Jean-Baptiste Grange

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Jean-Baptiste Grange Alpine skiing pictogram.svg
Grange Valloire.jpg
Jean-Baptiste Grange à Valloire, le 21 février 2011, au lendemain de son titre de champion du monde de slalom remporté à Garmisch-Partenkirchen
Contexte général
Sport ski alpin
Période active de 2003 à aujourd'hui
Biographie
Nationalité sportive Drapeau de la France France
Naissance 10 octobre 1984 (30 ans)
Lieu de naissance Saint-Jean-de-Maurienne
Taille 181 cm
Poids de forme 77 kg
Surnom JB
Club S.C. Valloire
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques d'hiver 0 0 0
Championnats du monde 1 0 1
Coupe du monde (globes) 1 2 0
Coupe du monde (épreuves) 9 5 4
* Dernière mise à jour : 31 janvier 2014

Jean-Baptiste Grange, né le 10 octobre 1984 à Saint-Jean-de-Maurienne, est un skieur alpin français, champion du monde de slalom 2011, vainqueur de la Coupe du monde de slalom 2009, médaillé de bronze en slalom aux championnats du monde 2007, et auteur de neuf succès (huit en slalom, un en combiné) en Coupe du monde.

Né dans une famille de skieurs, Jean-Baptiste Grange exerce très tôt cette discipline à Valloire. Après une 10e place en slalom aux mondiaux junior 2003, il effectue ses débuts en Coupe du monde en 2004. Il décroche une médaille de bronze lors des Championnats du monde 2007 à Åre pour sa première participation. À l'issue de la saison 2007-2008, Grange termine second du classement du slalom en Coupe du monde derrière l'Italien Manfred Moelgg. La saison suivante, il dispute les Championnats du monde 2009 à Val d'Isère sans connaitre la réussite, mais il remporte le globe de cristal de slalom à l'issue de la Coupe du monde 2009. En décembre 2009, il se blesse au genou et doit mettre un terme à sa saison, ratant notamment les Jeux olympiques de Vancouver. La saison 2010-2011 est celle de sa consécration : en janvier, il remporte coup sur coup les slaloms de Kitzbühel et de Schladming, et enchaîne sur le titre de champion du monde, le 20 février 2011 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne). Ses saison 2011-2012 et 2012-2013 sont gâchées par les conséquences d'une opération à l'épaule et par des douleurs récurrentes au dos.

Jean-Baptiste Grange a remporté neuf épreuves de Coupe du monde pour dix-huit podiums au total. Il a rapidement pris le leadership de l'équipe de France masculine de ski alpin aux côtés de Julien Lizeroux après les retraites de Jean-Pierre Vidal et d'Antoine Dénériaz en 2006. Il est considéré comme l'un des meilleurs slalomeurs du monde et réalise également de bonnes performances en slalom géant et combiné.

Jean-Baptiste Grange vit à Valloire depuis sa naissance. Il fait partie de l'armée de terre, partenaire historique de la fédération française de ski. En juin 2009, après avoir remporté son globe de cristal 2009, il est le skieur le plus populaire en France[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Grange naît le 10 octobre 1984 à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie mais c'est à Valloire, non loin de sa ville natale, située au pied du col du Galibier, qu'il grandit[2]. La famille Grange évoluant dans le ski à tous points de vue — en loisir, en compétition et au niveau professionnel —, l'enfant est baigné très tôt dans l'environnement des sports d'hiver[2]. Deuxième enfant d'une fratrie de trois, François-Cyrille est né en 1983 et Alexia en 1988, Jean-Baptiste Grange est le fils d'Annick Levrel et de Jean-Pierre Grange[2]. Tous deux furent appelés en équipe de France à partir de 1973, année marquée par l'exclusion de nombreuses têtes d'affiche de la sélection nationale — Jean-Noël Augert, Patrick Russel, Ingrid et Britt Lafforgue entre autres — à la suite d'un conflit avec l'encadrement et la Fédération française[3]. Plus tard, celui qui s'illustrait en slalom et en slalom géant et celle qui appréciait la descente, se reconvertissent dans le commerce, ouvrant jusqu'à quatre boutiques proposant la vente et l'occasion d'équipements de sport à Valloire, dont le domaine skiable est très prisé l'hiver[2],[4]. Durant sa jeunesse, Jean-Baptiste Grange côtoie par ailleurs en son grand-père et son oncle des directeurs d'écoles de ski, un responsable de l'équipe de France masculine en la personne de Gilles Brenier ou bien l'ancien entraîneur de Luc Alphand, Jacques Martin, qui est également son parrain[2].

