Jakarta

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jayakarta)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jakarta (homonymie).
Jakarta / Djakarta
(id) Daerah Khusus Ibukota Jakarta
Jakarta Drapeau de Jakarta / Djakarta
Drapeau
Image illustrative de l'article Jakarta
Noms
Nom Indonésien Daerah Khusus Ibukota Jakarta
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Province d'Indonésie Territoire spécial de la capitale Jakarta
Gouverneur par intérim Basuki Tjahaja Purnama
Démographie
Population intra muros 9 756 944 hab. (2011)
Densité 14 694 hab./km2
Population métropole 28 019 545 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 6° 10′ S 106° 48′ E / -6.1666666666667, 106.8 ()6° 10′ Sud 106° 48′ Est / -6.1666666666667, 106.8 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 7 m
Superficie 66 400 ha = 664 km2
Île Java
Liens
Site officiel http://www.jakarta.go.id
Office du tourisme http://jakarta-tourism.go.id

Jakarta [dʒa'karta] ou Djakarta est la capitale de l'Indonésie. Elle constitue une subdivision de 1er niveau de même rang que les provinces sous le nom de territoire spécial de la capitale Jakarta, en indonésien Daerah Khusus Ibukota Jakarta. Elle est familièrement surnommée « Big Durian ».

Située à l'extrémité nord-ouest de l'île de Java, elle est traversée par le fleuve Ciliwung qui se jette dans la baie de Jakarta. Elle fut un centre important des royaumes hindou-bouddhiques de Sunda puis de Pajajaran sous le nom de Kalapa, elle devient Jayakarta en 1527 après sa conquête par le sultanat de Banten. Les Néerlandais la rebaptisent Batavia en 1619 et en font la capitale de facto des Indes orientales néerlandaises. Le 17 août 1945, Soekarno et Mohammad Hatta proclament l'indépendance de l'Indonésie, la ville prend alors le nom de Jakarta pour les indépendantistes et devient la capitale à la fin de la guerre d'indépendance en 1949.

Aujourd'hui Jakarta est une ville globale[1], la ville intra muros couvre une superficie de 664 km2 pour une population de 9 756 944 habitants en 2012[2] tandis que le Grand Jakarta, appelé Jabodetabek, dépassait les 28 millions d'habitants en 2010, ce qui en fait la deuxième métropole la plus peuplée du monde juste derrière Tokyo. Rayonnant sur toute l'Asie du Sud-Est, c'est à Jakarta que se trouve l'Indonesia Stock Exchange ainsi que le secrétariat général de l'association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Le port de Tanjung Priok et l'aéroport international Soekarno-Hatta, troisième aéroport d'Asie[3], complètent la connexion de la métropole aux grands réseaux mondiaux.

Panorama de Jakarta.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville se trouve sur les bords d'une baie située sur la côte nord de l'île de Java et est arrosée par la Ciliwung. Le nord de la ville construite dans un bassin plat (moyenne de 7 mètres d'altitude) ne s’élève qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer.

Climat[modifier | modifier le code]

Jakarta possède un climat équatorial, caractérisé par une chaleur humide constante, accentuée entre novembre et mai.

Relevé météorologique de Jakarta
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 24,2 24,3 25,2 25,1 25,4 24,8 25,1 24,9 25,5 25,5 24,9 24,9 25
Température maximale moyenne (°C) 29,9 30,3 31,5 32,5 32,5 31,4 32,3 32 33 32,7 31,3 32 31,8
Précipitations (mm) 385 310 100 258 133 83 31 34 39 33 175 84 138
Source : Organisation météorologique mondiale (ONU) [4]


Histoire[modifier | modifier le code]

L'inscription de Tugu

Le plus ancien vestige trouvé à Jakarta est l'inscription dite "de Tugu" trouvée dans ce quartier du nord de Jakarta. Cette inscription, écrite en sanscrit et en écriture pallava, mentionne un royaume du nom de Tarumanagara et son roi Purnawarman qui, en cet endroit, a fait construire un canal de 10 km vers la mer. On la date du Ve siècle après J.-C.

