Jean-Baptiste Franque

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Jean-Baptiste Franque
Présentation
Naissance 1er février 1683
Villeneuve-lès-Avignon (Gard)
Décès 26 mars 1758) (à 75 ans)
Avignon
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Mouvement(s) architecture classique
Activité(s) architecte
Formation élève de Pierre II Mignard et Jean Péru
Ses élèves François II Franque
Œuvre
Réalisations Hôtel de Villeneuve-Martignan, actuel musée Calvet à Avignon
Palais épiscopal de Viviers (mairie actuelle)
Château la Nerthe, à Châteauneuf-du-Pape
Entourage familial
Famille François II Franque, son fils aîné
Jean-Pierre Franque, son fils cadet
Esprit-Joseph Brun, son gendre

Jean-Baptiste Franque (Villeneuve-lès-Avignon, 1er février 1683 - Avignon, 26 mars 1758) est un architecte français[1]. Il est le père de François II Franque et Jean-Pierre Franque, tous deux architectes, ainsi que le beau-père de l'architecte Esprit-Joseph Brun.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît à Villeneuve-lès-Avignon, le 1er février 1683. Fils d’un maître maçon, il prend la suite de son père et s’installe à Avignon où il devient architecte vers 1715. Sa formation s'était probablement effectuée auprès des grands artistes avignonnais de la génération précédente, Pierre II Mignard et Jean Péru.

Le musée Calvet dans l'hôtel de Villeneuve-Martignan
Ancien palais épiscopal de Viviers (mairie actuelle)
Façade de l'ancien hôpital Sainte-Marthe, aujourd'hui siège de l'Université d'Avignon
Château la Nerthe, à Châteauneuf-du-Pape
Voûte à double arête, troisième travée de la cathédrale de Viviers

Deux de ses fils, François II[2] et Jean-Pierre embrassent la carrière de leur père et travaillent à ses côtés. Ils œuvrent dans tout le sud de la France, de Toulon à Carcassonne en passant par Viviers (voûtes de la cathédrale).

Jean-Baptiste reste le membre le plus connu de cette lignée d'architectes avignonnais. Toutefois, à partir des années 1740, ses œuvres personnelles sont difficiles à distinguer de celles réalisées en collaboration avec ses enfants. C'est ainsi que François (Avignon 1710 - Paris 1793), ancien pensionnaire de l'École de France à Rome et membre de l'Académie Royale d'Architecture à Paris, est le coauteur attesté de l'hôtel de Villeneuve-Martignan (Musée Calvet), de l'hôtel de Caumont (collection Lambert) et du portail central de l'hôpital Sainte-Marthe (université d'Avignon) dans cette ville, ainsi que de l'église Notre-Dame des Pommiers à Beaucaire. Son frère cadet Jean-Pierre (Avignon, 1718 - 1810) poursuivit l'œuvre locale paternelle, il était encore en activité sous la Révolution.

Toujours à Avignon on peut admirer, la chapelle Saint-Charles (en collaboration avec son fils François), les boucheries et les poissonneries de la rue du Vieux-Sextier (en collaboration avec son fils Jean-Pierre), une partie de l’Aumône Générale. À Châteauneuf-du-Pape, il est le concepteur du château la Nerthe, domaine historique de l'appellation[3], dont les travaux furent poursuivis par François après son décès.

À Viviers, il a également édifié le Palais épiscopal et les hôtels de Roqueplane, de Beaulieu et de Tourville. À Beaucaire, il édifie l'hôtel de Linage. Il meurt en mars 1758. Ce qui n'empêcha point son œuvre d'être poursuivie, puisque la façade de l'église de Richerenches est réputée avoir été refaite selon ses plans en 1765[4].

Jean-Baptiste Franque a marqué l'architecture régionale par la synthèse qu'opéra son art entre la tradition locale italianisante dont Jean Péru était le continuateur, et le classicisme français implanté à Avignon par Pierre II Mignard. Sa parfaite connaissance de la stéréotomie lui permit de couvrir nombre de ses constructions de voûtes hardies et savantes, aux dessins d'une rare inventivité.

Œuvres architecturales[modifier | modifier le code]

Par année d'achèvement[5] :

