Jaguar XJ

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Jaguar XJ Mk III ni Jaguar X351.
Jaguar XJ
Jaguar XJ
Jaguar XJ Coupé - Série 2

Marque Jaguar
Années de production 1968 -
Émission de CO2 287 à 305[1] g/km
Poupe d'une Jaguar XJ 4.2 C (série 2).
Jaguar XJ40 (1989)
Jaguar XJR 2006-2007

La Jaguar XJ (nom qu'avait donné Sir Lyon pour eXperimantal Jaguar) est une série de modèles produit par la marque anglaise d'automobiles de luxe Jaguar.

X ainsi que ses chiffres n'est que l'appellation d'usine.

Historique[modifier | modifier le code]

Série 1[modifier | modifier le code]

La première XJ apparaît au Salon de Paris 1968 mais c’est dès 1962 qu’un investissement colossal est effectué pour cette auto qui a pour ambition de renouveler la gamme Jaguar. Elle allie modernisme, tradition, confort et offre une bonne tenue de route. Sa ligne due à William Lyons concilie pureté et classicisme.

Les moteurs disponibles appartiennent à la famille XK et sont déclinés en deux cylindrées, 2,8 l et 4,2 l, avec un choix de transmissions manuelles avec ou sans overdrive, ou automatique. La XJ se décline sous la marque Daimler dès 1969 : elle se reconnaît à sa calandre nervurée en son sommet et à son intérieur plus luxueux : c’est la « Sovereign ». En juillet 1972, la Jaguar XJ12 (Double six chez Daimler) est présentée équipée du moteur V12 de la TypeE S3. Et à l’automne une carrosserie à empattement long (+10 cm) est proposée pour les XJ 6 et XJ12 (mais celles-ci ne sont pas livrées en France).

Série 2[modifier | modifier le code]

À l’automne 1973, un nouvel habillage apparaît, la « Série 1 » laisse sa place à la « Série 2 » reconnaissable entre autres à son pare-chocs avant rehaussé, à son entourage de calandre proéminent et à une nouvelle planche de bord. La motorisation 2,8 l n’est plus au catalogue. Les deux carrosseries (châssis court et long) restent disponibles jusqu’à l’automne 1974, puis les berlines à châssis court disparaissent progressivement. Les berlines « longues » (XJ6L) font leur apparition en France alors qu’au même moment les Daimler six cylindres cessent d'être importées. En fin d’année 1974, les XJ6 et XJ 12 coupé, reprenant le châssis court, sont proposées (un an après leur présentation au Salon automobile de Francfort 1973, du fait d’une mise au point difficile). Elles seront retirées du catalogue dès la fin 1977, ce qui en fait des autos rares, voire très rares sous la marque Daimler (9,378 seulement furent construites). Au printemps 1975, présentation des berlines (châssis long) à moteur 3,4 l qui sont réservées au marché britannique. Cette même année, les carburateurs font place à une injection Lucas Bosch (D-Jetronic) sur le V12.

Série 3[modifier | modifier le code]

Au mois de mars 1979 apparaît la XJ « Série 3 » à la carrosserie retouchée ; elle ne reprend pratiquement aucun embouti de l’ancienne caisse même si l’aspect général reste semblable. La liste des modifications est longue : pavillon plus fuyant, pare-brise plus incliné, déflecteurs aux portes avant supprimés, poignées encastrées, pare-chocs massifs et nouvelle calandre. D’importantes modifications sur le V12 apparaissent pendant l’été 1981, c’est le HE (High Efficiency) avec culasses à toit en pente Fireball-May. À l’automne 1982, la finition Sovereign, en 6 et 12 cylindres est désormais distribuée sous la marque Jaguar et le label Daimler ne s’applique plus qu’à la très luxueuse Vanden Plas HE. La console centrale est remaniée avec un ordinateur de bord et un habillage différent. En 1981, les placages bois font leur réapparition sur les contre-portes de tous les modèles.

XJ40[modifier | modifier le code]

En octobre 1986, la XJ6 « Série 3 » est remplacée par la nouvelle génération de XJ dénommée XJ40, qui reçoit un moteur entièrement nouveau, l'AJ6, un 6 cylindres en ligne à double arbre à cames en tête et 24 soupapes, géré entièrement par l'électronique, apparu dès 1983 sur la XJS (XJ27). Les versions 12 cylindres doivent se satisfaire de l'ancienne carrosserie (série 3) jusqu'en 1992. La XJ40 poursuit sa carrière jusqu'en 1994. En 1990, la cylindrée de l'AJ6 est portée de 3.6 l à 4.0l. Le 2.9 l disparaît au profit du 3.2 l qui offre à peu près le même couple et la même puissance que l'ancien 3.6 l. Elle subit une refonte assez importante, bien que peu perceptible de l'extérieur, avec l'année-modèle 1993. C'est en 1993 que le V12 peut enfin être installé dans la XJ40, dont le compartiment moteur a été largement modifié à cet effet. Elle prend alors le nom de XJ81. Une rare version longue a été produite à cette même période, nommée Majestic [1], elle a été produite à 121 exemplaires seulement. Elle ne doit pas être confondue avec la Majestic produite à un peu plus de 500 exemplaires pour le marché nord américain en 1990 puis en 1992, sur la base de la berline normale, avec une finition spécifique.

