Jardin botanique royal de Madrid

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Jardin botanique royal de Madrid
Image illustrative de l'article Jardin botanique royal de Madrid
Plan du jardin botanique royal de Madrid.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Subdivision administrative Communauté de Madrid
Commune Madrid
Caractéristiques
Création
Type Jardin botanique
Gestion
Propriétaire Consejo Superior de Investigaciones Científicas
Ouverture au public Oui
Lien Internet http://www.rjb.csic.es/
Localisation
Coordonnées 40° 24′ 39″ N 3° 41′ 26″ O / 40.410833, -3.690556 ()40° 24′ 39″ Nord 3° 41′ 26″ Ouest / 40.410833, -3.690556 ()  

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Jardin botanique royal de Madrid

Le Jardin botanique royal de Madrid (Real Jardín Botánico de Madrid en espagnol) est un centre de recherche du Conseil supérieur de recherches scientifiques. Fondé par ordonnance royale le 17 octobre 1755 à Madrid par le roi Ferdinand VI, à Migas Calientes, il fut ensuite sur ordre du roi Charles III à son emplacement actuel, sur la promenade du Prado, près du Muséum d'histoire naturelle (aujourd'hui Musée du Prado). Ce jardin héberge, sur trois terrasses étagées, des plantes d'Europe, mais également d'Amérique et du Pacifique.

Localisation[modifier | modifier le code]

Porte royale du Jardin botanique royal de Madrid, œuvre de Francesco Sabatini (1781).

Le jardin se trouve dans le centre ancien de Madrid, près du musée du Prado et des jardins du Retiro.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines (XVIe-XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Philippe II avait déjà créé un jardin botanique, à la demande du médecin Andrés Laguna, près du palais royal d'Aranjuez. Plus tard, Ferdinand VI installa en 1755 dans la capitale un jardin botanique à Migas Calientes (aujourd'hui Puerta de Hierro, près de la rivière Manzanares), créant ainsi le Jardin botanique royal. Il comptait plus de 2000 plantes, que José Quer, botaniste et chirurgien, avaient réunies lors de ses nombreux voyages à travers la péninsule ibérique et l'Europe (en particulier l'Italie) ou obtenues par des échanges avec d'autres botanistes européens. L'agrandissement des fonds du jardin se poursuivit jusqu'à ce que Charles III donne des instructions en 1774 pour le faire transférer à son emplacement actuel, sur la promenade du Prado, à Madrid, suivant le plan d'organisation du quartier du Prado et d'Atocha.

Le comte de Floridablanca, premier ministre de Charles III s'occupa spécialement du déplacement du Jardin. Non seulement parce qu'il permettait d'embellir le quartier du Prado, mais aussi et surtout parce qu'il servait de symbole de la politique de mécénat des sciences et des arts par la Couronne. D'ailleurs dans cette zone on trouvait, en plus du Jardin botanique royal, le Cabinet d'Histoire naturelle (devenu par la suite musée du Prado) et l'Observatoire astronomique.

Fondation et premiers développements (XVIIIe-XIXe siècles)[modifier | modifier le code]

Le premier projet fut commandé au célèbre botaniste, médecin et pharmacien Casimiro Gómez Ortega (qui agit en tant que conseiller scientifique) et à l'architecte Francesco Sabatini. Entre 1774 et 1781 fut réalisé le plan général, avec un étagement sur trois niveaux, et une partie de l'enceinte, dont la Porte Royale sur la promenade du Prado. Il y avait vingt-quatre massifs, suivant ainsi la répartition des végétaux en vingt-quatre classes établie en 1735 par Carl von Linné[1]. À partir de là, c'est Juan de Villanueva qui, entre 1785 et 1789, mena le projet définitif, plus rationnel et en accord avec la vocation scientifique du Jardin. Il occupa finalement dix hectares, et fut organisé en trois terrasses s'adaptant à l'orographie du terrain, et divisé en carrés, chacun doté d'une fontaine circulaire. Les deux terrasses inférieures (terrasse des Carrés et terrasse des Écoles botaniques) existent encore aujourd'hui telles qu'elles furent conçues, tandis que la plus haute (terrasse du Plan de la Fleur) fut remodelée au XIXe siècle. L'enceinte fut dotée d'une élégante grille en fer, fabriquée à Tolosa, posée sur un socle de granit. Il y avait deux portes d'entrée : celle de la Porte Royale, par Sabatini, de style classique, avec des colonnes doriques et un fronton ; une deuxième, dessinée par Villanueva, face au musée du Prado, par où se fait actuellement l'accès (aujourd'hui, place de Murillo).

