Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville

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Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville
Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville : Troisième partie de la carte d’Asie, contenant la Sibérie, et quelques autres parties de la Tartarie (1753)

Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville, né le 11 juillet 1697 à Paris (France) où il est mort le 28 janvier 1782, est un géographe et cartographe français.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Nommé géographe du roi en 1718, il produisit 211 cartes qui sont considérées comme les meilleures de son époque. Leur précision, basée sur les découvertes les plus récentes, révolutionna la cartographie. Parmi les plus importantes se trouvent les cartes de la Chine (1735) dressées pour accompagner la Description de la Chine de Jean-Baptiste Du Halde, qui restèrent la référence jusqu’au XIXe siècle, de l’Italie (1743), de l’Afrique (1749), de l’Asie (1751) et de l’Inde (1752).

Il publia un Atlas général en 1737, des atlas historiques et de nombreux écrits sur la géographie et la météorologie anciennes. Il a également collaboré à l’Encyclopédie.

Il fut élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1754 et à l’Académie des sciences en 1773.

D’Anville fut l’un des savants en désaccord avec Newton, arguant que la Terre n’est pas ronde mais a un plus grand diamètre aux pôles qu’à l’équateur[1].

Jean-Denis Barbié du Bocage fut un de ses élèves.

Sa collection de cartes[modifier | modifier le code]

En dehors des cartes dont il était l’auteur, d’Anville avait constitué une abondante collection de documents cartographiques, tant gravés que manuscrits, la plus complète et la plus précieuse, selon Bon-Joseph Dacier, qui ait peut-être jamais existé. De son vivant, elle avait été enrichie de multiples donations faites par des savants, des collectionneurs et des voyageurs de tout pays. Il avait songé dès 1772 à céder cette collection au roi, mais ce n’est qu’en 1779 que l’affaire fut réglée. Lorsque survint la mort de d’Anville, plus riche d’honneurs que d’argent, la collection passa du Louvre, où il logeait, à Versailles, où Jean-Denis Barbié du Bocage poursuivit l’inventaire qui faisait tant défaut depuis que la collection appartenait au roi et qu’il acheva en 1828. Louis-Charles-Joseph de Manne, conservateur-administrateur de la Bibliothèque du Roi, qui avait hérité des fonds de d'Anville et de tous ses papiers, donna en 1802 une notice des ouvrages du géographe. Les œuvres de d'Anville devaient contenir 6 volumes accompagnés de cartes dessinées par le géographe mais l’édition fut interrompue par la mort de M. de Manne en 1832 et seuls 2 volumes furent publiés en 1834 par sa veuve et son fils.

La collection passa ensuite au ministère des Affaires étrangères avant de venir, en 1924, enrichir les collections du département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France. Le récolement[Quoi ?] entrepris alors par Charles Du Bus permit de constater la perte ou le vol de certaines cartes manuscrites survenus pendant le séjour de la collection chez les diplomates, de sorte qu’elle renferme aujourd’hui près de 10 500 cartes de toute région et de toute époque depuis les premières éditions de la Géographie de Ptolémée jusqu'aux années 1770-1780. Marcel Destombes a retrouvé au département des Estampes et de la Photographie trente-quatre plans manuscrits de villes chinoises utilisées par d’Anville pour ses plans de la Description du P. Du Halde et acquise par la Bibliothèque du roi en 1763 (BNF, Estampes, Vol. mat. 11).

Plaque de la rue Danville, à Paris, en mémoire du géographe

Hommages[modifier | modifier le code]

Le cratère lunaire Anville, la ville de Danville au Québec et celle homonyme dans le Vermont, ainsi que la rue Danville dans le 14e arrondissement de Paris, ont été nommés en son honneur.

Une statue de d'Anville figure parmi les hommes illustres sur la façade de l'hôtel de ville de Paris du côté de la rue de Rivoli. Une autre version se trouve au château de la Chevalerie (Arçonnay, Sarthe), qui était la résidence de chasse de Jean-Baptiste d'Anville.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Le département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France[2] propose dans les pages du serveur Gallica[3] les cartes géographiques et les plans de villes représentant l’ensemble du territoire de la France métropolitaine, dont des documents de géographie ecclésiastique, militaire, fiscale et administrative, des cartes de côtes, de rivières, de routes et de forêts, assemblés par d’Anville, certains autographes. Le bel ensemble des plans de villes permet d’étudier le monde urbain, les fortifications et l’embellissement des villes au XVIIIe siècle. L’on a joint, dans un souci de cohérence, les deux séries de la Carte de France de Cassini : l’édition complète, coloriée, présentée à l’Assemblée nationale en 1790 et la seconde édition de 1815. En plus des cartes représentant la géographie de la France, du Piémont, de la Savoie et de l’Île de Corse, le visiteur trouvera une série de cartes cosmographiques, des mappemondes, des cartes de voyages et des cartes générales de l’Europe.

  • Charles Du Bus, « Les collections d’Anville à la Bibliothèque nationale », dans Bulletin de la Société de géographie, 1926, tome XLI, p. 93-145.
  • M. Prévost, article Anville dans Dictionnaire de biographie française, Paris, tome III, 1939, col. 84-86.
  • Edwige Archier, article « Anville », dans Lexikon zur geschichte der Kartographe, Wien, 1986, tome 1er, p. 18-21.

Un programme de recherches sur trois années a été inauguré en 2010 au département des Cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Proposition d'une mesure de la terre, Paris, Chaubert, 1735
  2. d'Anville à la Bibliothèque nationale de France
  3. d'Anville sur Gallica