James Macpherson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Macpherson.
James Macpherson

James Macpherson, né le 27 octobre 1736 à Ruthven, mort le 17 février 1796 à Belleville House, est un poète écossais, connu comme le « traducteur » du cycle de poèmes d’Ossian.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il naît à Ruthven[Où ?] dans la paroisse de Kingussie, Badenoch, dans le comté d'Inverness, dans les Highlands. En 1753, il entre au King's College d'Aberdeen, avant d'être envoyé deux ans après au Marischal College (les deux institutions sont devenues plus tard l'université d'Aberdeen). Puis il passe une année à Édimbourg, mais on ignore s'il y a étudié à l'université. On dit qu'il a écrit plus de 4 000 vers quand il était étudiant, mais une petite partie seulement a été publiée, particulièrement The Highlander (1758), dont on dit qu'il a tenté par la suite de le faire disparaître.

Collecte de poésie gaélique écossaise[modifier | modifier le code]

En sortant d'université, il rentre à Ruthven pour y enseigner à l'école. À Moffat, il rencontre John Home, l'auteur de Douglas, pour lequel il récite de mémoire plusieurs vers gaéliques. Il lui montre également des manuscrits de poésie gaélique, censés venir des Highlands et des îles, et, encouragé par Home et d'autres, il traduit plusieurs morceaux, qui sont édités à Édimbourg en 1760 dans le recueil Fragments de l'Ancienne Poésie collectés dans les montagnes d'Écosse. Le Dr Hugh Blair, qui est un ferme partisan de l'authenticité de ces poèmes, ouvre une souscription pour permettre à Macpherson de poursuivre ses recherches.

Durant l'automne, il se met à visiter l'ouest du comté d'Inverness, les îles de Skye, North Uist, South Uist et Benbecula. Il obtient des manuscrits qu'il traduit avec l'assistance du capitaine Morrison et du révérend A. Gallie. Plus tard, dans la même année, il monte une expédition vers l'île de Mull, Argyll, où il obtient d'autres manuscrits.

Ossian[modifier | modifier le code]

En 1761, il annonce la découverte d'une épopée sur le thème de Fingal (lié dans la mythologie irlandaise au personnage de Finn Mac Cumaill) écrite par Ossian (basé sur le fils de Finn, Oisín), et, en décembre, il publie Fingal, un Ancien Poème épique en six livres, ainsi que plusieurs autres poèmes composés par Ossian, le fils de Fingal, traduit de la langue gaélique, écrit dans une prose aux cadences musicales dont il avait déjà fait usage dans son précédent volume. Temora suit en 1763, et une édition complète des Œuvres d'Ossian paraît en 1765. Le nom de Fingal, ou Fionnghall signifie « l'étranger blanc »[1] ; il a été suggéré que le nom de Fingal serait un dérivé du nom qui, en vieux gaélique, renvoie à Finn[2].

L'authenticité de ces prétendues traductions d'œuvres d'un barde du IIIe siècle a aussitôt été mise en doute en Angleterre qui veut placer les sources de sa nation dans le monde gréco-romain et non chez les celtes, et le Dr. Samuel Johnson, après plusieurs enquêtes locales, affirme (dans Un Voyage aux Îles occidentales d'Écosse (1775), que Macpherson a trouvé des fragments d'anciens poèmes et histoires, qu'il a organisé dans une romance de sa propre composition. Macpherson n'a jamais produit ses originaux, qu'il s'est refusé à publier en raison de la dépense. Les chercheurs modernes tendent à confirmer les assertions de Johnson.

Dernières œuvres[modifier | modifier le code]

En 1764, Macpherson devient secrétaire du général Johnstone à Pensacola, en Floride. Quand il rentre, deux ans après, en Grande-Bretagne, après une querelle avec Johnstone, il obtient que son salaire soit maintenu sous la forme d'une pension. Il continue à écrire divers ouvrages historiques, le plus important étant Papiers originaux, contenant l'Histoire secrète de la Grande-Bretagne de la Restauration à l'Accession au trône de la Maison de Hanovre, avec en en-tête des Extraits de la Vie de Jacques II de sa main (1775). Il reçoit un salaire pour défendre la politique du gouvernement de Lord North et tient le poste lucratif d'agent de Muhammad Ali, nabab d'Arkât. Il entre à la Chambre des communes en 1780, comme député de Camelford, où il siège jusqu'à sa mort. Dans ses dernières années, il achète un domaine, auquel il donne le nom de Belville, dans son comté natal d'Inverness, où il meurt.

Legs[modifier | modifier le code]

Après la mort de Macpherson, Malcolm Laing, dans un appendice à son Histoire d'Écosse (1800), a émis l'idée extrême que les supposés poèmes d'Ossian avaient une origine purement moderne et que les assertions de Macpherson ne se fondaient pratiquement sur aucune autorité. Macpherson a certainement créé plusieurs éléments, et il confond des histoires appartenant à des cycles différents. Malgré le caractère douteux de l'opération, il doit être considéré comme l'un des plus grands écrivains écossais. En dépit de la variété des sources et du fait qu'il ne s'agit nullement de la traduction de véritables poèmes gaéliques, il est à l'origine d'un mouvement poétique pré-romantique, l'ossianisme qui, par sa profonde admiration de la beauté naturelle et la sensibilité mélancolique de son traitement de l'ancienne légende, a influencé plus qu'aucune autre œuvre le mouvement romantique à travers l'Europe, particulièrement sur la littérature allemande. L'ouvrage est rapidement traduit dans de nombreuses langues européennes; Herder et Goethe (dans sa première période) ont exprimé une vive admiration à son égard. Goethe incorpore sa traduction d'une partie de l'œuvre dans son roman Les Souffrances du jeune Werther. La traduction italienne de Melchiore Cesarotti était l'un des livres favoris de Napoléon Bonaparte.

La « grotte de Fingal », sur l'île de Staffa, tire son nom de l'œuvre de Macpherson. Le nom gaélique original est An Uamh Bhin - « la grotte mélodieuse », mais elle a été renommée par Sir Joseph Banks en 1772, au sommet de la popularité de Macpherson[3],[4].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Derrière le nom : le nom apparent : Fingal
  2. (en) Notes à la première édition
  3. Elizabeth Bray, The Discovery of the Hebrides: Voyages to the Western Isles 1745-1883, Édimbourg, Birlinn, 1996.
  4. Hamish Haswell-Smith, The Scottish Islands, Édimbourg, Canongate, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]