Jean-Baptiste Morin de Villefranche

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Jean-Baptiste Morin
Gravure par Étienne Desrochers.

Jean-Baptiste Morin de Villefranche, latinisé en Morini, (en couverture de ses livres) de Villefranche-sur-Saône (Rhône) est né à une date, et à une heure inconnue en 1583. La date donnée depuis 343 ans est celle de son acte de baptême. L’enquête de la revue Astroemail, édition 130, publie cet acte intégral retrouvé aux Archives du Rhône. Il ne comporte ni mention de son jour de naissance, ni son heure. A l’époque, un délai de survivance des nourrissons, variant entre 3 semaines et 8 jours, était une pratique populaire observée avant le rite baptismal (référence necessaire). La naissance de Morin intervint vraisemblablement entre le 1er et 15 février (reference necessaire) . L’ignorance de ses données d’origine fut le drame de Morin, ses parents étaient décédés (quand?) quand il découvrit l’astrologie à partir des années 1600. L’Astrologia Gallica, publie 3 dates de naissance, fausses et contradictoires, dont l’une en mars, après son baptême. Il est mort à Paris le , était un médecin nommé à la chaire de Mathématique de Du Hamel au Collège de France en août 1629[Quoi ?]. Il développa une activité parallèle d' astrologue sans en faire un enseignement officiel. Il n'exerça aucune activité d'astrologue de cour. Ses théories furent publiées post mortem, 5 ans après son décès, sans contrôle. Elles furent intégrées par la communauté astrologique internationale au XXe siècle, dans le Corpus de la "tradition", sans aucune analyse critique de ses textes. Partisan du géocentrisme, il contestait que la solution au problème des longitudes en mer soit réglée par un mécanisme d'horlogerie. Il se trompait car cette solution proposée au XVIIIe siècle par l'anglais John Harrison se révéla concluante, et pratique par tous temps de navigation. Il échangea une correspondance curieuse avec Descartes sur la théorie de la composition de la lumière, ayant un intérêt certain, avançant la notion théorique de grain et de granulité, avant celle des quanta de lumière énoncée puis démontrée par Einstein au début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une enquête, sur les origines de la formation intellectuelle de Morin, montre que ses accès de violences firent obstacle à son cursus d’étude à Villefranche. Contraint de fuir sa ville natale et sa région, menacé d’emprisonnement, et de représailles pour les sévices dont il s’était rendu coupable sur une femme, il fut contraint de s’exiler à Aix en Provence. Où il obtint son diplôme de bachelier es arts (équivalent du bac actuel). Il ne fit d’étude en philosophie, au sens où ce mot est compris au XXIe. Ni non plus au sens du XVII, apprentissage d’une discipline, contrairement à l’affirmation de son biographe officiel posthume. L’ enquête révèle en effet, que Morin prétendait en 1600 avoir appris, à Aix en Provence, et enseigné en cette ville pendant 10 ans, la philosophie magnétique de Gilbertus Anglus. Non latin du médecin anglais William Gilbert, auteur du De Magnete paru exactement la même année en 1600 à Londres. Le premier traité scientifique sur le magnétisme et les aimants. William Gilbert est mort en 1603. Son ouvrage ne fut jamais traduit en français , et l’université d’Aix ne proposait aucun enseignement en 1600 dans cette matière. Au surplus Morin affirmait être l’auteur dés 1599 d’un abrégé du De Magnete. Ce qui est matériellement impossible. Il est exact qu’il obtint à Avignon le 9 mai 1613, où il dut à nouveau fuir d’Aix, pour les mêmes motifs qu’il quitta Villefranche, le titre de médecin. A chaque fois à raison de ses relations féminines tumultueuses, ses violences et ses sévices. Des études de médecine motivées par une nécessité thérapeutique. Il avait contracté en 1610 une maladie sexuellement transmissible, la vérole, dont il mit une année à se soigner. L’analyse de la vie de Morin indique qu’il fréquenta régulièrement les maisons de prostitution, jusqu’à un âge avancé. A 70 ans on le stoppa à temps, à Paris, au moment où il s’en prenait à nouveau à une femme, armé d’une arme blanche à la main, suite à une querelle de rue et de voisinage.

Pendant 30 ans, de l’âge de 16 à celui de 46 ans, Morin vécut de domesticité se plaignant de l’avarice de ses maîtres, car il ne percevait aucune gratification. Les usages de l’époque donnaient aux serviteurs uniquement le coucher et le repas. Sans percevoir de rémunération, en application des ordonnances de  1564, 1577 et 1601.