L'embouchure de la rivière Ciliwung était autrefois un port actif nommé Kalapa (“noix de coco” en malais et en soundanais). Kalapa était le principal débouché maritime du royaume hindouiste de Pajajaran dont la capitale, Pakuan, se trouvait sur le site de l'actuelle Bogor, 60 km au sud de Jakarta. En 1513, une ambassade portugaise vient à Kalapa. Un traité est signé en 1522 avec Pajajaran, qui autorise les Portugais à construire un entrepôt et un fortin à l'embouchure de la Ciliwung.

Gravure montrant Jayakarta vers 1605-1608

Pajajaran espérait que la présence de marchands étrangers et de soldats portugais le protégerait de la puissance montante du royaume musulman de Demak dans le centre de Java. Demak avait conquis Cirebon à l'est et Banten à l'ouest. En 1527 Fatahillah, un prince de Banten, conquiert Kalapa et la rebaptise "Jayakarta" (“acte victorieux” en sanscrit).

En 1596, une flottille hollandaise commandée par Cornelis de Houtman fait escale à Jayakarta. Le prince Jayawikarta, vassal de Banten, les autorise à construire un fort et deux entrepôts. Il fait de même avec les Anglais, ce qui entraîne des heurts entre les deux communautés. Banten, qui désapprouve l'action de son vassal, le destitue.

L'ancien Stadhuis de Batavia

En 1619 Jan Pieterszoon Coen, gouverneur général de la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou Compagnie néerlandaise des Indes orientales) basée aux Moluques, conquiert à son tour Jayakarta. Sur ses ruines, il fonde Batavia.

Sultan Agung, souverain de Mataram dans le centre de Java, attaque deux fois Batavia sans succès, en 1628 et en 1629. Batavia peut résister parce qu'elle est ravitaillée par mer, alors qu'Agung n'a pas de bateaux, parce qu'il a contraint les principautés qu'il a conquises à détruire leurs flottes. En outre, ses alliés javanais le trahissent.

Le pont-levis dans la vieille ville
Le quartier de Muara Angke dans le nord

Des gravures du XVIIe siècle montrent une Jacatraweg, "route de Jacatra", qui menait à un fortin, Fort Jacatra, construit par les Hollandais en 1656 et démantelé en 1808. Son emplacement était à l'embouchure de la rivière Ciliwung dans le nord de Jakarta. Jacatraweg s'appelle aujourd'hui Jalan Pangeran Jayakarta, "rue du prince Jayakarta" (en fait Jayawikarta, dernier prince de Jayakarta au début du XVIIe siècle).

En 1799, la VOC est déclarée en faillite. Le gouvernement néerlandais confisque ses actifs et Batavia devient la capitale des Indes néerlandaises.

L'Indonésie indépendante redonne à la ville son nom d'origine de "Jakarta".

Administration[modifier | modifier le code]

Le DPR (assemblée nationale) en session.

Le territoire de Jakarta, en indonésien Daerah Khusus Ibukota, littéralement « territoire spécial de la capitale », a le statut de province et est administrée par un gouverneur élu par le parlement du territoire ("DPRD").

Il est divisé en cinq kota :

et un kabupaten :

Ces kota et ce kabupaten ont un caractère administratif, c'est-à-dire qu'à la différence des autres kabupaten et kota d'Indonésie, ils ne possèdent pas d'assemblée territoriale.

Politique[modifier | modifier le code]

Le palais présidentiel

Capitale de la République d'Indonésie, Jakarta est le siège du MPR (parlement) et du gouvernement. Du fait de la grande difficulté à restructurer son urbanisme, le gouvernement indonésien envisage de déplacer la capitale à Palangkaraya[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de Jakarta, ville cosmopolite depuis des siècles, vient de toutes les régions d'Indonésie.
Il existe toutefois une population qui se considère comme "autochtone" de Jakarta : les Betawi, dont le nom vient de Batavia ancien toponyme de Jakarta durant la colonisation néerlandaise, tant à l'époque du comptoir de la compagnie néerlandaise des Indes orientales (1618-1799) que des Indes néerlandaises (1799-1949).

