James Maybrick

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James Maybrick

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Portrait de James Maybrick

Naissance 1838
Décès 1889 (à 51 ans)
Pays de résidence Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Profession Négociant en coton
Conjoint
Florence Maybrick
(1862-1941)

James Maybrick était un négociant en coton anglais, né en 1838 et mort en 1889. Il est encore aujourd'hui suspecté d'être le tueur en série Jack l'Éventreur.

La vie[modifier | modifier le code]

James Maybrick naquit en 1838 dans une famille aisée. Il devint négociant en coton en reprenant la charge familiale, il semble même que ses affaires fussent florissantes. Toutefois, Maybrick n'était pas du genre à participer à la vie mondaine du Londres de la période victorienne.

En dépit de ses talents de négociant et de la prospérité de son commerce, Maybrick semblait traumatisé par certains éléments de sa vie. D'une part, il était consommateur d'opium et se droguait d'un mélange détonant d'arsenic et de strychnine supposé guérir sa malaria, contractée lors d'un voyage en Afrique lié à son activité professionnelle ; d'autre part, il endurait l'adultère de sa jeune femme Florence, de 24 ans sa cadette, tandis qu'il avait de son côté une maîtresse, avec qui il avait des enfants.

James Maybrick mourut en 1889, vraisemblablement empoisonné par sa femme (quoique certains membres de son entourage aient imputé son décès subit à sa dépendance chronique à l'opium et à une réaction produite par le « remède » qu'il absorbait depuis des années). Jugée, Florence Maybrick fut condamnée à mort par pendaison, mais graciée par la reine Victoria et vit sa peine commuée en 15 ans de réclusion ; elle quitta la prison en 1904.

Le journal intime de James Maybrick[modifier | modifier le code]

En 1991, dans un quartier ouvrier de Liverpool, un dénommé Michael Barrett reçut des mains d'un de ses amis (décédé peu après d'une crise cardiaque) un étrange cadeau. Il s'agissait d'un vieux manuscrit d'une soixantaine de pages. La lecture de ce manuscrit révéla le nom du diariste, un certain James Maybrick.

Ce journal intime (dont certaines pages avaient été arrachées et ne furent jamais retrouvées) montre un James Maybrick racontant avec un grand luxe de détails la commission des cinq meurtres imputés à Jack l'Éventreur.

Le journal fut confié par la suite à un laboratoire d'analyses et passé au microscope à balayage électronique. Cette analyse accréditerait le fait que le manuscrit était bien de l'époque victorienne.

L'authenticité du document reste douteuse pour la plupart des scientifiques qui s'accordent à dire que le journal est un canular fabriqué a posteriori[1].

En 1995 Michael Barret devait d'ailleurs confesser avoir fabriqué ce journal avant de se rétracter ce qui rajoute encore à la confusion concernant cette affaire[2].

La controverse[modifier | modifier le code]

Le journal de James Maybrick est-il donc la clé d'une des énigmes criminelles parmi les plus célèbres au monde ? La controverse demeure. En effet, de nombreux éléments accréditent la thèse selon laquelle Maybrick était bien le meurtrier, d'autres accréditent la thèse d'un Maybrick qui se projetterait dans la personnalité d'un tueur pour lequel il nourrissait une fascination morbide.

  • D'une part, la chronologie démontre que Maybrick était bien présent à Whitechapel lors des meurtres.
  • Après la mort de Maybrick, les crimes ont cessé, ce qui est aussi le cas de tous les Anglais morts au même moment que lui.
  • James Maybrick avait fait état, selon certains de ses partenaires d'affaires, d'une culture anatomique qui forçait leur admiration.
  • Lors du dernier meurtre, celui de Mary Jane Kelly, la police nota une inscription tracée sur le mur avec le sang de la victime. Cette inscription formait vaguement les lettres "F" et "M", initiales de "Florence Maybrick". Mary Jane Kelly était d'ailleurs sensiblement du même âge, la haine éprouvée par Maybrick pour son épouse serait-elle la raison des incroyables mutilations auxquelles s'est livré l'assassin sur le corps de sa dernière victime ?
  • Le journal de Maybrick fait état également d'un détail que la police n'avait pas livré à la presse: auprès du corps de Catherine Eddowes, les policiers trouvèrent une petite boîte de métal vide appartenant à la victime. Cet objet est mentionné dans le journal avec la précision qu'il était bien vide.

Pourtant, certains analystes, comme Stéphane Bourgoin, auteur du Petit Livre rouge de Jack l'Éventreur, rejettent la véracité du journal. Malgré l'authenticité de sa datation et de son auteur, Bourgoin nie la thèse de l'identité Maybrick/Jack l'Éventreur.

  • Maybrick avait 50 ans lors du premier meurtre ; or il est rarissime que ce type de criminel soit aussi âgé.
  • La personnalité complexe et torturée de Maybrick laissait une grande place à la fabulation ; aussi Bourgoin maintient que Maybrick n'a fait que se prendre par projection pour le meurtrier.
  • De plus, Maybrick se déplaçait assez difficilement et avait la vue basse. Or le meurtrier devait avoir la main sûre pour procéder à des mutilations aussi précises et aussi rapidement exécutées.

Maybrick est-il Jack l'Éventreur ?[modifier | modifier le code]

Une question qui suscite bien des débats, aujourd'hui encore. James Maybrick n'est à l'heure actuelle qu'un des nombreux suspects. Si certains sont convaincus de sa culpabilité, d'autres demeurent incrédules mais ne nient pas le fait que Maybrick, de par ses relations, eût pu connaître la véritable identité du meurtrier.

Le doute demeure sur une énigme criminelle dont le principal protagoniste est entré dans les annales de la criminalité, non pas par le nombre de ses victimes, ni par l'horreur de ses actes (bien qu'il ait atteint des sommets), mais plutôt par son mystère.

Petite bizarrerie : les deux premières lettres de son prénom suivi des deux dernières lettres de son nom forment également le mot Jack :: Ja(mes Maybri)ck.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dissertations: Maybrick Diary
  2. (en) Michael Barrett's Confessions