Jayavarman II

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Le roi khmer Jayavarman II (khmer : ព្រះបាទជ័យវរ្ម័នទី២, Prohbat Jayavarman ti pi) est généralement considéré comme le fondateur du royaume d'Angkor.

Origine[modifier | modifier le code]

Son origine est assez obscure. Selon diverses inscriptions, le roi Pushkaraksha est « l'oncle maternel de l'oncle maternel » de sa mère. Cette dernière est la sœur d'un roi Jayendradhipativarman connu par la stèle de Prasat Kandol[1].

Règne[modifier | modifier le code]

On ne sait que peu de choses de son règne, aucune inscription datant de cette période n'ayant encore été retrouvée. Ce qu'on a pu reconstituer des réalisations du premier roi de l'Empire khmer de la période angkorienne se fonde sur l'inscription du Sdok Kok Thom, aujourd'hui situé en Thaïlande, près de la frontière avec le Cambodge, qui porte la date de 1053. Cette stèle, capitale dans l'épigraphie cambodgienne, énonce la chronologie des anciens souverains du Cambodge, depuis l'accession au trône de Jayavarman II en 802 de notre ère jusqu'à Udayādityavarman II régnant en 1053. On y lit notamment que Jayavarman II a passé quelques temps, volontairement ou non, à la cour des rois Sailendra à Java, avant de revenir au Cambodge et se faire proclamer roi en 802.

C'est Jayavarman II qui introduisit le culte du dieu-roi (devaraja) dans le brahmanisme. Désormais, le roi est la représentation de Shiva, le dieu supérieur de la trinité brahmaniste : Brahma, Shiva, Vishnu. Le souverain doit être adoré comme une divinité, avec des rites formels dont l'observance, en ce qui concerne le temple de Sdok Kok Thom, a été confiée à une famille de brahmanes qui les maintient pendant des siècles. Cette introduction est attestée par une unique source d'information, la stèle de Sdok Kok Thom, postérieure de 250 ans au règne de Jayavarman II, et n'est confirmée par aucun autre document. Shiva et le roi-dieu partagent le même symbole religieux, le lingam phallique.

Il est généralement admis aujourd'hui que c'est Jayavarman II qui fonda la première cité dite angkorienne de Hariharalaya, actuellement Roluos (temples de Bakong et de Lolei), comme capitale de l'Empire khmer, après d'autres capitales antérieures. En 800, il déplace sa capitale sur le Mahendraparvata (Phnom Kulen) où il fait célébrer en 802 le rituel magique pour libérer le Cambodge de la tutelle de Java, comme décrit sur la stèle de Sdok Kok Thom[2].

Jayavarman II retourne ensuite à Hariharalaya, où il règne au moins jusqu'en 830.

On attribue également à Jayavarman II notamment l'introduction de :

  • traditions chorégraphiques javanaises, en particulier de ballets royaux destinés à montrer la puissance royale. Offrir sa plus belle fille au roi était un signe de vassalité communément admis ;
  • l'apothéose de dignitaires et de héros, morts ou même vivants, et leur assimilation au dieu de leur choix.

Postérité[modifier | modifier le code]

Jayavarman II a sans doute épousé de nombreuses femmes mais la reine principale semble être la princesse Dharanindradevi, mère de son héritier et successeur :


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Dupont, « La dislocation du Tchen-la et la formation du Cambodge angkorien (VIIe ‑ IXe siècle) », dans Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, tome 43, 1943, p. 22 & 35.
  2. Le « Mont central » évoqué dans l'inscription de cette stèle avait été identifié à tort comme étant le temple du Bayon, qui avait donc été classé comme shivaïte et parmi les plus anciens, selon Étienne Aymonier (1906) et Étienne Lunet de Lajonquière (1911). Ce n'est que dans les années 1920-1930, avec les études de Louis Finot et Victor Gouloubew de l'École française d'Extrême-Orient, que le temple de Phnom Bakheng a été identifié avec le Mont central de l'inscription. Le roi constructeur du Phnom Bakheng a ensuite été identifié comme étant Yasovarman Ier (roi de 889 à 910), et [Qui ?] fait explicitement référence à Jayavarman II comme fondateur de la première cité d'Angkor. Le Bayon a pour sa part été reconnu comme affecté au culte bouddhiste et construit ou remanié par Jayavarman VII à la fin du XIIe siècle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Cœdès, Les États hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, Paris, 1964.
  • Pierre Dupont, « La dislocation du Tchen-la et la formation du Cambodge angkorien (VIIe ‑ IXe siècle) », dans Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, tome 43, 1943, p. 17-55.
  • Bruno Dagens, Les Khmers, Société d'édition Les Belles Lettres, 2003 (ISBN 2-251-41020-1).