En 1992, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques organisés à Albertville, son frère François-Cyrille tient la main du footballeur Michel Platini, ultime porteur de la flamme olympique[5]. Jean-Baptiste, alors âgé de 7 ans, aurait pu connaître cet honneur, finalement accordé à son frère aîné[3].

C'est sa mère, professeure d'éducation physique et sportive à Modane, qui lui apprend les rudiments du ski dès l'âge de 2 ans[2],[5], avant d'inscrire son enfant au « Ski Club de Valloire de Galibier », où toute la famille fait ses armes. Ses frère et sœur suivent le même enseignement et skient également en compétition, jusqu'à l'adolescence[2]. Jean-Baptiste Grange, lui, se prend davantage au jeu, passant une à une les étapes traditionnelles du système fédéral : en sélection de district tout d'abord, au lycée à Moûtiers et à Albertville, puis en équipe départementale[2],[5]. Sous les ordres de son premier entraîneur au sein du Comité de ski de Savoie quatre années durant, Pascal Silvestre, il intègre la sélection nationale en Coupe d'Europe, toujours à ses côtés[5],[4], réputé pour être le second échelon planétaire, en dessous du circuit de la Coupe du monde de ski alpin. Pour autant, le chemin du jeune skieur n'est pas tout tracé. À 10 ans, il reçoit en effet une contre-indication médicale pour la pratique du ski en raison de deux hernies discales lombaires qui l'obligent à porter un corset. C'est à l'encontre de ce diagnostic qu'il intègre une formation « ski-étude » au collège à Modane, dont est responsable sa mère[2],[4],[3].

Malgré ses douleurs récurrentes au dos, le jeune skieur brille dès ses plus jeunes années, en prenant par exemple les deuxième et quatrième places du slalom géant et du slalom du Trofeo Topolino[6], une compétition internationale disputée chaque année dans les montagnes italiennes, réservée aux enfants des catégories benjamins et minimes et considérée comme la plus relevée à ce niveau. En France, il n'est pas en reste puisqu'il termine deuxième du « Coq d’Or », remporte le super G et le slalom de la « Scarafiotti », des performances confirmées par un titre de vice-champion de France minimes du slalom[7]. De même, en cadets, le skieur monte sur plusieurs podiums, devenant deux fois vice-champion de France du slalom, une fois du combiné[7].

Progression vers le haut niveau[modifier | modifier le code]

Le passage au niveau juniors s'avère délicat, Jean-Baptiste Grange ne parvenant pas à briller lors des Championnats de France juniors, et trop rarement sur le circuit national. À 15 ans, son premier championnat de France élite se conclue par une 88e place en super G à L'Alpe d'Huez[8]. En décembre 2001, à Val Thorens, il apparaît pour la première fois en Coupe d'Europe, l'antichambre du plus haut niveau mondial. Ses participations se font plus régulières dès l'hiver 2002-2003, plus remarquées d'ailleurs puisqu'une 21e place en slalom à Courchevel le 24 janvier 2003 lui offre ses premiers points sur le circuit continental à 18 ans[9]. Cette performance détermine sa participation aux prochains Championnats du monde juniors qu'organisent le Briançonnais, à Serre Chevalier et Montgenèvre. Aligné dans toutes les épreuves hormis en super G, Grange y obtient deux places d'honneur sur le combiné (11e) et en slalom (18e), se contentant de résultats médiocres en géant (33e) et en descente (31e)[10]. La saison 2003-2004 le voit s'affirmer comme l'un des meilleurs techniciens français de sa génération. Régulièrement classé dans les points en Coupe d'Europe, son meilleur résultat étant une 18e place en slalom à Sierra Nevada en Espagne[11], il décroche sur les pentes de Valloire, chez lui, son premier titre de champion de France juniors en gagnant le slalom le 21 janvier 2004[12]. Il devance alors un autre Savoyard, Adrien Théaux, âgé comme lui de 19 ans. Juste avant ce premier succès d'envergure, le 11 janvier 2004, le skieur avait disputé à Chamonix sa première course en Coupe du monde ; un slalom prématurément quitté en première manche, en raison d'une erreur commise après le premier intermédiaire[13]. Quelques semaines plus tard, il renouvelle l'expérience à Kranjska Gora en Slovénie, terminant cette fois le premier tracé au 45e rang, à un peu plus d'une seconde de la qualification pour la seconde manche[14].

