Jean-Baptiste Herbin-Dessaux

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Jean-Baptiste Herbin-Dessaux
Naissance 31 décembre 1765
Jonval, France
Décès 16 octobre 1832 (à 67 ans)
Balan (Ardennes) France
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Flag of the Kingdom of France (1814-1830).svg Royaume de France
Grade Lieutenant-Général des Armées
Années de service 1775 - 1816
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement 7e division militaire
Faits d'armes 1793 : combats d'Épierre
1794 : Petit Mont-Cenis
1796 : bataille de Lonato
1796 : bataille de Castiglione
1800 : bataille de Marengo
1805 : bataille de Caldiero
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de la Couronne de Fer
Chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Commandant militaire du département des Ardennes
Député des Ardennes

Jean-Baptiste Herbin-Dessaux, né le 31 décembre 1765 à Jonval (Ardennes)[1] et mort le 16 octobre 1832 à Balan (Ardennes)[1], est un militaire français, général de l'armée républicaine puis général d'empire et enfin lieutenant-général du Royaume de France.

Simple lieutenant au moment de la Révolution, il s'élève rapidement dans les grades grâce à ses qualités militaires, d'une part, et à l'émigration des officiers aristocrates, d'autre part. Il sert dans les armées de la République, dans les Alpes et dans l'Armée d'Italie, et y voit les débuts du jeune général Bonaparte.Il devient lui-même général en l'an 1800 et continue à exercer son commandement en Italie sous le Premier Empire. Mis à la retraite en 1809, il reprend du service en 1812, et participe en 1813 et 1814 à la défense du territoire national.

Sommaire

[modifier] Premières prises d'armes

Suivant l'exemple familial, il opte, très jeune, pour la carrière des armes et entre comme soldat le 21 novembre 1775 dans le régiment du Roi ou Royal-infanterie, le régiment où son père est chef de bataillon.

Franchissement des Alpes

Il participe aux campagnes de 1781 et 1782 contre les Anglais, sur les côtes de Bretagne, sous les ordres du marquis de la Rozière. Ces combats sont concomitants à la Guerre d'indépendance américaine. La France, qui soutient les colons américains, affronte les Anglais en différents endroits du globe dont les côtes françaises et les îles de Jersey et Guernesey. Sous-lieutenant le 30 septembre 1781, il devient lieutenant le 11 juin 1787.


[modifier] Officier de l'armée d'Italie

Son régiment devient le 23e régiment d'infanterie de ligne.

Il est promu capitaine le 30 mars 1792, et prend le commandement d'une compagnie de grenadiers le 1er juin suivant.

De 1792 à l'an V, Il est un des officiers des armées des Alpes et d'Italie[2].

Pendant la campagne de 1793, le général en chef lui confia le commandement d'un bataillon de grenadiers. Justifiant cette confiance, le capitaine Herbin se distingue aux combats d'Épierre les 13 et 15 septembre, ainsi qu'à la reprise du col de la Madeleine. Il contribue par sa bravoure et son intelligence aux succès qu'obtient une armée de la République soumise à de rudes conditions : mal habillés, les hommes souffrent du froid. Le 24 floréal an II (13 mai 1794), commandant une colonne à l'attaque du Petit Mont-Cenis, il joue un rôle décisif dans la prise de cette position, en s'emparant des premières batteries de l'ennemi et en redirigeant leurs tirs contre lui, portant la confusion dans ses rangs[3]. Sa conduite dans cette journée lui vaut l'estime et les suffrages des généraux présents à l'affaire[1], d'autant que le même assaut tenté quelques semaines auparavant avait échoué. Le 26 du même mois, sur le champ de bataille (ou presque), le capitaine Herbin est nommé adjudant-général chef de brigade par les représentants du peuple en mission à l'armée des Alpes.

Le général Bonaparte

Confirmé dans son grade par arrêté du gouvernement du 16 brumaire an III, il est affecté le 25 prairial suivant (13 juin 1795) à l'état-major général de l'armée d'Italie, commandée par le général Schérer.

Mais quelques mois plus tard, c'est un gamin, un jeune général de vingt-sept ans, Napoléon Bonaparte qui succède à Schérer.

«Soldats, vous êtes nus, mal nourris. Le Gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner. Votre patience, le courage que vous montrez au milieu de ces roches sont admirables; mais il ne vous procure aucune gloire, aucun éclat ne rejaillit sur vous. Je veux vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir; vous y trouverez honneur, gloire et richesses. Soldats d'Italie manqueriez-vous de courage ou de constance?».
Cette proclamation de Bonaparte à ses troupes, misérables, a-t-elle réellement existé ou est-ce le condensé de différentes harangues prononcées à sa prise de fonction en mars 1796 [4]? Personne ne sait. Mais les faits montreront vite que le style efficace de ce discours est en ligne avec le mode de commandement du nouveau général en chef, même si le fond constitue un appel au pillage aux vertus peu républicaines...

Herbin se fait notamment remarquer par ce général Bonaparte au siège de la citadelle de Milan et aux combats contre les troupes autrichiennes de Wurmseren août 1796 (thermidor an IV), marqués notamment par les batailles de Lonato et de Castiglione.

Ayant reçu plusieurs coups de fusils, il est toutefois réformé le 28 ventôse an V (18 mars 1797). Il s'est marié quelques temps auparavant avec une jeune femme de la Yaute[5] (et plus précisément de Viuz-en-Sallaz, en Haute-Savoie), dont il aura trois enfants. Mais un arrêté du Directoire exécutif, du 24 germinal suivant, le maintient en activité, et le 11 fructidor de la même année, il est employé dans la 8e division militaire. Il passe, le 6 germinal an VI, dans la 7e division, département du Mont-Blanc.

