Jane Grey Swisshelm

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Jane Swisshelm (1815-1884)

Jane Grey Cannon Swisshelm, née le 6 décembre 1815 à Pittsburgh, Pennsylvanie (États-Unis) et morte le 22 juillet 1884 à Swissvale, près de Pittsburgh, est une journaliste américaine, abolitionniste et avocate des droits des femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jane Grey Cannon était la fille de Thomas Cannon, marchand presbytérien et spéculateur foncier. Institutrice à l'âge de 14 ans, elle épouse à 21 ans James Swisshelm, avec qui elle s'installe à Louisville dans le Kentucky. C'est là que pour la première fois elle entre en contact avec l'esclavage, ce qui fait sur elle une forte impression. C'était une femme volontaire, et son mariage fut difficile. En 1839, elle s'installe seule à Philadelphie, contre la volonté de son mari, pour s'occuper de sa mère malade. Après la mort de cette dernière, elle dirige une école d'institutrices à Butler, en Pennsylvanie. Elle rejoint son mari deux ans plus tard dans sa ferme, qu'elle appellera Swissvale, à l'est de Pittsburgh (aujourd'hui, c'est la région de Swissvale en Pennsylvanie).

C'est à cette époque qu'elle commence à écrire des articles contre la peine de mort ainsi que des histoires, des poèmes et des articles pour un journal anti-esclavagiste et d'autres revues de Pittsburgh. Lorsque ce journal fait faillite, elle fonde sa propre revue, le Saturday Visitor qui finit par atteindre un tirage de 6 000 exemplaires sur le plan national. Elle y écrit de nombreux éditoriaux où elle défend pour les femmes le droit à la propriété.

En 1857, elle divorce et s'installe à Saint-Cloud, dans le Minnesota, où elle dirige une série de journaux, tout en militant pour l'abolition de l'esclavage et les droits des femmes dans ses écrits et ses conférences. Écrivant dans The Saint Cloud Visiter, elle entre en conflit privé avec le général Sylvanus Lowry, un aristocrate sudiste installé dans la région qui sur le plan politique règne en maître à Saint-Cloud. Elle s'indigne particulièrement que Lowry possède des esclaves dans le territoire libre du Minnesota. Écrivant dans The Visiter elle accuse le général Lowry d'escroquer les Indiens, d'organiser des groupes d'auto-justice contre ceux qu'on soupçonne d'occupation illégale, et de torturer ses propres esclaves. À la suite d'un éditorial particulièrement enflammé, Lowry forme un « comité de vigilance » qui fait irruption dans les bureaux du journal, met en pièces la presse à imprimer, et en jette les débris dans le Mississippi voisin. Jane Swisshelm ne tarde pas à recueillir de l'argent pour une autre presse et accentue encore ses attaques. Le général Lowry, qui vise le poste delieutenant-gouverneur, assista impuissant à la destruction de toute son influence sur la politique de Saint-Cloud. Il mourut dans l'obscurité en 1865.

En 1862, le soulèvement des Indiens Sioux du Minnesota qui cause la mort de centaines de colons blancs[1] l'incite à demander au gouvernement fédéral de sévir contre les Indiens. Elle visite des villes importantes à cette fin et, pendant son séjour à Washington, elle rencontra son ami de Pittsburgh, Edwin M. Stanton, alors secrétaire à la guerre, qui lui offre un poste administratif dans le gouvernement. Elle vend son journal du Minnesota, mais travaille pendant la guerre civile comme infirmière militaire dans la région de Washington, jusqu'à ce que le poste devienne disponible. Elle devient une amie de Mary Todd Lincoln.

Après la guerre, elle commence son dernier journal, le Reconstructionist, mais ses attaques contre le président Andrew Johnson lui font perdre son journal et son emploi au gouvernement. En 1872, elle a assiste comme déléguée à la Convention du Parti pour la prohibition.

Elle meurt en 1884 à son domicile de Swissvale et est enterrée au cimetière d'Allegheny. Swisshelm Park, un faubourg de Pittsburgh voisin de Swissvale, a pris son nom en son honneur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Duane Schultz, Over The Earth I Come: The Great Sioux Uprising of 1862, St. Martin's Press, New York, 1993. Voir page 5 : «  Estimates of the death toll range from four hundred to two thousand. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sylvia D. Hoffert (2004). Jane Grey Swisshelm: An Unconventional Life. Chapel Hill: University of North Carolina Press. ISBN 0-8078-2881-5.
  • (en) A.J. Larsen (édité par) (1934).'Crusader and Feminist: Letters of Jane Grey Swisshelm, 1858-1865. Saint Paul : Minnesota Historical Society.
  • '(en) 'Jane Grey Cannon Swisshelm par Harriet Sigerman in American National Biography. New York: Oxford University Press 1999.

Lien externe[modifier | modifier le code]