Sélectionné pour la seconde année consécutive pour les Championnats du monde juniors, cette fois tenus à Maribor en Slovénie en février 2004, il ne réalise au mieux qu'une 24e place en géant, ne terminant pas la deuxième manche du slalom[15]. Il termine la saison sur un coup d'éclat lors du slalom des Championnats de France élites, aux Carroz. Troisième temps à l'issue premier tracé derrière le Britannique Alan Baxter et Sébastien Amiez, il termine finalement cinquième de la course, quatrième skieur français, à quatre dixièmes de la médaille de bronze enlevée par Stéphane Tissot[16],[17]. Passé l'été, le skieur savoyard réalise une deuxième performance significative, l'épilogue d'une année 2004 riche en progrès. À Špindlerův Mlýn en République tchèque, le 20 décembre 2004, Jean-Baptiste Grange décroche en effet son premier et unique podium en Coupe d'Europe à l'occasion d'un slalom conclu au troisième rang, à 34 centièmes de seconde du vainqueur, le Canadien Patrick Biggs[18]. À la faveur de ce premier résultat marquant sur la scène européenne, il s'invite de nouveau sur un slalom de Coupe du monde, deux jours après à Flachau en Autriche, une expérience soldée par une non-qualification en deuxième manche, en vertu du 61e temps général[19]. La suite de cette saison 2004-2005 est bien moins brillante, Grange ne réalisant au mieux qu'une treizième place sur un slalom géant[20]. Pour sa première participation complète, Grange termine l'année au 48e rang du classement général, bâtit par une 34e place en slalom, et une 35e en slalom géant[21]. Ces résultats anonymes sont pondérés par une septième place finale lors du slalom des Championnats de France élites clôturant comme d'habitude la saison hivernale, en mars à L'Alpe d'Huez. Troisième temps du premier tracé, il ne rate un premier podium national qu'au prix d'une seconde manche bien moins rapide que celles réalisées par ses concurrents[22].

2005-2006, premiers coups d'éclat en Coupe du monde[modifier | modifier le code]

C'est à Val d'Isère, lors d'un super-combiné, que Jean-Baptiste Grange se distingue pour la première fois en Coupe du monde, en décembre 2005

Dès le début de la saison 2005-2006, Jean-Baptiste Grange marque les esprits en réalisant une performance de premier ordre lors du premier super-combiné de la Coupe du monde 2005-2006, une course organisée à Val d'Isère dont le Critérium de la première neige fête alors son cinquantenaire[23]. Bon 34e chrono de la descente malgré son dossard 54, à plus de cinq secondes et demie du meilleur temps réalisé par le spécialiste de la vitesse, le Canadien Erik Guay, il surprend les meilleurs slalomeurs mondiaux en réalisant le meilleur temps lors de la manche de slalom qui suit, sur la piste Oreiller-Killy[23],[24]. Il devance alors de 17 centièmes de seconde l'Autrichien Rainer Schönfelder, vice-champion du monde en titre et lauréat de la Coupe du monde de slalom en 2004, tandis que le vainqueur de la course, Michael Walchhofer, meilleur descendeur du circuit mais spécialiste de l'exercice combiné, perd une seconde et 62 centièmes sur le jeune Français âgé de 21 ans[24]. Grâce à sa performance entre les piquets ce 11 décembre 2005, Grange remonte au 18e rang[23] et inscrit ses premiers points en Coupe du monde. Fort de ce résultat prometteur, le skieur se signale de nouveau, bien que de manière inachevée, une dizaine de jours plus tard en slalom, à Kranjska Gora, toujours parmi l'élite mondiale[25]. S'élançant en première manche avec un dossard élevé (le 72), sur une piste dès lors dégradée après le passage des autres participants, le Français possède le seizième temps intermédiaire à mi-parcours mais enfourche un piquet à l'approche de l'arrivée[25],[26].

