Japonophilie

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Lafcadio Hearn, alias Koizumi Yakumo, intellectuel et écrivain connu pour son grand intérêt à la culture japonaise.

La japonophilie est un intérêt, ou amour, pour le Japon et tout ce qui est japonais (son contraire est la japonophobie). Les personnes concernées sont qualifiées de « japonophiles ». En japonais, le terme est traduit par shinnichi (親日?), avec 親 shin (しん?) équivalent du suffixe « pro- » en français, et 日 nichi (にち?), signifiant « Japonais » (comme dans le mot « Japon » nihon (日本?). 日 signifie également « soleil » ou « jour », et la traduction littérale de nihon (日本?) est « l'origine du soleil », ou le « Pays du soleil levant »)[1].

À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, Carl Peter Thunberg et Philipp Franz von Siebold, qui séjournent dans la concession néerlandaise de Dejima, aident à l'introduction de la flore, de l'art, et d'autres objets japonais en Europe. Certains les considèrent comme faisant partie des premiers japonophiles[2],[3] (cela se passa avant la restauration de Meiji de 1868, lorsque le Japon s'ouvrit au commerce étranger).

L'écrivain gréco-britannique Lafcadio Hearn, qui s'établit au Japon à la fin du XIXe siècle, était décrit comme un « japonophile confirmé » par la Charles E. Tuttle Company dans la préface de la plupart de ses livres[4].

Durant la première décennie du XXe siècle, les écrivains britanniques font l'éloge du Japon. En 1904, par exemple, Beatrice Webb écrit que la Japon est une « étoile montante des lumières et de la maîtrise humaine », louant le « collectivisme innovant » des Japonais, et le caractère intentionnellement « étrange » et ouvert d'esprit de son « élite professionnelle éclairée ». H. G. Wells qualifie l'élite de son livre Une Utopie moderne (en) de « samouraï ». Cette admiration est en partie provoquée par le déclin de la domination industrielle britannique et la montée de celles du Japon et de l'Allemagne en comparaison. L'Allemagne était vue comme une menace très proche, mais le Japon était considéré comme un allié. Après la publication en 1906 du livre d'Alfred Stead Great Japan: A Study of National Efficiency, les Britanniques recherchèrent au Japon des leçons d'efficacité. Cet intérêt prit fin avec la Seconde Guerre mondiale[5].

Les États-Unis connaissent une période similaire de japonophilie dans les années 1980, préparée dans les années 1960 par les écrits de Peter Drucker qui soulignent la « prise de décision consensuelle » dans les entreprises japonaises et célèbrent les techniques de gestion japonaises (jusqu'à affirmer avoir transmis ce système aux Japonais à travers ses livres et ses séminaires). En septembre 1980, la mini-série Shogun, adapté du roman de 1975 de James Clavell, devient extrêmement populaire. Durant cette période, des étudiants américains introduisent la japonais dans les classes avec l'espoir de partir travailler au Japon. De nombreuses émissions japonaises font également leur apparition à la télévision américain, comme Voltron. Plusieurs dessins-animés américains des années 1980 et 1990 sont même directement produits au Japon. Ce phénomène s'accélère dans les années 1990 avec des émissions comme Power Rangers (basé sur les séries japonaises Super Sentai), Dragon Ball Z, Sailor Moon, Pokémon et Digimon. Un très grand intérêt pour la culture populaire japonaise (en) existe dans tout le monde occidental.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Word IQ. Nippon and Nihon - Definition. Retrieved June 6, 2011, from http://web2.wordiq.com/definition/Nippon_and_Nihon
  2. (en) William R. Johnston, William and Henry Walters, the Reticent Collectors, JHU Press,‎ 1999 (ISBN 0-8018-6040-7), p. 76
  3. (en) Robin D. Gill, Topsy-Turvy 1585, Paraverse Press,‎ 2004 (ISBN 0-9742618-1-5), p. 25
  4. « Lafcadio Hearn, Heather Hale looks at the life of the noted writer », Japanfile, the Website of Kansai Time Out Magazine,‎ septembre 1990 (lire en ligne)
  5. (en) Bruce Cumings, Parallax Visions: Making Sense of American-East Asian Relations, Duke University Press,‎ 1999 (ISBN 0-8223-2924-7), « Archaeology, Descent, Emergence: American Mythology and East Asian Reality », p. 25