Janine Chasseguet-Smirguel

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Janine Chasseguet-Smirgel est une psychanalyste française, née en 1928 à Paris et morte le à Paris. Elle était membre de la Société psychanalytique de Paris. Elle a étudié les rapports entre la perversion et la création[1]. Comme psychologue, elle a été l'une des premières à défendre l'analyse laïque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Janine Chasseguet-Smirgel a fait des études en sciences politiques, puis un DESS et un doctorat de psychologie. Elle est née de parents originaires d'Europe centrale. La guerre a vu une grande partie de sa famille décimée, par déportation, misère et persécution antisémite.

Ses idées politiques[modifier | modifier le code]

Sa lutte au côté du Parti communiste s'est rompue en 1956 au moment des événements de Budapest. Cet engagement est souvent méconnu, notamment en raison d'un livre controversé qu'elle a écrit avec son mari Bela Grunberger, L'univers contestationnaire qui est une analyse du gauchisme de 1968.

Positions[modifier | modifier le code]

Elle analyse et critique parmi les premières, les positions « sur la primauté de l'organe viril » dans les théories de Freud sur la sexualité[2] tout en s'écartant des positions de Karen Horney[3]. Son livre Le corps comme miroir du monde est un exemple des positions qu'elle défendait notamment contre les idées de Wilhelm Reich contre lequel elle avait déjà écrit avec son mari[4]. Elle abhorrait par dessus tout cette idée de "libération sexuelle" qui avait aussi inspirées certains adeptes du mouvement de Mai 68. Elle s'érigea aussi avec ardeur contre les idées de Lacan qu'elle percevait comme un "gourou"[5]. Dans la même veine, elle s'en prend à la vision actuelle sur la sexualité et l'indifférenciation des sexes qu'elle ramène à la "haine du féminin maternel"[6].

Elle a occupé de nombreuses responsabilités dans des organismes psychanalytiques dépendants de l'Association psychanalytique internationale et ne s'est pas limitée à son appartenance à la Société psychanalytique de Paris. Elle est aussi et entre autres intervenue en Grande-Bretagne, aux États-Unis d'Amérique; notamment autour de ses idées sur la sexualité féminine. Elle est souvent décrite comme une personne "engagée" et "passionnée" par la psychanalyse qu'elle a pratiqué de manière régulière et suivie malgré ses nombreuses occupations internationales[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Pragier, Le Monde, 14 mars 2006.
  2. Sigmund Freud : Trois essais sur la théorie sexuelle, Ed.: Presses Universitaires de France, Coll.: Quadrige Grands textes, 2010, ISBN 2130579531
  3. Janine Smirgel, La Sexualité féminine : recherches psychanalytiques nouvelles, Paris, Payot,‎ 1991 (réimpr. 2006) (1re éd. 1964) (ISBN 2228884391)
  4. avec Bela Grunberger : Freud ou Reich. Psychanalyse et illusion, éd. Tchou, coll. Les Abysses, 1976
  5. Dominique Bourdin, Janine Chasseguet-Smirgel, PARIS, PUF, coll. « Psychanalystes d'aujourd'hui »,‎ 1999 (ISBN 2130498264)
  6. Janine Smirgel, Le corps comme miroir du monde, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2003 (ISBN 213053922X)
  7. Dominique Bourdin : ibido