Un mois après s'être révélé en France, c'est dans les Alpes suisses, à Wengen, que le skieur confirme ses dispositions en slalom en remportant de nouveau la partie technique d'un super-combiné, qu'il achève au treizième rang[27],[28]. Une semaine plus tard, c'est à Kitzbühel, en Autriche, qu'il marque de premiers points en slalom spécial et valide surtout sa qualification pour les Jeux olympiques prévus à Turin en février[29]. Qualifié pour la seconde manche malgré son dossard 61, il grimpe de la 21e à la dixième place finale à la faveur du deuxième meilleur temps sur le second tracé[30], participant ainsi au tir groupé français dans la « Mecque du ski », Jean-Pierre Vidal l'emportant tandis que Stéphane Tissot finit quatrième[29]. Les résultats positifs faisant défaut au ski français, une seule fois représenté sur le podium avant la course durant la saison, cette performance d'ensemble est vécue telle une éclaircie dont Grange est le symbole[29]. Dans les points (27e) à Schladming, l'autre slalom de Coupe du monde le plus attendu par les spécialistes, Grange abandonne la dernière course précédant le rendez-vous olympique, un super-combiné disputé à Chamonix[31], signe d'un manque d'expérience et « d'assurance »[32].

Les épreuves olympiques ont lieu à Sestrières, à la frontière franco-italienne. D'abord aligné lors du super-combiné, il demeure dans le ton de ses performances récentes avec une treizième place finale, mais ne peut rivaliser pour le podium en haut duquel l'Américain Ted Ligety est sacré champion olympique[33]. Son deuxième temps lors de la manche de slalom alimente toutefois l'espoir de briller sur le slalom, prévu onze jours plus tard, pour lequel les Français sont de sérieux rivaux au favori, l'Italien Giorgio Rocca[33],[34]. Mais tous répondent absent le jour J, Jean-Pierre Vidal se blessant la veille de la course, Rocca ne parvenant pas à gérer la pression de ses supporters sur le premier tracé et Grange abandonnant durant la seconde manche alors qu'il avait obtenu le 18e temps pour débuter[34],[35]. Ils laissent ainsi l'Autriche réaliser le triplé, mené par Benjamin Raich devant Reinfried Herbst et Rainer Schönfelder[35].

Des Mondiaux 2007 à la course aux globes de cristal[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 2007, à la suite de la retraite sportive de Jean-Pierre Vidal après sa fracture du bras avant les JO de Turin 2006[36], le chef de file du slalom français devient Stéphane Tissot mais celui-ci se blesse grièvement au tibia-péroné en décembre 2006[37]. Sans réel leader dans l'équipe de France, Grange, quant à lui, poursuit son apprentissage en slalom et en combiné avec une 7e place au combiné de Beaver Creek et une 8e place aux slaloms d'Alta Badia et de Schladming. Il participe ensuite aux Championnats du monde 2007 qui ont lieu à Åre (Suède). Après une 14e place au combiné (meilleur français de la course et deuxième meilleur temps au slalom[38]), il crée, à 22 ans avec le dossard 22, la surprise au slalom en obtenant la médaille de bronze derrière l'Autrichien Mario Matt et l'Italien Manfred Moelgg, mettant ainsi un terme au palmarès vierge de l'équipe de France aux championnats du monde (il fallait remonter en 2001 pour retrouver un médaillé français) et réalisant du même coup la meilleure performance de sa carrière. En coupe du monde, il termine 10e au classement du slalom sur la saison 2007.

