Jasnières

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Jasnières
Jasnières AOC.jpg
Vieilles bouteilles de Jasnières
Désignation(s) Jasnières
Appellation(s) principale(s) jasnières
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vallée de la Loire
Sous-région(s) Touraine
Localisation Sarthe
Climat tempéré océanique dégradé
Sol argilo-calcaire et argilo-siliceux, sur craie tuffeau
Superficie plantée 65 hectares
Cépages dominants chenin blanc B[N 1]
Vins produits blancs
Production 2 300 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum de 5 500 pieds par hectare
Rendement moyen à l'hectare 52 à 63 hl/ha

Le jasnières[N 2] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur les communes de Lhomme et de Ruillé-sur-Loir dans la Sarthe. La superficie de cette appellation représente 65 hectares avec le chenin B comme cépage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce vignoble a été développé par des moines cisterciens au Moyen Âge. Le vin de ce vignoble fut célébré par Henri IV[1]. La crise du phyloxera touche durement le vignoble à la fin du XIXe siècle. Classé en AOC en 1937[1]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70 qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique etc.).

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Les régions viticoles de Touraine, d'Anjou et de Basse Loire.

L'aire d'appellation de l'AOC Jasnières est localisée dans le département de la Sarthe dans la Vallée du Loir sur les communes de Lhomme et de Ruillé-sur-Loir.

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

Les coteaux argilo-calcaires sont exposés au sud ou sud-est. Les sols sont argilo-calcaires et argilo-siliceux, sur craie tuffeau[2].

Climatologie[modifier | modifier le code]

C'est un climat tempéré d'influence océanique dégradé.

Tableau climatque de Tours et Le Mans car cette appellation est située entre ces deux villes :

  • Pour la ville de Tours (alt. 108 m), les valeurs climatiques de 1965 à 1990 sont :
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures minimales moyennes °C 1,6 2 3,3 5 8,4 11,4 13,1 12,9 10,8 7,9 3,8 2,3 6,9
Températures moyennes °C 4,2 5,1 7,3 9,6 13,2 16,5 18,9 18,6 16,1 12,3 7,1 4,8 11,2
Températures maximales moyennes °C 6,9 8,2 11,3 14,3 18,1 21,7 24,6 24,3 21,4 16,7 10,5 7,4 15,4
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 63,3 61,6 54,3 51,4 67,5 47,5 53 40,9 54,3 61 63 65,9 683,7
Source : Archives climatologiques mensuelles - Tours Saint-Symphorien (????-1990)
  • Pour la ville du Mans51 mètres d'altitude), les valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :
Relevé météorologique du Mans
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,2 1,5 2,8 4,9 8,2 11,3 13,1 12,6 10,5 7,6 3,8 1,9 6,6
Température moyenne (°C) 4,1 5 7,2 9,8 13,3 16,7 18,8 18,3 16 12,1 7,3 4,8 11,1
Température maximale moyenne (°C) 7,1 8,5 11,6 14,7 18,4 22 24,5 24 21,4 16,6 10,8 7,7 15,6
Record de froid (°C)
date du record
−18,2
1987
−17
1956
−11,3
1971
−4,9
1956
−3,7
1957
1,6
1975
3,9
1954
3,2
1956
−0,5
1952
−5,4
1997
−12
1956
−21
1964
−21
1964
Record de chaleur (°C)
date du record
17,2
1975
21
1960
24,9
1955
30,3
1949
32,4
1953
36,9
1976
40,4
1952
40,5
2003
34,6
1961
29,7
1985
21,9
1955
18,3
1953
40,5
1952
Nombre de jours avec gel 12,1 10,8 9 3 0,5 0 0 0 0 1 6,9 11,1 54,3
Ensoleillement (h) 62,7 86,9 141,5 179,2 204 227,3 248,9 222,4 182 133,2 79,7 57,1 1 824,9
Précipitations (mm) 64,8 59,4 58,7 50,7 60,8 45,6 49,6 45,1 54,1 57,7 67,7 63,8 678
Source : Infoclimat.fr[3]


Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

La surface de production de ce vin blanc est de 65 hectares pour un volume de production de 2 300 hectolitres[1].

Encépagement[modifier | modifier le code]

L'unique cépage utilisé est le chenin blanc B.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Travail manuel[modifier | modifier le code]

Ce travail commence par la taille. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[4]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique[modifier | modifier le code]

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes[4]. De désherbage. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.)[4]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements[modifier | modifier le code]

Les rendements sont de 52 hectolitres par hectare pour le rendement de base et 63 hectolitres par hectare pour le rendement butoir[5].

Vins[modifier | modifier le code]

Titres alcoométriques volumique minimal et maximal[modifier | modifier le code]

Le titre alcoométrique volumique de ce vin est de 10 % volume au minimal et de 12,5 % volume au maximal[5].

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Voici les méthodes générales de vinification pour cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs, négociants et caves coopératives.

Vinification en blanc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vin blanc.
Cave souterraine de l'AOC Jasnières

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[4]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[4]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[4]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique puis l'élevage est réalisée en fûts ou en cuves. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[4]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Les sols argilo-calcaires, argilo-siliceux, sur craie tuffeau donnent une couleur cristalline et jaune or et des arômes floraux, fruités, avec des notes de fruits secs et de miel[1]. Le vin blanc est sec et minéral[6].

Gastronomie, garde et température de service[modifier | modifier le code]

Ce vin accompagne du foie gras, des fruits de mer, des poissons, des viandes blanches, des volailles. Sa durée de garde est de 15 ans minimum et il se sert vers 12 degrés[7].

Économie[modifier | modifier le code]

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (C.H.R.), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S.).

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[8]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs[modifier | modifier le code]

Cette AOC comprend 31 producteurs avec 27 viticulteurs et ces derniers vinifient leurs vins[9]. Sur ces vinificateurs, il y a 23 domaines, 1 cave coopérative et 3 maisons de négociants[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mastrojanni, Les Vins de France, éditions Solar, Paris, 1998 (ISBN 2-263-02796-3).
  • Vins de Loire, Timée Éditions, Boulogne, 2008, 92 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  2. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Site des vins de loire, page sur Jasnières, consulté le 10 mars 2011
  2. Guide Vert Solar : Vins de France, page sur Jasnières, n°145
  3. « Statistiques météorologiques sur la période 1961-1990 », sur Infoclimat.fr (consulté le 10 avril 2010)
  4. a, b, c, d, e, f et g Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-oenologie.
  5. a et b Site de Légifrance, Décret du 16 octobre 2009
  6. Vins et vignobles de France : Vins de Loire, Les vignobles de la vallée de la Loire, page sur Coteaux-du-loir, Vendômois, Jasnières et Orléanais, p.  44
  7. Site de Passion Vin, page sur Jasnières, consulté le 10 mars 2011
  8. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  9. a et b Site de l'INAO, fiche sur Jasnières, consulté le 10 mars 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]