Jacques Spacagna

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Jacques Spacagna né le 24 janvier 1936 à Paris et mort en septembre 1990, est un peintre et poète qui adhéra au mouvement Lettriste de 1959 à 1972 et en fut l'un des principaux représentants à travers de nombreuses peintures de signes (appelées hypergraphies), développant un style baroque quasi psychédélique.


[modifier] Biographie

À 16 ans, il découvre le film d’Isidore Isou, le Traité de bave et d'éternité, et rencontre François Dufrêne et Marc'O, dont il distribue la revue Le soulèvement de la jeunesse.

En 1953, il écrit son premier manuscrit, resté inédit : Le voyage en itox, et publie Pourquoi je suis externiste dans la revue Le soulèvement de la Jeunesse n°7 (qui a également édité le tout premier texte de Yves Klein). Il réalise également ses premières œuvres figuratives.

En 1954, il rencontre Raymond Hains et Jacques Villeglé

En 1955, il est filmé par Orson Welles récitant un poème lettriste d’Isidore Isou avec Maurice Lemaître et Isou à la Librairie Fischbascher, dans le cadre d'une série documentaire pour la télévision britannique.

Around the world with Orson Welles, St Germain des Prés Orson Welles, 1955

En 1957 et 1958, il est soldat en Algérie. Henri Chopin publie un de ses textes dans sa revue Cinquième Saison.

Il rencontre en 1959 sa première femme, Aude Jessemin. Il fait alors partie du groupe lettriste.

En 1961, première exposition : Autres Rives à la galerie Le soleil dans la tête. Premières œuvres lettristes, à la Galerie Weiller avec Isou, Pomerand, Wolman et Lemaître. Premier récital public de ses poésies lettristes au Musée d’Art Moderne, Paris. Premier poème lettriste édité par Maurice Lemaître.

En 1963, exposition collective La lettre et le signe dans la peinture contemporaine, Galerie Valérie Schmidt, Paris. Maurice Lemaître lui dédie une sculpture : Menhir pour Spacagna.

En 1965, collaboration intense avec Roberto Altmann avec lequel il fonde la revue Ô, ainsi qu’avec Roland Sabatier pour la revue CRL. Début de nombreuses réalisations bibliophiliques suscitées par le libraire Jean Petithory, avec Aude Jessemin, Roberto Altmann, Alain Satié... Problèmes de dépendance à l’alcool. Publication de sa nouvelle hypergraphique Epipopimal épopée au sein de la revue Ô (rééditée chez Derrière la salle de bain en 2009)

En 1966, commence à peindre des hypergraphies avec des laques et encres en or et argent d’une grande beauté, auxquelles son oeuvre est encore associée aujourd’hui.

En 1967, grande exposition personnelle à la Galerie Stadler, introduite par Michel Tapié. Collaboration avec Pierre Henry pour les phonèmes de la Messe de Liverpool. Il est par ailleurs lauréat de la Cinquième Biennale de Paris. Il s'établit comme bouquiniste sur les quais de Paris avec Aude Jessemin. Il le restera jusque dans les années 80.

Jacques Spacagna : sans titre, 1967, 162 cm x 130 cm, Laque et huile sur toile

De 1968 à 1971, il réalise les fresques du Lycée de Rueil-Malmaison, commandées de l'État. Durant cette période, il divorce avec Aude Jessemin et rencontre Myriam Darrell. Il débute également sa deuxième série de livres bibliophiliques.

En 1972 il quitte le groupe Lettriste. Son style devient plus figuratif.

En 1973 il expose à la Librairie-Galerie Kieffer, sa première exposition personnelle depuis 6 ans. Il retrouve Wolman et Dufrêne[précision nécessaire] pour l’enregistrement historique du film sans pellicule de Dufrêne : Tambours du jugement premier qui sera diffusé à l’atelier de création radiophonique.

De 1977 à 1978 il réalise des livres avec François Letailleur à qui il confiera en 1982 la salle consacrée à La Lettre et le Signe au Salon Comparaisons, qu’il animait depuis 15 années.

En 1983 son amie Hélène décède, alors qu'il revoit Sylviane Gratio. Cette période marque probablement le début de son cancer de la gorge qui le rendra progressivement aphone.

En 1988, l’exposition Le demi-siècle Lettriste organisée par Letailleur à la Galerie 1900/2000 réintègre Spacagna dans le lettrisme et lui permet de rencontrer son dernier collectionneur et éditeur, Francesco Conz.

En 1989, il fait plusieurs voyages à Vérone, sur l’invitation de Conz. Il réalise pour lui le premier piano lettriste, plusieurs sérigraphies sur toile réhaussées ainsi que des livres uniques.

En 1990, il réalise sa dernière exposition personnelle à la galerie Le Chaînon Manquant de Paris. Il mourra un mois après la fin de celle-ci, en septembre, des suites de son cancer.

[modifier] Source

  • Frédéric Acquaviva, Jacques Spacagna, Le voyage en Italie, Vérone, Ed. Archivio Francesco Conz, 2007
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