Il y avait également des installations prévues pour les outils d'entretien et de travail. À l'est s'élevait une petite orangerie appelée Pavillon Villanueva, œuvre étonnante. Il fut critiqué, surtout sur la base de critères esthétiques plus que scientifiques. Il accueillit, à partir des premières années du XIXe siècle, la bibliothèque, des herbiers et les salles nécessaires aux cours de botanique et d'agriculture.

Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, il participa à l'organisation de cinq expéditions scientifiques :

Les espèces rapportées de ces expéditions coloniales étaient placées dans des serres de bois et de verre équipées de chaudières. Un conservatoire réservé aux ananas est construit en 1786[2]. Elles sont détruites au milieu du XIXe siècle.

Le Jardin reçut durant cette période de nombreux dessins, feuilles, fruits, bois, plantes vivantes ou herborisées, qui contribuèrent à améliorer et augmenter les collections et la bibliothèque.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, le Jardin botanique de Madrid est déjà l'un des plus importants d'Europe, grâce à ses collections, dont un grand nombre présentant des espèces exotiques, et au travail de son directeur de l'époque, le botaniste Antonio José Cavanilles, qui décrivit de nombreuses espèces tropicales et fut le premier à acclimater à Madrid le dahlia, originaire du Mexique, en 1788. Il réorganise le Jardin et l'herbier et donne au centre une ampleur internationale. Le Jardin est fréquenté non seulement pour son intérêt scientifique mais également, aux beaux jours, par la haute société, et parce qu'il distribue gratuitement des plantes médicinales à la population. Cependant, le Jardin tombe à l'abandon après les guerres napoléoniennes jusqu'à la moitié du siècle, malgré les efforts du directeur Mariano Lagasca.

En 1805, Francisco Antonio Zea reprend la direction du Jardin.

En 1857, le nouveau directeur Mariano de la Paz Graells, qui est zoologiste et directeur du musée des sciences naturelles, engage d'importants travaux, comme la transformation de la terrasse supérieure. Il installe également un zoo, qui est transféré douze ans plus tard au jardin du Buen Retiro (sous le nom de zoo de Casa de Fieras). Il fait construire en 1857 la grande serre à structure métallique abritant la collection de palmiers.

Cependant, dans les années 1880, le Jardin voit sa superficie réduite. En 1882, deux hectares du terrain sont utilisés pour y bâtir le ministère de l'Agriculture. En 1893 est ouverte la rue des bouquinistes, connue populairement sous le nom de la cuesta de Claudio Moyano. Le Jardin n'occupe plus alors que huit hectares, superficie qu'il a conservée aujourd'hui.

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Rosier 'Pink Grootendorst' au jardin botanique royal de Madrid, hybride de rosa rugosa

En 1939, le Jardin botanique royal passe sous la direction du Conseil supérieur de recherches scientifiques. En 1942, il est déclaré Jardin Artistique. Mais les décennies suivantes sont marquées par le manque de moyens et est finalement fermé en 1974 pour restauration. Les travaux se déroulent entre 1980 et 1981, sous la direction de l'architecte Antonio Fernández Alba pour la restauration du Pavillon, de l'architecte Guillermo Sánchez Gil et du paysagiste Leandro Silva pour les jardins. Trois serres modernes sont construites en 1993[3] près de l'orangerie et de la serre des palmiers datant de 1857.

Il contient aujourd'hui environ cinq mille espèces différentes d'arbres et de plantes du monde entier. En février 2005, l'espace des expositions a été agrandi d'un hectare.

Perdu depuis 200 ans dans le Jardin Botanique Royal de Madrid[modifier | modifier le code]

Flora Huayaquilensis un livre qui détaille l'une des premières expéditions vers l'Amérique du Sud que les plantes des documents a été effectuée par Juan Tafalla qui était sous la direction de l'Audiencia royale de Quito. Les travaux n'ont jamais été publiés au cours de la vie de Juan Tafalla, mais plutôt, tous ses matériaux et des peintures étaient dans les archives de la Royal Botanical Gardens de Madrid, en attente d'être découvert. [1]

Dr Eduardo Estrella était dans les archives de la Jardin botanique royal de Madrid, Espagne en 1985 où, dans le documentaire de la "Division IV" correspondant à l'expédition de Ruiz et Pavon au Pérou et au Chili, Eduardo Estrella trouvé beaucoup de descriptions de plantes dont l'origine correspond à des lieux appartenant à l'Audience Royale de Quito. Dr Eduardo Estrella Aguirre a également fondé l'Équateur Musée national de médecine.

