James de La Cloche

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James de La Cloche (1644? - 1669?) est un prétendu fils bâtard de Charles II d'Angleterre qui, après être entré dans un séminaire jésuite, aurait renoncé à l'état ecclésiastique et épousé une Napolitaine.

Son existence n'est pas démontrée et la filiation avec Charles II serait peu probable si la date de naissance de 1644 était correcte, puisque le roi n'avait que 14 ans à cette époque. James de la Cloche est surtout connu à travers les études de l'historien britannique Lord Acton. En 1862, celui-ci obtint une copie d'un manuscrit prétendument du père Boero qui aurait été conservé dans les archives des Jésuites à Rome. Il en tira la matière d'un article intitulé : The Secret History of Charles II (Histoire secrète de Charles II).

Selon ces documents, Charles II aurait eu un fils bâtard avec Marguerite de Carteret à Jersey en 1646. Officiellement, il fut donné pour fils du mari de Marguerite, Jean de La Cloche. Il aurait été élevé dans la religion protestante en France et aux Pays-Bas et utilisé le nom James de La Cloche du Bourg. Charles II l'aurait reconnu secrètement en 1665, lui allouant une pension annuelle de 500 livres, pour autant qu'il demeure à Londres et se convertisse à la religion anglicane. Apparemment, La Cloche s'exprimait principalement en français.

Jacobus de La Cloche entra dans un séminaire jésuite à Rome le 2 avril 1668, portant des habits ordinaires et se déclarant âgé de 24 ans. Il s'était converti au catholicisme à Hambourg en 1667. Il avait reçu de la reine Christine de Suède une preuve écrite de son lignage. Il fut accepté comme novice à Sant'Andrea du Quirinal le 11 avril.

La conversion de La Cloche au catholicisme n'avait apparemment pas ému Charles II puisqu'en 1668, Oliva, général des Jésuites, reçut une lettre dans laquelle le roi lui disait qu'il envisageait de se convertir. Il ne pouvait entrer en contact avec le clergé catholique sans éveiller de soupçons, mais son fils, un certain La Cloche, pouvait servir d'intermédiaire. S'il ne pouvait lui succéder, il pourrait lui obtenir le chapeau de cardinal. En août, une nouvelle lettre invitait La Cloche à rentrer en Angleterre sans parler à la reine Christine, qui devait se rendre à Rome. Le roi lui avait fait établir un passeport au nom d'Henri de Rohan. La Cloche se mit en route en octobre.

La lettre suivante, datée du 18 novembre 1668, indique que Charles II a renvoyé son fils à Rome pour être son ambassadeur officieux auprès du Saint-Siège et qu'il devrait retourner à Londres avec les réponses à des questions que le roi ne voulait faire faire que verbalement. Après cette lettre, plus aucune mention n'est faite de La Cloche.

Un James Stuart ou don Giacopo Stuardo fit son apparition à Naples en 1669. Le 19 février, il épousa Teresa Corona, fille d'un aubergiste, en remettant à son père 200 ducats en guise de dot. Quand le beau-père commença à dépenser l'argent, Stuart fut arrêté comme faux-monnayeur et déclara être un fils naturel de Charles II. Le vice-roi écrivit à Londres pour vérifier, tandis que Stuart, détenu au château de Gaète, appelait à l'aide le consul d'Angleterre, Browne. Mais à l'issue de ces démarches, Stuart fut transféré du château de Gaète à la prison de Vicaria, beaucoup moins confortable. Il fut finalement relâché. On suppose qu'il retourna en Angleterre et revint avec de l'argent. Il mourut le 31 août et, dans un testament confus, demanda à Charles II de donner à son enfant à naître une « principauté ordinaire » ou quelque chose d'approprié. Il nomma Marie Henriette Stuart comme sa mère. L'affaire fut mentionnée dans des gazettes du temps et dans les dépêches du consul d'Angleterre.

La veuve de Stuart donna naissance à un fils, Giacomo Stuardo, qui épousa Lucia Minelli di Riccia en 1711 et parvint à mettre la main sur une partie de l'héritage de son père. Il est mentionné pour la dernière fois en 1752.

Les historiens sont partagés sur le sujet. James de La Cloche pourrait avoir écrit lui-même de fausses lettres royales. Le testament pourrait avoir été fabriqué par la famille Corona. Il pourrait y avoir eu deux hommes se réclamant de la même filiation. Lord Action et le Père Boero pensent que le second était un imposteur. Boero suppose que La Cloche était retourné à Londres sous un autre nom. Lord Acton pense que Stuart pouvait avoir été au service de La Cloche et lui avoir volé de l'argent et des papiers.

Barnes, en 1908, et Marcel Pagnol ont défendu une identification entre l'Homme au masque de fer et James de La Cloche.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Giovanni Tarantino,«  Jacques de la Cloche : A Stuart Pretender in the Seventeenth Century », Archivum Historicum Societatis Iesu, LXXIII (Juin-Décembre 2004)