Jan Asselyn

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Jan Asselyn

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Portrait de Jan Asselyn par Rembrandt.

Naissance vers 1610
Dieppe
Décès vers le 1er octobre 1652
Amsterdam
Nationalité néerlandaise
Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités Peintre
Dessinateur
Maîtres Jan Martszen le Jeune,
Esaias Vandevelde
Élèves Frederik de Moucheron
Mouvement artistique Baroque
Bamboccianti
Influencé par Claude Lorrain,
Pieter Van Laer

Œuvres réputées

Le Cygne menacé

Jan Asselyn, Asselijn ou Asselin (Dieppe, vers 1610 ou peu après – Amsterdam, vers le 1er octobre 1652), est un peintre et dessinateur néerlandais (Provinces-Unies) du siècle d’or. Il fut actif également en Italie – où il se joignit aux Bamboccianti – et en France, et figure au nombre des peintres paysagistes néerlandais italianisants de la seconde génération.

Son tableau le plus connu est cependant une peinture animalière souvent perçue comme une allégorie : Le Cygne menacé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le lieu de naissance de Jan Asselyn n’est pas connu avec certitude : outre Dieppe, Utrecht et Cologne ont également été avancés[1]. À partir de 1621 au plus tard, il réside à Amsterdam, où Jan Martszen le Jeune (en) le forme à l’art pictural. Esaias van de Velde (1587-1630) semble avoir été également au nombre de ses maîtres.

Son œuvre datée la plus ancienne remonte à 1634. Le 4 novembre 1635, il est toujours mentionné à Amsterdam comme témoin lors d’un baptême. C’est plus tard la même année qu’il commence à voyager, d’abord en France, puis en Italie, où il séjournera durant près d’une décennie. De 1635 à 1644 environ, il est actif à Rome. Il y devient membre des Bentvueghels où, une difformité à la main droite lui déformant tellement les doigts qu’il pouvait à peine tenir une palette, lui vaut le surnom de « Crabbetje » (« Petit Crabe »)[2].

De 1644 à 1646, il vit de nouveau en France, d’abord à Lyon, où il se marie avec une Anversoise du nom d’Antoinette Huwaart (ou Houwaart), puis, à partir du 10 août 1646[3], à Paris où il travaille, avec d’autres peintres, dont Eustache Le Sueur et Herman Van Swanevelt, à la décoration de l’hôtel Lambert, ornant de paysages certains lambris de la « galerie de l’Amour ». Ces œuvres font aujourd’hui partie des collections du Louvre.

En avril et en juillet 1647, il est de nouveau mentionné à Amsterdam. Il s’y fixe comme peintre au 286 rue Singel dans une maison louée au maire Oetgens Antonie van Waveren, a Frederik de Moucheron pour élève[4] et, un an plus tard, y fait baptiser un enfant à la Nieuwe Kerk. Il semble avoir eu Rembrandt pour ami[5]. En mars 1651, Asselijn peint la percée de la digue Sint Antoniesdijk. Le 24 janvier 1652 il obtient ses lettres de bourgeoisie et peint, le 7 juillet, l’incendie du Paleis op de Dam. Le 28 septembre, il rédige son testament, et meurt quelques jours plus tard. Il est enterré le 3 octobre. Il était le frère ainé du dramaturge Thomas Asselijn.

Le Cygne menacé, v.1640-1650 (Rijksmuseum, Amsterdam).

Œuvre[modifier | modifier le code]

On connaît d’Asselyn notamment des scènes de genre, des scènes de batailles, des marines, des paysages. Dans ces derniers, on peut déceler une influence de Claude Lorrain, tandis que ses tableaux de batailles ou d’histoire imitent Pieter Van Laer. D’un point de vue technique, la couleur d’Asselyn est claire et transparente, sa touche libre et ferme, sa lumière chaude.

Il a également peint des représentations d’animaux ; sa peinture que l’on considère comme la plus célèbre[5] est Le Cygne menacé (De Bedreigde Zwaan), aujourd’hui conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam. Le tableau, qui représente un cygne défendant son nid de façon agressive, est devenu par la suite un symbole de résistance nationale ; on ignore cependant si telle était l’intention de départ du peintre[6]. On a pu, en particulier, y voir le symbole de Johan De Witt[7]. Plusieurs inscriptions ont été ajoutées par les propriétaires ultérieurs de l’œuvre : « Holland » sur l’un des œufs et « de vijand van de staat » (« l’ennemi de l’État ») près du chien qui menace le nid[8]. Certaines parties de l’œuvre sont traitées de façon moins réaliste que le cygne, comme les nuages bas, le chien, et les œufs qui manquent de relief[8] Selon les estimations, le tableau daterait des années 1640[7].