Morin reçut un cadeau exceptionnel de Guillaume du Vair, pour un motif inconnu, sous la forme d’un séjour touristique, et d’étude, d’une année, tous frais payés en Allemagne, Hongrie et Transylvanie. A son retour, de ce voyage, il écrivit un livre de reportage, une innovation, intitulé Nova Mundia Sublunaris anatomia, comportant deux pages de dédicace expressément très reconnaissantes à Du Vair pour son extrême générosité. Il entra comme médecin au service de l’abbé commendataire Charles de la Bretonnière à l’abbaye de Saint Evroult dans l’Orne jusqu’en 1626. Date de son entrée en service, en province, comme médecin ordinaire du duc de Luxembourg jusqu’en août 1629.

Morin n’a jamais été employé comme médecin par l’évêque Claude Dormy à l’abbaye de Saint Martin des Champs, située 270-292 rue Saint Martin à Paris. C’est une affabulation insérée dans les deux biographies posthumes de Morin, à des fins de propagande religieuse, par les jésuites et les oratoriens. Il publia une apologie d'Aristote en 1624, cultiva également l'optique parallèlement à ses travaux d'astrologie. Il observait le ciel avec Pierre Gassendi.

Le véritable bienfaiteur de Morin fut Louis Tronson du Coudray, secrétaire du Roi disgracié en 1626 mais ayant conservé la charge de Conseiller d’Etat. En effet, ayant rencontré Morin en 1618, à propos de son mariage, il comprit la nécessité de le faire accéder, en fonction de sa condition de roture, à l’autonomie financière, ainsi qu’à un mode de vie indépendant des aléas de la domesticité. Afin de sortir de la condition de valet, ou de médecin de service par un statut de liberté de mode de vie. Avec l’assurance d’une rémunération régulière sans contrainte autre qu’un travail intellectuel à fournir.

C’est ainsi, que profitant de la circonstance du décès de David de Saintclair le 29 juin 1629, Louis Tronson entreprit en juillet, de placer Morin en remplacement au Collège de France à la chaire de mathématique vacante. Il se heurta, dans cette entreprise, à l’opposition des Le Bouthillier, notamment en la personne de Denys Le Bouthillier seigneur de Rancé, briguant ce poste pour le précepteur de ses enfants. La candidature concurrente ne remplissant pas la condition minimale de postulation, à savoir un titre universitaire en médecine, Morin fut nommé, lors du retour de Louis XIII des guerres en Languedoc, après la paix d’Alès en août 1629. L’intervention de Marie de Médicis, dans le processus, relève de la légende inventée pour la cause.

L'épisode Morin s'intercale entre les débuts de la diffusion de la théorie de l'héliocentrisme (Copernic Galilée, Kepler), la découverte des lois de la Mécanique Céleste (les 3 lois de Kepler de 1610) et le raidissement de la religion catholique sur le principe du géocentrisme issu de Ptolémé jusqu'à Tycho Brahé. Partisan déclaré du géocentrisme, Morin apporta sa caution à l'église. A la fin de sa vie il laissa un manuscrit ambigu, non publié, faisant état d'un doute sur l'immobilité réelle de la Terre comme centre du monde. Morin combattit également le système de Descartes, qu'il avait rencontré en 1638. Ces controverses isolèrent Morin de la communauté scientifique française, qui s'était majoritairement convertie au système de Copernic.

Il mourut de vieillesse à Paris en novembre 1656, et fut inhumé dans l'église Saint-Étienne-du-Mont. Il laissa des dispositions testamentaires pour la dévolution de son oeuvre intellectuelle en désignant notamment Guillaume Tronson du Coudray en qualité d'exécuteur de ses dernières volontés..

Le problème des longitudes[modifier | modifier le code]

Morin proposa en 1634 sa solution au « problème des longitudes » : celle-ci était fondée sur la comparaison entre le temps apparent et le temps absolu, lequel était déduit de la position relative de la Lune par rapport au étoiles ; c'était, en somme, une variante de la méthode des distances lunaires. Morin apporta ses propres améliorations pour rendre cette approche efficace, comme l'amélioration des instruments de visée et la prise en compte de la parallaxe lunaire. Il dénigra la proposition de Frisius d'utiliser une horloge de précision embarquée : « J'ignore si le Malin peut réussir à fabriquer une horloge à longitude, mais ce serait folie pour l'homme de s'y essayer »[1].

Morin s’intéressa à la résolution du problème des longitudes à raison notamment du prix de 20 000 livres prévu pour récompenser le lauréat en mesure d’apporter une solution aux difficultés rencontrées par les navigateurs.

