Féodalité au Japon

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La féodalité au Japon (封建制度, Hōken-seido?, système féodal) commence avec l'ère Kamakura et se termine à la fin de l'époque d'Edo. Son influence durera près de 700 ans, débutant sous le règne de l'empereur Tsuchimikado en 1198, pour se terminer sous le règne de l'empereur Meiji en 1868.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dessin deToyotomi Hideyoshi sur son cheval
Hideyoshi sur son cheval.

Durant la guerre de Gempei, les Minamoto s'opposèrent aux Taira (pendant la période de Kamakura) et les vainquirent à la bataille de Dan-no-ura devenant ainsi des shogûns. Le seigneur Minamoto no Yoritomo établira la première dictature militaire appelée "Bakufu" (gouvernement sous la tente), que l'on qualifie également de shogunat de Kamakura.

Les Hojo vinrent s'installer après la chute des Minamoto. Le clan Hojo perd de l'influence et décline vite. L'empereur Go-Daigo monte sur le trône impérial en 1318 mais refuse de le céder a un membre d'une autre branche impériale et affirme sa volonté de détruire le shogûnat. En 1331, Il est envoyé en exil mais certains de ses partisans continuent la lutte et le shogûnat est renversé en 1333. Il retourne alors a Kyôto et commence son nouveau règne.

Mais son administration n'est pas assez expérimentée et n'a pas assez de pouvoir pour diriger le Japon. Lorsque Takauji Ashikaga lui demande le poste de shogûn il refuse engendrant ainsi un conflit qui causera sa perte. Takauji écrase les troupes de l'empereur à la bataille de Minatogawa et installe un nouvel empereur purement symbolique qui a perdu son pouvoir et se nomme shogûn en 1338. Les Ashikaga qui s'imposèrent alors comme shogûns pendant des siècles.

Pendant l'époque de Muromachi il y eut la guerre des deux cours et la Guerre d'Ônin.

Le règne des Ashikaga se termina avec la prise de Kyôto et la chute du dernier shogûn Ashikaga, Ashikaga Yoshiaki chassé par Oda Nobunaga.

Ainsi s'ouvre la période d'Azuchi Momoyama. Le général Oda Nobunaga à la tête de la famille Oda et du clan Nobunaga entreprend l'unification du Japon qu'il n'achèvera pas. Le 21 juin 1582, il s'arrêta dans le temple du Honnō-ji. Il avait prévu d'aller appuyer un de ses vassaux, Hideyoshi, il est victime d'une trahison de Mitsuhide Akechi autre vassal important des Oda. Hideyoshi alors revient en vitesse et défait les forces de Mitsuhide à la bataille de Yamazaki. Il s'oppose aussi à Shibata Katsuie, principal vassal des Oda pour la succession du territoire conquis, et le vainc en 1583, toutes les affaires importantes passant alors sous son contrôle. La plupart des vassaux se soumettent au nouveau shogûn. Ieyasu lui s'oppose a Hideyoshi mais finalement se soumet aussi et ainsi Kinoshita termina d'unifier le Japon. À la mort de ce dernier, Ieyasu se révoltera contre Hideyori Toyotomi fils de Hideyoshi Toyotomi et les deux partis s'affrontent à la bataille de Sekigahara. Ieyasu Tokugawa en sort vainqueur et établit la lignée des shogûns Tokugawa. Ainsi commence l'ère Edo (nouvelle capitale) et se termine le Japon féodal.

Vers la fin de l'ère Edo le système féodal est affaibli, ce n'est qu'à la démission du Shogun Tokugawa Yoshinobu et à la Restauration de Meiji, que le régime féodal est aboli et que l'empereur recouvre l'intégralité de ses pouvoirs.