Saison 2007-2008[modifier | modifier le code]

Lors de la saison 2008, il prend logiquement le rôle de leader de l'équipe de France, surtout que Tissot tarde à revenir en compétition en raison des séquelles de son opération au tibia-péroné, et confirme les espoirs mis en lui. Après une 4e place au slalom de Reiteralm, il monte pour la première fois sur un podium en coupe du monde le 29 novembre 2007 lors du combiné de Beaver Creek dans lequel s'elançant sur une piste cassée au delà des 30 premiers il parvient au terme d'une seconde manche exceptionnelle à prendre la seconde place derrière le Suisse Daniel Albrecht[39]. Un mois plus tard, il gagne sa première épreuve de coupe du monde lors du slalom d'Alta Badia en réalisant les meilleurs temps des deux manches[40]. Durant le mois de janvier 2008, il réalise un mois exceptionnel, en effet il inscrit son nom au palmarès des grandes stations alpines comme lors du combiné[41] et du slalom[42] de Wengen ainsi qu'au slalom de Kitzbühel[43] (lui permettant d'avoir son nom inscrit sur l'une des télécabines de la station[44]) et prend coup sur coup les dossards rouges[45] de leader du classement des épreuves de combiné et de slalom[46]. Actuel leader du classement du slalom après un nouveau podium à Schaldming (2e derrière Mario Matt)[47], il perd en revanche la tête du classement du combiné au profit de Bode Miller après avoir fait l'impasse sur le combiné de Kitzbühel et une 6e place à Chamonix pendant que Miller le remportait (où il effectue cependant le meilleur temps en slalom tout comme son compatriote Julien Lizeroux[48]), finalement il termine 4e au classement du combiné sur la saison 2008 après un abandon en slalom lors de la dernière épreuve de combiné à Val d'Isère, épreuve que Bode Miller remporte lui permettant de remporter le globe de cristal de la discipline[49]. Le week-end du 8 mars à Kranjska Gora, Jean Baptiste marque ses premiers points en slalom géant avec une très belle 20e place. Le jour suivant, il finit 4e du slalom, remporté par son rival Manfred Moelgg qui revient à 21 points avant la finale de Bormio. Lors de ces finales, Jean-Baptiste Grange obtient une quatrième place lors du slalom géant, le meilleur résultat de sa carrière dans cette discipline ce qui démontre les progrès accumulés. Le lendemain, Grange aborde la seconde manche du slalom en ayant réalisé le quatrième temps lors de la première manche. Cependant, tandis que le Français chute à trois portes de la fin du second tracé pour ne prendre que la dernière place[50], son principal adversaire Manfred Moelgg assure avec une sixième place finale, néanmoins suffisante pour déloger le skieur français de la première place du classement général de la coupe du monde de slalom. Grange échoue finalement à la seconde place de ce classement, à 19 points de l'Italien. Au général, le Français termine la saison au huitième rang mondial, le meilleur de sa carrière.

Saison 2008-2009[modifier | modifier le code]

Il débute bien la saison 2009 en remportant le slalom de Levi (Finlande), le premier de la saison, et celui de Zagreb. Il s'empare ainsi brièvement de la tête du classement général[51]. Aux Championnats du monde 2009 organisés à Val d'Isère, le skieur enfourche un piquet lors de la seconde manche du super combiné alors qu'il avait pris la 4e place de la descente. Il prend également la 7e place du slalom géant d'une course remportée par le suisse Carlo Janka. Lors du slalom, dernière course de la compétition, alors qu'il avait signé le troisième chrono du premier tracé, une faute d'intérieur lors du second acte lui fait perdre tout espoir de podium.

Le 14 mars 2009, en prenant la 3e place lors de la dernière course de la saison, il remporte la coupe du monde de slalom et se voit décerner le globe de cristal de la spécialité. Jean-Baptiste Grange aura porté le dossard rouge de leader du classement de cette spécialité du début à la fin de la saison 2008-2009.

Le 12 avril 2009, il est promu au titre de Chevalier de la Légion d'honneur[52].

Saison 2009-2010[modifier | modifier le code]

Il débute la saison 2010 en prenant la troisième place du slalom de Levi. Il met un terme à sa saison le 8 décembre 2009 à la suite d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit survenue lors de la première manche du slalom géant de Beaver Creek[53]. Il est donc forfait pour les Jeux olympiques de Vancouver.

