Jacques d'Orléans

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Jacques d'Orléans

Biographie
Titulature « Duc d'Orléans »
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Jacques Jean Jaroslaw Marie d'Orléans
Naissance 25 juin 1941 (73 ans)
Rabat (Maroc)
Père Henri d'Orléans, « comte de Paris »
Mère Isabelle d'Orléans-Bragance
Conjoint Gersende de Sabran-Pontevès
Enfants Diane d'Orléans
Charles-Louis d'Orléans, « duc de Chartres »
Foulques d'Orléans, « comte d'Eu », « duc d'Aumale »
Description de l'image  Coat of arms of the Philippe d'Orléans, Duke of Orléans (nephew and son in law of Louis XIV).png.

Jacques d'Orléans, de son nom complet Jacques Jean Jaroslaw Marie d’Orléans, né le 25 juin 1941 à Rabat, au Maroc, est un photographe et journaliste français.

Membre de la maison d’Orléans, qualifié de « Fils de France », il porte le titre de courtoisie de « duc d’Orléans ».

Famille[modifier | modifier le code]

Jacques d'Orléans est le quatrième fils et le septième enfant d’Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris » et prétendant orléaniste au trône de France, et de son épouse, la princesse franco-brésilienne Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003).

Outre ses neuf autres frères et sœurs, Jacques a un frère jumeau Michel d’Orléans (1941), « comte d’Évreux » qui est son aîné mais qui, à la suite de son mariage, a été placé après lui dans l'ordre de succession par l'ancien « comte de Paris »[1], ordre confirmé par l'actuel « comte de Paris »[1].

Le 3 août 1969, Jacques d'Orléans épouse, à Ansouis, dans le Vaucluse, Gersende de Sabran-Pontevès (1942), fille de Foulques[2] de Sabran-Pontevès (1908-1973), duc de Sabran, et de Roselyne Manca-Amat de Vallombrosa (1910-1988)[3]. Pianiste, Gersende est, par sa mère, la petite-fille d'un musicien célèbre, le comte Amédée de Vallombrosa (1880-1968). Elle descend également de Jean Lannes par son quatrième fils, le général Gustave Olivier Lannes de Montebello.

De cette union naissent trois enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Jacques et Michel d’Orléans voient le jour à Rabat, au Maroc français, alors que leur père est encore interdit de séjour en métropole par la Loi d'exil de 1886. Après cinq années dans le protectorat, ils partent, en juillet 1946, au Portugal, où ils s’installent, avec le reste de leur famille, à la Quinta do Anjinho, à Sintra[4]. Terrorisés par leur père, ceux que leurs partisans appellent les « Enfants de France » n’en sont pas moins turbulents et, parfois même, violents. Un jour, Jacques casse ainsi accidentellement le bras de sa sœur Diane en se jetant volontairement d'une échelle[5].

Consterné et dépassé par l’attitude de sa progéniture, le « comte de Paris » finit par éloigner plusieurs de ses enfants du foyer familial. De septembre 1952 à juillet 1956, Michel et Jacques sont ainsi envoyés dans des pensionnats français, d’où ils finissent toujours par être renvoyés, avant d’être séparés à la rentrée scolaire 1954 puis confiés ensemble à un précepteur particulier en 1956[6]. Cependant, les enfants finissent par revenir au Portugal lorsqu’est ouvert le lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne, à la rentrée 1956[7]. C’est donc dans ce pays que les jumeaux d’Orléans passent leur baccalauréat, en 1960. Mais alors que Michel obtient son diplôme du premier coup, son frère Jacques est recalé, ce qui ne manque pas de lui valoir les foudres du « comte de Paris ». En représailles, le jeune homme se voit alors interdire de continuer de pratiquer l'équitation, sa passion, et de se diriger vers une carrière de cavalier[8].

De ces années, Jacques d’Orléans conçoit une haine farouche de son père, qui se traduit par un violent désir de vengeance et une nécessité impérieuse de s'éloigner du prétendant orléaniste[9].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Après avoir repassé son baccalauréat à l'École Alsacienne de Paris[10], Jacques d'Orléans s’engage dans l’Armée française en 1961. Il fait ses classes à Fort-de-l’Eau (aujourd'hui Bordj el Kiffan), en Algérie, puis entre à l’École d’officiers de cavalerie de Saumur[11]. En août de la même année, il obtient ses galons de sous-lieutenant et reçoit sa première affectation : il rejoint le 1er régiment de spahis et prend le commandement d’une unité de reconnaissance en half-track, sur la frontière tunisienne[12].

