James Mackintosh

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James Mackintosh

Sir James Mackintosh (né le 24 octobre 1765 à Aldourie, près d'Inverness, Écosse - mort le 30 mai 1832) était un médecin, philosophe, journaliste, juge et homme politique britannique de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle, considéré comme l'un des esprits les plus cultivés de son temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de James Mackintosh descendaient tous deux de vieilles familles des Highlands. Sa mère mourut alors qu'il était encore enfant. Son père voyageant fréquemment à l'étranger, il fut élevé par sa grand-mère. Il commença ses études à la Fortrose Seminary academy.

En 1780, âgé de quinze ans, il vint poursuivre ses études au King’s College d'Aberdeen, où il noua une amitié qui dura toute leur vie avec Robert Hall, qui devint plus tard un célèbre prédicateur.

En 1784, il commence à étudier la médecine à l'Université d'Édimbourg. Il prend une part active à l'agitation intellectuelle de l'époque, sans jamais négliger ses études médicales. Il y rencontre l'écrivain et homme politique français Benjamin Constant, qui l'évoque dans son récit autobiographique Le Cahier rouge. Il obtint son diplôme en 1787.

En 1788, Mackintosh s'installe à Londres, alors agitée par le procès de Warren Hastings et les premiers signes de folie du roi George III. Il était plus intéressé par ces évènements et autres activités politiques que par son avenir professionnel. Son attention a été particulièrement dirigée vers les événements qui ont été la cause ou ont précédé la Révolution en France.

En 1789, il épousa Catherine Stuart, dont le frère Daniel devint plus tard l'éditeur du Morning Post. Ils eurent un fils, qui mourut en bas âge, et trois filles :

La prudence de sa femme contrastait avec le tempérament imprévisible de Mackintosh. Mais, ses tentatives dans le journalisme devinrent rapidement assez profitables.

Mackintosh fut très vite préoccupé par la question de l'époque : la Révolution française. Le 17 mai 1791, après une longue méditation, il publia ses Vindiciae Gallicae, qui constituent une réponse aux Réflexions sur la Révolution française d'Edmund Burke, publiées l'année précédente. Ce fut la seule réponse que Burke daigna considérer. Ses Vindiciæ Gallicæ exprimaient le point de vue philosophique d'un Libéral sur les évènement de la Révolution française jusqu'au printemps 1791. Les excès des Révolutionnaires l'amenèrent quelques années plus tard à s'opposer à eux et à rejoindre Burke dans sa critique, mais sa défense initiale des droits de l'homme constitue un témoignage valable du point de vue d'un Whig cultivé à cette époque. Elles placèrent leur auteur au premier rang des écrivains politiques européens, et lui gagnèrent l'amitié de quelques-uns des hommes les plus distingués du temps, dont Burke lui-même. Il fut proclamé citoyen français par l’Assemblée nationale législative le 26 août 1792[1]. Le succès des Vindiciae décida finalement Mackintosh à abandonner la médecine pour la profession de juge, qu'il embrassa en 1795, acquérant rapidement une considérable réputation, tout en s'attachant à conserver une pratique de tolérance.

En 1797, sa femme mourut, et l'année suivante, il épousa Catherine Allen, belle-sœur de Josiah et John Wedgwood, par lesquels il introduisit Coleridge au Morning Post. Avec elle, il eut Frances Emma Elizabeth Mackintosh qui épousa en 1832 Hensleigh Wedgwood.

En tant que juriste, ses plus grandes manifestations publiques furent ses cours (1799) au Lincoln's Inn sur « La loi de nature et les nations », dont la leçon inaugurale fut publiée, et lui apporta une notoriété supplémentaire, qui lui permit d'ouvrir bien des portes dans la suite de sa carrière.

Mackintosh acquit encore plus de célébrité en 1803 avec son discours pour défendre Jean Gabriel Peltier, un réfugié français, contre lequel un libelle, inspiré par Napoléon - alors Premier consul - avait été publié. Il fut largement diffusé en anglais, mais aussi à travers l'Europe, dans une traduction française due à Madame de Staël. Cette même année 1803, James Mackintosh est anobli et est fait chevalier.

Nommé Recorder (juge principal) de Bombay, en Inde, il prend son poste en 1804. Il ne se sentait pas bien en Inde, où il tomba malade, et il fut heureux de quitter ce pays pour rentrer au Royaume-Uni en novembre 1811.

En juillet 1813, il entre au Parlement en tant que député Whig du district de Nairn. Il restera député — par la suite du district de Knaresborough, dans le Yorkshire — jusqu'à sa mort. Sa carrière parlementaire fut marquée par le même large et candide libéralisme que sa vie privée. Il s'opposa aux mesures réactionnaires du gouvernement Tory, soutint Samuel Romilly dans ses efforts pour réformer le Code pénal et ensuite lui succéda, et prit une part importante à la fois dans l'émancipation des Catholiques et dans l'adoption du Reform Bill.

Dans la société londonienne, comme à Paris, lors de ses visites occasionnelles en France, il était apprécié pour sa sagesse et son grand pouvoir de conversation. Lors de la visite de Madame de Staël, il fut le seul Britannique capable de représenter dignement son pays en parlant avec elle.

De 1818 à 1824, il fut professeur de droit et de science politique au East India Company's College à Haileybury.

James Mackintosh est devenu membre de la Royal Society le 11 novembre 1813.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1791 : Vindiciæ Gallicæ.
  • 1830 : Dissertation sur la Philosophie éthique.
  • 1831 : Histoire de l'Angleterre.
  • 1834 : Causes de la Révolution de 1688, (commencé en 1811-12, inachevé, édité par William Wallace après la mort de Mackintosh).
  • 1846 : Œuvres complètes.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Vindiciæ Gallicæ
    • « Diffuser la connaissance, c'est se rendre soi-même immortel ».
    • « Les Communes, fidèles à leur système, restent dans une sage et magistrale inactivité ».
    • « L'autorité d'une populace corrompue et tumultueuse doit plutôt être considérée comme une ochlocratie qu'une démocratie, comme le despotisme de la cohue, et non le gouvernement du peuple ».
  • Dissertation sur la Philosophie éthique
    • « Le travail frivole d'oisifs impeccables ».
    • « Il est bon d'être satisfait de ce que l'on a, jamais de ce que nous sommes ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 26 août 1792.