James Dewey Watson

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James D. Watson
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James Dewey Watson

Naissance (96 ans)
Chicago (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Domaines Génétique
Biochimie
Institutions Cold Spring Harbor Laboratory
Université Harvard
Université de Cambridge
National Institutes of Health
Diplôme Université de Chicago
Université de l'Indiana
Renommé pour Structure de la molécule d'ADN
Distinctions Prix Nobel de physiologie ou médecine (1962)
Médaille Copley (1993)
Signature de James D. Watson

James Dewey Watson (né le à Chicago) est un généticien et biochimiste américain, codécouvreur de la structure de l'ADN. Il a obtenu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1962 pour cette découverte.

Codécouvreur de la structure de l'ADN

James Watson fait des études d'ornithologie et de biologie à l'université de l'Indiana, et soutient sa thèse en 1950. Ensuite, sur les conseils d'un professeur, il se rend à Copenhague pour s'initier aux méthodes de la biochimie. La même année, il assiste à Naples à un congrès et y rencontre Maurice Wilkins qui présente les premiers clichés de diffraction des rayons X de l'ADN. C'est l'époque où l'on suggère que l'ADN est le support de l'information génétique, alors que l'on croyait que les gènes étaient de nature protéique.

James Watson, qui a vingt-trois ans, s'attaque alors à la structure des acides nucléiques. À l'automne de 1951, il vient à Cambridge, au laboratoire de cristallographie, et rejoint un groupe de chimistes et de cristallographes de renom. Il commence à étudier l'ARN et montre qu'il a une structure hélicoïdale. Puis, il s'attache à élucider la structure de l'ADN. Les deux clés de ce problème seront : d'une part, la structure hélicoïdale ; d'autre part, l'observation que la structure chimique de l'ADN est composée de quatre bases puriques et pyrimidiques (A, T, G, et C), et que les deux paires de bases A-T et G-C ont des structures complémentaires sur le plan stérique. Cette nouvelle notion, ajoutée à celle d'une structure hélicoïdale, leur permet d'élaborer un modèle de structure en double hélice. Cette découverte n'aurait pu se faire sans les clichés de diffraction aux rayons X effectués par Rosalind Franklin.

Watson et Crick sont guidés vers leur découverte par celle – partiellement erronée – de Linus Pauling sur la structure hélicoïdale de la molécule d'ADN et par celle d'Erwin Chargaff sur les bases puriques et pyrimidiques[1]

Le 25 avril 1953 la revue Nature publie trois articles, respectivement de Watson et Crick, de Maurice Wilkins et de Rosalind Franklin. L'article de Watson et Crick, écrit sur une seule page en un langage clair et précis, qui plus est renforcé par le schéma de la double hélice, emporte l'adhésion de la communauté scientifique. Le retentissement de la publication est d'emblée considérable. Grâce à la cristallographie, Wilkins confirme immédiatement la structure de l'ADN modélisée par Watson et Crick : en mai 1953 un second article paraît qui vient ancrer ce nouveau modèle[2].

Cette découverte, l'un des événements scientifiques majeurs du XXe siècle, a bouleversé la biochimie et ouvert la voie à une discipline nouvelle, la biologie moléculaire. Le prix Nobel de médecine fut décerné en octobre 1962 à James Watson ainsi qu'à Maurice Wilkins et Francis Crick, ses compagnons de recherche.

Bien qu'ayant eu un rôle considérable dans les résultats des recherches de ses collègues, Rosalind Franklin, quant à elle, fut largement ignorée sur ces travaux.

Devenu professeur de biologie à Harvard en 1961, Watson s'intéresse ensuite à une enzyme : l'ARN polymérase qui synthétise l'ARN messager à partir de l'ADN.

En 2014, se plaignant d'être devenu un "non-être" depuis un entretien accordé au Sunday Times en 2007[3], il décide de vendre aux enchères sa médaille Nobel qui est achetée par Alicher Ousmanov, l'homme le plus riche de Russie, pour 4,75 millions de dollars. Celui-ci rend la médaille à James Watson en expliquant : « Une situation dans laquelle un scientifique remarquable vend la médaille qui récompense ses réussites est pour moi inacceptable ». Il ajoute espérer que le produit de la vente sera transmis à des instituts de recherche[4].

Postes universitaires et scientifiques

Depuis 1968, Watson fut à la direction du Cold Spring Harbor Laboratory (en), situé sur l'île de Long Island dans l'État de New York et à proximité duquel il a établi sa résidence depuis 1974. À partir de 1994, la direction du centre fut assurée par Bruce Stillman qui, en 2003, remplaça au poste de président Watson nommé chancelier.

