Empereur. »

— Arthur-Lévy, Napoléon intime, Paris, Nelson, page 347.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La mission de ce général, est, de maintenir et de rétablir, au besoin, l'ordre et la tranquillité dans les départements de Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et du Var, et il lui a particulièrement recommandé d'empêcher que la place de Toulon ne tombe entre les mains des mécontents, qu'on sait être en grand nombre à Marseille, à Toulon et à Draguignan. Arrivé à Marseille, Solignac s'abouche avec les autorités civiles et militaires, et parvient, après deux longues conférences, à obtenir d'elles des proclamations d'adhésion aux journées de Brumaire
  2. Chargé d'enlever la place d'Evora, il escalade les remparts, pénétre dans la ville malgré la défense la plus opiniâtre, et s'en empare en moins de deux heures

Source partielle[modifier | modifier le code]