Jean-Baptiste Pussin

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Jean-Baptiste Pussin, né à Lons-le-Saunier (Jura) le 29 septembre 1745 et décédé à Paris en avril 1811, à 65 ans, était un surveillant de l'asile de Bicêtre, puis de la Salpêtrière.

Il secondait le docteur Philippe Pinel et joua un rôle dans l'amélioration du sort des aliénés.

Il est l'un des précurseurs de la fonction d'Infirmier psychiatrique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Pinel délivrant les aliénés à la Salpêtrière en 1795 par Tony Robert-Fleury.

Ancien tanneur, il arrive malade, atteint d'écrouelles[1], à Bicêtre, en 1771, où l'on tente de le soigner, puis, avec son certificat d' "incurable", est gardé à l'hôpital dans la section des « bons pauvres », durant plusieurs années. Il décide alors de s'impliquer dans la vie de l'hôpital : il aide tout d'abord les enfants malades durant leurs cours, puis devient portier de l'hospice[2].

En 1780[2], il est promu surveillant dans le service des aliénés agités, puis, en 1785[1], « gouverneur des fous »[3], et travaille entre autres auprès du médecin militaire Jean Colombier, inspecteur de l'hôpital, proche de ses conceptions. Celui-ci sera son témoin lors de son mariage avec Marguerite, en 1786[2]. Sa femme travaille à ses côtés à Bicêtre, puis ensuite à la Salpêtrière.

Il consigne ses notes, observations et remarques dans des carnets et cahiers sur lesquels les médecins peuvent s'appuyer.

En 1793, Philippe Pinel prend ses fonction à Bicêtre. Il remarque que la façon de procéder de Pussin avec les aliénés était très efficace : Pussin était très humain avec les malades, et lorsque ceux-ci étaient libérés de leurs chaînes, ceux-ci se comportaient bien.

Pussin était un homme de carrure très forte, doué d'un certain sens de l'observation. Au caractère autoritaire, supportant mal les ordres de la hiérarchie administrative, et imposant imperturbablement les siens à ceux qui dépendaient de lui. Il mit en œuvre la suppression des chaînes des malades mentaux[4].

Lorsque Pinel, en 1795, fut muté à la Salpêtrière, il demanda à ce que Pussin le suive, afin de pouvoir bénéficier des services de « police intérieure » de ce dernier ; après plusieurs années d'attente, et grâce à l'influence du ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal, cela lui est enfin accordé en 1802[5],[1]. Pussin a donc été surveillant à Bicêtre de 1780 à 1802[6], date à laquelle il est nommé à la Salpêtrière, et où il travaillera jusqu'à son décès. Il contribue à la réforme asilaire et enlève les fers des aliénés le 4 prairial de l'an VI. Il applique ensuite cette même libération à l'hospice national des femmes.

Jean Baptiste Pussin est le père spirituel de l'infirmier en psychiatrie. Il est le premier surveillant à écrire des observations sur ses patients. Estimant qu'ils étaient plus aptes, il choisira le personnel parmi les malades guéris et les convalescents.

Hommages[modifier | modifier le code]

Pinel délivrant les aliénés à Bicêtre en 1793. Tableau de Charles-Louis Mullet, Académie nationale de médecine.

Plaque commémorative[modifier | modifier le code]

Le préfet Eugène Poubelle, le 3 août 1887, inaugure une plaque commémorative apposée sur un mur de l'hôpital Bicêtre, pour le travail de surveillant de Pussin dans l'hospice, de 1780 à 1802. Elle sera restaurée, puis installée à l'entrée de l'hôpital en février 2007[6].

Lieux et bâtiments[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Pussin est le nom de l'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) des Hôpitaux de Saint Maurice (anciennement hôpital Esquirol) à Saint-Maurice (Val-de-Marne).

Une unité de l'hôpital psychiatrique "Saint Jean de Dieu" à Lyon, une unité de l'établissement public de santé d'Alsace du Nord (EPSAN) portent également son nom, ainsi qu'une unité de psychiatrie adulte du centre hospitalier du Mas Careiron à Uzès (Gard) ainsi qu'un établissement de psychiatrie adulte du centre hospitalier à Lens (Pas-de-Calais) et de la Fondation Bon Sauveur de Saint-Lô (Manche). Un Hopital de Jour de soins de réadaptations psychique à l'Hopital Bicêtre (ap-hp), une unité du centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-Lès-Rouen, une unité du CHU de Poitiers à Nieuil-l'Espoir ainsi qu'une unité de soins à l'Hôpital André BRETON de Saint Dizier portent son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Biographie de Pussin, site des Hôpitaux de Saint-Maurice.
  2. a, b et c Marie Didier, Dans la nuit de Bicêtre, 2006 ; édition Folio 2008.
  3. ou selon les sources, gouverneur de l'emploi des fous.
  4. Philippe Pinel, Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale ou La manie, 1801, p. 201.
  5. Marie Didier, op.cit., p.169
  6. a et b Confer la plaque commémorative à Pussin, apposée à Bicêtre, de 1887, puis restaurée et installée à l'entrée de l'hôpital en février 2007. Antoine Bioy et Damien Fouques, Manuel visuel de psychologie clinique et psychopathologie - 2ème édition, Dunod, 2012, p.27

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Didier, Dans la nuit de Bicêtre, Gallimard, Paris, 2006 ; rééd. Folio, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]