X300, X308, X350 et X358[modifier | modifier le code]

En 1994, la XJ40 est remplacée par la X300, qui s'en distingue surtout par des retouches esthétiques, et dont la fabrication se poursuit jusqu'en 1997. La X300 est la dernière des grandes Jaguar à recevoir un 6 cylindres en ligne. Les modèles qui vont lui succéder (X308 et X350) seront équipés de V8 et de V6. La X358 est un restyling de la X350, avec une nouvelle calandre, un nouveau bouclier avant, et quelques détails d'équipement. On peut estimer que la série des X300 représente l'évolution ultime du dernier dessin du fondateur de la marque.

Les différents aspects techniques[modifier | modifier le code]

Moteurs succèssifs de la XJ[modifier | modifier le code]

Le 6 cylindres "XK"

Les séries 1, 2 et 3 reçoivent le moteur de la série XK, en version 2.8, 3.4 ou 4.2. C'est le 4.2 qui sera le plus répandu. Un nouvel habillage est inauguré : les "cache-arbres" n'étant plus en aluminium poli, mais en alliage coulé strié. Une de ses particularités sont les chambres de combustion désaxées, disposition un peu aberrante sur le papier, mais sans conséquence à l'usage.

Le 4.2 litre est une évolution du 3.8 par augmentation de l'alésage, il apparaît sur la E type et la Mk X en 1964 et poursuivra sa carrière sur la XJ6 jusqu'en 1986. La curiosité de ce moteur réside dans la conservation des culasses du 3,8. Ce moteur délivre entre 245 et 265 ch à 5 500 tr/min.

La versatilité et la longévité de ce moteur sont étonnantes, puis qu'apparu en 1948 sur la Jaguar XK120, il a perduré jusqu'en 1986 sur la XJ 6 série 3. Il est capable aussi bien de remporter les 24 heures du Mans à plusieurs reprises dans les années 1950 que de propulser rapidement de somptueuses berlines.

Le 12 cylindres

Ce moteur a été étrenné sur la type E série 3. C'est un V12 à 60°, le bloc moteur est en alliage léger à chemise humide. Sa cylindrée est de 5 343 cm3. Sa puissance évolue de 253 ch DIN à 300 ch DIN en version injection en 1981 (HE avec culasses Fireball-May). Le couple varie de 41,2 m·kg DIN à 3 500 tr/min à 45 m·kg DIN suivant les versions.

Le six cylindres AJ6 puis AJ16

Avec la XJ40 de 1986, apparaît l'AJ6, un moteur totalement nouveau, mais toujours un 6 cylindres en ligne, à l'origine un 3.6 qui passe en 1991 à 4.0 (le 3.2 est un dérivé à course courte du 4 litres). L'AJ6, entièrement géré par l'électronique, se révèlera robuste et peu gourmand. Il sera conservé sur la X300.

Le V8 d'origine Ford

C'est en 1998 avec la X308 que Jaguar abandonne le 6 cylindres en ligne. La nouvelle XJ possède un petit V8, plus compact que le 6 cylindres en ligne. C'est qu'en effet Jaguar est passé sous le contrôle de Ford, qui souhaite disposer de moteurs moins encombrants, pouvant être installés si besoin est dans des carrosseries compactes, en position transversale.

Le V6 d'origine Ford

Avec la X350, la XJ retrouve un 6 cylindres, du moins dans sa motorisation de base, mais il s'agit cette fois d'un V6, de 3 litres de cylindrée, le même que celui qui équipe certaines versions de la X-type (X400) et de la S-type (X200, X202, X204, X207). Grâce au gain de poids procuré par sa carrosserie en aluminium, la X350 conserve, en dépit d'un "petit" V6, d'excellentes performances.

Le train arrière[modifier | modifier le code]

La suspension arrière reprend les demi-arbres porteurs avec freins "inboard", double combinés ressorts-amortisseurs et barres de guidage, le tout intégré dans un berceau démontable. Les demi-arbres de transmission en faisant office de bras de suspension participent activement à la tenue de route de la Jaguar. Sur la XJ40 et suivante, les freins passent "outboard", c'est-à-dire logés dans les roues. La théorie des masses non suspendues trouve ses limites, le poids du système de freinage n'ayant que peu d'incidence. De plus, la maintenance est simplifiée.

Le train avant[modifier | modifier le code]

Le train avant est composé de triangles superposés avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques. La légère inclinaison des triangles et le montage des amortisseurs le plus près possible des fusées permettent de réduire la plongée au freinage. Là encore, les organes sont regroupés sur une traverse amovible, portant les ancrages avant du moteur et fixée « souple » sur la coque. La direction assistée sur tous les modèles est dans l'esprit de l'époque, c'est-à-dire étonnamment légère par rapport aux assistances actuelles.

La carrosserie[modifier | modifier le code]

La Jaguar XJ a fait l'effet d'une véritable révolution lors de la présentation du prototype dessiné par William Lyons. Elle était le premier véhicule à bénéficier d'une coque autoporteuse tout en acier. Les XJ sont les premières monocoques à offrir un haut degré de protection à leurs occupants avec leur structure à déformation progressive. Les bas de caisse et le tunnel de transmission renforcent de manière significative la structure. En contrepartie, la rouille s'insinue plus facilement dans ces multiples caissons. L'empattement est de 2,765 m pour le châssis court et de 2,865 pour le châssis long. La longueur hors-tout varie de 4,815 m à 4,960 m selon les versions.

L'apparition de la XJ40 en 1986 porte la longueur à 4,99 mètres. Si la corrosion s'insinue encore de manière fréquente jusqu'en 1990, les améliorations apportées par le rachat de Jaguar par Ford à cette date éradiquent ce mal.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]