Jagdpanzer VI

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Jagdpanzer VI
Image illustrative de l'article Jagdpanzer VI
Caractéristiques générales
Équipage 6
Longueur hors tout 7,8 m
Largeur 3,63 m
Hauteur 2,82 m
Masse au combat 71,7 tonnes (Henschel)
Blindage et armement
Blindage de 30 à 250 mm
Armement principal 1 canon de 128 mm PaK 44 L/55
Armement secondaire 1 mitrailleuse MG 34
Mobilité
Moteur Maybach HL 230 P 30
Puissance 700 ch (514,8 kW)
Suspension barres de torsion
Vitesse sur route 38 km/h
Puissance massique 9,76 ch/tonne
Autonomie 170 km (121 en tout terrain)

Le Jagdpanzer VI, aussi appelé Jagdtiger ou Panzerjäger Tiger Ausf. B, Sd.Kfz. 186, est un chasseur de chars allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il était basé sur le char lourd Tigre II.

La genèse[modifier | modifier le code]

Constatant l'efficacité des Panzer automoteurs antichars (ou Jagdpanzer), notamment des StuG III, le Heereswaffenprüfamt décide de lancer une étude sur un chasseur de chars plus lourd pour contrer les nouveaux monstres soviétiques.

Le lancement est ordonné par Hitler le , ce chasseur de chars devant être armé d'un canon supérieur à ceux employés par les Allemands jusqu'alors et assez puissant pour rivaliser avec les SU-152 et les JS-2 (IS-2 en russe). Les bureaux d'étude planchent immédiatement à partir de deux châssis disponibles : celui du Panther et celui du Konigstiger. Le projet sur châssis Panther est rapidement abandonné, car celui-ci n'est pas assez robuste pour accepter le surpoids dû à un canon de ce calibre. Le châssis du Tigre II est donc choisi. Il existe en deux versions, une version Henschel et une version Porsche, qui sera très peu produite (11 exemplaires, châssis 305501 et 305003 - 305012), Porsche n'ayant plus les faveurs d'Hitler…

Le premier prototype en bois de Jagtiger est terminé le et est appelé Panzerjäger Tiger Ausf.B, après l’aval de Hitler. La première commande est de 150 unités. Le premier exemplaire de série sort des chaînes de production le 6 avril 1944, mais du fait des bombardements intensifs et du manque de matériel (notamment du cuivre, très coûteux et rare à ce moment de la guerre), seuls 48 exemplaires seront fabriqués au total. La production du canon de 128 mm diminuant également, il est ordonné de concevoir un Jagdtiger armé du canon 88 mm PaK 43/3. Les usines Hallesche machinenfabrik à Lippstadt fabriquent ce canon et le fournissent aux usines Nibelungen, qui fabriquent désormais le Jagdtiger.

Cette version armée du 88 mm ne connaîtra pas l'épreuve du feu et seuls 4 exemplaires sortiront des chaînes.

Descriptif de l'armement et de son emploi[modifier | modifier le code]

Le canon est développé par Krupp Ag, des essais sont effectués à partir du canon de 152 mm M 37 russe puis avec le canon de 155 mm GBT-T 419 français, sans résultats probants. Krupp se tourne alors vers le FlaK 40 128 mm qui, modifié en arme anti-chars, devient le 128 mm PaK 44 L/55 Il sera produit à Breslau. Le canon est usiné d'une seule pièce et a une longueur de 7,0 mètres (le calcul se faisant par la multiplication du diamètre par le calibre, ici 128×55=7 040 mm). Les munitions sont en deux parties, la douille contenant les charges propulsives et l'obus par lui-même. Le fait que la munition comporte deux parties, nécessite la présence de deux personnels chargeurs. Le système de visée est basé sur la lunette WZF 2/1 qui permet de tirer les munitions antichars (Pzgranate 43) à une portée théorique de 0 à 4 000 mètres et la munition explosive (Spgranate L/50) à une portée théorique de 0 à 8 000 mètres. Portée théorique, ne tenant pas compte des obstacles artificiels ou naturels et hors des conditions normales d'engagement des blindés à cette époque.