Le 16 thermidor an VII (3 août 1799), à la tête de ses troupes, il reprend les postes retranchés de Belvéder et de la Tuille, au Petit-Saint-Bernard[2].

Bataille de Marengo

Nommé général de brigade le 7 germinal an VIII, et employé à l'armée de réserve le 14 du même mois, il est mentionné pour sa contribution à la bataille de Marengo. Chargé à nouveau du commandement du Mont-Blanc (7e division militaire) le 7 brumaire an IX, il est fait membre de la Légion d'honneur le {19 frimaire an XII, et commandeur de l'Ordre le 25 prairial suivant.

[modifier] Général sous le Premier Empire

Campagne de France en 1814

En vertu de l'article 99 de l'acte des Constitutions de l'Empire, il est déclaré membre du collège électoral (ou Grand Électeur) du département des Ardennes

Le 13 fructidor an XIII (31 août 1805), il se voit confier à nouveau le commandement d'une brigade dans l'armée d'Italie, commandée par le maréchal Masséna. Lui-même est rattaché au général de division Duhesme.

Le 8 brumaire an XIV (30 octobre 1805), les deux régiments d'infanterie de ligne qu'il commande participent à la bataille de Caldiero. Ce combat, ensanglanté et indécis, se termine finalement par la retraite des Autrichiens[6]. Dès lors, l'Archiduc Charles qui commande les troupes autrichiennes en Italie tente de remonter vers le Nord, inquiet de la progression de l'Empereur Napoléon en Allemagne et Autriche, et poursuivi par les troupes françaises de Masséna.

Le général Herbin ou Herbin-Dessaux [7] continue de servir à l'armée d'Italie pendant les années 1806, 1807 et 1808. Il est nommé chevalier de la Couronne de Fer le 18 mars 1807, et est autorisé le 21 février 1809 à rentrer dans son foyer pour y attendre le règlement de la pension de retraite qui lui est accordée le 7 avril suivant. Le 22 mars 1812, comme président de la députation du collège électoral du département des Ardennes, il est admis à une audience de l'Empereur.

Rappelé à l'activité le 4 février 1814, comme commandant la levée en masse du département des Ardennes, le général Herbin-Dessaux est investi du commandement de la 2e division militaire le 16 mars suivant. Il s'emploie à former et équiper les troupes réduites dont il peut disposer. Avec ces ressources et ces faibles moyens de défense, appuyés de démonstrations énergiques, il parvient à faire face[2].

[modifier] Derniers combats et départ de l'armée

Après l'abdication de l'Empereur, il se soumet au gouvernement royal.

Il est chargé à nouveau, le 23 juin, du commandement du département des Ardennes. Nommé chevalier de Saint-Louis par ordonnance royale du 19 juillet, il passe, le 4 août, au commandement de la subdivision des arrondissements de Rocroy et de Mézières, et est promu au grade de lieutenant-général le 31 décembre de la même année. Le 26 janvier 1815, s'appuyant de ses services, il adresse une pétition au roi pour obtenir le titre de comte, mais cette demande n'a pas d'effet. Il la renouvelle le 10 février auprès du maréchal duc de Dalmatie, alors ministre de la guerre, mais sans plus de succès.

En avril, il sollicite du prince d'Eckmuhl, ministre de l'Empereur, sa confirmation dans le grade de lieutenant-général. Napoléon Ier le nomme, par décret du 3 mai, commandant supérieur de Mézières. Cependant, il est remplacé dans ces fonctions en juin suivant, mais est confirmé dans le grade de lieutenant-général par décret du 11 du même mois. Entretemps, il est député des Ardennes à la Chambre des représentants, appelée encore Chambre des Cent-Jours, puisqu'elle sera dissoute en juillet 1815, avec la Seconde Restauration.

Admis à la retraite le 1er octobre 1816, le général Herbin-Dessaux se retire à Balan (Ardennes), où il décède le 16 octobre 1832[8].

[modifier] Notes et références

  1. a, b et c Base Leonore des dossiers des titulaires de la légion d'honneur Patronyme Herbin Dessaux, Le dossier comprend une copie de l'acte de naissance, un certificat de décès, un parcours militaire (partiel), et différents courriers dont des courriers des supérieurs mettant en avant ses qualités militaires. Il y a divergence entre certains états de service qui mentionnent comme année de naissance 1764 et le certificat de naissance mentionnant 1765. Sachant que Mullié le dit né en 1755. Attention, le dossier Leonore comprend aussi des pièces correspondant à un autre général Herbin.
  2. a, b et c « Jean-Baptiste Herbin-Dessaux », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail de l’édition] 
  3. Histoire du 23e régiment d'infanterie
  4. Adolphe Thiers, Histoire de la Révolution Française,Tome trois, Paris, 1839, p. 358 Adolphe Thiers ne parle pas d'une proclamation mais d'un langage énergique tenu par le nouveau général
  5. En arpitan, Haute-Savoie se traduit par Savouè d'Amont ou Hiôta-Savouè, La Haute-Savoie est un territoire sur lequel le capitaine Herbin a combattu plusieurs fois les Autrichiens
  6. Campagne de 1805 en Allemagne, Autriche, Tyrol, et Italie, p.149
  7. Les courriers du dossier Leonore sont signés Général Herbin. L'acte de décès est au nom d'Herbin-Dessaux et le père a le même patronyme. A partir de quand se fait-il appeler du patronyme simple Herbin et de ce patronyme composé Herbin-Dessaux et pourquoi ?
  8. Acte de décès dans le registre des décès de Balan 1824-1847 (registre en ligne sur le site des Archives Départementales des Ardennes) image80, L'acte d'octobre 1832 lui donne 67 ans au moment du décès.
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