Jardin des serres d'Auteuil

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Jardin des serres d'Auteuil
Image illustrative de l'article Jardin des serres d'Auteuil
Géographie
Pays France
Commune Paris
Quartier 16e arrondissement
Superficie 7,017 ha
Caractéristiques
Création 1897
Type Jardin botanique sous serres
Gestion
Protection  Inscrit MH (1998)
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 49″ N 2° 15′ 08″ E / 48.846944, 2.25222248° 50′ 49″ Nord 2° 15′ 08″ Est / 48.846944, 2.252222  

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Jardin des serres d'Auteuil

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Jardin des serres d'Auteuil

Le Jardin des serres d'Auteuil est un jardin botanique ouvert au public, situé dans le bois de Boulogne. Réaménagé à la fin du XIXe siècle sous la conduite de Formigé, il est alors agrémenté de grandes serres en fonte peintes en bleu turquoise, édifiées par l'architecte français en 1898, d'une fontaine de Dalou et de mascarons de Rodin. L'ensemble est inscrit au titre des monuments historiques en 1998.

Ce jardin est un des quatre pôles du Jardin botanique de la Ville de Paris avec le Parc de Bagatelle dans le Bois de Boulogne, le Parc floral de Paris et l'Arboretum de l'école du Breuil dans le Bois de Vincennes. Jusqu'en 2008, il accueillait par ailleurs la direction des parcs, jardins et espaces verts de la mairie de Paris. Tous les étés, il accueille un festival de musique classique : les solistes aux serres d'Auteuil. Ce site est desservi par la station de métro Porte d'Auteuil.

Architecture[modifier | modifier le code]

Jardin classique avec une vaste serre bleu clair à dôme de verre
La grande serre de Formigé au fond du jardin à la française

Le jardin est organisé autour d'un vaste parterre à la française. Les cinq serres principales (la grande serre, les serres Est et Ouest, la serre aux palmiers et celle aux azalées) donnent sur cet espace central. C'est l'architecte français Jean Camille Formigé (1845-1926) qui les a réalisées dans le style 1900 qu'on avait pu voir s'exprimer aux serres de Laeken ou au jardin d'hiver des Champs-Élysées. Les armatures de fonte, peintes dans un bleu-vert typique de l'époque, dessinent d'harmonieux vaisseaux en ogive. La grande serre est un véritable morceau de bravoure technique, puisque sa nef est divisée en trois espaces climatiques différents : un jardin tropical, chaud et humide, une palmeraie, plus sèche et enfin une orangerie, un peu moins chaude. En retrait, coupée du parterre par la grande serre, se trouve un seconde orangerie, plus traditionnelle, en meulière et en briques qui abrite les plantes en caisses qui décorent le jardin en été.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1761, Louis XV fit construire un jardin décoré comportant des serres et de parterres de fleurs.

L'architecte en chef du service des Promenades et Plantations de la Ville de Paris, Formigé, est chargé par la ville de Paris de créer un lieu de production horticole. La construction dura de 1895 à 1898. On peut y voir une fontaine ornée du haut-relief en pierre de la Bacchanale de Jules Dalou. Le mur de soutènement des terrasses est orné de 14 mascarons en fonte galvanisée d'Auguste Rodin, fondus d'après les modèles commandés en 1878 par Davioud pour la fontaine en cascade du Palais du Trocadéro.

En 1998, le jardin et une partie des bâtiments qu'il contient sont inscrits au titre des monuments historiques[1].

Un espace disputé[modifier | modifier le code]

En 1968, la construction de l'échangeur d'Auteuil et du boulevard périphérique supprima un tiers de la surface et entraîna le déménagement du Centre Horticole de la Ville de Paris à Rungis et Fresnes.

Projet d'extension de Roland-Garros[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des travaux d'extension du complexe de Roland-Garros en direction de la porte d'Auteuil, la municipalité a proposé en 2010 de profonds remaniements du jardin, dont la totalité du sol est pourtant inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Avec moins d'une dizaine d'hectares, moitié moins que les sites des autres tournois du grand chelem, le complexe historique connaît en effet de nombreux problèmes d'étranglement qui obligent la FFT à chercher de l'espace sur les marges ou à quitter Paris. Pendant le tournoi, l'Orangerie et d'autres bâtiments inscrits sur l'inventaire seraient annexés pour être convertis en espace de réception, tandis que les « serres chaudes » et une serre de travail seraient détruites, mettant ainsi fin à une tradition scientifique et pédagogique séculaire sur ce site. Un stade de 5 000 places serait construit à leur place[2].

De vives oppositions[modifier | modifier le code]

Ces projets ont provoqué la colère des riverains, des associations de défense du patrimoine et des élus Verts de Paris[3], qui rappellent que l'arrêté d'inscription mentionne l'ensemble du sol du jardin, ce qui interdit toute nouvelle construction, en particulier celle du fameux stade[4]. Une pétition pour la sauvegarde du jardin en l'état, lancée dès la publication du projet, a reçu plus de 40 000 signatures et le soutien de célébrités comme Françoise Hardy[5].

