Jan Baptist Weenix

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Ruines antiques, huile sur toile, 80,5 × 68,3 cm, 1647 (Musée des Beaux-Arts, Budapest).
La Traversée du fleuve, huile sur toile, 100 × 131,5 cm, 1647 (Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg).
Johan Van Twist (mort en 1643), ambassadeur de la flotte hollandaise, en route vers le sultan de Visiapour. À l’arrière-plan, le blocus de Goa, janvier-février 1637, toile, 101 × 179 cm, vers 1650 (Rijksmusem, Amsterdam).
Portrait de René Descartes, huile sur toile, 54,7 × 44,6 cm, vers 1648 (Centraal Museum, Utrecht).
Nature morte avec un cygne mort, huile sur toile, 152,4 × 153,7 cm, vers 1651 (Detroit Institute of Arts, Detroit).
Chien et chat près d’un cerf en partie éventré, huile sur toile, 180 × 162 cm, date inconnue (Rijksmuseum, Amsterdam).

Jan Baptist Weenix, ou Jan Weenix I, dit aussi en italien Giovanni Baptista Weenix (Amsterdam, 1621 - Haarzuilens[1], entre 1659 et 1661[2]) est un peintre néerlandais (Provinces-unies) du siècle d'or. Il réalisa aussi bien des paysages imaginaires, que des marines, des vues de pièces d’eau, des portraits, des représentations d’animaux et des natures mortes. Il est le père du peintre de nature morte Jan Weenix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Jan Baptist Weenix, un architecte, mourut alors que celui-ci était encore en bas âge, et ce furent dès lors sa mère et des tuteurs qui se chargèrent de l’élever. Weenix souffrait de bégaiement.

Tout jeune encore, il entre en apprentissage chez un marchand de livres, mais des problèmes de mésentente surgissent entre l’homme et Weenix, suite auxquels il est placé chez un drapier, mais sans guère plus de succès.

Selon Arnold Houbraken, qui disait tenir l’information du propre fils du peintre, Jan Baptist Weenix vouait une véritable passion pour les arts plastiques, couvrant de dessins le moindre bout de papier qui lui tombait entre les mains. Sa mère, Grietje Hermans, décidée semble-t-il à respecter cette inclination, le met en apprentissage chez Jan Micker, qui habitait près de la Singel – Micker était le frère d’un autre peintre, Barent Micker (1615-1687), qui avait épousé la plus jeune des trois sœurs de Weenix. Par la suite, Jan Baptist Weenix devient l’élève d’Abraham Bloemaert à Utrecht et de Claes Cornelisz. Moeyaert, peintre catholique qui jouissait d’un certain prestige à Amsterdam.

Weenix épouse Justina D'Hondecoeter, dite Josijntje, fille du peintre de paysage Gillis Claesz. D'Hondecoeter[3]. Celle-ci, après le décès de son père, était venue habiter chez son oncle, un chirurgien qui vivait sur le quai de l’Oude Schans, un des canaux traversant Amsterdam. Weenix n’habitait par très loin. En 1640, le couple a un fils, qu’ils baptisent Jan – celui-ci allait devenir un peintre célèbre de nature morte de chasse. Après quatre années de mariage, Jan Baptist Weenix prend la décision de partir pour l’Italie en secret, mais sa femme parvient à l’arrêter alors qu’il n’a pas encore été plus loin que Rotterdam. Après maintes discussions, il est toutefois autorisé à s’absenter quatre années durant[4].

En 1643, il fait route vers Rome, où il se lie au groupe d’artistes appelé les Bentvueghels. Selon leur coutume, ceux-ci lui donnent un surnom, « Ratel » (« Crécelle »), à cause de sa difficulté d'élocution. En Italie, Weenix travaille pour le cardinal Giovanni Battista Pamphilj, qui allait être élu pape en 1644 sous le nom d’Innocent X, ainsi que pour le cousin de ce dernier, le cardinal Camillo Pamphilj. Les deux prélats insistent pour qu’il fasse venir son épouse en Italie, mais l’intéressée refuse après en avoir délibéré avec des personnes qui ont « des préjugés contre les catholiques ». Weenix prend alors la décision de venir la chercher en personne.

