Jean-Baptiste Eblé

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Jean-Baptiste Eblé
Portrait par Jean-Baptiste Paulin Guérin (1783-1855).
Portrait par Jean-Baptiste Paulin Guérin (1783-1855).

Naissance 21 décembre 1758
Saint-Jean-Rohrbach
Décès 31 décembre 1812 (à 54 ans)
Königsberg (drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse)
Origine Flag of Lorraine.svg Duché de Lorraine
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of the Kingdom of Westphalia.svg Royaume de Westphalie
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 17671812
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Commandement Gouverneur de Magdebourg
colonel général des gardes du corps du Roi de Westphalie
Distinctions baron de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 14e colonne
Autres fonctions Ministre de la Guerre du royaume de Westphalie
Famille Charles Eblé

Statue de Jean-Baptiste Eblé à Saint-Jean-Rohrbach.

Jean-Baptiste, baron Éblé, né le 21 décembre 1758 à Saint-Jean-Rohrbach, dans le duché de Lorraine et mort le 31 décembre 1812 à Königsberg en Allemagne, est un général français d'Empire, issu de l'artillerie.

Selon la statue à Saint-Jean-Rohrbach, Jean-Baptiste Éblé serait né en 1757. D'autres sources indiquent également cette année de naissance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un officier de fortune, qui servait au régiment d'Auxonne, il entre à neuf ans le 21 décembre 1767, comme canonnier dans le régiment où servait son père.

Guerres révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Ascension militaire[modifier | modifier le code]

En 1791, après vingt-quatre ans de service, il est capitaine en second. Il sert dans l'armée de Dumouriez jusqu'au mois de juillet 1793. Il est envoyé à Naples pour organiser l'artillerie. Un des premiers, il forme une compagnie de canonniers à cheval. Élevé bientôt au grade de chef de bataillon, il est attaché à l'état-major puis il commande une division à la bataille d'Hondschoote et au déblocus de Dunkerque. Élu général de brigade, le 29 septembre 1793, sa conduite à la bataille de Wattignies deux semaines plus tard lui fait attribuer le grade de général de division le 25 octobre 1793, dont il a déjà rempli les fonctions. C'est pendant la campagne contre les Pays-Bas qu'il imagine de partager les canons entre les différentes divisions de l'armée, formant ainsi des parcs de réserve et des dépôts de munitions sur toutes les lignes d'opérations, système dont l'expérience a démontré l'utilité, et qui depuis est constamment suivi.

Lorsque Moreau prend le commandement en chef de cette armée que Dumouriez vient d'abandonner, le général Éblé est à la tête de l'artillerie. Il la dirige au siège d'Ypres, en juin 1794, et en juillet à celui de Nieuport. C'est par ses conseils qu'est placée une batterie de 42 bouches à feu à 200 toises des glacis. Les ravages de ces canons, dont tous les coups portaient sur les quartiers les plus riches, forcent la garnison à capituler après trois jours de tranchée. Il conduit les sièges de L'Écluse, du fort de Crèvecœur et de Bois-le-Duc, de Nimègue.

Passage à l'armée du Rhin[modifier | modifier le code]

Éblé est ensuite envoyé à l'armée du Rhin, dont Moreau vient de prendre le commandement en chef. Ce général écrit au sujet d'Éblé dans une lettre adressée à la Convention : « La conduite du général Éblé est vraiment très active, on ne peut concevoir comment il a pu suffire à cette énorme consommation de poudre et de boulets que nous avons envoyés. » Il faut ajouter que, dans tous ces combats, il ne perdit pas un seul canon, et que l'artillerie qui, ordinairement, compromet les retraites, décida du succès de celle de Moreau. En 1797, le général Éblé commande seul l'artillerie dans le fort de Kehl, pendant le siège qu'a fait de cette place l'armée autrichienne sous les ordres de l'archiduc Charles. Il prouve alors qu'il n'est pas moins savant dans l'art de défendre les places que dans celui de les attaquer. Il est à Rome où il doit commander l'artillerie de l'armée que Championnet conduit à la conquête du royaume de Naples. Mais cette artillerie n'existe pas : Éblé compose ses équipages de campagne avec les pièces prises aux Napolitains. Gaète lui fournit des canons pour assiéger Capoue, et cette place se rend le 10 janvier 1799. Éblé en prend possession, surveille l'exécution de l'important article de la capitulation, qui met au pouvoir de l'armée française toute l'artillerie de l'arsenal de la place. La prise de possession par les Français de cet important matériel détermine la soumission de Naples et, le 20 janvier, les Français entrent dans la seule capitale de l'Italie qu'ils n'ont pas encore visitée en vainqueurs depuis le commencement de l'ère révolutionnaire.

En 1800, il va rejoindre Moreau à l'armée du Rhin, et une fois encore il mérite les témoignages les plus honorables de sa satisfaction : « On ne saurait, écrivait Moreau, trop faire l'éloge de l'artillerie, qui, par son organisation et la manière dont elle est manœuvrée dans les combats, s'est acquis l'estime de tous les corps de l'armée. C'est un hommage bien juste à rendre au général Éblé qui la commande, et qui doit être compté dans cette arme comme un des meilleurs officiers de l'Europe. » La République batave s'était engagée, par une convention spéciale, à entretenir à ses frais une armée française sur son territoire. Attaché à cette armée en 1803, Éblé est chargé de tous les détails de l'organisation de l'armée placée sous ses ordres.