En 2000, la ville possédait 8,4 millions d'habitants. En 2010, 9,2 millions et, en 2020, elle devrait en posséder 10,2 millions. (Population de la ville, constatée et projetée par les Nations unies).

Transports[modifier | modifier le code]

Urbain[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, le gouvernement de Jakarta a entrepris un vaste programme d'amélioration de ses transports urbains.

Le moyen de transport le plus courant est le bus, malgré le manque de fiabilité. Ceux-ci sont pour la plupart anciens, certains ont plus d'une vingtaine d'années, et leur état est déplorable. En effet, de nombreux accidents arrivent tous les jours, et il n'est pas rare de voir des gens agrippés aux véhicules.

Depuis 2004, il existe un réseau de bus à haut niveau de service, le TransJakarta.

Les taxis sont nombreux. Les prix sont bas et les taxis, tous changés depuis 1998, dans un très bon état. C'est actuellement le moyen de transport le plus fiable à Jakarta.

En 2009, devaient débuter les travaux de construction du premier tronçon de la première ligne du métro de Jakarta. D'une longueur de 14 km, dont 10 km en aérien et 4 km en souterrain, il reliera le quartier de Lebak Bulus dans le sud de la ville, à celui de Dukuh Atas dans le centre. Mais à la suite d'un manque de financement, le projet prit du retard et les travaux ne débutèrent qu'en septembre 2011.

Jakarta possède également un réseau express régional, le KRL Jabotabek.

Enfin, Jakarta a inauguré en 2007 un système de transport fluvial urbain.

Un projet de monorail, dont la construction avait commencé en 2004, a été abandonné en mars 2008 en raison de problèmes financiers chez les investisseurs.

Ferroviaire[modifier | modifier le code]

Les principales gares de grandes lignes sont Gambir et Kota.

Routier[modifier | modifier le code]

La circulation dans la ville même est célèbre pour ses embouteillages quasi permanents sur les plus grosses artères de l'agglomération. Les plus petites rues sont elles aussi prises d'assaut par la population de 7h à 10h et de 17h à 20h.

La ville doit faire face à un fléau de taille : le manque de transports en commun. 60 % des habitants ont donc investi dans une voiture. Malgré une taxe embouteillages mise en place au début 2011, proportionnelle au nombre de véhicules possédés, les rues restent très encombrées six heures par jour.

Jakarta possède deux ceintures périphériques autoroutières à péage :

  • Une intérieure, la Lingkar Dalam Kota (« circulaire intérieure »),
  • Une extérieure, la Jalan Lingkar Luar Jakarta (« route circulaire extérieure de Jakarta ») ou en anglais Jakarta Outer Ring Road.

La ville est le cœur d'un réseau d'autoroutes dans les trois directions : vers l'ouest et le port de Merak, vers le sud et Bogor, vers l'est et Bandung.

Aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Jakarta Soekarno-Hatta était en 2012 le 9e aéroport mondial en nombre de passagers, et le 3e aéroport asiatique derrière Pékin et Tokyo Haneda.

Vol 714 pour Sydney, une aventure de Tintin, parue en 1968, commence sur l'aéroport de Jakarta à l'époque, Kemayoran.

Culture et tourisme[modifier | modifier le code]

Spectacles et concerts[modifier | modifier le code]

  • Le Gedung Kesenian, le plus ancien théâtre de Jakarta
  • Le centre culturel Taman Ismail Marzuki
  • L'Aula Simfonia Jakarta, une salle de concert de 1 200 places dans le quartier de Kemayoran, inauguré en 2009

Musées[modifier | modifier le code]

« Villages culturels »[6][modifier | modifier le code]

Au cœur de la métropole embouteillée et polluée qui offre peu d'espaces publics qu'est Jakarta, il existe des lieux où les habitants s'efforcent de préserver leur identité betawi ou "bataviens" (Jakartanais de souche). Ils donnent une idée de ce que sont la culture, l'art et l'architecture locaux.