Afin d’écarter Morin des compétiteurs, le Cardinal de Richelieu nomma un membre du Collège de France dans la commission, en la personne de Jean Boulenger, titulaire d’une chaire de mathématique de 1606 à 1636. Morin fut officiellement désavoué à deux reprises par un de ses pairs, véritable mathématicien.

Sur le problème des Longitudes Morin se trompa lourdement, puisque contrairement à ce qu’il soutenait, ce fut bien l’invention d’un horloger, John Harrison en 1773, d’un chronomètre marin, réalisé dans un alliage spécial de métaux, une horloge spécialement conçue pour fonctionner quelles que soient les conditions météorologiques, qui résolut le problème au XVIIIe siècle, avec le choix combiné d’un méridien de référence, celui de Greenwich.

Devant les enjeux que représentaient ces recherches pour la marine, le Cardinal de Richelieu envisagea de récompenser Morin, mais nomma un comité d'évaluation pour s'assurer de l'intérêt des propositions du professeur de mathématiques. Le comité, composé de Jean de Beaugrand, d'Étienne Pascal, Claude Mydorge et Pierre Hérigone, formula d'emblée diverses objections à Morin, qui indiquaient que le procédé, fondé scientifiquement, n'était simplement pas praticable. La controverse dura cinq ans, Morin refusant de se rendre aux conclusions de ses juges : il suffisait, selon lui, d'améliorer les méthodes de résolution des triangles sphériques ainsi que les tables lunaires. Dans le cours de son argumentation, il en vint à proposer la création d'un observatoire astronomique à Paris.

Finalement, en 1645, le Cardinal de Mazarin, successeur de Richelieu, accorda une pension de 2 000 livres à Morin pour ces travaux d'astronomie nautique.

L'astrologue[modifier | modifier le code]

Astrologia Gallica (1661)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres de Morin sont disponibles sur Gallica.

  • Famosi problematis de telluris motu vel quiete hactenus optata solutio, impr. Pierre Ménard, Paris, 1631 ; 1657
  • Longitudinum terrestrium et caelestium nova et hactenus optata scientia, impr. Jean Libert, Paris, 1634
  • Response de Iean Baptiste Morin à une longue lettre de Monsieur Gassend, prevost en l'église épiscopale de Digne, & professeur du roy aux mathématiques. Touchant plusieurs choses belles et curieuses de physique, astronomie, & astrologie, Paris, Macé Boüillette, Jean Le Brun, 1650
  • Remarques astrologiques sur le commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas de Bourdin Paris 1657 chez Pierre Ménard
  • Astrologia Gallica principiis et rationibus propriis stabilita atque in XXVI libros distributa, libr. Adriaan Vlacq, La Haye, 1 vol. in-fol. I–XXI + 850 p., 1661.
    • trad. partielle : Jean Hiéroz, L'astrologie mondiale et météorologique de Morin de Villefranche, trad. du livre XXV, Leymarie, 1946, 176 p.
    • Henri Selva, La Théorie des déterminations astrologiques de Morin de Villefranche (conduisant à une méthode rationnelle pour l'interprétation du thème astrologique) (Bodin 1902), Éditions Traditionnelles, Paris, 1976 - Traduction partielle des livres XXI et XXVI de Astrologia Gallica, traduits et présentés par Henri Selva, préface par André Barbault
    • Ma vie devant les astres, collationné dans Astrologia Gallica et traduit par Jean Hieroz avec les reproductions de 39 thèmes originaux de Morin, Cahiers astrologiques, 1943.

Études sur Morin[modifier | modifier le code]

  • Claude Thebault : "Morin comment il trompa tout le monde " enquête spéciale documentée avec preuves et analyses critiques février 2014, Astroemail 130, http://www.astroemail.com
  • Biographie anonyme : La Vie de maistre Jean-Baptiste Morin, docteur en médecine et professeur royal aux mathématiques à Paris (1660)
  • Jean Hiéroz, L'astrologie selon Morin de Villefranche, quelques autres et moi-même, 2e édition remaniée et augmentée, Éditions Omnium Littéraire, 1962.
  • (en) Lynn Thorndike, A history of magic and experimental science, vol. VII : The seventeenth century part I, 1958, 695 p. Chap. XVI Morin's Astrologia gallica [1]
  • Denis Labouré, " Lire un thème avec Morin de Villefranche ", Éditions Spiritualité Occidentale, 2012, http://www.spiritualite-occidentale.com

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]