Saison 2010-2011[modifier | modifier le code]

Il dispute son premier slalom après sa blessure en Finlande à Levi. Il s'y impose en ayant remporté la première manche et en ayant réalisé le deuxième temps de la seconde[54]. La suite de son début de saison est un peu plus difficile avant qu'il n'obtienne une troisième place à Wengen le 16 janvier 2011[55] puis il l'emporte une semaine plus tard à Kitzbühel. Quatrième de la première manche dominée par Ivica Kostelić, il remporte la deuxième manche pour s'imposer devant son adversaire croate avec 28 centièmes d'avance. C'est la première fois que le Français remporte un slalom de coupe du monde dont il n'a pas gagné la première des deux manches[56]. Deux jours plus tard, il participe au slalom nocturne de Schladming qui représente à ses yeux une importance particulière : « Quand tu es slalomeur, Schladming est la course que tu as envie de gagner un jour. »[57]. Quatrième lors des deux manches, il s'impose finalement pour 4 centièmes devant André Myhrer[58].

Jean Baptiste Grange obtient la consécration en remportant le slalom des Championnats du monde de ski alpin 2011 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) le 20 février 2011. En tête après la première manche, il conserve suffisamment d'avance pour devancer Jens Byggmark et Manfred Moelgg lors de la seconde manche et remporter le premier titre mondial de la France en slalom depuis Jean-Noël Augert en 1970, et la première médaille d'or masculine dans les championnats du monde de ski alpin depuis celle de l'actuel président de la Fédération française de ski, Michel Vion, en combiné à Schladming en 1982.

Quelques jours après son titre au Championnats du monde de ski alpin 2011 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne), il dispute le slalom de Bansko en (Bulgarie) dans lequel il obtient la 3e place derrière les deux autrichiens Mario Matt et Reinfried Herbst, son 5e podium consécutif de l'hiver. A la lutte avec Ivica Kostelic pour le globe de cristal du slalom 2010-2011, Jean-Baptiste Grange enfourche en première manche lors du slalom de Kranjska Gora le 6 mars, tandis que son rival connait le même sort sur le second tracé. L'écart en faveur de Kostelic (36 points) reste finalement le même jusqu'au terme de la saison, puisque le 10e et dernier slalom à Lenzerheide (Suisse) le 19 mars 2011 voit Grange rater une porte en première manche, et son rival se classer 18e.

Saison 2011-2012[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Grange se fait mal à l'épaule gauche lors d'une mauvaise chute dans le slalom de Chamonix en décembre 2010[59], ce qui ne l'empêche pas de triompher en janvier et février 2011. Mais le 30 mars, une fois la saison achevée et le titre mondial en poche, il se fait opérer[60], ce qui retarde sa préparation estivale, et le contraint de manquer le géant d'ouverture 2011-2012 à Sölden le 23 octobre[61]. Mais surtout, le contrecoup de son opération, c'est le retour de ses douleurs au dos, récurrentes depuis son enfance[62]. À partir du mois de juin 2011, et durant tout l'hiver qui suit, le champion du monde va être handicapé par ce problème. Conséquence, sa saison en Coupe du monde se solde au mieux par une 5e place en slalom le 8 janvier 2012 à Adelboden et par une 4e place en géant le 26 février à Crans Montana, égalant toutefois son meilleur résultat dans cette discipline qui en l'occurrence, sollicite moins son dos[63]. Il met rapidement un terme à sa saison, décidant de ne pas participer aux championnats de France fin mars pour se consacrer à « reposer son dos », avant de mettre tout en oeuvre pour le « renforcer », concédant que sa saison a été ponctuée de « moments désespérés »[63].

Après des années de fidélité à la marque française Rossignol, il annonce en avril 2012 qu'il skiera la saison suivante avec des skis autrichiens Fischer. Cette information est confirmée par les deux fabricants.

Saison 2013-2014[modifier | modifier le code]

Il débute sa saison le 17 novembre 2013 par le slalom Levi, qu'il termine à la septième place et premier français[64]. Le 15 décembre 2013, il s'empare sur la Face de Bellevarde à Val d'Isère de la quatrième place du slalom[65]. Il remporte le 3 janvier 2014 le slalom nocturne de la Coupe d'Europe de Chamonix, disputé sur la piste des Planards[66]. Le 6 janvier 2014, il décroche la sixième place du slalom de Bormio, disputé sur la Stelvio[67]. Ce troisième top 7 en trois slaloms lui permet d'entrer dans le top 15 WSCL, le classement comptant pour l'attribution des dossards[68].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Épreuve / Édition Drapeau : Italie Turin 2006 Drapeau : Canada Vancouver 2010 Drapeau : Russie Sotchi 2014
Slalom Abandon Blessé Abandon
Super combiné 13e Blessé -