Le projet a manifestement provoqué de graves divisions dans les rangs de la majorité du Conseil de Paris : le chef de file du groupe écologiste, Yves Contassot, s'est ainsi clairement désolidarisé du maire sur cette question[6]. Cette division touche aussi l'opposition municipale, puisque deux élus UMP (David Alphand et Laurence Dreyfuss) s'opposent au projet contre l'avis de leur parti[7]. Malgré cela, la commission départementale des sites a autorisé la Fédération française de tennis et la Ville de Paris à poursuivre l'étude de leur projet d'extension sur les serres d'Auteuil le 24 novembre 2010. Cet avis a été rendu grâce au soutien inattendu des délégués de l'État à la commission des sites[8]. Cet avis, strictement préliminaire, se contente d'autoriser la FFT à déposer un projet, qui doit encore être approuvé et recevoir un permis de construire.

Afin de pouvoir délivrer ce permis de construire, la Mairie de Paris a entamé une procédure de révision du plan local d'urbanisme. Fin juin 2012, en rendant son rapport, le commissaire-enquêteur a émis des réserves graves sur le plan conjoint de la municipalité et de la fédération et imposé cinq modifications significatives :

  • une réduction importante du périmètre du projet, réduit à 12 hectares contre 14,6 réclamés ;
  • l'interdiction de privatiser le jardin pendant le tournoi ;
  • l'interdiction de fermer l'avenue Gordonn Benett pendant plus de six semaines par an ;
  • le refus de permettre un dépassement des hauteurs règlementaires pour le stade Suzanne Lenglen et pour le centre national d'entraînement ;
  • la constitution d'un comité de suivi composé des associations de résidents.

À cette occasion, les élus Verts de la capitale et les associations ont souligné la supposée mauvaise foi de la municipalité qui n'aurait jamais accepté de les entendre ou de considérer leur contre-projet[9].

Les arguments de la municipalité[modifier | modifier le code]

Face à cette forte contestation, la municipalité fait valoir une série de contre-arguments. Les travaux ne concernent pas les serres de Formigé mais des serres chaudes construites dans les années 1980 et les bâtiments en meulière qui se trouvent dans le jardin. Ces serres, décrites comme dénuées d'intérêt monumental, doivent être remplacées par un bandeau de serres qui ceinturerait le futur stade. L'indiscutable qualité de l'architecte, Marc Mimram, notamment auteur de la passerelle Solférino, et les nouvelles techniques de construction de serres mises en œuvre lors de la restauration du Jardin des plantes sont mises en avant. Cette nouvelle disposition des plantes est présentée comme un réel progrès.

Le projet ne prévoit toutefois que 1 700 m2 de nouvelles serres contre les 2 700 qui doivent être détruites[10]. L'Hôtel de ville fait également remarquer que les bâtiments en meulière sont inutilisés en été : l'orangerie ne sert par définition qu'en hiver tandis que les autres bâtiments sont inoccupés depuis le déménagement de la direction des parcs et jardins ordonné par cette même municipalité en 2008. Une intense campagne de lobbying de la municipalité a complété avec un succès provisoire ce contre-argumentaire[11].

Inquiétude pour le devenir des collections botaniques[modifier | modifier le code]
Le vénérable spécimen d'Ailante (Ailanthus giraldii) du jardin des serres d'Auteuil, l'un des arbres remarquables menacés par le projet d'extension

Fin mai 2012, des associations de défense du patrimoine — la SPPEF et l'Association vieilles maisons françaises (VMF) — soutenues notamment par l'ICOMOS paysages, la plus haute instance internationale de protection du patrimoine et du paysage, rattachée à l’UNESCO[12], ont proposé une alternative au projet d'extension consistant à épargner les serres et l'actuel court numéro un en gagnant du terrain par la couverture d'une portion de l'autoroute de Normandie[13]. Ce projet n'a pas retenu l'attention des autorités et l'inquiétude demeurait quant aux perturbations à venir sur ce site classé, dont les plantations vénérables du parc et les collections botaniques rares, parfois centenaires et patiemment adaptées dans ces serres chaudes, constituent un patrimoine fragile en cas de déménagement forcé[14].

Le Conseil International des Monuments et des Sites considère notamment que le projet de la FFT prévoit des serres qui n'ont pas les caractéristiques techniques nécessaires pour recevoir des plantes fragiles : 10000 plantes tropicales et subtropicales, dont 38 ont le label Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), « qu'il se réduit à un cache-misère décoratif » et entraînerait de plus la disparition d'une vingtaine d'arbres, dont plusieurs arbres remarquables comme le Pistachier térébinthe, un Micocoulier de l'espèce Celtis koraiensis et un Ailante de l'espèce Ailanthus giraldii[15].

