Jean-Baptiste Deshays de Colleville

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Jean-Baptiste Deshays Le singe peintre Musée des beaux-arts de Rouen
Jean-Baptiste Deshays Le singe peintre Musée des beaux-arts de Rouen

Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville, dit le Romain né en 1729 à Rouen et mort à Paris le 10 février 1765 est un peintre d’histoire français.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

D’abord formé par son père, il alla à Paris pour y continuer l’étude de cet art. Après avoir eu Collin de Vermont pour maître, il entra dans l’atelier de son compatriote Restout dont il devint l’un des meilleurs élèves. Il étudia ensuite avec Boucher dont il devait devenir le gendre en épousant sa fille aînée.

S’étant fait connaître en 1750 avec un tableau représentant la Femme de Putiphar accusant Joseph, il obtint l’année suivante le premier prix à l’Académie de Peinture. Admis dans l’atelier de Van Loo, il composa sous la direction de ce maître trois tableaux qui, présentés au roi, lui valurent les plus vifs éloge de la part de ce dernier. Il se rendit en Italie, ce qui lui valut le surnom de « Romain », où il exécuta trois de ses meilleurs tableaux représentant le Martyre de Saint André destinés à une église de Rouen.

Il fut reçu, en 1758, à l’Académie de Peinture. Son tableau de réception représentait Vénus versant sur le corps d’Hector une essence divine pour la garantir de la corruption. Ce peintre, comme le dit un biographe, « savait réunir la vigueur de l’expression à l’enthousiasme du génie » mourut prématurément des suites d’une chute de cheval. Il avait un frère cadet, François Bruno Deshays de Colleville, portraitiste.

La majorité de ses œuvres appartient aux collections du Musée des Beaux-Arts de Rouen et du Musée du Louvre.

Réception contemporaine[modifier | modifier le code]

Grimm a écrit dans sa Correspondance littéraire au sujet de ce peintre mort très jeune que « c’était le seul qui aurait pu nous consoler de la perte de Carle Vanloo. »

L’écrivain et encyclopédiste Denis Diderot rendait compte des expositions organisées par l’Académie de peinture où Deshays exposa en 1761, 1763 et 1765. En 1761, Diderot note à propos de Deshays :

« Deshays me rappelle les temps de Santerre, de Boullogne, de Le Brun, de Le Sueur et des grands artistes du temps passé. Il a de la force et de l’austérité dans sa couleur ; il imagine des choses frappantes ; son imagination est pleine de grands caractères ; qu’ils soient à lui ou qu’ils les ait empruntés des maîtres qu’il a étudiés, il est sûr qu’il sait se les approprier, et qu’on n’est pas tenté, en regardant ses compositions, de l’accuser de plagiat. Sa scène vous attache et vous touche ; elle est grande, pathétique et violente. Il n’y eut sur le Saint Barthélemy qu’il exposa au dernier Salon qu’une seule voix, et ce fut celle de l’admiration. » (Salon de 1761)

À sa mort, Diderot le loue en les termes suivants :

« Ce peintre n’est plus. C’est celui-là qui avait du feu, de l’imagination et de la verve ; c’est celui-là qui savait montrer une scène tragique et y jeter de ces incidents qui font frissonner, et faire sortir l’atrocité des caractères par l’opposition naturelle et bien ménagée des natures innocentes et douces ; c’est celui-là qui était vraiment poète. »[1]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Denis Diderot, Salon de 1765, paru d’abord dans la Correspondance littéraire de Grimm en 1767, cité d’après l’édition de Else Marie Bukdahl et Annette Lorenceau, Paris, Hermann, « Collection Savoir : Lettres », 1984, p. 93.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Femme de Putiphar accusant Joseph
  • Le Martyre de saint André
  • Saint André conduit par ses bourreaux pour être flagellé
  • Saint André mis au tombeau
  • Jeanne de France
  • La Charité romaine
  • Visitation de la Sainte-Vierge
  • Le mariage de la Sainte-Vierge
  • Saint Benoît mourant
  • Saint Pierre guérissant un boiteux
  • Une prédication de saint Jean
  • Le Martyre de saint Jean
  • Jupiter et Antiope, 1765 (perdu).
  • La Conversion de saint Paul, 1765.
  • Saint Jérôme écrivant sur la mort, 1765.
  • Artemise au tombeau de Mausole, 1765.
  • Achille luttant

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bancel, Jean-Baptiste Deshays, 1729-1765, Paris, 2008, éd. Arthena.
  • Marc Sandoz, Jean-Baptiste Deshays, 1729-1765, Tours, 1977, éd. Editart-Quatre Chemins.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]