Watson fut directeur du projet génome humain de 1988 à 1992. Il quitta ce poste à la suite d'un différend avec l'organisme de tutelle, les NIH, portant sur son refus de voir breveter les séquences du génome humain. Néanmoins, en reconnaissance de son œuvre scientifique, il deviendra le premier être humain dont l'intégralité du génome fut séquencé. Il reçut lors d'une cérémonie le , un DVD portant son génotype qu'il a depuis fait mettre en accès libre sur son site web [3].

James Watson est lauréat de la médaille Copley en 1993.

Polémique sur l'inégalité des ethnies

James Dewey Watson à la conférence TED en 2005

Le 14 octobre 2007, il a tenu des propos racialistes dans les colonnes du journal britannique le Sunday Times[5]. Il y déclara qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l'avenir de l'Afrique » parce que « toutes nos politiques d'aide sont fondées sur le fait que leur intelligence [celles des Africains] est la même que la nôtre [Occidentaux, ndlr] alors que tous les tests disent que ce n'est pas vraiment le cas » [6] et poursuivant sur ses propos, il indique que « son espoir est que tous les hommes soient égaux » mais il répond que « les gens qui ont eu affaire à des employés noirs se sont rendu compte que ce n’est pas vrai »[7],[8]. Le biologiste Steven Rose a répondu dans The Independent le mercredi suivant que si « Watson connaissait la littérature sur le sujet, il aurait su qu’il est en dehors de sa profondeur scientifique » et que Watson était un habitué de tels scandales car il lui connaissait des propos similaires sur les femmes[7]. Il aurait ainsi déclaré concernant les manipulations génétiques que «  les gens disent qu'il serait horrible qu'on puisse faire en sorte que toutes les filles soient jolies. Moi je trouve que ce serait super »[9].

Le 9 décembre 2007, le Sunday Times publiait une étude scandinave affirmant que l'ADN de Watson comportait 16 % de gènes légués par des ancêtres noirs et 9 % par des aïeux asiatiques[10].

Dans son dernier ouvrage datant de 2007, on retrouve une réponse de James Watson concernant cette polémique : « Il n'y a aucune raison de s'attendre à ce que les capacités intellectuelles de peuples séparés géographiquement dans leur évolution aient évolué de manière identique. Notre volonté de distribuer des pouvoirs intellectuels égaux, comme une sorte de dotation universelle, cette volonté ne sera pas suffisante pour qu'il en soit ainsi. » Tiré de Évitez les gens ennuyeux, 2007.

À la suite de ses déclarations du 14 octobre 2007, il a été suspendu des fonctions qu'il exerçait dans un laboratoire de l'Institut de recherches de Cold Spring Harbor (Long Island)[11], puis mis en retraite.

Polémique sur l'homosexualité

Il déclara en 1997 à un journal britannique qu’« une femme doit pouvoir avorter si son enfant est testé homosexuel », puis s'était ravisé à la suite du mouvement de polémique soulevé dans le monde entier[7],[12].

Bibliographie

  • La Double Hélice (en) de James Watson (1968) : Le récit personnel de James Watson où il décrit les antagonismes et les coopérations entre chercheurs, comment toutes les fausses pistes sont abandonnées pour trouver enfin une théorie possible. Il lui est beaucoup reproché, dans ce livre, d'avoir minimisé voire passé sous silence le rôle de Rosalind Franklin dans cette découverte.
  • « La molécule d'ADN à la forme d'une double hélice » : chapitre 19 du site Il était une fois ... l'ADN. Ce chapitre contient une animation décrivant les expériences qui ont permis de découvrir la structure en forme de double hélice de l'ADN, des interviews vidéos de J.D. Watson et une biographie.

Notes et références

  1. Gérard Lambert, La légende des gènes - Anatomie d'un mythe moderne, Dunod, 2006 (deuxième édition), P. 81
  2. Gérard Lambert, La légende des gènes - Anatomie d'un mythe moderne, Dunod, 2006 (deuxième édition), P. 84
  3. (en) Scientist Watson sells Nobel medal, thecourier.co.uk, 29 novembre 2014
  4. L'homme le plus riche de Russie va rendre à James Watson sa médaille Nobel, lefigaro.fr, 10 décembre 2014
  5. Article du Sunday Times [1]
  6. Texte original : « all our social policies are based on the fact that their intelligence is the same as ours – whereas all the testing says not really », texte traduit par AP : [2]
  7. a b et c « Raciste mon cher Watson », Libération, 17 octobre 2007.
  8. Polémique outre-Manche après les propos racistes du pionnier de l'ADN, Le Monde du 18 octobre 2007.
  9. Cité in « Le scandale né des propos racistes du prix Nobel James Watson s'amplifie », Le Monde, 20 octobre 2007.
  10. Humanité - Une seule race, mais sept groupes biologiques Le Point, 28 février 2008
  11. Le Monde, op. cit.
  12. « Un Nobel de médecine crée une polémique sur l'intelligence des Africains », dépêche Agence France-Presse, 18 octobre 2007

Voir aussi

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Article connexe

Liens externes