Bataille juridique[modifier | modifier le code]

Le 28 février 2013, le tribunal administratif de Paris annule[16] la délibération du Conseil de Paris qui prévoyait l'extension du stade d'ici 2016. La décision se fonde sur le fait que, d'une part, le « sol » du site horticole de la Ville est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et que, d'autre part, la délibération est jugée « illégale », le montant de la redevance de la FFT à la Ville étant « manifestement insuffisant au regard des avantages de toute nature consentis » par la mairie.

La Ville de Paris et la FFT ont immédiatement fait appel[17]. Leur requête a été rejetée par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris en date du 17 octobre 2013[18]. Le 23 avril 2013, les élus parisiens ont voté une nouvelle convention à signer avec la FFT, intégrant cette fois l'information sur l'inscription du site à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, une hausse de la redevance et le raccourcissement de 99 à 50 ans de la durée de cet accord[19]. Le 20 février 2014, le Tribunal administratif de Paris a rejeté trois recours déposés par des associations de protection du patrimoine et de l’environnement, qui se disent déterminées à poursuivre leur combat[20].

Les collections[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une serre

Le jardin des serres d'Auteuil abrite des collections de plantes rares et d'arbres remarquables. Il compte plus de six mille espèces végétales regroupées en collections thématiques (succulentes; plantes du Sahel avec 55 taxons ou plantes originaires de Nouvelle-Calédonie avec 130 taxons dont une majorité de spécimens du genre Araucaria, etc.) ou systématiques (palmarium, collections de ficus dont 120 taxons, pépéromies dont 130 taxons, philodendrons dont 60 taxons, bégonias dont 580 taxons, fougères, Caladium dont 130 taxons, etc.) Les serres regroupent plus de cinq mille genres, espèces ou variétés de plantes différentes. On remarque ainsi une collection de palmiers des Canaries au pied de laquelle se trouve un bassin de carpes japonaises.

Parmi les arbres remarquables, on distingue un Gingko biloba, fossile vivant originaire de Chine, l'arbre du caramel qui exhale une forte odeur de caramel à l'automne, le lilas des Indes aux couleurs mauves, le Pterocarya stenoptera qui est l'arbre le plus grand du jardin, le Magnolia grandiflora aux grandes fleurs blanches odoriférantes.

Les orchidées sont représentées par 515 taxons, les Bromeliaceae par 400 taxons.

Les différents secteurs[modifier | modifier le code]

La grande serre ou palmarium[modifier | modifier le code]

Le jardin à la française[modifier | modifier le code]

Le jardin à la japonaise[modifier | modifier le code]

Les serres chaudes[modifier | modifier le code]

Le jardin contemporain[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jardin fleuriste municipal », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Le bois de Boulogne sous coupe réglée », Delanopolis, 9 octobre 2010.
  3. Chronique de La Tribune de l'art à ce sujet.
  4. Explication à propos de l'arrêté d'inscription au titre des monuments historiques.
  5. Pétition « Sauvons les serres d'Auteuil ».
  6. Blog d'Yves Contassot.
  7. « Un contre-projet pour Roland-Garros », Le Parisien,‎ 26 mars 2011 (consulté le 23 avril 2012).
  8. Chronique sur Delanopolis.
  9. Voir sur paris16info.blogspirit.com.
  10. La Tribune de l'art.
  11. « Roland-Garros à Paris, le forcing gagnant de Bertrand Delanoë » - Rue89.
  12. Lire les résolutions du comité scientifique.
  13. « Roland-Garros : un contre projet qui sauve les serres d'Auteuil ».
  14. « Roland Garros - serres d'Auteuil : jeu, set et match ? » sur rustica.fr.
  15. Résolution du Comité Scientifique International ICOMOS-IFLA sur les Paysages Culturels sur le Jardin des Serres d’Auteuil (Paris) 2 décembre 2011. Sur le site de la Fédération Patrimoine et environnement, consulté en mai 2013
  16. « Roland-Garros : un revers pour Bertrand Delanoe » sur lemonde.fr.
  17. Lise Bloch-Morhange, auteure de la pétition et porte-parole du Comité de soutien des serres d’Auteuil, Une bonne nouvelle pour les défenseurs des serres d'Auteuil publié le 2013-03-26 à 21:16 dans les annonces de la pétition Sauvons les serres d'Auteuil, consultée en mai 2013
  18. http://paris.cour-administrative-appel.fr/communiques/federation-francaise-de-tennis-extension-du-stade-rolland-garros.html
  19. Le conseil de Paris relance le futur Roland Garros, posté le 23 avril, sur le site Metronews, consulté en mai 2013
  20. Modernisation de Roland-Garros : victoire juridique cruciale pour la Fédération française de tennis dans Les Echos. Mis en ligne le 20 février 2014, consulté le 3 obtobre 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Deschamps et Annick Maroussy, Les serres d'Auteuil et leur jardin : histoires d'un centenaire, Paris, Editions du Castelet,‎ 1er décembre 1999, broché, 363 p. (ISBN 2-908-55583-2 et 978-2-908-55583-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]