Jacqueville (département)

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5° 09′ N 4° 24′ O / 5.15, -4.4 ()

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Jacqueville
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Grands Ponts
Langues français, Alladjan, Akouri, Ahizi, Avicam
Démographie
Population 52 871 hab. (1998)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Superficie 68 000 ha = 680 km2

Jacqueville est un département de Côte d'Ivoire.

Géographie[modifier | modifier le code]

La plage de Jacqueville avec ses cocotiers en 1973.

Situation[modifier | modifier le code]

Le département fait partie de la Région des Grands Ponts. Il est situé au bord de l'océan Atlantique, sur le golfe de Guinée, à l'ouest d’Abidjan, capitale économique du pays à laquelle il est relié par une route entièrement bitumée surnommée la « côtière ».

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones bioclimatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet : grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Les températures varient de 21 à 35°[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la Côte d'Ivoire.

Administration[modifier | modifier le code]

Une loi de 1978[3] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Représentation politique[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire compte 223 députés élus pour 5 ans[4]. Le département de Jacqueville comporte 1 circonscription.

Députés de Jacqueville
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 Philippe Yacé PDCI-RDA Homme politique élu
1985 Philippe Yacé PDCI-RDA Homme politique élu
1990 Philippe Yacé PDCI-RDA Homme politique élu
1995 Edouard Etté PDCI-RDA Homme politique élu
2001 Théodore Mel Eg UDCY Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Le département de Jacqueville compte 52 871 habitants, selon le Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH - 98), avec 26 808 hommes et 26 063 femmes pour une densité de 77,8 hab./km². En 2007, la population du département est estimée à 61 000 habitants. Cette population représente 0,3 % de la population ivoirienne et a un taux d’accroissement de 2,1 %.

La population est en majorité rurale avec 40 689 personnes habitant les localités rurales et 12 182 habitant la ville de Jacqueville soit un taux d’urbanisation de 23 %.

Cette population, majoritairement issue du groupe culturel Akan, compte aussi d’autres entités ivoiriennes et non ivoiriennes (21 839 personnes), selon le recensement de 1998, représentant 41,3 % de la population départementale. Ceci constitue le plus fort pourcentage dans la région des Lagunes après Grand-Lahou (43,5 %) et le sixième national.

Par ailleurs, comme dans toute la Côte d'Ivoire, la population du département est très jeune puisque 73,7 % de la population a moins de 18 ans.

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues de Côte d'Ivoire.

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue vernaculaire de la région est l'alladian, l'avikam et l'ahizi]. Le français effectivement parlé dans le département de Jacqueville, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Jacqueville accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées.

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.

C'est à Elima, dans le sud du pays, que sera créée la première école officielle française en Côte d'Ivoire le 8 août 1887 avec pour instituteur Fritz-Emile Jeand'heur venu d'Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant 3 ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. D'autres écoles de village seront créées à partir de 1890, à Jacqueville, Grand-Bassam, Moossou, Tabou, Bettié, localités toutes situées sur le littoral du Golfe de Guinée. Elles fonctionnaient avec des maitres d'écoles occasionnels et regroupaient environ 200 élèves en 1895. Le premier mars 1904, il y avait 896 élèves en Côte d'Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à 2 millions d'habitants. Le premier instituteur ivoirien, Loua Beugré, sera diplômé en 1912, entré à l'école normale de Saint-Louis au Sénégal en 1909, après avoir été formé à Bingerville. En 1911, il y avait, en Côte d'Ivoire, un groupe scolaire central à Bingerville, 16 écoles régionales et 26 écoles de village. En 1915, l'ensemble des établissements scolaires en Côte d'Ivoire accueillait 3317 élèves encadrés par un corps enseignant qui, outre les étrangers, comportait 17 instituteurs ivoiriens et 50 moniteurs ivoiriens. En 1924, il y avait 4354 élèves dont seulement 211 filles. En 1932, 6722 élèves dont 627 filles étaient scolarisés.

Jusqu'au début des années 50, il n'existait pas d'école secondaire à la colonie. Les premiers élèves ivoiriens scolarisés dans un lycée le seront en France via l' Aventure 46, initiée par Félix Houphouët-Boigny, alors député du PDCI-RDA élu en novembre 1945 à l'Assemblée constituante[Note 1], et menée à bien avec l'appui du gouverneur André Latrille en dépit des fortes réticences de l'administration coloniale.

En 2008, le département de Jacqueville comporte 1 établissement Professionnel qui est le Centre des Métiers de la Maintenance Industrielle, 3 établissement secondaire qui sont le Lycée Municipal et les Groupes Scolaires Élévation et Île Verte , 44 écoles primaires et 4 écoles maternelles.

Enseignement professionnel
Public

  • Centre des Métiers de la Maintenance Industrielle de Jacqueville (CMMIJ)
  • Institution féminine d’éducation et de formation (IFEF)

Enseignement secondaire
Lycée public

  • Lycée municipal

Collège public

  • Groupe Scolaire Elévation (GSE)
  • Groupe Scolaire "Île verte"

En Côte d'Ivoire, le taux de scolarisation est de 74 %[5] et l'accès à l'enseignement secondaire est limité par un concours d'entrée en sixième à l'issue duquel 1/3 des élèves est admis à poursuivre ses études.