En Algérie, il renaît[13]. Responsable d'une quarantaine d'hommes, pour la plupart âgés de dix-neuf à vingt ans, il prend conscience de la futilité de son besoin de vengeance, né de sa relation douloureuse avec son père. Mais il n'en perd pas pour autant son désir de reconnaissance et c'est avec fierté qu'il se place dans la continuité de son frère François, mort au champ d'honneur dans la colonie nord-africaine en 1960[14].

À l'époque, Jacques d'Orléans est un fervent partisan de l'Algérie française. Il l'est d'ailleurs tellement que son père le soupçonne, un temps, d'être l'auteur de l'attentat de l'OAS qui touche la résidence du « comte de Paris » et de sa famille, à Louveciennes, le 3 novembre 1961. Il faut dire que l'événement se produit lors d'une permission chez ses parents et que celui-ci n'a pas manqué de montrer son refus de l'indépendance algérienne dès son retour en métropole[15].

Jacques d'Orléans rentre finalement en Europe en 1962, après que l’Algérie a obtenu son indépendance. Il est alors envoyé en garnison en Allemagne, à Friedrichshafen, et y reste jusqu'en 1965, année où il retrouve la vie civile[10].

Carrière civile et vie privée[modifier | modifier le code]

Pendant près de cinq ans, il retourne vivre à Sintra, au Portugal, où il s'occupe des terres que possède sa famille. Marchant toujours sur les traces de son frère, François, il suit en parallèle des cours d'agronomie en Suisse et obtient un diplôme d'ingénieur agronome à l'école de Grange-Vernay[16].

En août 1968, Jacques d'Orléans fait la connaissance de sa future épouse, Gersende de Sabran-Pontevès. Rapidement, les deux jeunes gens se fiancent et leur mariage se déroule dès l'année suivante[17]. Pour une fois, le « comte de Paris » est ravi. Rendu furieux par l'union de Michel avec une jeune fille au passé familial sombre, il est en revanche très satisfait de l'alliance du frère jumeau de celui-ci. Après avoir uni plusieurs de ses aînés à des membres du gotha européen, le prétendant orléaniste juge en effet très opportun de marier ses cadets à des représentants de la haute aristocratie française[18]. Le « comte de Paris » profite donc des épousailles de Jacques pour lui conférer le titre de « duc d'Orléans », qui aurait normalement dû passer à Michel, considéré comme son frère aîné[19].

Après son mariage, le couple réside à Paris, où Jacques d'Orléans se lance dans une carrière bien éloignée de l'agriculture. Pendant six ans, il s'occupe des relations publiques de la société financière Mage et Pujos. Puis, il quitte, en 1976, son emploi pour entrer à la revue Connaissance des Arts, dont il devient à la fois directeur de la publication et gérant[20]. En août 1981, le « duc d'Orléans » retourne cependant dans les relations publiques, ce qui l'amène à effectuer de nombreux voyages dans le monde entier. Enfin, à partir de 1993, il intègre la société Pernod-Ricard, où il travaille comme conseiller. Pendant toutes ces années, son épouse, Gersende de Sabran-Pontevès se consacre à la musique[21] et à l'éducation de ses enfants[22].

« Les conjurés d'Amboise »[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, Jacques d'Orléans entre progressivement dans la plus complète opposition avec son père. Avec quatre de ses frères et sœurs (Isabelle, Hélène, Diane et Michel), il fait partie de ceux que la famille d'Orléans appelle ironiquement « les conjurés d'Amboise »[23].

Du 17 mai 1993 au 1er mars 1995, le « duc d'Orléans » et les autres « conjurés » tentent, sans succès, de s'opposer à la vente des souvenirs familiaux de la Quinta do Anjinho organisée par le « comte de Paris » chez Sotheby's, à Monaco[24],[25]. Puis, en 1997, les mêmes « conjurés » parviennent à contrecarrer les projets de leur père qui souhaite modifier son contrat matrimonial afin de pouvoir avoir accès à la fortune de la « comtesse de Paris »[26].