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

La Westphalie et la guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

Il passe, cette même année 1804 au commandement des équipages de l'armée de Hanovre, laquelle devient ensuite le 6e corps de la Grande Armée. C'est alors qu'il est nommé gouverneur de la province de Magdebourg. Il quitte cette province pour aller inspecter, en 1808, toute la ligne qui s'étend depuis Huningue jusqu'à Anvers. À cette époque, le 26 octobre 1808, Napoléon Ier lui confère le titre de baron de l'Empire. L'année suivante, il passe au service de la Westphalie, comme ministre de la guerre du roi Jérôme Bonaparte. Ses mesures et son activité déconcertent les projets insurrectionnels du major Ferdinand von Schill, et c'est en récompense de ce service que Jérôme le nomme colonel général de ses gardes du corps. Cependant, tout en passant au service de Westphalie, Éblé, toujours général de division dans l'armée française, a refusé de prêter serment au souverain étranger[1]. Napoléon Ier lui donne la direction de l'artillerie de l'armée du Portugal, sous les ordres du maréchal Masséna. Eblé participe aux sièges de Ciudad Rodrigo et d'Almeida et crée deux équipages de pont[2].

Les pontonniers de la Bérézina[modifier | modifier le code]

Le 7 février 1812, il est nommé commandant en chef des équipages de pont à la grande armée qui s'ébranlait pour envahir la Russie. Son rôle est décisif au passage de la Bérézina. Il est chargé de construire deux ponts de bateaux ; le général Chasseloup-Laubat, commandant du génie, doit jeter le troisième. Éblé a su conserver autour de lui, en bon ordre, 400 pontonniers néerlandais, 6 caissons d'outils et 2 forges de charbon. Il se jette lui-même à l'eau pour montrer l'exemple à ses hommes. L'ordre qu'il a reçu le 25 novembre à 6 heures du soir, est exécuté le lendemain à une heure de l'après-midi : celui donné à l'artillerie ne l'est point. Le 29 novembre, il attend deux heures avant de brûler ses ponts afin de permettre le passage de nombreux soldats. Le général Lariboisière, commandant en chef de l'artillerie de la Grande Armée, meurt le 18 décembre à Königsberg ; Éblé, nommé à sa place et chargé de réorganiser le service, ne lui survit que treize jours puisqu'il meurt le 31 décembre, dans la même ville. La nouvelle de sa mort n'est pas encore parvenue en France, le 3 janvier 1813, quand Napoléon le nomme premier inspecteur général de l'artillerie. Il créa alors sa veuve comtesse de l'Empire. Son cœur a été transféré dans la crypte des Invalides et son corps repose dans l’Église catholique de Königsberg.

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Éblé épousa, le 5 avril 1809 à Kassel, Édeline Louise Fréteau de Pény (1789 - Vaux-le-Pénil20 novembre 1838), fille d'Emmanuel Fréteau de Pény (28 mars 1745 - Vaux-le-Pénil † exécuté le 26 prairial an II (14 juin 1794) - victime de la Révolution française), seigneur de Vaux-le-Pénil et de Saint-Liesne, conseiller de grand-chambre au parlement de Paris, député aux États généraux de 1789, et de Marie Josèphe Perrine Moreau de Plancy (1756-1829). Ensemble, ils eurent :

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext baron de l'Empire GOLH.svg
Blason Jean-Baptiste Eblé (Empire).svg
Armes du baron Eblé et de l'Empire

D'or à quatre cantons, le premier d'azur à trois épis d'or, liés par la tige, le deuxième des barons militaires, le 3e de gueules à deux épées en sautoir d'argent, le 4e d'azur au lion rampant et contourné d'or.[3],[4],[5]

Orn ext comtesse de l'Empire.svg
Blason Comtesse Eblé (Empire).svg
Armes de la comtesse Edeline, Louise, Hélène de Freteau, veuve du général Eblé (titre de comtesse accordé par décret du 8 janvier 1813 (lettres patentes du 8 avril 1813, Saint-Cloud).

Écartelé d'azur et de gueules, à la croix d'or brochant sur le tout cantonnée au premier du signe des comtes tirés de l'armée, au deuxième deux épées en sautoir d'argent montées d'or ; au troisième d'un lion rampant d'or ; au quatrième de trois épis de blé noués d'or.[3]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-Baptiste Eblé », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]
  2. « Avec le maréchal Ney, le général Éblé, le brave bataillon de la flottille, les troupes de l'artillerie et tout le 6e corps, il n'y avait rien d'impossible à exécuter. » Bouver de Cressé, Victoires et Conquêtes des Français dans les deux Mondes, de 1792 à 1823
  3. a, b, c et d « BB/29/1063 page 27. », M. le baron Eblé., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  4. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887
  5. Source : www.newgaso.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]