Jacques d'Armagnac

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jacques d'Armagnac, né en 1433, mort exécuté à Paris le 4 août 1477, fut comte de Pardiac et vicomte de Carlat. de 1462 à 1477, comte de la Marche et duc de Nemours de 1464 à 1477.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était fils de Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac et vicomte de Carlat, et d'Éléonore de Bourbon, comtesse de la Marche et duchesse de Nemours.

Il a épousé à Poitiers le 12 juin 1462 Louise d'Anjou (1445 † 1477), fille de Charles IV d'Anjou, comte du Maine et d'Isabelle de Luxembourg.

Ils ont eu :

  • Jacques d'Armagnac (1468 † 1477),
  • Jean d'Armagnac (1470 † 1500), duc de Nemours et comte de Pardiac,
  • Louis d'Armagnac (1472 † 1503), duc de Nemours et comte de Guise,
  • Marguerite d'Armagnac (1464 † 1503), comtesse de Guise, mariée à Pierre de Rohan-Gié († 1513), seigneur de Gié,
  • Catherine (1466 † 1487), mariée en 1484 avec Jean II (1426 † 1488), duc de Bourbon
  • Charlotte d'Armagnac (1477† 1504), comtesse de Guise, marié à Charles de Rohan-Gié († 1528), seigneur de Gié, fils de son beau-frère Pierre de Rohan-Gié et de sa première femme Françoise de Penhoet.

Il fut dans sa jeunesse comblé de bienfaits par Louis XI, qui lui fit épouser une de ses cousines, l'investit du duché de Nemours et lui confia des commandements importants. Loin de se montrer reconnaissant, Jacques d'Armagnac se rangea parmi les ennemis du roi, et accéda à la Ligue du Bien public. Il obtint deux fois son pardon.

Mais, tandis qu'il résidait à Carlat, ayant à nouveau comploté contre le roi Louis XI, celui-ci envoie une armée contre lui et lui fait des offres de pactiser. Si bien que le 17 janvier 1469 il fut conclu à Saint-Flour, entre lui et le comte de Dammartin Antoine de Chabannes, stipulant au nom du roi, un traité par lequel Jacques renouvelait ses assurances de fidélité, consentait, en cas de récidive, à ce que ses terres fussent confisquées, ses privilèges de pair de France abolis et à être jugé par tels juges qu'il plairait au roi de choisir.

Il fut en outre convenu qu'il serait mis des garnisons royales dans les châteaux forts de Lombès, diocèse d'Albi ; de Murat, en Auvergne ; Crozant, dans le comté de la Marche, et Montaigut, en Combrailles ; et, de plus, que tous les vassaux nobles du vicomte prêteraient serment au roi, ce qui fut accompli à Carladès, au mois d'avril 1470, entre les mains de Draguinet de Lastic, chambellan du roi, délégué à cet effet. Ayant pu constater que tous ses vassaux restaient fidèles à la couronne et qu'aucun ne suivait le duc de Nemours dans ses trahisons, le roi le fait assiéger dans Carlat[1], saisir et amener au château de Pierre Encise puis à la Bastille, où il le fait enfermer dans une « fillette ».

Le duc de Nemours fut interrogé à la Bastille, dans sa cage de fer, il y subit la question et y reçut son arrêt. On le confessa ensuite, selon l'usage reçu pour les princes condamnés, dans une salle tendue de noir et il obtint pour toute grâce d'être enterré en habit de cordelier[2]. Condamné par le parlement de Paris, il est mis à mort le 4 août 1477, âgé de 44 ans.

L'échafaud fut dressé dans la Halle. Dessous étaient les enfants du duc revêtus de robes blanches afin que le sang de leur père rejaillit sur eux et que chacune des taches fût apparente. Après cette exécution, on les conduisit en cet état à la Bastille, dans les cachots faits en forme de hottes où la gêne que leur corps éprouvait était un continuel supplice. Leurs pieds n'y pouvaient y trouver une place, leur corps n'y pouvait se reposer. On les tirait deux fois par semaines de ce lieu épouvantable pour les fustiger. On leur arrachait les dents à plusieurs intervalles et on leur faisait subir des tourments inouïs. L'ainé Jacques, âgé de neuf ans, mourut des mauvais traitements subis. Ce récit est connu et attesté par la requête que le plus jeune, Louis de Nemours, fit après la mort de Louis XI en 1483, l'ainé étant devenu fou[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. V° Carlat, in Dictionnaire statistique, ou Histoire, description et statistique du département du Cantal
  2. a et b Antiquités nationales ou recueil de monuments pour servir l'histoire générale, Aubin-Louis Millin, 1790 Page 5

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Joël Blanchard (éd.), Procès de Jacques d'Armagnac (1477), édition critique du manuscrit 2000 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et de Renaissance », 2012, VII-CXXV et 969 p., [compte-rendu en ligne].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste de Ribier du Châtelet, Dictionnaire statistique, ou Histoire, description et statistique du département du Cantal.
  • Lucie Favier, Charles Samaran, « Louis XI et Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Les instructions secrètes du roi au chancelier Pierre Doriole pour la conduite du procès », in Journal des savants, no 2, 1966, p. 65-77, [lire en ligne].
  • Joël Blanchard, « Sémiologie du complot sous Louis XI : le procès de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours (Bibliothèque Sainte-Geneviève ms. 2000) », in Corinne Leveleux-Texeira et Bernard Ribémont (dir.), Le crime de l'ombre. Complots, conspirations et conjurations au Moyen Âge, Paris, Klincksieck, 2010, p. 63-85.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]