Un des tableaux du livre, Flora Huayaquilensis, l'expédition botanique de Juan Tafalla 1799-1808Ce fut un travail qui a eu plus de trois ans de travail sans escale ou presque dans les archives avant que le Dr Estrella à percer le mystère. Les folios ont été numérotés et contenait le mystérieux initiales FH et différait des autres qui ne correspondent pas à la flore de la Cour royale, et a eu les initiales FP Toujours rien était clair, mais il y avait suffisamment de preuves pour considérer que la piste était quelque chose d'important et ce laisser à la publication de la Flore et Huayaquilensis après 200 ans, le Dr Eduardo Estrella a finalement publié le travail dur et donner le crédit à l'expédition de Juan Tafalla.

Un des tableaux du livre, Flora Huayaquilensis, l'expédition botanique de Juan Tafalla 1799-1808, Héritagel'Audience Royale de Quito - Perdu depuis 200 ans dans le Jardin Botanique Royal de Madrid

Collections et organisation[modifier | modifier le code]

Plantes vivaces[modifier | modifier le code]

Collections scientifiques[modifier | modifier le code]

  • L'herbier
  • La bibliothèque et les archives
  • La banque de germoplasme

Départements scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Département de la Biodiversité et de la Conservation. Il travaille sur tout ce qui est en lien avec la diversité végétale, en particulier les plantes des milieux méditerranéen, tropical et subtropical. Il étudie également les problèmes d'hybridation.
  • Département de Mycologie. Il travaille sur le développement des connaissances sur les champignons.

Publications scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Anales del Jardín Botánico de Madrid [2] : il s'agit de la revue éditée par le Jardin botanique, qui publie sur la taxonomie, les systèmes végétaux et fongiques, la biogéographie, la bio-informatique, la conservation, etc.
  • Flora Iberica : Publication de recherches taxonomiques sur les plantes qui poussent spontanément dans la péninsule ibérique et les îles Baléares. Ont été publiés pour le moment 11 volumes sur un total de 21.
  • Flora Mycologica Iberica
  • Ruizía : monographies du Jardin botanique royal.
  • Flora Huayaquilensis [3] par Dr Eduardo Estrella

Associations[modifier | modifier le code]

Le Jardin botanique royal est membre de :

  • la BGCI (Organisation Internationale pour la Conservation dans les Jardins Botaniques) [4]
  • l'AIMJB (Association Ibéro-Macronésienne des Jardins Botaniques) [5]
  • REDICOB (Réseau Ibéroaméricain de la Biodiversité) [6]
  • European Network for Biodiversity Information [7]

Varia[modifier | modifier le code]

Le Jardin sert de siège pour la section espagnole du Global Biodiversity Information Facility (page officielle espagnole)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Vue de la serre des cactus avec des spécimens de Mammillaria au premier plan
  1. Frédéric Pautz, Serres des jardins botaniques d'Europe, Genève, éditions Aubanel, 2007, p. 106
  2. Frédéric Pautz, op. cité, p. 107
  3. Construites par Angel Fernandez Alba, elles abritent des plantes rares et fragiles, selon trois climats recréés: la zone tropicale humide, la zone tropicale sèche (pour les cactus notamment) et la zone tempérée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Añón, C., S. Castroviejo y A. Fernández Alba (1983). Real Jardín Botánico de Madrid, Pabellón de Invernáculos.
  • (es) Colmeiro y Penido, Miguel (1875). Bosquejo histórico y estadístico del Jardín Botánico de Madrid.
  • (es) VV.AA.(2004). El Jardín botánico de Madrid. Un paseo guiado / Botanic Garden of Madrid A guided walk. Madrid.
  • (es) VV.AA.(2005). El Real Jardín Botánico de Madrid (1755-2005). Ciencia, Colección y Escuela. Real Jardín Botánico, Madrid.

Liens externes[modifier | modifier le code]