Le blindage et silhouette[modifier | modifier le code]

Le compartiment de combat est vaste et fortement blindé avec 250 mm en façade (comprenant le "Saukopf", c'est-à-dire le masque de canon et 80 mm sur les côtés et à l'arrière). La casemate (ou compartiment de combat) est construite par les usines Oberdonau à Linz. Le procédé de fabrication du blindage est de nouvelle technologie, employé sur tous les blindés allemand de nouvelle génération.

Descriptif technique[modifier | modifier le code]

  • pression au sol : 1,07 kg / cm²
  • motorisation : Maybach HL 230 P 30 V-12 à essence refroidi par eau, développant 700 chevaux à 3 000 tours par minute
  • vitesse max sur route : 38 km/h
  • vitesse max tout terrains : 17 km/h
  • capacité des réservoirs : 865 litres
  • consommation : 515 litres au 100 km

Le châssis du Tigre II utilisé, celui de Henschel, est rallongé, avec un galet de route supplémentaire.

Production[modifier | modifier le code]

  • 84 exemplaires armés du canon de 128 mm ;
  • 4 exemplaires armés du canon de 88 mm ;

Avec un total de 88 engins construit de février 1944 à mai 1945, châssis 305001 - 305088.

Le JagdTiger au combat (réf RH 10/349)[modifier | modifier le code]

Le Jagdtiger équipera deux unités de combat et en école, à savoir :

  • la s.Pz.Jag.Abt.512 avec 20 exemplaires ;
  • la s.Pz.Jag.Abt.653 avec 42 exemplaires ;
  • 11 exemplaires destinés à l'instruction.

La 1./s.Pz.Jag.Abt.512 combat près de la tête de pont de Remagen tandis que la 2./s.Pz.Jag.Abt.512 combat à Siegen et Weidenau où elles perdent leurs Jagdtiger les uns après les autres.

La 2e compagnie se rend aux Américains à Iserlohn ; certains Jagdtiger feront retraite en Autriche où ils combattront avec succès les KV-85 russes, avant de perdre leurs matériels à leur tour.

La s.Pz.Jag.Abt.653 combattra durant l'opération Nordwind avec seulement deux Jagdtiger en appui de la 17e SS-Pz.Gren.Div. puis avec une compagnie avec la 10e SS-Pz.Div. dans la région de Strasbourg. En décembre 1944, l'unité est renommée en s.Pz.Jag.Kp.614, elle est ensuite placée en réserve dans la forêt de Haguenau, en mars 1945.

L'unité disparaîtra dans les multiples accrochages à Ulm, Munich, Salzbourg et enfin Strengberg.

Conclusions[modifier | modifier le code]

Le Jagdtiger a démontré rapidement ses faiblesses, à savoir, une mobilité trop réduite, un poids excessif et une surconsommation de carburant pour une armée allemande dans une pénurie de carburant totale.

Les blindés alliés ne chercheront jamais la confrontation directe avec son puissant armement. Ils préfèreront contourner l'obstacle et le neutraliser par les flancs ou l'arrière, voire simplement à l'aide de roquettes tirées par les chasseurs-bombardiers (Jagd-bomber ou Jabo en allemand). Plusieurs furent abandonnés et sabordés suite à des ennuis mécaniques.

Malgré cela, les bureaux d'étude, sous l'impulsion de Hitler, sortiront des tables à dessins d'autres prototypes beaucoup plus lourds tels que les Maus et autres E.100. Une débauche de temps, d'énergie et d'argent soulignant le manque de réalisme dans une Allemagne qui sombre et manque de tout, alors que les Alliés sont aux portes du Reich.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Laurent Tirone, Panzerjäger Tiger Ausf. B Jagdtiger vs Istrebitelnaja Samokhodnaya Ustanovka 122S ISU-122S, in Trucks & Tanks Magazine n°39, Caraktère, 2013

Livres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]