Je suis une légende (roman)

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Je suis une légende
Auteur Richard Matheson
Genre Roman
Science-fiction
Version originale
Titre original I am Legend
Éditeur original Gold Medal
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de parution originale 1954
Version française
Lieu de parution Paris
Éditeur Denoël
Collection Présence du futur
Date de parution 1955
Type de média Livre papier
Nombre de pages 192

Je suis une légende (titre original : I am Legend) est un roman de science-fiction de l'auteur américain Richard Matheson paru en 1954 et adapté plusieurs fois au cinéma depuis.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le livre relate le destin tragique du dernier homme sur Terre, seul être humain à ne pas avoir subi les affres d'une pandémie ayant inexorablement transformé les victimes infectées en créatures présentant toutes les caractéristiques des vampires mais qui ne sont pas des vampires, ce sont des zombies-vampires.

Argument[modifier | modifier le code]

Robert Neville[1] est le dernier survivant d'une pandémie, contre laquelle il est immunisé, suite à une morsure de chauve-souris. Cette épidémie est causée par un bacille qui transforma les gens en êtres décharnés et cannibales, trop sensibles aux UV pour survivre à la lumière du soleil. Neville tient tête, depuis trois ans, à cette nouvelle espèce parmi laquelle se trouvent ses anciens amis et voisins devenus des vampires nocturnes et sauvages. Il vit dans une maison barricadée, fortifiée contre les attaques nocturnes, ne sort que pendant la journée pour partir à la recherche de produits de première nécessité, puis se retire chez lui à la tombée de la nuit pour survivre. Neville rêve souvent de la mort de sa femme et de sa fille. Il se réveille ainsi, chaque matin, dans un climat d'horreur, étouffé par la solitude et les remords.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Robert Neville. C'était avant la catastrophe, un homme ordinaire que rien n'avait préparé à cette épreuve. Il a été soldat au Panama pendant la troisième guerre mondiale (origine du fléau ?) où il a été mordu par une chauve-souris vampire qui l'a immunisé contre le bacille. Ayant vu tous ses proches mourir ou se changer en vampires, il doit se protéger contre eux. La nuit, il se barricade dans sa maison. Le jour, il profite de l'inertie des vampires pour les tuer. En raison de sa solitude, c'est un homme torturé qui noie son chagrin dans l'alcool et se laisse aller au désespoir, mais c'est aussi un homme rationnel qui cherche à comprendre scientifiquement ce qui se passe.
  • Virginia Neville : La femme de Robert Neville. Elle est morte de la maladie. N'ayant pu se résoudre à brûler son corps, comme le préconisaient les autorités, il l'a vue revenir sous forme d'un vampire et l'a tuée d'un coup de pieu. Il conserve religieusement son corps dans un cercueil, mais celui-ci finit par être volé.
  • Catherine Neville : La fille de Robert et de Virginia Neville. Elle est morte de la maladie et son corps a été brûlé.
  • Ben Cortman : Ancien collègue et voisin des Neville. Depuis qu'il est devenu vampire, il assiège toutes les nuits la maison de Neville, qui développe envers lui une relation d'attraction - répulsion. Juif, il est indifférent à la vue d'une croix... mais se trouble à celle d'une Torah.
  • Ruth : Jeune femme mystérieuse que Neville rencontre un jour. Apparemment, elle est une humaine normale. En fait, elle est un agent vampire immunisé par un traitement contre la lumière et ayant pour mission de tuer le dernier homme, devenu aux yeux de ses semblables un monstre de légende qui les persécute et les terrorise. Mais, malgré la haine qui la motive (son mari fait partie des victimes de Neville), elle ne peut s'empêcher de tomber amoureuse.

Thème du vampirisme[modifier | modifier le code]

Si ce roman réactive le thème classique et rebattu du vampirisme, c'est pour le traiter de manière originale. Les vampires auxquels l'auteur nous confronte dans son roman ont un double visage, celui, nocturne et destructeur, de la sauvagerie animale assoiffée de sang, et celui, semi-diurne et plus étonnant, d'une alternative finalement viable à la société humaine devenue biologiquement inadaptée à son nouvel environnement contaminé. Tandis que le dernier homme lutte désespérément pour sauver les vestiges de l'Humanité, les néo-vampires se regroupent en communauté et s'organisent pour finalement jeter les bases d'une nouvelle société promise au seul avenir possible sur cette Terre dépeuplée.