À tous les niveaux d'enseignement, c'est l'usage du français qui prévaut en vertu de l'article 1 de la constitution de 1960 qui a fait du français la seule langue officielle[6]. Au primaire, les élèves doivent obligatoirement parler français « sous peine d'amende », y compris pendant les récréations. Les autorités affirment qu'au terme de leurs six années d'études primaires, les enfants ivoiriens auraient une maîtrise suffisante de la langue française. Au secondaire, l'anglais a été introduit comme seconde langue obligatoire ; au deuxième cycle, les élèves doivent apprendre une autre langue étrangère, l'espagnol ou l'allemand. Il en résulte que 40 % de la population est déjà « francisée », ce qui fait de la Côte d'Ivoire l'un des pays d'Afrique les plus « francophonisés »[Note 2].

Santé[modifier | modifier le code]

Le département compte un hôpital général et 10 centres de santé rurale.

Économie[modifier | modifier le code]

Le développement du département de Jacqueville, fondé sur une culture extensive du coco a permis la mise en place d’une infrastructure économique permettant de consolider l’action sociale et la prise en charge d’un développement durable de ses populations.

L’ambition du Conseil général[7], institution de développement axée sur la redistribution des richesses nationales et œuvre dans une logique de proximité et d’implication responsable des populations concernées, est d’assurer le passage du département d’une économie agricole extensive à une économie industrielle, s’appuyant sur une agriculture moderne, un tourisme tous azimuts et un secteur privé dynamique et compétitif jouant un rôle essentiel en matière d’investissement. Il s’agit pour le département de Jacqueville de mettre en place les conditions de création de la richesse et d’assurer la répartition équitable des fruits de cette prospérité au service de la population. Cette prospérité se construira sur une économie saine et compétitive basée sur les ressources naturelles dont regorge le département et pouvant générer de manière durable des ressources financières et créer des emplois décents ou offrir des perspectives de création d’emploi.

La répartition de la richesse crée sera réalisée en tenant compte des besoins sociaux des populations notamment en matière d’éducation, de formation, de santé, de logement et de nourriture.

Le conseil général de Jacqueville, mandataire de la redistribution des retombées de cette prospérité, se doit d’élaborer un plan directeur efficace et tourner vers le développement humain durable.

Le succès de la mise en œuvre des actions de redistribution s’appuie sur un rôle plus accru des organismes d’exécution, du secteur privé, des ONG et l’instauration d’un cadre de bonne gouvernance pour le conseil général.

Enfin, la mie en œuvre de la politique de partage équitable de la richesse départementale repose essentiellement sur la responsabilisation des populations à la base pour l’intégration harmonieuse du développement des valeurs culturelle, sociale et démocratique.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

  • Productions agricoles :
  • Productions animales et halieutiques:
    • Animal : l’élevage est traditionnel et concerne les ovins, bovins, caprins et porcins.
    • Halieutique : la pêche est surtout traditionnelle en mer et en lagune. Des points de pisciculture sont existants dans la lagune Ébrié

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Le transport est surtout terrestre par les lignes régulières entre Abidjan et le département et entre Dabou et le département. Des dessertes rallient les différents villages avec une fréquence non soutenue due surtout à l’état des routes notamment sur la partie continentale. Quelques frémissements de transports lagunaires se signalent sans être vraiment pris en compte. Un service de bac est assuré à N’djem. Il constitue le seul moyen d'accès à Jacqueville par voie terrestre depuis l'ouverture du canal de vridi en 1951.

Industrie[modifier | modifier le code]

  • Agriculture : deux usines assurent la production pour l’huilerie de coco, de palmiste, de coco râpé.
  • Agro-foresterie : les essences d’agrumes sont exploitées par des compagnies privées.
  • Ressources énergétiques : les champs pétrolifères et de gaz sont exploités au large du département sans que les populations en ressentent les retombées visibles de développement.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Le commerce est soutenu par la vente des produits de la pêche et des productions de rente ainsi que la transformation des productions vivrières notamment le manioc.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est actuellement inorganisé. Cependant, les produits touristiques du département sont variés et riches. Les perspectivzs se situent au niveau :

  • du tourisme balnéaire avec 75 km de côtes
  • du tourisme lagunaire avec 150 km de rives, des îles sur la lagune et un village lacustre
  • du tourisme endogène avec les lacs de Jacqueville et Abreby
  • du tourisme sportif avec des possibilités de pêche sportive
  • du tourisme culturel avec des bâtisses coloniales et un patrimoine traditionnel de danses

Infrastructures[modifier | modifier le code]