  • De 1708 à 1710, il bâtit l'hôtel de Salvador, rue de la Masse à Avignon, sur les plans et la direction de Jean Péru. En 1713, il en reconstruira entièrement l'escalier, sur les dessins de l'architecte carpentrassien Antoine d'Allemand[6]. C'est le premier escalier avignonnais du modèle suspendu à marches portant limon.
  • 1710 - Hôtel Elzéar de Capellis, plus tard Desmarets de Montdevergues, construit sur les plans de Pierre II Mignard - actuel siège du Conseil Général de Vaucluse place de la Préfecture à Avignon[7]. La façade fut refaite en 1734 sur les dessins de François Franque[8].
  • 1717-1721 - Château de Mane, près de Forcalquier, où il reprend sans nul doute un projet antérieur de Pierre-Alexis Delamair.
  • 1718 - Hôtel de Forbin de Sainte-Croix, place de la Préfecture à Avignon[9]
  • 1719-1720 - Château de Sauvan.
  • 1726-1736 : Réparations des bâtiments conventuels mauristes de l'abbaye de Montmajour. Élevées à partir de 1703 par Pierre II Mignard, ces constructions venaient d'être ravagées par un violent incendie[10]. Franque les avait expertisées en 1719.
  • 1728 - Réparations au couvent du Verbe Incarné, rue des Lices à Avignon[11]
  • 1732 - Achèvement de l'église de Lambesc (commencée en 1700 sur les plans de l'architecte aixois Laurent Vallon, avec de nombreuses vicissitudes). Franque est l'auteur du dessin de la façade de cette église[12].
  • 1732 - Hôtel de Linage, angle de la rue du Rhône et de la rue Baudin à Beaucaire[13]
  • 1737 - Hôtel Bouchet de Faucon, rue Aristide-Briand à Arles[14]
  • 1737 - Palais épiscopal de Viviers (hôtel de ville depuis 1989)[15]
  • 1738 - Hôtel de Roqueplane à Viviers (mairie de 1947 à 1989, évêché depuis cette date)[16]
  • 1739 - Chapelle des Pénitents Noirs, rue Banasterie à Avignon, d'après les plans posthumes laissés par Thomas Lainée[17]
  • 1743 - 1745 : Aile orientale de l'hôpital Sainte-Marthe, puis jusqu'en 1748 avec l'aide de son fils François le portique du pavillon central[18].
  • 1745 - Collège des Jésuites (actuel musée Archéologique), Grand'rue à Nîmes[19]
  • 1746 - Collégiale Saint-Jean de Pézenas à Pézenas sur un projet initial de Jean Giral.
  • 1748 - 1754 : Construction des nouvelles boucherie et poissonnerie de la rue du Vieux Sextier à Avignon[20].
  • 1751 - Hôtel de Caumont, 5 rue Violette à Avignon, en collaboration avec son fils François[21]
  • 1751 - Aile orientale de l'Aumône Générale d'Avignon (rue des Lices)[22]
  • 1751 - Chapelle des religieuses de Saint-Joseph, attenante à l'hôpital Sainte-Marthe qu'elles desservent[18].
  • 1755 - Hôtellerie du Couvent des Dominicains de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (actuel Hôtel de ville), avec son fils François[23].
  • 1757 - Porte de la Ligne à Avignon, en collaboration avec son fils Jean-Pierre qui refera en 1760 celle du Rhône[24].
  • 1757 - Reprise du voûtement de la nef de la cathédrale Saint-Vincent de Viviers. Ce travail, achevé par son fils Jean-Pierre, est l'un des plus hardis couvrements d'édifice religieux de la région : il est formé de trois travées à arêtes doubles et plafond au centre, mais les arêtes sont biaises et des panneaux de mosaïque en éventail s'insèrent dans les lunettes de la travée médiane[25].
  • Hôtel de Beaulieu à Viviers.
  • Hôtel de Tourville à Viviers.
  • Hôtel de Villeneuve-Martignan / Musée Calvet, 65 rue Joseph-Vernet à Avignon[26]
  • Église Notre-Dame-du-Rhône à Viviers[27]
  • Hôtel de Galéans-Gadagne, 7 rue Violette à Avignon[28]
  • Chapelle du séminaire Saint-Charles-de-la-Croix, rue Saint-Charles à Avignon[29]
  • Chartreuse du Val-de-Bénédiction à Villeneuve-lès-Avignon : la fontaine Saint-Jean, qui lui est traditionnellement attribuée, est plus probablement une œuvre de son fils François[30]
  • Église Notre-Dame à Correns.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Avignon sur larousse.fr
  2. François finit sa carrière comme Académicien du roi à Paris.
  3. Robert Bailly, Histoire de la vigne et des grands vins des Côtes du Rhône, Avignon, 1978.
  4. Robert Bailly, Dictionnaire des Communes du Vaucluse, Éd. Barthélemy, Avignon, 1985, p. 336.
  5. (fr) Jean-Baptiste Franque sur fr.structurae.de
  6. Congrès Archéologique de France, 1963, et correspondance Franque / d'Allemand, collection privée
  7. (fr) Hôtel Desmarets de Montdevergues
  8. François Chassenet, Lettre historique... à la suite du Fléau Aquatique, Avignon 1756
  9. (fr) Hôtel de Forbin de Sainte-Croix
  10. Société française d'archéologie - Congrès Archéologique de France, 134e session, 1976, Pays d'Arles - page 225.
  11. Chapelle du couvent du Verbe-Incarné en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  12. Congrès Archéologique de France, 1985 (pays d'Aix), article de Jean Boyer, p. 190
  13. (fr) Hôtel de Linage
  14. Site du patrimoine
  15. Hôtel de ville de Viviers en français, allemand et anglais sur le site web Structurae. .
  16. Évêché de Viviers en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  17. Chapelle des Pénitents Noirs en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  18. a et b Alain Breton, « les bâtiments de Sainte-Marthe à l'âge classique », in Études Vauclusiennes, 1999
  19. Musée Archéologique en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  20. Joseph Girard, Évocation du Vieil Avignon, éditions de Minuit 1958
  21. Congrès Archéologique de France, 1963, et bibliothèque municipale d'Avignon, Ms 1296 f° 4.
  22. Alain Breton, les bâtiments de l'Aumône Générale d'Avignon, Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes, 1997
  23. Hôtel de ville de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  24. Alain Breton, La porte de la Ligne, in Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes, 1998
  25. Maurice Barber, l'œuvre de Franque à Viviers, 1932
  26. (fr) Musée Calvet
  27. Église Notre-Dame-du-Rhône en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  28. Hôtel de Galéans-Gadagne en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  29. Chapelle Saint-Charles-de-la-Croix en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  30. Chartreuse du Val-de-Bénédiction en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C.F.J. Barjavel, Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département de Vaucluse, T. I et II, Carpentras, 1841.
  • H. Chobaut, « Études biographiques sur les Franque et les Brun, architectes », Mémoires de l'Académie de Vaucluse,‎ 1932 (ISSN 11497130)
  • Bernard Oudin, Dictionnaire des architectes, Éd. Seghers, Paris, 1994. ISBN 2232103986 (page 177)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]