Les références au vampirisme ne se font pas sans humour, car le héros, confronté à ces êtres de triste réputation, n'a d'autre réflexe au début du roman que de chercher dans une bibliothèque abandonnée un exemplaire du Dracula de Bram Stoker pour y trouver les moyens de les combattre et de les tuer. Ainsi n'échappera-t-il pas aux chapelets d'ail, aux pieux en bois et aux croix chrétiennes répulsives. Puis, son évolution personnelle et sa meilleure compréhension de la situation le feront peu à peu sortir de cette pensée mythologique pour aborder le problème de manière plus scientifique et bactériologique, troquant ses condiments et ses pieux contre un microscope et des produits chimiques. Le héros parviendra à comprendre scientifiquement l'effet du pieu planté dans le cœur par une suite de réactions chimiques liées à la bactérie inconnue. Les vampires en feront d'ailleurs autant, orientant leurs recherches vers un moyen chimique de supporter - au moins pendant un temps - la lumière du jour.

Comme Robert Neville joue donc le rôle tragique du dernier obstacle à l'avènement de ce nouvel ordre social et biologique que représentent les vampires, il doit être éliminé. En tant que dernier Homme, condamné à mort par un tribunal des vampires improvisé, il entrera ainsi dans la « légende ». On notera au passage le jeu subtil sur les registres traditionnels : dans le monde des humains d'hier, les vampires n'étaient qu'une légende romantique, dans le monde des vampires de demain, l'Homme est voué à occuper cet espace devenu soudainement vacant de l'imaginaire de légende.

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Classique de la science-fiction[modifier | modifier le code]

Ce roman, devenu un classique de la science-fiction, est signalé comme tel dans les ouvrages de référence suivants :

  • Annick Beguin, Les 100 principaux titres de la science-fiction, Cosmos 2000, 1981 ;
  • Jacques Sadoul, Anthologie de la littérature de science-fiction, Ramsay, 1981 ;
  • La Bibliothèque idéale de la SF, Albin Michel, (1988) ;
  • Lorris Murail, Les Maîtres de la science-fiction, Bordas, coll. « Compacts », 1993 ;
  • Stan Barets, Le science-fictionnaire, Denoël, coll. « Présence du futur », 1994 ;
  • Bibliothèque idéale du webzine Cafard cosmique.
  • Francis Valéry, Passeport pour les étoiles, Denoël, coll. Folio SF, 2002.

Critiques spécialisées[modifier | modifier le code]

  • Jacques Sadoul, Histoire de la science-fiction moderne. 1911-1984, Robert Laffont, Coll. « Ailleurs et Demain / Essais », 1984 : « Avec I am Legend, Richard Matheson nous offre en 1954 un roman très original qui traite en pure science-fiction un des thèmes archiclassiques du fantastique, le vampirisme. »[2].
  • Lorris Murail, La Science-fiction, Larousse, Coll. « Guide Totem », 1999 : « Le point de vue scientifique est risible mais le roman fonctionne à merveille. Un classique. »[3]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Je suis une légende de Richard Matheson, traduit de l'américain par Claude Elsen, a connu différentes éditions françaises :

  • Denoël, coll. Présence du futur no 10, 1955 ; rééditions en 1969, 1972, 1977, 1979, 1981, 1983 (ISBN 2-207-30010-2), 1987, 1990 (ISBN 2-207-50010-1), 1991, 1993, 1998 et 1999 ;
  • Denoël, coll. « Les Chefs d'Œuvre de la Science Fiction et du Fantastique », 1972 ;
  • C.A.L., coll. « Les Chefs d'Œuvre de la Science Fiction et du Fantastique », 1973.

Une nouvelle traduction de Nathalie Serval est parue aux éditions suivantes :

Parution d'un extrait du roman dans :

  • Découvrir la science-fiction, Seghers, Coll. Anthologie-jeunesse, 1975.

Il existe également une édition française en livre audio lue par cinq comédiens (Victor Vestia, Frédéric Sauzay, Barbara Grau, Philippe Ledem et Karin de Demo) avec bruitages et ambiances sonores, SonoBooK 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Anagramme de l'anglais « Terrible Novel » qui peut se traduire par « Mauvais Roman ». Il est loin d’être certain que le jeu de mot soit voulu par l’auteur.
  2. Voir Jacques Sadoul, Histoire de la science-fiction moderne. 1911-1984, Robert Laffont, coll. « Ailleurs et Demain », 1984, p. 213-214.
  3. Lorris Murail, La Science-fiction, Larousse, Coll. « Guide Totem », 1999, p. 239.