Géographie[modifier | modifier le code]

carte des 63 provinces du Japon féodal
Carte des 63 provinces du Japon féodal

Le Japon féodal est divisé en 7 régions:

  • Le Hokuriku, au Nord-Ouest de L'île principale.
  • Le Tôkai, au Nord-Est du Japon.
  • Le Tôsan, entre le Hokuriku et le Tôkai.
  • Le San'in, dans le Nord de la grande île.
  • Le Nankai, (Shikoku) dans le sud de la grande île.
  • Le San'yo,entre le San'in et le Nankai.
  • Le Saikai (Kyûshû).

et subdivisé en 63 provinces:

Organisation féodale[modifier | modifier le code]

À l'époque féodale (Hôken-seido), le Japon n'était pas un pays uni : divers clans, dirigés par des seigneurs, revendiquaient le pouvoir, ce qui entraînait de fréquents combats, voire des guerres construites autour d'alliances (éphémères) entre les clans. Les seigneurs contrôlant le Japon étaient appelés shoguns. Un empereur régnait, mais son rôle était devenu purement symbolique et il ne possédait plus de pouvoir réel.

Le système féodal répond au principe suivant: un riche ou puissant seigneur (appelé daimyô) possède un fief ; il distribue une partie de ses terres à ses vassaux, c'est-à-dire aux seigneurs moins puissants, qui préfèrent se soumettre à un autre daimyô plus puissant et plus prometteur. Ce dernier promet à son vassal la défense de son territoire et de sa famille; en échange, le vassal devra lui prêter assistance en cas de guerre. Les soldats valeureux au combat sont rétribués en koku de riz (un koku= 180 litres de riz).

La société était divisée en un système hiérarchique:

  • La Cour impériale, incluant l'Empereur et sa famille.
  • Le clergé, dont faisaient partie les moines et nones bouddhistes et shintoïstes.
  • Les guerriers (武士, bushi?), composés des Samouraï, des Daimyo et Shōgun.
  • Les paysans (農民, nōmin?)
  • Les marchands et les artisans regroupés dans la catégorie des habitants des villes (町人, chōnin?)
  • Les eta (穢多?, littéralement « pleins de souillures »), parmi lesquels on retrouvait notamment les bouchers, les tanneurs et les équarrisseurs.

Armes et armures[modifier | modifier le code]

Les armées étaient composées de soldats, les ashigarus, armés de lances et de sabres. Les seigneurs avaient surtout une suite de samouraï, équipés d'une tunique de combat et d'une tunique de tous les jours. Ils avaient juré fidélité à leur seigneur et maitrisaient parfaitement leurs armes. Ils étaient également liés par un code d'honneur.

Les armures étaient faites de bambou tressé sur des plaques de bois rembourrées de coton et renforcées de métal. Les guerriers portaient un casque rond flanqué de plaques de bambou tressé. En revanche, les protège-tibias et protège-poignets étaient métalliques. Ils portaient à la taille une tassette faite comme le reste de l'armure. Les Japonais ont porté, dans le passé, des sandales en paille ou en bois. Ce sont également eux qui ont inventé le tabi, l'ancêtre de la socquette. Les samouraïs portaient une armure identique à celle des ashigarus, à l'exception de leur casque orné d'une plaque dorée portant leur nom. Ils avaient également un cimier en métal de différentes formes (cornes, croissant...)

Le sabre long, ou katana, était fait comme tous les sabres d'acier par la méthode du haut fourneau. Mesurant 67 cm de longueur, il permettait des attaques longues et des parades efficaces.

Le Wakizashi, ou sabre court, était léger et pouvait s'utiliser rapidement. Il mesurait 35 cm de longueur.

Habitudes vestimentaires[modifier | modifier le code]

Les Japonais avaient un code vestimentaire bien établi. Les hommes portaient des vestes longues, des matabikis (pantalons) et des chaussettes en soie, les tabi, sans oublier les geta, les sandales traditionnelles. Les femmes s'habillaient avec des robes longues et des ceintures larges en nœud papillon. Les samouraïs ne restent pas toujours en tenue de combattant. Ils portent une tunique de soie, et un pantalon très long et très large. Les coiffures des hommes sont attachées en arrière. Les samouraïs ont une petite couette divisée derrière, et, lorsqu'ils la coupent, ils doivent s'exiler jusqu'à ce que leurs cheveux repoussent. Les femmes portent un chignon.

Religion[modifier | modifier le code]

La religion de base était le shintoïsme. Lorsque le bouddhisme fut introduit au Japon, il devint la principale religion de l'archipel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hideyoshi, seigneur singe de Ryōtarō Shiba, 2008, ( 1996 pour la version japonaise)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]