Jean-Baptiste Chaigneau

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Jean-Baptiste Chaigneau en habit de Nguyen Van Thang.

Jean-Baptiste Chaigneau, né le 8 août 1769 à Lorient[1] et mort le 31 janvier 1832 dans la même ville[2], est un marin et diplomate français, qui fut consul de France dans l'Empire d'Annam.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Chaigneau en 1805

Il est le fils d'Alexandre Georges Chaigneau, capitaine de vaisseaux de la Compagnie des Indes, et de Bonne-Jaquette Perault, elle-même fille d'Étienne Perault, maire de Lorient.

Naviguant depuis l'âge de douze ans, les hasards de la lutte contre les Anglais dans l'océan Indien l'amènent à Macao, puis à entrer à 25 ans avec d'autres Français au service du prince Nguyên Anh (futur empereur Gia Long) sur la recommandation de Mgr Pigneau de Behaine, à participer à son retour comme roi de Cochinchine, puis empereur d'Annam. Quelques années plus tard, celui-ci le fit successivement général de l'armée du Nord, marquis de Thang-Duc, ministre la Marine et grand mandarin[3],[4] ayant - durant vingt-cinq années - en particulier fondé et développé une flotte de type occidental.

Il dispose d'une escorte personnelle de cinquante soldats en tant que grand mandarin.

Il se marie avec une Annamite catholique Ho Thi Thue, d'une famille de mandarins[5], dont il a plusieurs enfants, parmi lesquels Michel qui joue un rôle plus tard avec l'ambassade de Phan Thanh Gian en France, en 1863; et Jean qui deviendra secrétaire général de la ville de Rennes.

Jean-Baptiste Chaigneau repart en 1819 pour la France où il reçoit sa nomination de consul de France à la cour de Hué. De retour par le Larose avec son neveu Eugène[6] à la cour d'Annam en 1821, sa proposition de traité de coopération et de commerce avec la France de Louis XVIII est refusée par le nouvel empereur Minh Mang, hostile à l'ouverture de son pays aux étrangers. Il est reçu froidement par la cour et finalement, en septembre 1824, l'empereur lui laisse le choix entre le suicide ou le retour en France[7].

Il repart dépité avec sa nouvelle épouse, Hélène (1800 - 1853), fille de son compagnon d'infortune, Laurent Estienne Barisy, officier de marine originaire de l'Ile de Groix, décédé à Hué, et d'une mère vietnamienne inconnue. Ils arrivent par Singapour à bord du Courrier-de-la-Paix à Bordeaux, le 6 septembre 1825, puis se rendent en Bretagne.

Il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur le 26 août 1818 puis de l'ordre de Saint-Louis le 14 juillet 1820.

Michel Chaigneau, son fils, a publié en 1867 : Souvenirs de Hué.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Salles, Un mandarin breton au service du roi de Cochinchine. Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille, Hanoï, 1923, réédition en 2006, Les Portes du large, Rennes. ISBN 2-914612-01-X

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales du Morbihan, état-civil numérisé de la commune de Plumergat, BMS 1731-1770, vue 567/592 de la numérisation. L'enfant, né le 8 août à Lorient, est baptisé le 27 à Plumergat.
  2. Archives municipales de Lorient, état-civil numérisé, décès de l'année 1832, acte N°76, vue 20 de la numérisation. L'ancien diplomate décède à son domicile situé au no 9 du Cours de la Réunion.
  3. Comme son ami Philippe Vannier qui a participé à la même aventure.
  4. André Salles, Jean-Baptiste Chaigneau et sa famille, Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, 1923, vol. XXIII, n° 23, pp. 424-427
  5. (en) Nhung Tuyet Tran & Anthony Reid, Việt Nam: borderless histories, University of Wisconsin Press, 2006, ISBN 0-299-21774-4
  6. Eugène Chaigneau, âgé de vingt-et-un ans, arrive avec son oncle en tant qu'agent consulaire avec un traitement de quinze cents francs. À la démission de son oncle, l'empereur refuse de le recevoir à Tourane. Il repart avec son oncle par le Larose. Il retourne par le Saint-Michel en décembre 1829 en tant que vice-consul. Le navire fait naufrage en arrivant, mais le jeune homme survit. Dénoué de tout secours et interdit à la cour, La Favorite le ramène à bord moins d'un an plus tard; cf Salles, op. cité
  7. André Salles, op. cité, p. 426
  8. Une rue de Lorient porte son nom