Jean-Baptiste Du Tertre

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Gravure annexée à l' Histoire générale des Antilles habitées par les Français par Jean-Baptiste Du Tertre. Elle représente une indigoterie antillaise du XVIIe siècle

Jean-Baptiste (né Jacques) Du Tertre est un homme d’Église (religieux dominicain) et un botaniste français, né en 1610 à Calais et mort à Paris en 1687.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir servi dans l’armée néerlandaise, notamment lors d’une expédition au Groenland et au siège de Maastricht en 1632. Il rejoint alors l’ordre des Dominicains et adopte le prénom de Jean-Baptiste[1].

Il est envoyé comme missionnaire dans les Antilles en 1640 et compléta l'aller-retour de l'Atlantique à trois reprises, passant au total six années en trois séjours. Il servit en Guadeloupe, mais visitera la Martinique, la Grenade, Saint-Christophe, la Dominique, Sainte-Lucie et, en 1648, Saint-Eustache sous «des habits séculiers» comme il l'écrivit lui-même[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1654: Histoire générale des îles Saint-Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique et autres de l'Amérique
  • 1659: La Vie de Sainte Austreberte
  • 1667 – 1671: l’Histoire générale des Antilles habitées par les Français (en 4 tomes)

Ayant passé plus de temps dans ces colonies françaises que ses contemporains (Maurile de Saint-Michel, Mathias Dupuis, Pierre Pelleprat), il semble sous le charme de ces régions. Il écrit « pour le regard des oyseaux, l'Amérique sans contredit l'emporte par deussus toutes les parties du monde » et sur l'oiseau-mouche :

« Le colibris est le plus petit, et le plus gentil, de tous les oiseaux du monde. Dans toutes les Indes Occidentales, il s'en trouve communément de deux sortes, qui toutes deux disputent de la beauté avec des avantages si égaux, que je ne scay de quel costé pencher pour donner mon suffrage : j'ayme mieux laisser cela indécis.
Le plus petit n'est pas plus gros que le petit bout du doigt ; il a toutes les grandes plumes des aisles et celles de la queue, noires. Tout le reste du corps et le dessus des aisles est d'un vert brun, rehaussé d'un certain vermeil, ou lustre, qui ferait honte à celuy du velours et du satin ; il porte une petite huppe sur la teste, de vert naissant, enrichy d'un surdoré, qui brille et éclate comme s'il avait une petite estoille au milieu du front ; il a le bec tout noir, droit, fort menu, et de longueur d'une petite épingle... »

Il est le premier à décrire la fièvre jaune lors de plusieurs épidémies ayant éclaté sur les îles de la Guadeloupe et de Saint-Christophe en 1635, 1640, 1648 et 1667.

Il publie sa première édition (1654), dit-il, à cause qu'il eut vent que son manuscrit allait être publié par un pasteur de Rotterdam, Charles de Rochefort, toutefois sans le nommer. Dans les tomes de l'édition suivante (1667-1671), Du Tertre s'attaque de façon virulente et de façon répétée à certains faits historiques rapportés par Charles de Rochefort en 1658, témoignage d'une poignante inimitié. La dernière édition sera d'ailleurs reprise et annexée par Jean-Baptiste Labat à sa propre chronique antillaise de 1722.

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Derek Hughes, Versions of Blackness: Key Texts on Slavery from the Seventeenth Century, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2007, poche (ISBN 978-0-521-68956-4, lien LCCN?), p. 327-30
  2. Jean-Baptiste Du Tertre, Histoire générale des îles Saint-Christophe, de la Guadeloupe, de la Martinique et autres de l'Amérique, Chez Jacques Langlois ... et Emmanuel Langlois ...,‎ 1654, p. 478

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Boubier, L’Évolution de l’ornithologie, Paris, Alcan, coll. « Nouvelle collection scientifique »,‎ 1925, ii + 308 p.
  • Jacques Dampierre, Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaises, 1492-1664, Paris, A. Picard,‎ 1904, 239 p.

Liens internes[modifier | modifier le code]