Les tableaux d’Asselyn étaient très estimés à Amsterdam et plusieurs, dont Ruines sur l’eau[9], font partie des collections de musées de cette ville. Le musée du Louvre possède trois toiles provenant des lambris de l’hôtel Lambert.

Gabriel Perelle a par ailleurs réalisé une série de gravures d’après des œuvres d’Asselyn. Il est à noter que Mur de la ville en hiver, un tableau de Willem Schellinks, a longtemps été attribué à Asselyn, jusqu’à ce qu’une restauration en fasse apparaitre le monogramme original[10].

Représentations[modifier | modifier le code]

Rembrandt a gravé un portrait d’Asselyn et, Frans Hals a fait de lui, en 1650, un portrait aujourd’hui au Szépmüvészeti Múzeum de Budapest.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Large Fleuve avec pont à voûtes, vers 1630, Munich, Alte Pinakothek.
  • Paysage avec une tour, huile sur toile de 72,3 × 42 cm provenant de l’hôtel Lambert, vers 1646, Paris, musée du Louvre, département des Peintures (inv. 984).
  • Paysage avec un troupeau traversant une rivière, huile sur toile de 65,7 × 88,2 cm provenant de l’hôtel Lambert, vers 1646, Paris, musée du Louvre, département des Peintures (inv. 985).
  • Ruine et Cabane de bergers, huile sur toile, 77,5 × 39,5 cm provenant de l’hôtel Lambert, vers 1646, Paris, musée du Louvre (inv. 986).
  • Paysage de ruines, bergers et bétail, 1648-1650, Académie des Beaux-Arts de Vienne.
  • Le Cygne menacé, huile, 144 × 171 cm, av. 1652, Rijksmuseum, Amsterdam.
  • Paysage italien avec les ruines d’un pont romain et un aqueduc, huile sur toile, Amsterdam, Rijksmuseum.
  • Ruines sur l’eau, huile sur panneau, 54,4 × 48 cm, date inconnue, Amsterdam, Rijksmuseum.
  • Entrée d’un château, et vue d’un autre château, au loin, (attribution), Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques ;
  • L’Arc de triomphe de Constantin, à Rome, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques ;
  • La Cour du château Valkhof, à Nimègue, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques ;
  • Le Temple de Vesta, à Tivoli, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques ;
  • Paysage au moulin à eau , Caen, musée des beaux-arts ;
  • Paysage avec ruines , Rennes, musée des beaux-arts ;
  • Paysage avec une tour, Paris, musée du Louvre, département des Peintures ;
  • Une masure, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques ;
  • Paysage à la tour, Nantes, musée des beaux-arts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cependant, Asselijn est la néerlandisation du patronyme Asselin, très fréquent dans le département de la Seine-Maritime.
  2. Rijksmuseum, Ruine au bord de l’eau en Italie.
  3. Journal intime de William Schellinks.
  4. Haak.
  5. a et b J.M. Nash (1972).
  6. Clark.
  7. a et b G.S. Keyes (2004).
  8. a et b Rijksmuseum, Le Cygne menacé.
  9. Reproduction de l’œuvre.
  10. Haak, p. 473.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rembrandt et son temps, catalogue d’exposition (Europalia 71), Bruxelles, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1971, p. 17.
  • (en) J. M. Nash, The Age of Rembrandt and Vermeer, Holt, Rinehart and Winston, 1972 (ISBN 0-03-091870-7), p. 241.
  • (en) Kenneth Clark, Animals and Man, William Morrow and Company, New York, 1977 (ISBN 0-688-03200-1), p. 98.
  • (en) Bob Haak, The Golden Age, Harry N. Abrams, New York, 1984 (ISBN 0-8109-0956-1), p. 471.
  • (en) George S. Keyes, Susan Donahue Kuretsky, Axel Rüger et al., Masters of Dutch Painting, The Detroit Institute of Arts, 2004 (ISBN 1904832040), p. 114.

Liens externes[modifier | modifier le code]