Jacques Vallée Des Barreaux

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Jacques Vallée, seigneur des Barreaux, né le 6 décembre 1599 à Châteauneuf-sur-Loire et mort le 9 mai 1673 à Chalon-sur-Saône, est un poète libertin et épicurien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le petit-neveu du déiste Geoffroy Vallée, condamné à être pendu puis brûlé en 1574. Fils d’un président au Grand Conseil[1], il fut éduqué chez les jésuites au collège de La Flèche, où il fut le condisciple de Descartes et de Saint-Pavin, dont il devait devenir l’amant. Pourvu de bonne heure d’une charge de conseiller au parlement de Paris, il s’en démit[2] pour se livrer plus librement à son goût pour la bonne chère et le plaisir. Il dévergonda la toute jeune Marion de Lorme, avant de se la faire ravir par Cinq-Mars[3]. En 1640[4], il entreprit en compagnie de bons vivants de son espèce « d'aller écumer toutes les délices de la France ; c'est-à-dire de se rendre en chaque lieu, dans la saison de ce qu'il produit de meilleur[5] ».

Des Barreaux fut lié avec les beaux esprits de son temps : Guez de Balzac, Chapelle, René Descartes et Théophile de Viau, qui lui adressa son poème Plainte à un sien ami, qui ne laisse guère de doutes sur les sentiments qu'il nourrissait pour lui[6].

Un ouvrage anonyme publié à Paris en 1794, pendant la Terreur, le Colloque des Morts les plus fameux, rapporte que « Des Barreaux dit au ciel en entendant un coup de tonnerre, alors qu'un vendredi il faisait une omelette au lard : « Est-ce la peine de faire tant de bruit pour si peu de chose ! » Il a composé un assez grand nombre de chansons et de poésies fugitives, dans lesquelles il affichait l’incrédulité, et même l’athéisme. On a conservé le fameux sonnet où il chante la palinodie :

Grand Dieu tes jugements sont remplis d’équité, etc.

Il le composa pendant une maladie, mais il le désavoua, dit-on, quand il fut revenu à la santé. Voltaire assure que ce sonnet n’est pas de lui, et l’attribue à l’abbé de Lavau.

Il ne s'amenda guère en vieillissant. Payot de Linières écrit :

Des Barreaux, ce vieux desbauché
Affecte une réforme austère
Il ne s’est pourtant retranché
Que ce qu’il ne sçauroit plus faire

« Il a eu tout le loisir de chanter la palinodie, dit Tallemant des Réaux. Il a bien fait le fat en mourant, comme il le faisait quand il était malade[7]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Marie-Françoise Baverel-Croissant, La Vie et les œuvres complètes de Jacques Vallée des Barreaux : 1599-1673, Paris, Champion, 2001 ISBN 2745303171

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Adam, in Tallemant des Réaux, Historiettes, coll. «  Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 933, note 4.
  2. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 29 et 30.
  3. Pierre Leguay, in Roman d'Amat (dir.), Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, 1962, t. X, p. 888.
  4. Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 936, note 5.
  5. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 31.
  6. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 29.
  7. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 33.

Source[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Lachèvre, Jacques Vallée Des Barreaux : le prince des libertins du XVIIe siècle, Paris, Leclerc, 1907.
  • Tallemant des Réaux, Historiettes, coll. «  Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 29-33.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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