Cependant, le conflit qui oppose le « duc d’Orléans » au « comte de Paris » prend de nouvelles proportions peu après le décès de ce dernier, en 1999. Jacques d'Orléans publie, en effet, un ouvrage à la tonalité aigre consacré aux « affaires » ayant entouré le défunt prétendant orléaniste. Il apparaît, à cette occasion, dans de nombreux médias français[27], qui mettent alors au jour les mésententes existant parmi les membres de la maison d'Orléans.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 25 juin 1941 : Son Altesse royale le prince Jacques d'Orléans, « fils de France »
  • 3 août 1969 : Son Altesse royale le prince Jacques d'Orléans, « fils de France », « duc d'Orléans »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres du prince[modifier | modifier le code]

Souvenirs et ouvrages à caractère semi-biographique 
  • Jacques d’Orléans avec la collaboration de Bruno Fouchereau, Les ténébreuses affaires du comte de Paris, Albin Michel, Paris, 1999 (ISBN 2-22-611081-X).
  • Jacques d’Orléans, Les Chasses des princes d’Orléans, Gerfaut, Paris, 2000 (ISBN 2-90-119684-5).
Livre d’Histoire 

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Philippe de Montjouvent, « S.A.R. le Prince Jacques de France, Duc d'Orléans » dans Le comte de Paris et sa descendance, Du Chaney Eds, Paris, 1998, p. 325-342 (ISBN 2913211003).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m'est bonheur (t. 1), Éditions Robert Laffont, Paris, 1978, (ISBN 2-22-100107-9).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m'est bonheur. Les Chemins creux (t. 2), Éditions Robert Laffont, Paris, 1981, (ISBN 2-22-100834-0).
  • Sotheby's, Tableaux, Mobilier et Livres appartenant à Monseigneur le Comte de Paris et Madame la Comtesse de Paris. Provenant de la Quinta Do Anjinho à Sintra, Sotheby's Monaco, 1993.
  • Duchesse de Sabran-Pontevès, Bon sang ne peut mentir, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès,‎ mai 1987, 311 p.
    Roselyne Manca de Vallombrasa, fille du comte de ce nom et d’Adrienne Lannes de Montebello, elle a épousé en 1936 Foulques, comte puis duc de Sabran-Pontevès, fils du comte de ce nom et de Constance, princesse de Croÿ. Par cet ouvrage, elle livre ses souvenirs au public

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bottin Mondain (Société du Bottin mondain, Paris. Toutes les éditions de 1968 à 2008).
  2. Foulques de Sabran-Pontevès est également connu sous d'autres prénoms mais c'est celui-ci que lui donne Philippe de Montjouvent.
  3. « Le Mariage de Jacques de France et de Gersende de Sabran-Pontevès » dans Point de Vue - Images du Monde n° 1100, 8 août 1969.
  4. Jacques d’Orléans, Les Ténébreuses affaires du comte de Paris, Albin Michel, Paris, 1999, p. 9.
  5. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 31.
  6. Jacques d’Orléans, Op. cit. p. 35-39.
  7. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 39.
  8. Jacques d’Orléans, Op. cit., p. 52.
  9. Il décrit ainsi ses sentiments pour son père : « Enfant, je bouillonais de haine contre papa ». Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 20.
  10. a et b Philippe de Montjouvent, Le comte de Paris et sa descendance, Éditions du Chaney, Paris, 1998, p. 326.
  11. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 54.
  12. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 55.
  13. Dans l'un de ses livres, il écrit ainsi : « Je suis né à moi-même dans ce pays, l'Algérie ». Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 54.
  14. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 54-56.
  15. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 58-62.
  16. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 327.
  17. La robe de mariage de Gersende, dessinée par le couturier Yves Saint Laurent, est aujourd'hui exposée au Musée de la Mode (Musée Galliera), à Paris. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 328.
  18. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 327-328.
  19. En fait, la collation est annoncée le 5 octobre 1968 mais réalisée seulement le 15 juillet 1969. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 325 et 328.
  20. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 328-329.
  21. Son épouse donne de nombreux récitals dans le monde entier et enregistre même un disque consacré à l'œuvre de Mozart.
  22. Philippe de Montjouvent, Op. cit., p. 329.
  23. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 26-27.
  24. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 26.
  25. « « Descendance des anciens souverains » dans Quid.fr » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  26. Jacques d'Orléans, Op. cit., p. 26 et 117.
  27. Le 22 janvier 2000, Jacques d'Orléans passe ainsi dans l’émission télévisée Tout le monde en parle, présentée par le légitimiste Thierry Ardisson.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

 
Jean d'Orléans (1874-1940) « duc de Guise »
 
Isabelle d'Orléans (1878-1961) « duchesse de Guise »
 
 
Pierre d'Orléans-Bragance (1875-1940)
 
Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz (1875-1951)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Henri d'Orléans (1908-1999) « comte de Paris »
 
 
 
 
 
 
Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003) « comtesse de Paris »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jacques d'Orléans (1941) « duc d'Orléans »