Jan van Kessel

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Jan van Kessel, gravure du livre Het Gulden Cabinet de Cornelis de Bie, 1662.

Jan van Kessel est un peintre flamand, né en 1626 à Anvers et mort en 1679 dans cette même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jan van Kessel-Autograph.jpg

Descendant par les femmes de la dynastie des Bruegel, Jan van Kessel est fils du peintre Hieronymus van Kessel, petit-fils de Jan Brueghel l'Ancien, neveu à la fois de Jan Brueghel le Jeune et de David Teniers le jeune. Il commence son apprentissage chez Simon de Vos en 1634[1]. Il effectue toute sa carrière à Anvers. Il est influencé par Daniel Seghers (1590-1661). Vers 1645 il entre à la Guilde de Saint-Luc. Il se fait une réputation dans les tableaux d'oiseaux, dont plusieurs sont gravés par Dossier et Filloeul.

Il aura treize enfants dont deux seront peintres, notamment Jan van Kessel le Jeune (1654-1708).

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Huile sur cuivre, 1653
Huile sur cuivre, 1653
Œuvre exposée au Rijksmuseum d'Amsterdam
Nature morte de poissons au bord d'un rivage, huile sur cuivre

Jan van Kessel, au-delà de la nature morte flamande traditionnelle qu'il pratique d'ailleurs dans des compositions de fleurs ou des buffets d'apparat, oriente sa peinture entre étude scientifique, zoologique et botanique, et œuvre d'art. Abandonnant la dimension symbolique religieuse prêtée aux êtres naturels, il les décrit avec un très grand réalisme, reproduisant même les ombres des insectes ou des coquillages sur leurs fonds blancs, à l'aide d'une technique d'une extrême précision, imposée par les dimensions généralement réduites de ses œuvres, souvent réalisées sur cuivre.

1664-1666 : Les quatre continents, à l'Alte Pinakothek de Munich[modifier | modifier le code]

Jan van Kessel a également peint en 1664-1666 une allégorie des quatre continents connus à son époque, l'Europe, l'Amérique, l'Afrique et l'Asie, qui constitue un cas particulier de « chambres aux merveilles » étendues aux dimensions de salles de palais. Sur les panneaux centraux (48,4 × 67,5 cm), encadrés chacun de 16 vues (14,5 × 21 cm) de villes ou de paysages et d'animaux, se trouvent rassemblés les symboles naturels et culturels de chaque continent, parmi lesquels des collections d'insectes ressemblant à des planches d'exposition. Pour l'Europe une trentaine de lépidoptères se trouvent ainsi représentés, y compris ceux figurant sur la page ouverte d'un livre et sur une peinture, placée sur un chevalet, qui occupe une place d'honneur parmi l'accumulation des objets : une nature morte de fleurs en laquelle les papillons se trouvent ainsi peints comme au second degré. Tout juste à côté, le peintre, en un cadre plus modeste, a composé sa signature à l'aide de représentations de chenilles.

1660 : ensemble (175 × 123 cm) de 40 panneaux représentant des animaux, au Musée du Prado, à Madrid[modifier | modifier le code]

Dans les compositions de van Kessel dont le naturalisme gracieux dépasse largement en exactitude l'imprécise gaucherie des œuvres du siècle précédent, les papillons sont, de façon générale, particulièrement présents. Un article, publié en 2003, sur les lépidoptères dans les natures mortes du XVIIe siècle, n'en dénombre pas moins de 32 sur 7 de ses œuvres. Le Machaon (Papilio machaon), le Gazé (Aporia crataegi), la Piéride du chou (Pieris brassicae), le Sylvain azuré (Limenitis reducta), l'Aurore (Anthocaris cardamines), la Mégère (Lasiommata megera) apparaissent parmi les espèces les plus fréquemment figurées par van Kessel, ainsi que le Vulcain (Vanessa atalanta), évoqué par la majorité des peintres de l'époque.

Madame la baronne Edith Greindl (voir bibliographie) a catalogué l'œuvre peint de Jan van Kessel, elle répertorie[2] 65 tableaux signés et 64 non signés.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1660 : Allégorie de l'air, collection privée[3].

Lieux de conservation[modifier | modifier le code]

en Belgique :
en France :

Les œuvres de Jan van Kessel sur la marché de l'art[modifier | modifier le code]

  • Le 23 mars 2003 une œuvre de van Kessel, Papillons et insectes autour de coquillages, cuivre signé et daté « Johannes van Kessel fecit anno 1659 », a été vendue à Lille 630 000 euros[4].
  • Pseudo van Kessel : Nom de convention donné par le commerce artisitique à un (ou plusieurs) peintre(s) non identifié(s), auteur(s) de différents tableaux imitant Jan van Kessel. Voir le lien externe AskArt qui reproduit une paire de nature morte, huile sur toile, 36,1 par 58,9 cm, passée en vente à Christie's Amsterdam, le 9 mai 2007, n° 54, adjugée 54 000 €.

Notes et annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La nature morte de Brueghel à Soutine, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 1978.
  2. Cette historienne d'art, compte les ensembles pour un tout, par exemple les 46 panneaux de l'Alte Pinakothek, sont groupés sous le même numéro.
  3. Le siècle de Rubens, catalogue d'exposition, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1965, p. 126.
  4. Résultat paru dans la Gazette de Drouot du 28 mars 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edith Greindl, Les peintres Flamands de nature morte au XVIIe siècle, Ed. Vilo, Paris, 1981, page 365-368.
  • A. Sinreich (1981). Insektendarstellungen von Jan van Kessel, Journal of Pest Science, 54 (3) : 39-41.
  • Le siècle de Rubens, catalogue d'exposition, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1965, pp. 125-126.

Liens externes[modifier | modifier le code]


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