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Épreuve / Édition Drapeau : Suède Åre 2007 Drapeau : France Val d'Isère 2009 Drapeau : Allemagne Garmisch-Partenkirchen 2011 Drapeau : Autriche Schladming 2013
Slalom géant - 7e - -
Slalom médaille de bronze, monde Bronze Ab. médaille d'or, monde Or 12e
Super combiné 14e Ab. - -

Coupe du monde[modifier | modifier le code]

  • Meilleur classement au général : 5e en 2009.
  • 1 petit globe de cristal :
    • Vainqueur du classement du slalom en 2009.
  • 18 podiums dont 9 victoires (8 en slalom, 1 en super combiné).

Différents classements en coupe du monde[modifier | modifier le code]

Durant sa première saison en 2004 en coupe du monde, Grange prend part à deux épreuves (deux slaloms) où il ne marque aucun point. En 2005, il reproduit le même schéma avec deux épreuves et aucun point. En 2006, il marque ses premiers points en slalom et combiné, y réalise même son premier top 10 et finit 40e au classement général du slalom et 22e du combiné. En 2007, il entre dans le top 10 mondial en slalom mais n'est pas encore monté sur un podium. En 2008, il compte quatre victoires (trois en slalom et une en combiné), finit deuxième du classement général du slalom et incorpore le top 10 mondial du ski alpin. En 2009, il remporte enfin son premier globe en slalom et ajoute deux nouvelles victoires en slalom, au général c'est une 5e place qui l'attend.

Année/Classement Général Descente Super G Géant Slalom Combiné
Class. Points Class. Points Class. Points Class. Points Class. Points Class. Points
2006 76e 63 - - - - - - 40e 30 22e 33
2007 29e 309 - - - - - - 10e 242 17e 67
2008 8e 793 - - - - 26e 61 2e 512 4e 220
2009 5e 887 - - - - 11e 192 1er 541 6e 154
2010 56e 146 - - - - 31e 36 29e 60 22e 50
2011 16e 454 - - - - 42e 12 2e 442 - -
2012 34e 275 - - - - 17e 145 22e 130 - -
2013 69e 92 - - - - - - 23e 92 - -
2014 32e 266 - - - - - - 8e 266 - -

Détail des victoires[modifier | modifier le code]

Édition / Épreuve Slalom Combiné Total
2008 Drapeau : Italie Alta Badia
Drapeau : Suisse Wengen
Drapeau : Autriche Kitzbühel
Drapeau : Suisse Wengen 4
2009 Drapeau : Finlande Levi
Drapeau : Croatie Zagreb
2
2011 Drapeau : Finlande Levi
Drapeau : Autriche Kitzbühel
Drapeau : Autriche Schladming
3
Total 8 1 9

(état au 25 janvier 2011)

Performances générales[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Grange compte neuf victoires en coupe du monde. Lors de la saison 2008, il remporte trois slaloms (Alta Badia, Wengen et Kitzbühel) ainsi qu'un combiné (Wengen), l'année suivante en 2009 il ajoute deux nouvelles victoires en slalom (Levi et Zagreb). En 2010, il s'impose à Levi à Kitzbühel et à Schladming en slalom. Entre janvier 2004 et le 27 janvier 2012, Grange a pris part à 106 épreuves de coupe du monde, montant sur 18 podiums et en atteignant le top 10 à 42 reprises. Il a inscrit des points à 64 reprises.

Résultat Slalom Géant Super G Combiné Total
1re place 8 0 0 1 9
2e place 3 0 0 2 5
3e place 4 0 0 0 4
Top 10 32 5 0 8 45
Points 38 13 0 13 64
Autres 22 14 2 4 42
Départs 60 27 2 17 106

(état au 7 janvier 2014)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Les sportifs préférés des Français, Etude TNS Sofres-Logicaréalisée pour L’Equipe Mag, 15.12.2012 2012.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Dino Dimeo, « Slalhomme », dans Libération, 4 mars 2008, n°8344, p. 40.
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