Jan Joest van Kalkar

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Adoration des mages, (vers 1505-1507), l'un des vingt panneaux du maître-autel de Kalkar.

Jan Joest de Kalkar, Jan Joest van Kalkar ou encore Jan Joest van Calcar, aussi Joest Van Haarlem, né entre 1450 et 1460 et mort vers 1519 est un peintre néerlandais de sujets religieux, originaire de Kalkar ou Wesel - maintenant toutes deux en Allemagne. Il est connu notamment pour les panneaux du maître-autel de l'église Saint-Nicolas de Kalkar[1],[2],[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Triptyque de Fonseca ou des Sept douleurs de la Vierge (vers 1505), Jubé de la cathédrale de Palencia.
Le maître-autel de l'église Saint-Nicolas de Kalkar (1505-1507).
Portrait d'un homme (vers 1505), 32 × 31 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.
Adoration du Christ Enfant (vers 1515), Atelier, Metropolitan Museum of Art[5].

Jan Joest est le neveu du peintre Derick Baegert de Wesel, fils de la sœur Katharina de Derick. Il fait son apprentissage et travaille ensuite dans l'atelier de son oncle. La plus grande œuvre de Jan Joest est le maître-autel de l'église Saint-Nicolas de Kalkar crée vers 1505-1508. Des documents trouvés sur place par Canon Wolff, il déduit que Joest travaille en 1518 à Cologne pour une famille Hackeney, puis qu'il quitte la région du Bas-Rhin pour l'Italie , plus précisément Gênes et Naples. Joest revient ensuite dans les Pays-Bas et s'installe à Haarlem, où il réalise un portrait de Willibrord d'Utrecht pour l'église Saint-Bavon de Haarlem. Le traité d'Adriaan van der Willigen (1810-1876) sur les peintres de Haarlem[6] paru en 1866 mentionne l'enterrement en 1519 d'un artiste nommé « Jan Joosten ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'autel de Kalkar et son retable est le résultat d'un effort conjoint de plusieurs sculpteurs et peintres; la réalisation de l'œuvre, de plus de six mètres de haut et de quatre mètres de large de la "« Confrérie de Notre-Dame »", a pris plus de 20 ans. La commande des sculptures pour le calvaire central, la Cène et le lavage des pieds de la prédelle date de 1490-1492. La commande des tableaux peint est adressée en 1505 à un certain « Maître Matheus », non identifié à ce jour[2]. L'analyse de ces tableaux témoigne d'une unité dans la conception et la supervision de l'œuvre. Il s'agit de Jan Joest qui a « accepté de peindre les panneaux » en 1505-1506. Participent à la réalisation le jeune Barthel Bruyn et Joos van Cleve, guère plus âgé. L'ensemble donne l'impression d'une unité organisée par la main du maître déterminant dont le monde visuel est encore imprégnée de l'art du peintre gantois Hugo van der Goes[2]. Les vingt tableaux peints par Joest et son atelier sont toujours visibles dans l'église de Kalkar.

D'autres œuvres attribuées à Joest se trouvent à Wesel et Rees. Une Mort de la Vierge à München est aussi attribué à Joest. C'est lui probablement qui figure sous le nom « Juan de Holanda » dans le Libro de acuerdos (livre des comptes) de la cathédrale de Palencia[2] et sous le nom « Jehan de Hollande » dans les archives de la cour de Bruxelles. C'est là qu'il a peint le polyptyque de la cathédrale de Palencia, commandé par l’évêque Juan Rodríguez de Fonseca qui séjourne à Bruxelles en 1505 comme ambassadeur[2]. Le panneau central montre une Vierge de douleurs avec Jean l'Évangéliste et le commanditaire[3].

Joest a été comparé à Gerard David et Hans Memling, mais appartient plutôt à l'école de Jan van Scorel. Les œuvres de Joest se caractérisent par la clarté lumineuse de ses couleurs et la finesse du rendu des visages[7]. L'art de Jan Joest est caractérisé par un haut degré d'appropriation de la réalité, reconnaissable dans l’ouverture de l'espace d'image avec une intégration réussie, pas toujours entièrement convaincante, des personnages dans le paysage et l'espace architectural et le rendues des observations dee la nature. Une attention particulière est accordée par Joest aux phénomènes lumineux- il a ainsi créé l'une des premières représentations de nuit de son temps. Son style narratif - souligné par expressions faciales psychiquement motivées des protagonistes et gestes expressifs des divers individus - est vécu par le spectateur avec une haute intensité. L'intensité de la coloration reflète également la haute qualité de son art. De plus, des portraits des donateurs sont inclus dans le programme narratif, et des bâtiments représentatifs de la ville de Kalkar forment la toile de fond contemporaine des événements historiques[4].

Deux des apprentis de Joest sont Barthel Bruyn le Vieux (son beau-frère) et Joos van Cleve[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Eduard Wessely, « Jan Joest von Calcar », Allgemeine Deutsche Biographie.
  2. a, b, c, d et e Rolf Wallrath,, « Joest gen. von Calcar, Jan », Neue Deutsche Biographie.
  3. a et b « Jan Joest Van Kalkar », dans Larousse, Dictionnaire de la peinture.
  4. a et b (de) Ulrike Wolff-Thomson, « Jan Joest (circa 1460-1519), Maler », Portal Rheinische Geschichte,‎ (consulté le 5 janvier 2015).
  5. Adoration du Christ Enfant sur le site du Metropolitan Museum of Art.
  6. « Adriaan van der Willigen » dans le Dictionary of Art Historians.
  7. « Jan Joest » sur la l'Encyclopédie Catholic Online
  8. Bartholomäus Bruyn dans le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  9. Joos van Cleve dans le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD)

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Articles connexes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]