En 1647, il est de retour à Amsterdam, mais il reçoit tellement d’offres intéressantes qu’il renonce à repartir pour l’Italie. Un peu plus tard, cependant, il part s’installer à Utrecht chez son beau-frère, Gijsbert D'Hondecoeter ; là, en 1649, il devient membre de la guilde de Saint-Luc locale. Weenix collabore alors avec Nicolaus Knüpfer, Jan Both et Nicolaes Berchem[5]. Le cardinal Pamphilj le harcèle toujours de suppliques pour qu’il revienne en Italie. Après la mort de Gijsbert De Hondecoeter, il prend chez lui le fils de ce dernier, Melchior D'Hondecoeter, à qui il enseigne la peinture, en même temps qu’à son propre fils Jan. Il passe les dernières années de sa vie au château Ter Mey[6], non loin d'Utrecht, afin de pouvoir mieux se concentrer sur son travail, Utrecht étant trop agitée. La date de sa mort demeure incertaine[7].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Weenix, en dépit de sa carrière assez courte, fut un peintre productif s'attaquant à des sujets variés. Il réalisa des paysages à l’italienne dans lesquels les personnages jouent un rôle prépondérant, dans des décors souvent en ruines. On le compte parmi la seconde génération des peintres néerlandais italianisants, bien qu’il peignît aussi des vues portuaires imaginaires et des natures mortes de chasse – il devait s'essayer aussi à des compositions religieuses ; l'une des rares œuvres de ce type étant son Jacob et Esau, actuellement à Dresde. Dans ses œuvres, plus que chez d’autres peintres néerlandais de paysages italiens, l’accent est mis sur les éléments d’architecture et les personnages. Son style est puissant et vise à produire des effets dramatiques. Ne reculant devant rien, il lui arriva de peindre en se servant directement de ses doigts. En Italie, il est connu sous le nom de Giovanni Baptista Weenix. Weenix, comme Jan Lievens et Frans Hals, réalisa un portrait de René Descartes, aujourd'hui visible au Centraal Museum d'Utrecht.

La National Gallery de Londres possède une scène de chasse et le Glasgow Gallery une peinture de ruines. D'autres œuvres sont exposées notamment à Munich, Vienne, Berlin, Amsterdam et à Saint-Pétersbourg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Haarzuilens est un petit village faisant partie de la commune d'Utrecht.
  2. Fourchette indiquée par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie.
  3. Deux fils de Gillis D'Hondecoeter furent également peintres de paysages : Gijsbert Gillisz. D'Hondecoeter (1604–1653) et Niclaes Gillisz. D'Hondecoeter (1607–1642).
  4. Weenix resta à Rome de 1643 à 1646 (Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie — RKD).
  5. Cité par le RKD : d'après M. De Kinkelder, il semble peu vraisemblable que Berchem ait été un élève de Jan Baptist Weenix ; Berchem avait un an de plus et ils furent tous deux en apprentissage — sans doute en même temps — chez Nicolaes Moeyaert.
  6. (nl) Notice concernant le château de Ter Mey.
  7. Cité par le RKD : P.C.Sutton, dans un catalogue d'exposition, se réfère à Houbraken, selon lequel Weenix serait mort entre 1660 et 1661 à l'âge de 39 ans. Selon Briels, Weenix serait mort en 1659 ; il se réfère quant à lui à une vente publique de biens et de faillite qui eut lieu le 25 avril 1659 au château Ter Mey ; une chose sûre est qu'il est fait état de la mort du peintre dans le testament de sa sœur datant de 1663.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anke A. Van Wagenberg-Ter Hoeven, Ph.D., Monograph on Jan Baptist Weenix and Jan Weenix, expected in 2010
  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Jan Baptist Weenix » (voir la liste des auteurs)
  • L'article en anglais cite comme source :
    • (en) Encyclopædia Britannica, onzième édition (domaine public).
  • L'article en néerlandais cite comme source :
    • (nl) A. Houbraken, Groote Schouwburgh der Nederlantsche konstschilders en schilderessen, 1718-1721.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • (en) Kenneth Clark, Landscape into Art, Murray, London, 1991 (ISBN 0-7195-3610-3)
  • (en) Christopher Brown, Dutch Landscape : the Early Years, The National Gallery, London, 1986 (ISBN 0-947645-05-5)
  • (en) Wolfgang Stechow, Dutch Landscape Painting of the Seventeenth Century, Hacker Art Books, New York, 1980 (ISBN 0-87817-268-8)