Jahbulon

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Le mot « Jahbulon », parfois orthographié « Jabulon » ou « Yahbulon », apparaît dans certains rituels de hauts grades maçonniques. Son origine et sa signification exacte ont été à l'origine de controverses.

En Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Il semble que le mot « Jahbulon » apparaisse pour la première fois en franc-maçonnerie en France, au début du XVIIIe siècle, dans l'une des premières versions de la légende maçonnique de l'Arche Royale[1]. Il s'agit alors du nom du personnage (dénommé « Jabulum » ou « Guibulum » dans les versions ultérieures de cette légende[2]) qui explore les ruines d'un ancien temple.

Dans la version anglaise de cette légende symbolique, le mot « Jahbulon » deviendra un nom mystérieux, gravé à côté du tétragramme divin sur une plaque découverte par l'explorateur des ruines.

Ce grade, accompagné de la version anglaise de la légende, deviendra par la suite le 7ème degré du Rite d'York (« Royal Arch »), alors que dans sa version française il deviendra le 13ème degré du Rite écossais ancien et accepté (« Arche Royale »).

Recherches sur l'origine et la signification du mot[modifier | modifier le code]

  • Différents auteurs [Qui ?] ont cherché l'origine de ce nom dans une translittération du mot biblique « Jahbulon » (ביה) qui serait l'un des noms de Dieu[réf. souhaitée].
  • Selon le révérent Canon Richard Tydeman[3], le mot serait composé de trois termes hébreux:
    • יהּ (Yah, « Je suis »)
    • בּעל (bul, « au Ciel »)
    • און (on, « en force »)
  • Des rapprochements ont été également faits avec les noms des trois assassins de certaines versions de la légende d'Hiram, dénommés dans certains pays « Jubela », « Jubelo » et « Jubelum » ou dans d'autres « Giblon », « Giblas » et « Giblos ».
  • Le mot Jabulum pourrait venir de l'hébreu Yaba’al’am (׳בצלצמ) qui pourrait être traduit par « Yah est le seigneur du peuple »[4].
  • Le mot Guibulum pourrait venir du mot « Ghiblim », présent dans la Bible et signifiant "maçon".
  • Enfin, le pasteur anglican Walton Hannah, dans son livre Darkness Visible : A Christian Appraisal of Freemasonry (1952) affirma que le mot Jahbulon, décomposé en Yah-Bul-On dans certains rituels anglais[5], signifiait Jéhovah-Baal-Osiris.

Antimaçonnisme et controverses religieuses[modifier | modifier le code]

L'interprétation de Walton Hannah (Jéhovah-Baal-Osiris) fut reprise par la suite par l'écrivain anglais Stephen Knight, dans son ouvrage The Brotherhood (1984). Elle sera reprise encore plus tard par le révérend John Ankerberg et le docteur John Weldon dans The Secret Teachings of the Masonic Lodge. A Christian Perspective (1989). Selon ces auteurs et malgré les démentis des obédiences maçonniques, « Jahbulon » serait ainsi le nom du dieu des francs-maçons, supposé différent du dieu des religions abrahamiques. Il s'agirait là d'un secret inconnu de la masse des francs-maçons et connu des seuls initiés des hauts grades.

En s'appuyant sur les affirmations de Walton Hannah et de Stephen Knight, différentes églises protestantes du monde anglo-américain ont condamné ou renforcé leurs condamnations de la franc-maçonnerie.

Ainsi en 1985, la conférence annuelle des églises méthodistes déclara que la franc-maçonnerie, société secrète, affirmait détenir des connaissances réservées à ses adeptes, dont le Nom caché de Dieu, révélé dans le rituel de l'Arche Royale. Cet enseignement relevant du syncrétisme par ses emprunts à diverses traditions religieuses, et méconnaissant le caractère unique de la révélation chrétienne, la conférence déconseillait à ses fidèles de devenir francs-maçons[6].

En 1987, l'Église d'Angleterre publia un rapport intitulé « Freemasonry and Christianity - Are they compatible? - A contribution to discussion » concluant qu'une partie du rituel de l'Arche Royale était blasphématoire et reprochant à la franc-maçonnerie en général d'être syncrétique, gnostique, pélagienne, déiste et indifférente aux affirmations du christianisme. Ce rapport fut débattu au Synode, qui se contenta finalement d'appeler ses fidèles à la plus grande prudence sans pour autaut leur interdire d'entrer en franc-maçonnerie. La Grande Loge unie d'Angleterre n'en décida pas moins d'enlever de ses rituels le mot litigieux « Jahbulon »[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Jahbulon » (voir la liste des auteurs)
  • (en) Aldridge, Alan (2000). Religion in the Contemporary World: A Sociological Introduction, p. 22. Polity Press. ISBN 0-7456-2083-3
  • (en) Weir, Rev. Thomas E., Ph.D. (1991) "Masonry and Religion" in Transactions of A. Douglas Smith, Jr. Lodge of Research #1949, AF&AM, Vol. 2, 1988-1992.
  • "Un chrétien peut-il être franc-maçon", E.M. Storms, Editions l'Oasis, page 15.
  • "La signification des mots hébreux en franc-maçonnerie", X. Tacchella, Maison de Vie éditeur, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Naudon, Histoire, Rituels et Tuileur des Haut Grades Maçonniques (Paris: Dervy, 1993), pp. 315-318.
  2. Irène Mainguy, Symbolique des Grades de Perfection et des Ordres de Sagesse, Dervy,‎ 2006 (ISBN 2-84454-224-7) page 367
  3. An Historical Address to Grand Chapter [of England], The Rev’d Canon Richard Tydeman, Grand Chapter Proceedings, 13 Novembre 1985.
  4. Dictionnaire du rite écossais ancien et accepté, Michel Saint-Gall, Teletes, 1999
  5. Le même mot était décomposé en Ja-bu-lon dans d'anciens rituels français.
  6. Conférence prononcée par Monsieur Pierre Noël à l'École pratique des hautes études, décembre 2008
  7. Elle supprima par la même occasion les pénalités symboliques traditionnelles des serments, de crainte qu'elles ne donnent lieu à d'autres critiques.