  • Setu Babakan (municipalité de Jakarta Sud) : dans le cadre d'un programme du gouvernement de Jakarta lancé en 2000, des habitants de ce quartier ont reçu des aides pour rénover leur maison ou la décorer avec des éléments traditionnels comme les sculptures de toit gigi balang ("dents de sauterelles") ou le langkan, c'est-à-dire la véranda de devant. Des spectacles culturels traditionnels ont lieu le week-end.
  • Tugu (Jakarta Nord) : au XVIIe siècle, une population originaire de Malacca s'est installée dans la campagne à l'est de ce qui s'appelait alors Batavia. Malacca avait été conquise par les Portugais en 1511 et cette population parlait portugais. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales les avait fait venir comme esclaves à Batavia puis les avait affranchis. Leurs descendants habitent le village de Tugu. Tugu s'efforce de préserver sa tradition de keroncong, un genre musical aux accents mélancoliques. Depuis 2009, chaque 22 juin, date décrétée anniversaire de Jakarta, qui outre le keroncong, propose des spécialités culinaires betawi.
  • Kampung Batik (Jakarta Sud) : créé en 2011, Kampung Batik ("le village du batik") abrite des artisans de batik. Le Sanggar Batik Cantingku est un atelier où l'on emmène les enfants le week-end.

En dehors de Jakarta mais dans son voisinage immédiat, on trouve également des villages traditionnels :

  • Pasir Eurih (Bogor, province de Java occidental) : on y trouve de nombreuses maisons traditionnelles sundanaises. On y célèbre chaque année, à l'époque des moissons, le Seren Taun (nouvel an sundanais). On y donne également des spectacles de pencak silat (art martial indonésien).

Education[modifier | modifier le code]

L'université d'Indonésie

Jakarta possède de nombreuses universités. Les principales sont :

La mosquée Istiqlal

C'est à Trisakti qu'a eu lieu la fusillade qui, tuant 4 étudiants, devait provoquer les émeutes qui ont amené à la démission du président Soeharto en mai 1998.

Cultes[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Jakarta

Jakarta possède la plus grande mosquée d'Asie du Sud-Est, la mosquée Istiqlal.

La ville est le siège de l'Archidiocèse de Jakarta dont la cathédrale est la cathédrale Sainte-Marie de Jakarta. Depuis le 28 juin 2010, l’archevêque est Mgr. Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo

Jumelages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abeyasekere, Susan, Jakarta - A history, Oxford University Press, 1989
  • Cribb, Robert, Gangsters and revolutionaries - The Jakarta People's militia and the Indonesian Revolution, ASAA Southeast Asia Publications Series, 1991
  • Heuken, A., Historical Sites of Jakarta, Cipta Loka Caraka, 1982
  • Ricklefs, M. C., A History of Modern Indonesia since c. 1300, Stanford University Press, 1993
  • Sukanda-Tessier, Viviane, Parlons soundanais - Langue et culture sunda, L'Harmattan, 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « The World According to GaWC 2008 », Globalization and World Cities Study Group and Network (GaWC), Loughborough University (consulté le 7 décembre 2009)
  2. « Jumlah Penduduk Provinsi DKI Jakarta », Dinas Kependudukan dan Catatan Sipil (consulté le 19 avril 2012)
  3. The Port Authority of New York and New Jersey - 2012 Airoport Traffic Statistics
  4. (en) « World Weather Information Service - Jakarta »
  5. Julien Arnoult, « Quand les capitales déménagent », Carto n°4,‎ mars-avril 2011 (consulté le 16 octobre 2011)
  6. "Cultural villages give color to the city", The Jakarta Post, 22 mars 2013