  • Les infrastructures de communication sont constituées d’une radio locale (radio FATCHUE, 104.4 FM), de Jacqueville construite au nouveau quartier à Jacqueville près de la gare 3A Expess.
  • Des symboles culturels traditionnels constitués de danse, de tambours parleurs, de forêts sacrées (Abreby et Gd-Jack), de valeurs traditionnelles comme la succession matriarcale

Sports[modifier | modifier le code]

Les compétitions sportives se déroulent exclusivement au chef-lieu du département, les autres localités ne disposant d'aucune infrastructure spéciale : la ville dispose d'un club de football, l' US 3A FC DE JACQUEVILLE, qui évolue en Championnat de Division Régionale, équivalent d'une « 4e division » [8]. Comme dans la plupart des villes du pays, il est organisé, de façon informelle, des tournois de football à sept joueurs qui, très populaires en Côte d'Ivoire, sont dénommés Maracanas.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Localisationjacqueville et villesvoisines.png

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  2. Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  3. Loi n° 78-07 du 9 janvier 1978
  4. Liste des députés de Côte d'Ivoire
  5. Scolarisation en Côte d'Ivoire
  6. Loi n° 60-356 du 3 novembre 1960, portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire, Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire, n° 58, Abidjan, numéro spécial du 4 novembre 1960.
  7. Loi n°2001-477 du 9 août 2001 relative à l'organisation des département en Côte d'Ivoire
  8. Championnat de Football de Côte d'Ivoire


Notes[modifier | modifier le code]

  1. En octobre 1945, le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’assemblée constituante, a organisé l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones.
  2. Le monde francophone compte environ 200 millions de locuteurs

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article Sources principales de l'article


Langues[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes, Paris, E. Leroux,‎ 1904, p. 284

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delafosse, Les frontières de la Côte d'Ivoire, de la Côte d'Or, et du Soudan ( avec 94 figures dans le texte d'après des photographies de l'auteur et une carte ), Paris, Masson,‎ 1908

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,‎ 1992
  • P. Duprey, Histoire des ivoiriens, naissance d'une nation,‎ 1985
  • Pierre Kipré, Côte d'Ivoire - La formation d'un peuple, Éditions AMI,‎ 2008
  • René Dégni Ségui, La succession d'états en Côte d’Ivoire - Thèse d'état, Université d'Aix-Marseille,‎ 1979
  • Gabriel Angoulvant, La Pacification de la Côte d’Ivoire, 1908-1915 : méthodes et résultats(lettre-préface du général Galliéni), Paris, Larose,‎ 1916, 395 p.
  • Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Abidjan, Éditions CERAP,‎ 2007, 150 p. (ISBN 2-915352-31-3)

Éducation[modifier | modifier le code]

  • Alice Ellenbogen, École primaire et citoyenneté en Côte d'Ivoire aujourd'hui,‎ 2004
  • Laurence Proteau, Passions scolaires en Côte-d’Ivoire. École, État et société, Kerthala,‎ 2002, p. 385
  • Firmin Guelade, Étude systémique de l'évolution culturelle de l'apprenant et du système éducatif primaire en Côte d'Ivoire, Université Laval,‎ 1984

Autres[modifier | modifier le code]

  • Clément Bourque, L'intégration nationale en Côte d’Ivoire, Université Laval,‎ 1978
  • Marie Miran, Islam, histoire et modernité en Côte d'Ivoire, Éditions Karthala,‎ 2006
  • Ministère ivoirien des Affaires culturelles, Architecture coloniale en Côte d'Ivoire, Éditions CEDA,‎ 1985
  • Guy Cangah et Simon-Pierre Ekanza, La Côte d'Ivoire par les textes, Paris, Les Nouvelles Éditions Africaines,‎ 1978, 9 p.
  • Collectif, Pays du monde : Côte-d’Ivoire. In Encyclopédie Bordas, Mémoires du XXe siècle, édition 1995. Tome 20 « 1990-1994 », Bordas,‎ 1995 (ISBN 978-2-7068-1853-0)
  • Gilbert Gonnin et René Kouamé Allou, Côte d’Ivoire : les premiers habitants, Éditions CERAP,‎ 2006 (ISBN 2-915352-30-5)
  • Simon Pierre Ekanza, Côte d’Ivoire : Terre de convergence et d’accueil (XVe-XIXe siècles), Abidjan, Éditions CERAP,‎ 2006, 119 p. (ISBN 2-915352-22-4)

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Alfred Marche, Trois voyages dans l'Afrique occidentale,‎ 1879
  • Albert Adu Boahen, Histoire générale de l'Afrique, Comité scientifique international pour la rédaction d'une histoire générale de l'Afrique (Unesco), l'Afrique sous domination coloniale 1880-1935, Présence africaine,‎ 1989 (ISBN 2-7087-0519-9)
  • Jean Sauvy, Initiation à l'économie des pays en voie de développement, les cahiers de l'Institut international d'Administration publique,‎ 1968
  • Jean-Louis Monod, Histoire de l'Afrique Occidentale Française d'après les travaux et les indications de Maurice Delafosse, Paris, Delagrave,‎ 1926, p. 341